Dernière mise à jour 13/11/2018

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Discours du 28 juin 2009 Dieppe - Collectif « stop EPR, ni à Penly, ni ailleurs ! »

Stop EPR - Penly - 2009Le 12 mai 1979, autour de cette place, nos parents se réu­nis­saient pour cla­mer leur refus des 2 réac­teurs de Penly.
Aujourd’hui, 30 ans plus tard, les mêmes cau­ses pro­dui­sent les mêmes effets : nous cla­mons notre refus d’un sep­tième réac­teur nucléaire sur le lit­to­ral Haut Nor­mand !
Le gou­ver­ne­ment de ce pays et cer­tains élus locaux, soi-disant pro­ches de vous, sont tou­jours aussi sourds à nos cla­meurs et aveu­gles face aux réa­li­tés.

Il y a 30 ans, les grou­pes anti-nucléai­res de l’épo­que, face aux éter­nels argu­ments pro nucléai­res, dénon­çaient déjà les con­sé­quen­ces sur l’envi­ron­ne­ment, la santé, les trans­ports de pro­duits radio­ac­tifs, le peu de créa­tion d’emplois, la dépen­dance éner­gé­ti­que.
L’enquête publi­que se con­clura par la mise en ser­vice de 2 réac­teurs de 1300 Mw en 1990 et 1992.
Déjà le déni de démo­cra­tie.

Aujourd’hui, il sem­ble que rien n’a changé, si ce n’est que le futur réac­teur EPR sera plus puis­sant, son com­bus­ti­ble, plus toxi­que, et pire encore, que la fusion de son cœur radio­ac­tif en cas d’acci­dent majeur est même pré­vue ; comme si une catas­tro­phe pou­vait être pré­vue.

Entre temps, après ses mul­ti­ples pêchés mili­tai­res, bom­bes ato­mi­ques, armes à l’ura­nium appau­vri,  le nucléaire civil a lui aussi perdu toute son inno­cence : Three Mile Island aux Etats-Unis, mars 1979, Tcher­no­byl, en Ukraine, avril 1986, et toute la kyrielle d’inci­dents, acci­dents, men­son­ges, pirouet­tes média­ti­ques que les nucléo­cra­tes manient de moins en moins bien.

Quel­ques soient les con­ti­nents, les gou­ver­ne­ments, les tech­no­lo­gies, le nucléaire, tant civil que mili­taire, dérape, dys­fonc­tionne et tue !

Dans les cen­tra­les, les sous trai­tants, noma­des du nucléaire, épon­gent les fui­tes. Rien ne va plus au royaume des élec­trons à tel point qu’après la belle image imma­cu­lée de la tech­no­lo­gie toute puis­sante et hyper fia­ble des années soixante, l’ASN, l’auto­rité de sûreté nucléaire, en est réduite à tâter le ter­rain, avec des con­fé­ren­ces inti­tu­lées comme celle de Caen, le 11 juin der­nier ou pas un seul jour­na­liste n’était pré­sent : « La ges­tion post-acci­den­telle d’un acci­dent nucléaire » ou l’on nous expli­que que tout est modé­li­sa­ble, chif­fra­ble, géra­ble et qu’avec un peu de bonne volonté, tant des élus locaux que des popu­la­tions, on sor­tira vivant d’un acci­dent nucléaire.

Quelle aber­ra­tion ! Tou­tes ces années pour en arri­ver là et sur­tout vou­loir con­ti­nuer obs­ti­né­ment !

Voilà où nous en som­mes, 30 ans après :

Le cons­tat d’un échec tech­no­lo­gi­que en deve­nir, entre la spo­lia­tion des pays déten­teurs des res­sour­ces finies d’ura­nium, les aléas de fonc­tion­ne­ment régu­liers des 58 réac­teurs fran­çais et la ges­tion cala­mi­teuse des déchets, dou­blée de la grande incon­nue du déman­tè­le­ment des réac­teurs en fin de vie.

30 ans que les vision­nai­res tirent la son­nette d’alarme et 30 ans que les dif­fé­rents gou­ver­ne­ments regar­dent ailleurs et n’écou­tent pas.

