Last site update 13/12/2019

To content | To menu | To search

Pour une autre approche du développement par Francine Bavay

Écolo-technophiIe, ingénieure et élue Verte au conseil régional d’Île-de-France, je ne peux que me réjouir de la tenue du Grenelle de l’environnement. Enfin, les énergies renouvelables et le potentiel d’emplois liés au développement soutenable font la une de La Tribune. Force est de constater que ce Grenelle apporte une légitime reconnaissance à des associations qui travaillent sur les questions environnementales depuis des années. Leur action mérite d’étre saluée, et leurs revendications entendues.
Mais qu’en sera-t-il réellement ? Surtout, comment sera posée la question cruciale de la protecrion de l’environnement sous l’angle du modèle de développement ? Saurons-nous réellement questionner nos modes de production et de consommation? Aurons-nous l’audace de proposer les innovations environnementales et sociales qui, en bousculant les codes, sont seules à même de révolutionner notre rapport trop souvent ¬´ prédateur ¬ª au monde ?


(*) Francine Bavay, Vice-Présidente du conseil régional d’Île-de-France


Grands absents. Toutes ces questions sont au coeur des réflexions menées par les acteurs d’une autre approche économique, transversale à l’économie dite ¬´ classique ¬ª : l’économie sociale et solidaire, qui représente plus de 11 % du PIB français aujourd’hui. Parmi les acteurs qui n’ont pas été conviés à ce Grenelle de l’environnement, on compte justement les représentants de cette autre économie. Ce ne sont pas les seuls absents. Alors que la prévention et le principe de précaution devraient être au coeur de nos préoccupations, les représentants des médecins et des autres professions de santé n’ont pas été invités. Pas plus que les associations de consommateurs, alors même que de plus en plus de Françaises et de Français cherchent, malgré la cherté de la vie, à donner du sens à leur argent, en achetant ¬´ équitable¬ª et en s’inscrivant dans des démarches de ¬´ consomm’action ¬ª. Enfin, et pour arrêter là cette énumération des absents, je citerai les associations de locataires qui ont tout à gagner à une meilleure isolation de leurs logements, et par là à une réduction de leurs factures. Ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour le portefeuille... cette vérité écologiste, qu’il a fallu de temps pour l’entendre !

Le renforcement des normes d’efficacité énergétique dans le bâtiment, première mesure qui fait, selon Jean-Louis Borloo, ¬´ l’objet d’un consensus total ¬ª, représente une opportunité extraordinaire pour des entreprises socialement responsables, des associations, des coopératives, des structures d’insertion par l’activité économique. Des milliers de logements anciens doivent être réhabilités, des bâtiments publics, y compris des hôpitaux, des lycées, doivent être mis aux normes. Pourquoi ne pas confier ces missions à ces structures de l’économie sociale et solidaire?

Le haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, évoquait récemment la nécessité de remplacer les ampoules classiques par des ampoules basse tension - un ¬´job¬ª qu’il souhaiterait confier à une entreprise d’insertion par l’activité. En Allemagne, un programme fournit des fenêtres à triple vitrage en leasing, créant ainsi de l’activité, permettant une sortie programmée de l’électricité nucléaire, tout en allégeant le budget des ménages et des collectivités.
À entendre les premières mesures concrètes de ce Grenelle, il semble bien que les questions relatives au logement soient plus simples à faire adopter qu’une réelle révolution dans le domaine des transports. Là aussi, l’économie sociale et solidaire a bien des chantiers à mener. Sur le modèle du PAM mis en place à Paris pour faciliter les déplacements à la carte des personnes à mobilité réduite, les transports collectifs à la demande peuvent faciliter la vie de millions de personnes vivant dans les pôles des grandes couronnes urbaines, à la périphérie des métropoles.

Un Grenelle de l’insertion. Autre innovation qui n’attend que les porteurs de projet dynamiques et entreprenants, des systèmes de vélos en libre-service pourraient associer collectivités locales, entreprises solidaires et associations d’insertion. Alors, ces questions qui n’ont pas été abordées lors de ce Grenelle de l’environnement, espérons qu’elles le seront lors du Grenelle de l’insertion, annoncé pour cet automne par le gouvernement. Dix sept régions françaises se sont déjà engagées dans le développement de l’économie sociale et solidaire, utilisant clauses sociales et environnementales pour mettre en acte une autre approche du développement. C’est possible, maintenant. Reste à y mettre une réelle volonté politique et les moyens de l’appliquer. Comme le disait une élue écologiste lors du dernier conseil régional d’ Île-de-France : un coup de Karcher ne suffira pas à éteindre l’incendie planétaire.

© La Tribune


Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Rate this entry

0/5

  • Note: 0
  • Votes: 0
  • Higher: 0
  • Lower: 0

Netoyens.info

Author: Netoyens.info

Stay in touch with the latest news and subscribe to the RSS Feed about this category

Comments (0)

Comments are closed



You might also like

besancenot_bove_melenchon-stlazare_mai_2005.jpg

Au nom du 29 mai 2005

À défaut de quorum, à défaut de proportionnelle, tout le monde a fini par comprendre que l’abstention était bien une des modalités pleine et entière du vote pour laquelle, elle aussi, nos anciens avaient « versé le sang ». Poussé-e-s dans nos retranchements réflexifs, il aura fallu entrer dans la phase terminale du présent régime pour la concevoir comme la manière la plus efficace de rendre compte de la situation politique délétère dans laquelle nous nous trouvions. La plus efficace et la plus pacifique.

Continue reading

vote-abstention.jpg

Pour pouvoir s'abstenir, il faut s'inscrire !

On l’a dit maintes fois déjà ici et ailleurs, comme tout autre vote qu’il soit nul, blanc ou pas, l’abstention est un droit !  Certains conservateurs antilbéraux, ordolibéraux ou protofascistes, comme jadis l’Abbé Seyes le théorisait, voudraient en faire une obligation sous peine d’amende. Ce serait une régression majeure dans le cheminement vers cette démocratie toujours en projet et sans cesse menacée. Pour autant, faut-il ne pas apparaitre ou disparaître aussi des listes électorales ? Voir !

Continue reading