Dernière mise à jour 16/07/2018

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Déchirures

Les images du drame firent le tour de la planète à la vitesse des réseaux (sociaux) numériques. On les commenta partout, le plus souvent pour dénoncer la « violence inadmissible » que révéla la captation filmée de la scène. Moins souvent, on opposa à cette violence visible une « autre violence » qui n’avoue jamais son nom mais fait depuis plusieurs décennies tant de ravages. En France, la presse écrite et les JT « populaires » se déchaînèrent dans une hystérie d’autant plus contagieuse qu’elle est peu regardante de la réalité sociale et que les agents propagateurs de l’épidémie moutonnière ont depuis longtemps choisi leur camp. Mettons fin au suspense : la chemise déchirée du Directeur des « ressources humaines » du fleuron de l’aviation civile française est à l’origine de cette tempête globosphérique. Si l’acte ne se borna pas à l’anecdote c’est que peut-être la vulgaire chemise portée par un homme lui-même sans doute plus vulgaire que le vulgum pecus ne l’imagine cache d’autres déchirures. Allons donc regarder derrière le rideau déchiré désormais ce que les bien-pensants ne souhaitent pas que l’on voit et encore moins que l’on dénonce. 511

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Le grand aveuglement

La chronique égraine inlassablement depuis plus de trois ans les multiples avatars du renoncement de l’actuel Président de la République. Renoncement à remettre en cause un tant soit peu l’ordre économique néolibéral porteur du creusement des inégalités sociales. En juin 2013, un an seulement après son élection l’on parlait déjà de « la débâcle hollandaise ». Encore n’avions-nous pas tout perçu alors de la funeste trajectoire d’un homme qui, osons le rappeler, nous inspirait depuis longtemps plutôt de la méfiance. Encore une année à mesurer les dégâts de ce que l’on ne pouvait même plus nommer social-démocratie et ce fut la nomination de Manuel Valls à Matignon. Les choses allèrent ensuite bon train : du célèbre « j’aime l’entreprise », véritable déclaration d’amour transi au grand patronat attentif, à l’entrée au Ministère de l’économie d’Emmanuel Macron, tout droit transféré de la banque Rothschild, à la loi « Renseignement », bradage à peine camouflé des libertés confirmant que l’ordre économique en place n’aime pas le désordre social susceptible de freiner les ardeurs de la libéralisation salvatrice. La coupe semblait pleine ! Après toutes ces déconvenues – finalement pas si inattendues – l’on se résignait à devoir se contenter d’attendre tranquillement la prochaine élection présidentielle. 585

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François nous sermonne justement

Il fallait bien s’y attendre. À force d’immobilisme, pour ne pas dire de reculades devant l’obstacle, l’autorité morale supérieure de la civilisation chrétienne allait finir par mettre les créatures – humaines – du Très-Haut devant leur criminelle inconséquence. Le Pape François a donc pris résolument la plume. Il résulte de cette volonté une encyclique de fort bonne facture qui pourrait faire date. D’abord en raison de l’objet même de la sentence papale : la crise climatique dramatique que vit déjà l’Humanité et qui, très probablement, va s’aggraver. Ensuite parce que François ne s’adresse pas là seulement aux catholiques fidèles mais à l’ensemble des humains peuplant notre planète. Un texte à portée universelle destinée en particulier à une « communauté politique mondiale » empêtrée dans un statu quo mortifère. Plus qu’un sermon religieux l’encyclique nouvelle est une magistrale leçon politique. 432

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Parlons dette !

