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Le point de "non retour"

Sauver le climat ou sauver le système, il faut choisir.

Dans tout voyage au long cours, il y a un point de non retour, le point à partir duquel il n’est plus possible de revenir en arrière, seulement de continuer vers l’avant. Dans notre trajet vers la catastrophe climatique, il y a ce moment sauf que nous ignorons quand – non pas où – il se trouve car ce voyage est dans le temps, pas dans l’espace. Bien sûr, comme le dit Thomas Schauder (Le Monde) : « Ça fait plus de trente ans que “demain, il sera trop tard”, et rien ne change ». Cela fait même plus longtemps que cela, car en 1972 était publié : Nous n’avons qu’une terre de Barbara WARD et René DUBOS. C’est le nom d’un rapport commandé par Maurice Strong, secrétaire général de la conférence des Nations unies sur l’environnement de Stockholm, au biologiste et agronome René Dubos et à l’économiste britannique Barbara Ward. Bénéficiant du concours d’un comité réunissant 152 conseillers de 58 pays, ce rapport devait constituer le cadre de réflexion de la mise en œuvre de ce que nous pouvons appeler aujourd’hui une gouvernance mondiale de l’environnement. Destiné tout autant à la sensibilisation du public, il fut édité en 1972 en huit langues. (Wikipédia)

Ce demain allégorique, aussi difficile à appréhender que facile à ignorer, l’humanité à préféré dans sa majorité l’oublier d’autant plus qu’accepter son existence aurait impliqué de faire des choix pénibles. Mais la politique de l’autruche à des limites, et ce demain se rapproche inexorablement. Certains parmi les plus pessimistes pensent même qu’ont l’a déjà atteint voire dépassé. Gageons que ce ne soit pas le cas mais, en tout cas, ne soyons pas de ces irréalistes qui parlent d’échéance à 2050 et plus comme horizon de leur action. Non ! l’échéance c’est aujourd’hui et l’ennemi est à désigner.

Le discours des politiciens est en train de s’infléchir insidieusement. Petit à petit, on parle moins de combattre le dérèglement climatique que de lutter contre ses conséquences. Comme si c’était possible ! La principale caractéristique du réchauffement est qu’il s’agit d’un phénomène non linéaire contrairement à ce qui se dit et se lit couramment. Il ne s’agit pas seulement de phases tel que le décrit Jean-Luc Mélenchon – un des rares politiciens conscient de l’urgence climatique – il s’agit d’un « emballement thermique ». En pratique, cela signifie que plusieurs phénomènes induits par le réchauffement vont avoir pour conséquence d’accélérer ce réchauffement et créer une boucle de contre-réaction. Le moment où ces réactions dépasseront la capacité du système climatique à se réguler est ce point de non retour. Après ce point de bascule, il ne sera plus possible de lutter contre le réchauffement, seulement d’en subir les effets qui seront terribles. Pensez seulement aux millions de personnes qui seront chassées par la montée des eaux. On ne sait déjà pas gérer quelques milliers de migrants, alors des dizaines ou centaines de millions ! Mais l’impact sera aussi sur l’agriculture, la santé publique. La stabilité de nos sociétés y résistera-t-elle ? Les diverses mesures sécuritaires et austéritaires ne seraient-elles pas la réponse du système à la montée du péril ?

Alors, pourquoi ne fait-on rien ?

La réponse est : le système. Ah trop facile direz-vous, cela nie la responsabilité individuelle ! Mais cette responsabilité individuelle implique une liberté qui n’existe que dans l’imaginaire du dogme néo-libéral. Le système est une réalité intangible. Ce n’est pas l’argument facile pour expliquer la passivité, c’est ce qui relie les humains et leurs activités, ce qui défini le cadre de toute action politique ou économique. Pour comprendre notre société, il faut comprendre le système qui en est le cadre, c’est le rôle de la pensée systémique. Le système ne se comprend pas par la seule étude des acteurs qui le font fonctionner mais par l’étude des relations entre ces acteurs. Ce sont ces relations qui définissent le système, ce cadre qui nous enferme par ses règles.

Concurrence, croissance, consommation sont les piliers de ce système et on ne peut les changer sans changer DE système. Là est le défi. Toute tentative de trouver une solution à la crise écologique et climatique dans le cadre du système existant se heurtera à ces piliers et sera condamnée à l’échec.

Les citoyens ont peu de prise sur le système. Il faut vivre, donc travailler – si l’on peut encore – pour se loger, se nourrir, s’habiller … Pour défendre leur moyen d’existence, certains doivent même défendre une activité néfaste : industrie nucléaire, transport routier, tabac …

Mais pourquoi les politiciens ne font-ils rien ou si peu ?

  • Soit ils ne veulent pas affronter ce risque car cela nécessiterait de prendre des mesures radicales qui iraient contre leurs intérêts de classe – alors après moi le déluge – et ils nient qu’il y ait un problème ou que l’activité humaine en soit responsable.

  • Soit ils sous-estime la gravité et l’urgence du problème et pensent que les mesures d’envergure limitée prise suffiront car ils refusent de remettre en cause le système par adhésion, aveuglement, lâcheté, conformisme, ignorance …

Pourtant la prise de conscience est là puisque même un Jean-Michel Aphatie en est convaincu tout en concluant que les changements nécessaires sont impossibles. Impossibles, bien sûr, dans le système dominant ! Alors, changeons-en avant le point de non retour.


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