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La contamination des plus pauvres

Mabesoone_LM_03-01-12.jpgAujourd’hui, c’était le jour des courses de la semaine… pour la première fois de l’année 2012.

Nous avons commencé par le magasin de jouets « Toys’r’us », non pas pour acheter des jouets mais pour faire le plein pour la semaine de gouters pour notre fille, avec des « Mini BN » français, miraculeusement importés par cette chaine de magasin ! Pour tout ce qui est biscuits, crackers de riz (senbei) et autres produits finis élaborés au Japon, il est impossible de tracer la provenance de la farine, des œufs, du lait, du riz etc… Les productions des régions fortement contaminées ne se vendant pas telles quelles, des quantités énormes de riz ou de lait produites à Fukushima ont toutes les chances de finir dans ces « produits finis ».

Ensuite, nous sommes allés à notre supermarché habituel, de la célèbre chaîne Itoyokado, magasin du centre de Nagano. Depuis que nous sommes obligés de faire attention à l’origine des produits, les courses de la semaine ne se finissent plus en une petite heure mais en nécessitent au moins le double. On se transforme en détective ! Pour cette raison, mon épouse et notre fille ne font plus les courses avec moi, elles lisent des livres ou s’amusent aux autres étages du magasin. Comme je fais à manger tous les jours pour toute la famille, c’est à moi qu’incombe la lourde responsabilité de choisir les produits. Mais je deviens un spécialiste…

J’en profite pour donner quelques petits « trucs » aux lecteurs francophones vivant au Japon : je sais qu’ils sont de plus en plus  nombreux. Pour les consommateurs épisodiques de produits japonais vivant à l’étranger, je rappelle que pour eux, le césium peut être évacué naturellement, même en cas d’ingestion accidentelle.

Nous avons demandé par courriel ou par téléphone des renseignements aux sociétés suivantes :

  • Les glaces Haagen Daatz (sauf pour les quelques produits importés) utilisent à 100% du lait de la région de Kushiro (Ile de Hokkaido, dans le Grand Nord, loin de Fukushima).
  • De même pour les célèbres Vanilla Yogurt de la marque Nippon Luna. Cela dit, comme l’indique ce centre de mesures citoyennes de Hokkaido [1], le lait de Hokkaido peut dépasser les 20Bq/kg de radioactivité.
  • Pour ce qui est de la charcuterie, la société « Shinshu Ham » (basée à Ueda, commercialisée dans tout le Japon) n’utilise que de la viande de porc étrangères (USA, Danemark, Espagne, etc.). Se méfier de quelques rares produits où il est indiqué « VIANDE JAPONAISE » 国産豚肉使用.
  • La célèbre marque de miso de Nagano « Marukome » utilise des algues wakame produites en Chine pour ses soupes de miso toutes prêtes. Le miso lui-même est préparé avec du soja de trois ans (comme pour tout miso), donc, nous sommes « tranquilles » jusqu’en 2014.
  • Pour les algues nori, je recommande les nori coréennes, qu’on trouve assez facilement.
  • Enfin, pour les amoureux de « currys tout prêts », le Yellow Curry (« Curry jaune ») de poulet (cf. photo du jour), importé directement de Thaïlande par la société Yamanori, est un véritable délice ! Et sans un becquerel de césium… En plus, le jaune, c’est notre couleur !

Il reste le gros problème des produits frais…

Aujourd’hui, à Itoyokado, on trouvait encore des tomates de Fukushima. Je sais que ce n’est pas une façon sérieuse de mesurer, mais j’ai tout de même posé mon compteur Geiger sur le tas de tomate : le background est sensiblement monté, de 0,1 à 0,25uSv/h[2]. Heureusement, grâce au froid hivernal, les fruits et légumes disponibles ne sont plus uniquement (ou presque) de la ceinture maraîchère du nord de Tokyo (Chiba, Ibaraki, Gunma, Tochigi, Fukushima). On trouve de plus en plus de productions du sud de l’Archipel (haricots, concombres, salades, tomates, etc. de Kyushu ou de Shikoku). Mais à quel prix !!

