Dernière mise à jour 23/10/2017

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L'affaire Clément Méric

Le mort d’un jeune homme de 18 ans a fait la Une des journaux début juin. Son nom : Clément Méric. Celui de son meurtrier: Esteban Morillo. À en croire la presse, c’est un affrontement politique entre skinheads et militants antifascistes qui aurait dégénéré et provoqué la mort de Méric. Si les journalistes qui ont couvert le meurtre de cet étudiant de SciencesPo avait disposé des outils de la sociologie critique de Karl Marx ou de Pierre Bourdieu pour appréhender le monde social, ils ne s’en seraient peut-être pas tenu uniquement à ce que l’on a pu lire ou entendre ici ou là.

Certes, on peut voir Méric comme un militant d’extrême gauche «antiraciste/antifasciste» et ses adversaires comme appartenant à la nébuleuse de l’«ultra-droite» proclamant la suprématie de la race blanche, mais les divergences idéologiques n’expliquent pas tout. En représentant la mort de Méric comme le résultat d’un combat extrême droite/extrême gauche, on occulte une dimension fondamentale de ce drame : la lutte des classes. Méric/Morillo, c’est aussi une rencontre sociale qui s’est très mal terminée.

Complexe de supériorité

Émettons cette hypothèse : si Clément Méric et son meurtrier Esteban Morillo n’avaient pas été séparés par un si profond fossé social, s’il n’y avait pas eu entre eux de telles inégalités de «capital culturel», pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu, leur affrontement verbal ne serait pas conclu par mort d’homme. Méric et ses amis n’ont-ils pas été victimes d’un certain complexe de supériorité sociale? Ne faut-il pas voir dans ce drame l’incapacité de certains membres de la petite bourgeoisie intellectuelle à percevoir et à mesurer à quel point un fils d’immigré espagnol - Esteban Morillo - n’ayant pas dépassé le stade du collège, peu qualifié professionnellement, chômeur ou exerçant occasionnellement le métier de vigile, peut se sentir profondément humilié par des jeunes perçus comme des nantis, surtout quand l’un d’entre eux - Clément Méric - est élève à SciencesPo, fils de professeur d’université, doté d’un fort capital linguistique et culturel ? On peut avancer, sans trop courir le risque d’être démenti, que personne n’a appris à Esteban Morillo le maniement du verbe ou la prise de parole de type «SciencesPo», qu’il ne lui a pas été proposé d’autres choix de vie que la relégation sociale ou, dans le meilleur des cas, le statu quo. Comme seul capital, il ne disposait que de sa force physique, celle qu’il monnayait à une société de sécurité. Peu importe, en définitive, de savoir qui a commencé, qui a insulté en premier. N’est ce pas ce sentiment d’humiliation des «petits blancs», dont l’équipe de Bourdieu a rendu compte il y a vingt ans dans La misère du monde, qui expliquerait en partie le drame survenu rue de Caumartin à Paris ? Si le système scolaire ne discriminait pas les enfants des classes populaires, s’il donnait la possibilité aux Esteban Morillo d’être mieux dotés de capital scolaire, intellectuel, culturel, ce dernier n’aurait peut-être pas fait parler la force brute.

Le meurtrier était un enfant d’immigrés et, comme les fils d’immigrés relégués dans les quartiers ouvriers en déclin ou les régions industrielles sinistrées, il avait plus de chances d’avoir affaire à la justice qu’un fils à papa d’extrême-droite, étudiant à la faculté de droit d’Assas. Lorsqu’un militant d’extrême droite doté d’un certain capital culturel commet un délit, fait usage de la violence, cela ne l’empêche pas de devenir ministre de l’Économie [1], vive-président de l’UMP [2] ou… directeur de France Culture [3]. Les enfants des classes populaires, eux, toutes couleurs de peau confondues, ont bien plus de probabilité de faire un passage par la case prison que les étudiants d’Assas ou les élèves des grandes écoles. Si la presse a fait un tel battage autour du meurtre de Clément Méric, ce n’est pas en raison de l’empathie qu’elle éprouvait pour un militant d’extrême gauche, mais parce que la plupart des responsables de l’information ont intuitivement perçu cette agression comme étant dirigée contre eux, du moins dans un premier temps. Indépendamment de toute coloration politique, c’est un des leurs qui a été tué début juin. Méric avait en effet intégré une des principales écoles de formation des élites journalistiques et politiques françaises [4].