30 ans de recu­la­des et de cou­leu­vres ava­lées dont le plus beau spé­ci­men date du sur­len­de­main des tou­tes récen­tes élec­tions euro­péen­nes, avec les décla­ra­tions de notre cher pré­si­dent, beau­coup trop cher, pré­si­dent !
Mais peu importe ses pro­pos…

Après 30 ans de lut­tes, d’infor­ma­tion, de réu­nions, de mobi­li­sa­tion, nous som­mes de nou­veau là, aujourd’hui, pour dire que ces gros­ses ficel­les, nous n’en vou­lons plus, nous n’en pou­vons plus.
Il n’y aura pas de troi­sième tour.

Nous ne nous retrou­ve­rons pas ici dans 30 ans.
Cette pelouse, cette plage sont déjà con­ta­mi­nées au tri­tium, élé­ment radio­ac­tif mis en évi­dence par l’ACRO, asso­cia­tion pour le con­trôle de la radio­ac­ti­vité dans l’Ouest, dont il faut ici saluer le tra­vail de fond.

Alors dans 30 ans, voire même avant, il est pos­si­ble que cette magni­fi­que sta­tion bal­néaire, Dieppe, plus que cen­te­naire avec ses trains de plai­sir au départ de Paris au début du 20ieme siè­cle, soit deve­nue une zone inter­dite, lais­sée à l’aban­don car trop com­pli­quée, trop coû­teuse à décon­ta­mi­ner.

Il y a 30 ans, on ne savait pas et on pou­vait encore y croire, s’ima­gi­ner qu’avec le nucléaire on pas­se­rait au tra­vers des cri­ses, tant celle du pétrole, que celle de l’emploi.
Mais il n’en est rien : la France cham­pionne du monde du nucléaire civil, plonge dans la crise et les tra­vailleurs pau­vres n’en finis­sent pas d’appa­raî­tre au grand jour.

Ouvrez les yeux Mon­sieur Alfred Trassy-Paillo­gue, quand vous nous dites sur France-bleu, au len­de­main de l’attri­bu­tion du réac­teur EPR à Penly, que « le nucléaire est une éner­gie pro­pre, très pro­pre… »,

Madame San­drine Hurel, quand vous décla­rez en direct sur France 3, que vous fai­tes con­fiance à EDF pour « éli­mi­ner cette dif­fi­culté de l’éva­cua­tion des déchets radio­ac­tifs ».

Mon­sieur Sébas­tien Jumel, maire d’une ville, je le cite,  « per­cu­tée par la crise éco­no­mi­que et sociale ».
Si 2 réac­teurs et les inves­tis­se­ments qui vont avec, n’ont ser­vis à rien depuis 30 ans, en quoi un troi­sième réac­teur ser­vi­rait-il à quel­que chose ?

Enfin, l’arti­san en cou­lisse de cette union sacrée, l’oreille atten­tive de l’Ely­sée, Antoine Ruf­fe­nach, 70 ans, qui décide pour les géné­ra­tions à venir ce qui est bon pour lui.

La encore, aucune con­sul­ta­tion des popu­la­tions, tant locale que natio­nale.
Tou­jours ce déni de démo­cra­tie, déni de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive.

Vous fai­tes un tort con­si­dé­ra­ble aux hom­mes et aux fem­mes poli­ti­ques.
Vous niez plus de 30 ans de cala­mi­tés nucléai­res.
Vous signez un chè­que en blanc sur le compte des popu­la­tions locale et régio­nale, voire natio­nale ou plus encore et les géné­ra­tions à venir qui paie­ront au cen­tu­ple, votre absence de clair­voyance dans le domaine éner­gé­ti­que en impo­sant par la force le tout nucléaire.

Vous niez une réa­lité.
La réa­lité que les éner­gies renou­ve­la­bles et la sobriété éner­gé­ti­que créent bien plus d’emploi et d’éner­gie que le sec­teur nucléaire.

L’étude des 7 vents du Coten­tin, reprend les 3 mil­liards ini­tiaux du pro­jet EPR et fait beau­coup mieux en terme éner­gé­ti­que et d’emploi.