Si l’on peut associer certains mots du vocabulaire courant à des époques particulières, nous pouvons incontestablement affirmer que le mot dette a trôné en maître absolu sur nos quinze dernières années. Précisons d’emblée qu’il s’agit là de la dette dans son acception monétaire ou financière. Il existe bien sûr d’autres occasions d’envisager le vocable : on parle par exemple de dette morale. Mais il se trouve que notre époque est imparablement à l’économie… triomphante comme jamais. La dette est donc en argent. Elle est, paraît-il, insupportable en elle-même et son idée ne vaut guère mieux. Il faut la payer proclament les sorciers des « grands équilibres » dans leurs doctes discours culpabilisateurs. Chiche ! Prenons-les au mot … 324

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Passeurs et farceurs

Les passeurs sont des salauds, c’est entendu. Profiter que des hommes,des femmes et des enfants ont le désir ardent de fuir au risque assumé de leur vie la misère, la répression ou la guerre est une infamie sans nom. Il faut la condamner sans réserves évidemment et n’avoir aucune indulgence envers ses auteurs. Pourtant, disons-le tout net, une fois l’indignation prononcée, à l’occasion d’un naufrage « record » au large des côtes italiennes, la terrible question reste entière. L’indignation ne met jamais fin au crime. 184

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Les grandes oreilles de Manu

On avait moqué en leur temps les écoutes indiscrètes de Tonton. On ne les avaient pas prises trop au tragique ces écoutes sauvages téléguidées depuis l’Élysée par le Florentin. Ce n’était pas joli-joli mais les zonzons comme les nomment les professionnels de la profession du Renseignement rimaient tellement bien avec Tonton que les canards déchaînés finirent par en rire. Et puis franchement que pouvait bien avoir à cacher Carole Bouquet, surprenante écoutée de l’affaire de la cellule anti-terroriste élyséenne, qui puisse menacer la sécurité intérieure de la France ? 104

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Rases campagnes

Cela fait beau temps que les campagnes se vident de leur substance humaine. Malgré tout ce qu’elles subissent, elles parviennent à vivre encore. La vie qu’il leur reste pourrait cependant à jamais disparaître sous le coup d’accélérateur donné à l’industrialisation de l’agriculture. 280

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Scandales en Rafale

La France n’a pas fini de se féliciter des fruits que ses actuels dirigeants attribuent sans vergogne à « l’esprit du 11 janvier ». Après la loi Macron, passée sous la barbe des députés, avec tout juste deux reculs fracassants à propos de feu le « secret des affaires » et le sauvetage crapuleux de la réglementation de la profession de notaire, voilà conclu le contrat de l’année – si ce n’est de la décennie – avec l’Égypte pour la livraison de 24 chasseur Rafale. Une arme des plus sophistiquée que la société Dassault et la France qui en est le VRP en chef tentaient désespérément de vendre depuis quinze ans à d’autres armées que l’armée française. 48

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Syriza contre le IVème Reich

Relisant ces jours, un vieux roman de Pierre Nord datant des années 60, j’y trouvais la référence d’un supposé plan des États-Unis visant à donner après la mort de De Gaulle le leadership européen à une Allemagne sensée être plus perméable à la doctrine économique libérale. Ainsi donc, De Gaulle ayant toujours refusé l’entrée de la Grande-Bretagne dans la communauté Européenne, n’aurait pas vu que le loup était déjà dans la bergerie. 216

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Et après ?

Nous restons sidérés. Plusieurs semaines après l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo l’émotion s’estompe, pas la sidération. Comment ont-ils pu être privés si brutalement de leur vie consacrée depuis tant d’années au combat de l’intelligence contre tous les obscurantismes et autres pudibonderies ? Comment de jeunes hommes élevés en France ont-ils pu se rendre coupables d’un tel crime au prix de leur propre vie ? La sidération avait même rapidement grandi avec l’ampleur des réactions à l’insoutenable évènement. Comment des millions de gens, en France et ailleurs, en vinrent à scander « je suis Charlie » alors qu’ils sont si souvent loin de partager l’humanisme – et plus encore le courage intellectuel - des regrettés journalistes ? Comment « la classe politique » osa se payer l’audace de récupérer promptement le bel élan populaire que suscita en quelques heures l’abject massacre ? Tout cela a bien eu lieu et nous ne parvenons pas à en revenir. Pourtant, le temps doit maintenant être à la réflexion pleine et entière. Et là, il est à craindre que les rangs soient passablement clairsemés. 271

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