Les soutiens de Morillo ne manqueront pas de mettre en avant sa trajectoire sociale pour lui trouver des circonstances atténuantes et lui éviter une trop lourde condamnation. Ils n’iront pas jusqu’à employer le terme d’«excuses sociologiques» - ce n’est pas leur vocabulaire - mais pourront difficilement, cette fois-ci, convoquer leur grille d’analyse nationaliste - «la France aux français» - car, si l’on se place de leur point de vue, le Breton Clément Méric est bien plus «gaulois» que le fils d’immigré espagnol Esteban Morillo. Ils devront donc se rallier à un point de vue marxiste, forcément internationaliste. Dans une société divisée en classes sociales, où des pans de la population en exploitent d’autres, il leur faudra défendre l’idée que tous les pauvres doivent bénéficier d’excuses sociologiques ou bien avoir les moyens de surmonter leur handicap de départ.

Rien à attendre des urnes

Dissoudre les milices d’extrême droite, comme le propose le gouvernement, ne résoudra rien. Cela n’empêchera pas d’autres drames comme celui dont a été victime Clément Méric. S’il y avait quelque chose à abolir dans cette histoire, c’est… la société divisée en classes sociales. Et ne comptons pas sur Manuel Valls, François Hollande, Arnaud Montebourg, le PS, les Verts, les centristes, l’UMP ou le FN pour s’y atteler. N’attendons rien non plus des urnes. Le système électoral est trop verrouillé pour permettre l’élection d’un candidat anticapitaliste [5].

Notes :

[1]  Comme Alain Madelin

[2]  Comme Alain Longuet

[3]  Comme Patrice Gélinet

[4]  En revanche, Yassine Aïbeche, un autre jeune de 19 ans tué par un policier en début d’année, n’a pas trouvé grand monde dans la presse pour s’offusquer de son funeste destin. Aïbeche était un jeune de la cité Félix-Pyat, un des quartiers les plus pauvres de Marseille, n’ayant aucune chance d’appartenir un jour à la classe dirigeante de notre pays.

[5]  Voir le reportage Hollande, DSK, etc. de J. Brygo, P. Carles, N. Faure et A. Van Opstal.


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Pierre Carles

Auteur: Pierre Carles

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Commentaires (5)

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  29 septembre 2013, 02h11


Frédéric Lordon : «Revenir aux monnaies… par Mediapart
Altermondialiste71 Altermondialiste71 ·  04 décembre 2013, 12h18

Pierre Carles s’est fait dérouiller dès le mois suivant dans le même Siné Mensuel au sein duquel une dizaine de collaborateurs du journal ont répondu par une double-page sans appel. Bien fait ! Fallait pas dire n’importe quoi ! Il est dommage que cette longue et cinglante réponse (qui révèle notamment le boulot au smic que faisait Clément) ne complète pas l’article ici. Quant au Dindon de la farce qui publie ensuite l’apologie de Chouard par Ruffin, bravo ! Vous avez le sens de la farce en effet, et vous n’êtes pas un dindon pour rien. En effet, que reste-t-il de l’altermondialisme et de l’antifascisme aujourd’hui ? A quoi jouent nos intellectuels de gauche bien mous et petit bras sur ces questions ? Résultat : un triste et minable mouvement de repli sur soi se propage dans toutes les bouches : la France bleu-rose se prépare lentement, mais sûrement, à passer au bleu-marine. Bravo les dindons ! Si on continue à laisser faire comme ça, on est cuits !

Lire « Clément Méric, mort pour ses idées dans un monde sans idées » : http://www.article11.info/?Clement-Meric-mort-pour-ses-idees

ValDuv ValDuv ·  08 décembre 2013, 11h58

Sur Chouard, puisqu'on l'evoque dans le commentaire ci dessus, ses propos :

“Je pense que traiter quelqu’un (qui est un être humain, je vous le rapelle) de ‘raciste’, de ‘fasciste’ ou autre étiquette définitive conduisant à exclure ce quelqu’un du débat politique, c’est LA NÉGATION MÊME DE LA POLITIQUE : ceux qui ne sont capables de « faire de la politique » QUE avec ceux qui sont du même avis qu’eux ne font PAS de la politique : ce sont des adeptes d’un contrôle total des opinons et de la société, qui requiert forcément une police de la pensée. Très peu pour moi.

En plus, et surtout, TRAITER QUELQU’UN DE « RACISTE », C’EST TOUT SIMPLEMENT RACISTE… Ceci est très important, dites-moi si je me trompe : le racisme n’est pas une nature, c’est une opinion. Donc, enfermer l’autre dans son opinion, définitivement, faire de cette opinion (xénophobe par exemple) la NATURE de cette personne, définitive et infamante, dégradante et excluante, comme si cette personne ne pouvait pas changer d’avis, c’est évidemment RACISTE : quand on naturalise une opinion (bonne ou mauvaise), on enferme l’autre dans ses paroles passées et on l’abaisse (ou on le hausse) de façon tout à fait injuste. Certes, je vois bien que l’antiracisme est pétri de bonnes intentions — que je partage évidemment ! —, mais je trouve l’antiracisme terriblement contre-productif et contradictoire quand il désigne « des racistes » (ce qu’il fait de plus en plus).