Cet après-midi, le paquet de 4 patates douces d’Ibaraki (juste sous Fukushima) était à 200 yens (2 euros), mais les 2 petites patates douces de Tokushima (ile du sud, Shikoku) coutaient 599 yens (6 euros) ! Pour la première fois cette année, il y a une grosse différence entre le prix des produits frais de l’Est et du Nord, et celui des produits de l’Ouest et du Sud…

C’est ainsi, les radiations rajoutent encore un peu d’inégalité, jusque dans nos paniers ! Ce qui me désole, c’est de voir toutes ces familles peu argentées, qui refusent de s’informer parce qu’elles n’ont pas le choix d’un point de vue financier, de toutes façons. Et qui achètent les produits les moins chers, c’est à dire tous ceux du pourtour de Fukushima. Dans quelques années, si leurs enfants sont malades, personne ne le saura, personne ne le reconnaitra. Ils seront malades parce que pauvres.

Notes :

[1http://hokkaidouhousyanousokuteijyo.web.fc2.com/99_blank009.html

[2]  micro Sievert par heure


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Laurent Mabesoone

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Comments (12)

Véronique Véronique ·  04 January 2012, 08h04

Bonjour,

Quand vous écrivez :

“Pour les consommateurs épisodiques de produits japonais vivant à l’étranger, je rappelle que pour eux, le césium peut être évacué naturellement, même en cas d’ingestion accidentelle.”: je ne suis pas d’accord.

Si ce sont par exemple des enfants en bas âge qui ingèrent des produits contaminés au Césium 137 : cela peut provoquer des problèmes de santé importants et irréversibles chez eux : cf travaux notamment de Y. Bandajevsky et autres scientifiques indépendants : voir notamment le livre de Yablokov et V. & N. Nesterenko  : “Chernobyl. Consequences of the catastrophe for people and the environment, Nyas. Décembre 2009” ( référencé plus bas )
La norme acceptable c’est ” zéro becquerel de Césium” :
Il n’est pas possible d’éliminer naturellement le Césium 137. Il existe un adsorbant naturel : la pectine de pomme testé par l’Institut de Radioprotection Belrad qui permet d”éliminer jusqu’à 70% les particules de Césium 137 ingérées et qui bombardent en interne l’organisme. La pectine de pomme enrobe la molécule de Césium et l’élimine par les selles.

pour plus d’informations:
site de l’institut de radioprotection Belrad
http://www.belrad-institute.org/

site de l’association Enfants de Tchernobyl Bélarus
http://enfants-tchernobyl-belarus.o…

“Chernobyl. Consequences of the catastrophe for people and the environment” A. Yablokov, V. et A. Nesterenko Ed Académie des Sciences de New York 2009. synthétise près de 5000 articles et recherches de terrain. téléchargeable ( langue anglaise)
http://www.ratical.org/radiation/Ch…

site du collectif Independentwho : Pour l’indépendance de l’OMS
http://www.independentwho.org

je terminerai par 2 phrases de Roger Belbéoch, physicien français, qui nous a quitté le 27.12.2011, qui était directeur de la publication de la lettre de Stop_Nogent :
“Sortir du nucléaire, c’est possible, avant la catastrophe.”
“C’est avant l’accident qu’il faut agir. Après, il n’y a plus qu’à subir.”

site du Comité Stop_Nogent : http://www.dissident-media.org/stop…

Laurent Laurent ·  04 January 2012, 15h33
Vous avez raison, il n’existe pas de « seuil de sécurité » avec les rayons ionisants. Les risques sont toujours présents, surtout en cas d’ingestion de radionucléides, surtout pour des jeunes enfants.
Je connais et respecte profondément les sources que vous citez (bien que je ne sois pas du tout un spécialiste du cote technique de la question).
Il me semble, seulement, que le Pr Bandajevsky met surtout en évidence des troubles du coeur et d’autres organes, après plusieurs années d’ingestion chronique. Le graphique de l’ICRP que j’ai fourni dans ma chronique du 4 décembre montre qu’une ingestion épisodique de 1000 Bq de Cs137 se réduit très largement (a quelques Bq) au bout de 600 jours. Pas totalement, je suis d’accord. Par ailleurs, je ne sais pas jusqu’à quel point nous pouvons faire entièrement confiance a l’ICRP. Cela dit, pour Bandajevsky, les pathologies lourdes semblent nécessiter une certaine présence de Cs 137 (50Bq/kg de masse corporelle, peut-être 10 Bq/kg) pour une durée plus prolongée que 600 jours.
Bref, je pense que nous sommes d’accord sur le fond : il n’y a pas de différence de nature entre une ingestion épisodique et chronique. Le danger, a l’échelle cellulaire, est présent. Mais la différence de degrés me semble tout de meme très importante. si on compare les risques encourus a la suite de l’ingestion exceptionnelle d’un aliment légèrement contaminée et l’ingestion chronique, qui est notre quotidien ici. Mais, je vous le rappelle, je connais certainement moins bien que vous le cote technique de la question. D’ailleurs, je me demande si l’irradiation industrielle de certains aliments (procédé courant, je crois, pour améliorer la conservation) ne pose pas aussi un problème de chronicité…
Et je suis totalement en accord et totalement ravi par votre citation de M. Belbéoch : « Sortir du nucléaire, c’est possible, avant la catastrophe. »
« C’est avant l’accident qu’il faut agir. Après, il n’y a plus qu’à subir. »
Merci de vos précieuses informations.
Laurent Mabesoone
edrobal edrobal ·  04 January 2012, 18h55