A Gus­sing, en Autri­che, une ville mori­bonde dans les années 80, qui a fait le choix de s’orien­ter vers les éner­gies renou­ve­la­bles.
Depuis, elle a con­servé ses emplois, elle en a créée, elle est auto­nome grâce aux éner­gies renou­ve­la­bles et exporte même son sur­plus de pro­duc­tion éner­gé­ti­que.
L’éco­tou­risme dyna­mise l’éco­no­mie locale et elle essaime ses prin­ci­pes à l’étran­ger.

A Roc­ba­ron, dans le Var, la muni­ci­pa­lité a pour objec­tif d’être, elle aussi, auto­nome, grâce aux éner­gies renou­ve­la­bles.
A Sal­va­gnac près de Tou­louse, à Jühnde, en Alle­ma­gne et son vil­lage bio­éner­gie, sont des exem­ples con­crets que le renou­ve­la­ble « mar­che », crée de l’emploi dura­ble, pro­pre, citoyen, sou­cieux de l’envi­ron­ne­ment, huma­niste.

Nous ne vou­lons pas vous lais­ser gâcher ce nou­veau siè­cle avec votre cupi­dité, vos peurs, vos recet­tes écu­lées.
Vous man­quez d’enver­gure, de pro­jet, d’ambi­tion pour votre ville, pour votre région, pour votre pays, pour l’Europe, pour vous et vos enfants, pour nous, pour Notre Terre.
Nous n’atten­dons plus rien de vous en matière éner­gé­ti­que et d’emploi.

Cela fait 30 ans que vous nous men­tez, que vous vous moquez de nous. Cela suf­fit.

La géné­ra­tion d’aujourd’hui doit pren­dre la déci­sion d’arrê­ter cette course effré­née qui nous mène droit dans le mur. Il faut rapi­de­ment mon­trer l’exem­ple à tous ces pays qui n’aspi­rent qu’à com­met­tre les mêmes bêti­ses que nous.
Pre­nons notre des­tin en main, dès main­te­nant et sachons leur mon­trer l’exem­ple tant qu’on le peut.

Après l’échec tech­ni­que et les 3 ans de retard du pre­mier réac­teur EPR en Fin­lande, le deuxième EPR à Fla­man­ville qui prend le même che­min, ce troi­sième réac­teur EPR ne fait que con­fir­mer et pré­ci­pi­ter la catas­tro­phe, tant sociale, envi­ron­ne­men­tale que finan­cière.

Soyons ori­gi­naux, visons l’ave­nir de notre Terre, rele­vons le défi de ne pas être idiot ni cupide.
Célé­brons l’intel­li­gence et ce qui nous fait Humain.

L’appa­ri­tion de la vie et son évo­lu­tion res­tent un long mys­tère.
Par res­pect pour cette magie, rare, voire uni­que dans l’uni­vers, nous ne pou­vons hypo­thé­quer l’ave­nir avec une tech­no­lo­gie gros­sière, dis­pen­dieuse, basée sur les pro­fits et la peur.
Nous en appe­lons à votre huma­nité, aux fon­de­ments de l’intel­li­gence.

Avec l’aide d’autres col­lec­tifs locaux et régio­naux de citoyen­nes et citoyens res­pon­sa­bles, le col­lec­tif stop-EPR, ni à Penly, ni ailleurs, démar­chera et infor­mera les popu­la­tions de l’inu­ti­lité et des dan­gers de ce 7ieme réac­teur haut nor­mand.

Stop EPR - Penly - 2009Le futur est devant nous.
Sachons nous en sai­sir et l’offrir à nos enfants.
Pré­ser­vons la vie, pré­ser­vons l’ave­nir.

Merci de votre atten­tion.

Con­tacts : 


à voir aussi:
Ges­tion post-acci­dent nucléaire en France”: CODIRPA
Pho­tos de la soi­rée débat à Caen le 11 juin  de Alain Cor­rea
Opé­ra­tion CODIRPA- par Bella Bel­béoch




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