En plus, du point de vue de la recherche de la concorde dans la cité, c’est une impasse absolue : on ne fera reculer aucun racisme en insultant « les racistes » (on le voit, les positions se radicalisent au contraire) : que proposent concrètement les ‘antiracistes’, si on ne peut pas parler aux « racistes » ? D’aller cogner « les racistes » ? C’est quoi, le projet politque ? La castagne ? C’est de la politique, ça ? Très peu pour moi. Je préfère le débat sur LES INSTITUTIONS (au-dessus des hommes) qui empêcheront mécaniquement toute forme de racisme, débat respectueux, entre êtres humains égaux politiquement (excusez-moi de tenir à ça), je préfère la recherche de la faille dans le raisonnement de ceux qui ont peur des étrangers, je préfère la démonstration (publique et donc pédagogique) de l’inanité du racisme, je préfère prouver pas à pas et en public l’injustice honteuse et hideuse de l’opinion raciste, je préfère la politique, quoi, la vraie, celle qui ne considère pas l’autre comme un inférieur, un incapable, un ennemi, sous prétexte qu’il pense à l’opposé de moi (pour l’instant).


Enfin, sur le fond, je fais remarquer (ce n’est pas vraiment un détail, je crois) qu’il n’y a PAS DE MEILLEURE GARANTIE contre le fascisme et contre les injustices sociales que le système que je défends de toute mon énergie : avec la démocratie, la vraie, c’est-à-dire le tirage au sort de représentants — ET des contrôleurs des représentants—, il n’y a plus la moindre place pour un chef, un tyran, un furher, un caudillo, un blanc plutôt qu’un noir, un homme plutôt qu’une femme, un riche plutôt qu’un pauvre, etc. Mécaniquement. Ça devrait quand même faire réfléchir ceux qui accordent du crédit aux accusations de dérive d’extrême droite à mon sujet, non ? Ou bien ce qu’on dit et répète ne compte pour rien, et seuls comptent les procès d’intention ?"

Extrait d’un courriel du 07/12/2013

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  16 août 2014, 21h40

Franck Lepage à propos de Soral….

Éric Jousse Éric Jousse ·  02 octobre 2014, 22h57

Étienne Chouard : écotartuffe du mois d’octobre 2014 par Vincent Cheynet - Mensuel La Décroissance n°113, page 6

«  Le problème il est politique. Si vous voulez décroissance, les décroissants, et alors deuxième point, les décroissants, dont je partage presque toutes les analyses; je suis d’accord avec les observations, les diagnostics, les perspectives, je suis d’accord, simplement sur le plan politique, quand on se concentre sur la décroissance, on est sur une conséquence et donc quand on conteste la croissance sans s’en prendre comme moi à la constitution, on est voué à discutailler, à bavardouiller, à discutailler parce que nous sommes impuissants politiquement donc les idées sont aconnectées [sic], elles sont connexes […] Ce ne sera possible que si on reprend le contrôle du politique, donc si vous voulez si on discute que sur la croissance on discute que sur les conséquences […] tous ces sujets de luttes sociales sont voués à l’échec dans un contexte où nous sommes impuissants politiquement [1]. »

Voilà ce qu’ Étienne Chouard a à nous dire sur la décroissance. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Étienne Chouard est un des héros du non au Traité constitutionnel européen (TCE) de 2005. Il a à cette époque conquis une certaine notoriété et est devenue une des vedettes de l’altermondialisme. « Depuis lors, Étienne Chouard déclare « chercher la cause principale des injustices sociales » et étudie différents régimes démocratiques et constitutions. Il défend notamment le système du tirage au sort et soutient qu’une nouvelle assemblée constituante devrait être réunie et fondée sur cette méthode [2]. »

À 58 ans, ce professeur d’économie et de droit avoue, avec honnêteté, qu’avant son implication contre le TCE il était totalement ignorant en politique. Aujourd’hui, le voilà qui croit, sans rire, nous apprendre quelque chose en nous disant que la décroissance passe nécessairement par le politique, à nous qui n’avons cessé de marteler que la raison d’être de la décroissance était justement le politique contre l’emprise de l’économie sur toutes les dimensions de la condition humaine. Le plus paradoxal, c’est que le problème d’Étienne Chouard se situe bien là : dans son ignorance du politique. Ce qui explique peut-être qu’il fasse aujourd’hui n’importe quoi et entretienne de nombreuses relations avec des personnalités d’extrême droite.