On parle beaucoup des rayons ionisants parce que si on ne les voit pas, par contre on les détecte et on les mesure assez facilement. Ensuite vient la polémique sur les seuils de dangerosité. En fait, il n’y a pas de seuil minimum de dangerosité, seulement des seuils d’acceptabilité.

Mais je voudrais signaler un aspect beaucoup moins médiatisé : l’aspect radio-chimique. Quand un radio-nucléide se désintègre, il ne fait pas qu’émettre une radiation. Il se transmute en un autre élément. Prenons l’exemple du césium 137 (http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A…) : il se transmute en baryum 137 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Baryum) qui, lui, est toxique.

Octopus Octopus ·  04 January 2012, 19h45

@Véronique :

Un article de Wikipedia dit qu’un Roger Belbéoch est décédé le 5 novembre 2010. Roger Belbéoch aurait-il un homonyme aussi célèbre ?
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_…

Octopus Octopus ·  04 January 2012, 19h54

@edrobal :

Je voudrais apporter une illustration à ce que vient de préciser edrobal.
Dans la vidéo ci-dessous, tournée lors du séjour de la Criirad au Niger près des mines d’uranium exploitée par Areva, vous entendrez Bruno Chareyron expliquer comment le Radon sous forme de gaz, se transforme en Plomb 210 (demi-vie de 20 ans) après avoir été au contact de l’air (à 2’ 50”) :
http://www.youtube.com/watch?v=IQ2n…

qsdzer qsdzer ·  04 January 2012, 21h34

“Pour les algues nori, je recommande les nori coréennes, qu’on trouve assez facilement”
s’agit-il de celles-ci ? http://fukushima-diary.com/2012/01/…

Véronique Véronique ·  04 January 2012, 21h51

@Laurent :

Évidemment, l’exposition chronique interne aux radionucléides ( par ingestion, par inhalation des poussières ) permet de mettre en évidence des effets sur-multipliés pour la santé des personnes ( les enfants, les femmes enceintes étant les plus vulnérables )vivant dans les territoires durablement contaminés.
Il ne faut pas non plus quelques années pour détecter des problèmes liés aux effets de la radioactivité puisque Bandajevsky a montré que le placenta ne parvient pas toujours à protéger le fœtus du Césium 137 circulant dans le sang de la mère, d’où souffrance fœtale et avec une charge plus importante, des malformations ou un avortement spontané

Aussi il suffit d’une particule alpha ou bêta qui tape aléatoirement à un endroit précis, plus faible pour modifier un cellule qui devient instable et provoquera un cancer quelques années plus tard alors prévention , prudence concernant les aliments venus du japon: “Zéro becquerel de Césium 134, 137”. ” Zéro becquerel de strontium 90”. “Zéro becquerel de plutonium 239” etc….

Avant Bandajevsky , de nombreux scientifiques, beaucoup de femmes comme Rosalie Bertell (Toronto), Alice Stewart (Birmingham), Elena Bourlakowa (Moscou) et d’autres ont lancé des cris d’alarme et publié des études sur les effets des faibles doses : essais nucléaires, mines d’uranium, uranium appauvri, rejets des centrales en fonctionnement “normal”, études expérimentales, radiographies médicales etc…
Bandajevsky a confirmé ces données par des études systématiques, de mesure de la radio-contamination et de description de signes cliniques chez les victimes de Tchernobyl, notamment au cours d’autopsies à propos des radionucléides : Césium 137 et strontium 90.

Les organes qui accumulent le plus de 137Cs sont les glandes endocrines, le pancréas, le thymus et le coeur. Bandajevsky décrit les maladies qui en résultent (hypertension, insuffisance cardiaque, troubles endocriniens, stérilité etc., et qui surviennent davantage en cas de surcharge en Césium 137.
Y. Bandajevsky a montré :

  • qu’une charge chronique de 20 becquerels de Césium 137 par kg de poids corporel (bq/kg) augmente les altérations de l’électrocardiogramme chez l’enfant.
  • qu’une charge de 38bq/kg et 122Bq/kg provoque une hypertension artérielle respectivement chez 26% et 50 % des enfants.

