Dernière mise à jour 27/03/2017

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Rases campagnes

Cela fait beau temps que les campagnes se vident de leur substance humaine. Malgré tout ce qu’elles subissent, elles parviennent à vivre encore. La vie qu’il leur reste pourrait cependant à jamais disparaître sous le coup d’accélérateur donné à l’industrialisation de l’agriculture. 280

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Scandales en Rafale

La France n’a pas fini de se féliciter des fruits que ses actuels dirigeants attribuent sans vergogne à « l’esprit du 11 janvier ». Après la loi Macron, passée sous la barbe des députés, avec tout juste deux reculs fracassants à propos de feu le « secret des affaires » et le sauvetage crapuleux de la réglementation de la profession de notaire, voilà conclu le contrat de l’année – si ce n’est de la décennie – avec l’Égypte pour la livraison de 24 chasseur Rafale. Une arme des plus sophistiquée que la société Dassault et la France qui en est le VRP en chef tentaient désespérément de vendre depuis quinze ans à d’autres armées que l’armée française. 48

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Syriza contre le IVème Reich

Relisant ces jours, un vieux roman de Pierre Nord datant des années 60, j’y trouvais la référence d’un supposé plan des États-Unis visant à donner après la mort de De Gaulle le leadership européen à une Allemagne sensée être plus perméable à la doctrine économique libérale. Ainsi donc, De Gaulle ayant toujours refusé l’entrée de la Grande-Bretagne dans la communauté Européenne, n’aurait pas vu que le loup était déjà dans la bergerie. 216

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Et après ?

Nous restons sidérés. Plusieurs semaines après l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo l’émotion s’estompe, pas la sidération. Comment ont-ils pu être privés si brutalement de leur vie consacrée depuis tant d’années au combat de l’intelligence contre tous les obscurantismes et autres pudibonderies ? Comment de jeunes hommes élevés en France ont-ils pu se rendre coupables d’un tel crime au prix de leur propre vie ? La sidération avait même rapidement grandi avec l’ampleur des réactions à l’insoutenable évènement. Comment des millions de gens, en France et ailleurs, en vinrent à scander « je suis Charlie » alors qu’ils sont si souvent loin de partager l’humanisme – et plus encore le courage intellectuel - des regrettés journalistes ? Comment « la classe politique » osa se payer l’audace de récupérer promptement le bel élan populaire que suscita en quelques heures l’abject massacre ? Tout cela a bien eu lieu et nous ne parvenons pas à en revenir. Pourtant, le temps doit maintenant être à la réflexion pleine et entière. Et là, il est à craindre que les rangs soient passablement clairsemés. 271

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Blasphémons mes frères, blasphémons sans retenue

Proclamons-le sans ambages : les fondamentalistes de tous poils nous incommodent. Voilà que dans leur escalade moralisatrice ils réclament désormais le retour du délit - et pourquoi pas du crime ? - de blasphème dans des sociétés où la sécularisation pour douloureuse qu’elle ait été n’en fut pas moins menée à son comble. Et dire que ces sinistres pourfendeurs de la liberté d’expression trouvent dans de tristes et imprudentes déclarations d’hommes politiques laïcs de quoi conforter leur exorbitante demande. Certes, le blasphème ne redeviendra pas un délit chez nous. Pourtant, la dignité universelle de l’homme ne saurait se contenter de ce maigre avantage territorial : encore faudra-t-il qu’il devienne un droit partout protégé. Pour cela, il faut que vivent la dérision et l’humour. [première publication le 22/02/2006 à 22:44]

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Évadés de tous les pays…

Les économistes n’ont-ils jamais été assez naïfs pour imaginer qu’il leur soit possible un jour d’avoir une représentation exacte du système global des relations économiques tissées par leur congénères ? Si la question a pu être posée autrefois, elle est aujourd’hui un peu plus saugrenue à chaque jour qui passe.

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Sacrée Croissance

La chronique de ce mois de novembre sera, une fois n’est pas coutume, un hommage mérité à une grande journaliste. Une journaliste qui a choisi le cinéma documentaire pour dénoncer les méfaits – pour ne pas dire les forfaits – du vaste monde qui l’entoure. Les quatre longs métrages que nous a donné Marie-Monique Robin au cours de ces six dernières années – en partenariat avec la chaîne ARTE – constituent assurément un monument élevé tout à la fois à la gloire du cinéma engagé et du journalisme citoyen, loin du formatage des esprits par le diktat des forces du marché ou par les arrières pensées du calcul politique.

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Au deuxième temps de la valse…

Depuis trente ans les gouvernements se suivent et se ressemblent. Ils se ressemblent mais chacun, tantôt par petites touches, tantôt par saccades, amplifie la marque de la trajectoire lancée à l’orée de l’ère néolibérale. À la fin du mois d’août dernier Valls 2 a succédé à Valls 1 qui n’a pas tenu deux saisons au calendrier grégorien. Valls 3 lui succèdera peut-être pour faire bonne mesure dans l’adaptation funeste de la Gauche française de gouvernement à l’air du temps. Si d’ordinaire la musique adoucit les mœurs, la partition jouée par Manuel Valls est destinée à les bousculer si ce n’est les mettre à la renverse.

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La gangrène

Il est temps de l’affirmer vraiment : l’idéal démocratique est dramatiquement compromis par l’explosion des conflits d’intérêts. La classe politique fait mine de s’en émouvoir mais des paroles – fussent-elles sincères – aux actes décisifs un gouffre s’élargit qui n’est pas près d’être comblé. Certains élus de la République vont jusqu’à prétendre que le conflit d’intérêts est indéfinissable à l’heure où les affaires économiques font l’objet de toutes les attentions.

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Lynchage de printemps

Pierrefitte, Seine-Saint-Denis, France, vendredi 13 juin 2014 : un jeune Rrom de seize ans roué de coups par une dizaine d’individus est abandonné inanimé dans un caddie de supermarché. Lorsque les passants le découvrent il a déjà sombré dans un coma profond. Les premières dépêches, trois jours plus tard, sont laconiques, glissées subrepticement entre les lancinants micro-trottoirs hargneux contre ces privilégiés de cheminots et les ennuyeuses prolongations des commentateurs consécutives à la sensationnelle victoire des Bleus, trente-six heures plus tôt, lors de leur premier match du Mondial. Un match devant lequel le jeune supplicié aurait peut-être vibré lui aussi comme la plupart de ses bourreaux. Darius ne verra pas non plus le deuxième match ! Fait divers sordide mais banal ? NON !

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