Entendons-nous bien : nous ne détestons rien davantage que les petits commissaires de la non-pensée pour qui tout contradicteur est un ennemi à abattre, les agents de l’Empire du Bien entièrement absorbés dans une lutte à mort contre l’altérité, et pour qui tous ceux qui refusent de rentrer dans un clivage binaire et de choisir leur côté de la barricade sont des traitres à conduire au bûcher. Les objecteurs de croissance ne connaissent que trop ces chasses aux sorcières, ces anathèmes de staliniens et de fanatiques. Dans une mise au point publiée voici juste un an, le directeur du journal Fakir, François Ruffin, écrivait :

« Nous ne céderons pas à ces autoproclamés « antifas », sectaires, paranos, minoritaires, qui dénaturent l’antifascisme, le trahissent, qui en font la chose d’un clan, recroquevillé sur lui-même, excluant les hérétiques, gardiens d’une nouvelle pensée unique [3]. »

Dans un entretien publié dans le sac à pub libéral-libertaire Le Nouvel Observateur (31-8-2014), Jean-Claude Michéa conclut, au sujet de la mort de l’écrivain belge Simon Leys :

« On ne doit pas chercher plus loin les raisons qui ont conduit la police de la pensée de l’époque - elle se renouvelle malheureusement de génération en génération - à lui faire si chèrement payer le prix de cette indomptable liberté d’esprit. Pour autant, la certitude déprimante qu’un esprit libre devra toujours affronter, tôt ou tard, les calomnies et les manœuvres de tous les partisans de « ces petites idéologies malodorantes qui rivalisent maintenant pour le contrôle de notre âme » (Orwell) ne devrait dissuader personne de servir honnêtement la vérité. Après tout, qui se souvient encore, aujourd’hui, des Alain Bouc ou des Michelle Loi ? Pas même leurs innombrables clones devenus pourtant plus puissants que jamais. »

Colibri armé

Il n’empêche, refuser le sectarisme ne signifie pas faire n’importe quoi. Ainsi, Étienne Chouard passe le 30 janvier 2013 de la conférence de lancement « de la (R)évolution du mouvement des Colibris » de Cyril Dion et Pierre Rabhi à une longue conversation filmée[4] quelques jours plus tard à une terrasse de bistro marseillaise avec Piero San Giorgio, membre de l’association d’Alain Soral Égalité & Réconciliation et figure emblématique de la mouvance des « survivalistes », coutumier de sorties du type : « Si on t’en donne [un coup] tu réponds au centuple, à l’israélienne. Ça, j’aime bien ça. Moi je suis assez admiratif d’Israël [5]. » Voilà qui devrait interroger le mouvement « apolitique » de Pierre Rabhi s’il n’était pas pétri d’un angélisme infantile.

Loin d’être un simple dérapage excusable - puisque ces liaisons troubles sont nombreuses et répétées -, Étienne Chouard alimente la confusion en dressant de telles passerelles.

Revenons aux louables recherches de l’enseignant : quelle serait LA « cause principale des injustices sociales » (comme s’il n’y en avait qu’une seule) ? Et quelle est sa solution politique « miracle » ? C’est le tirage au sort des élus conjointement à la proposition d’un revenu versé à vie, que l’on choisisse de travailler ou pas. Cette dernière proposition, nous l’avons assez dénoncée dans ces colonnes comme démagogique, un moyen de saper et de disqualifier aux yeux de nos contemporains le caractère subversif de la décroissance. Faisons simplement nôtres ces paroles de l’Internationale : « La terre n’appartient qu’aux hommes. L’oisif ira loger ailleurs. C’est de nos chairs qu’ils se repaissent ! Si les corbeaux si les vautours, Un de ces matins disparaissent… La Terre tournera toujours. »

Quant au tirage au sort de nos représentants, cela peut être effectivement une bonne idée ; d’ailleurs il existe déjà, par exemple pour désigner les jurys populaires dans les cours d’assises. Personnellement, j’ai proposé lors de ma candidature aux élections législatives que le Sénat soit désigné ainsi pour refléter une image plus juste de la population. Mais est-ce suffisant ? Aux XVIIème et XVIIème siècles, la République de Gênes a été le berceau du capitalisme mondial. Ses banques finançaient tout l’Occident. Et les représentants de cet État étaient tirés au sort pour deux ans dans la bourgeoisie… Certes, ce n’était pas dans toute la population, mais on voit ici que ce système n’est pas une garantie d’anticapitalisme.
Cela dit Étienne Chouard est assurément plus naïf que méchant, c’est aussi bien le problème.

Notes:

[1] Vidéo de Christian Laurut, Demain La Décroissance, n°14, 13 juin 2014, youtube.com
[2] Ibid.
[3] Fakir, 10-9-2013, en ligne
[4] Piero San Giorgio, Conversation avec Étienne Chouard en février 2013 à Marseille, youtube.com
[5] Conférence donnée avec Laurent Ozon le 20 septembre 2012 à Paris

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