Il a décrit également le rôle des faibles doses du Césium 137 au niveau des affections thyroïdiennes

Concernant l’ICPR (terme anglais) signifiant CIPR ( Commission Internationale de Protection Radiologique) est une instance internationale qui en établissant des normes de radioprotection basées sur des données fausses, favorise en fait l’industrie nucléaire plus que la santé humaine.

Pour en savoir plus sur le rôle de la CIPR, vous pouvez consulter l’article de Roger Belbéoch, très argumenté intitulé :
“Comment sommes-nous protégés” contre le rayonnement ? Les normes internationales de radioprotection. Le rôle de la CIPR”

in “Radioprotection et droit international “.

Entre les contraintes économiques et écologiques, politiques et éthiques
Ivo Rens et Joël Jakubec éd. 1998
ce livre est entièrement numérisé sur le site de sebes http://www.unige.ch/sebes/

Véronique Véronique ·  04 January 2012, 21h57

@Octopus :

Pour en savoir plus sur Roger Belbéoch, physicien français ( 1928- 2011) , voir l’article sur le site de Sortir du nucléaire Cornouaille en hommage à celui-ci

“Roger Belbéoch, un grand résistant contre la “fureur” nucléaire”

….Jusqu’à son dernier souffle, inlassablement, il s’est battu pour cela avec Bella, son épouse, démontant les mensonges de la propagande nucléaire, apportant ses connaissances et sa contre-expertise scientifique, recoupant l’information.”
pour lire la suite
http://www.sortirdunucleairecornoua…

Janek Janek ·  05 January 2012, 08h44

Merci pour la liste des produits moins risqués. Je vais essayer de trouver ce curry jaune à Tokyo. J’adore le curry et c’est un supplice de ne plus pouvoir en manger! :-D
Pour le cesium, j’ai lu dans une thèse qui lui était consacrée qu’il a une durée de vie biologique de 4 mois. Ca fait un mois que je ne mange plus que de l’importé (à 100%), j’espère que celui qui a écrit la thèse ne s’est pas fait recaler. En tout cas dans quatre mois je rentre en France. Je ferai des examens, on verra bien si je contiens encore du cesium…

Véronique Véronique ·  05 January 2012, 11h12

Vous pouvez déjà faire vérifier votre taux de césium 137 corporel au Japon
En effet, le CRMS ( Citizen’s Radioactivity Measuring Station) créé fin juillet 2011, association de citoyens japonais, s’est doté d’instruments de mesure pour permettre aux citoyens d’avoir accès à des mesures de radioactivité indépendantes et à des conseils en matière de radioprotection.

Le CRMS s’est procuré des spectromètres de laboratoires, installer un laboratoire à Fukushima-city, des stations de mesure à Koriyama, Sukagawa, Tamura, Nihonmatsu. Il envisage d’autres implantations à court terme , dont une à Tokyo.

Concernant spécifiquement la mesure de la radiocontamination corporelle au Césium 137, le CRMS a mis en place également dans certains centres des SRH ( Spectromètre à Rayonnements humains) ou WBC ( Whole Body Counters) mis au point par l’Institut de Radioprotection BelRAD ( Bélarus)

pour joindre le CRMS
site internet : http://fr.crms-jpn.com/ ( français et japonais)
où vous touverez des coordonnées de contact

site internet : http://www.belrad-institute.org/ (russe, français, anglais, allemand)

Janek Janek ·  06 January 2012, 08h57

Merci beaucoup Véronique pour le lien vers le CMRS. Comme je suis domicilié à Tokyo, je vais devoir attendre un peu avant de pouvoir effectuer des analyses (le temps qu’ils ouvrent un centre à proximité). Mais je vais suivre cette information de très près!

Groupe groix Groupe groix ·  06 January 2012, 18h40

Salutations, a propos de Roger Belbéoch,

  nous venons de mettre en ligne des extraits d'ITV réalisés à Groix lors

de l’été 2006, rare puisque Roger refusait toutes interview,
connaissant la manière dont les journalistes “professionnels” utilisent et
détournent les informations qu’on leur donne.

Ces extraits durent 13 minutes, et sont libres de droits donc à faire
circuler largement…

http://groix.revolublog.com/roger-b…

Bonne continuation,

Groupe G.R.O.I.X.

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