Dernière mise à jour 13/11/2018

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RiP la cinquième (le changement c'est maintenant)

Mélenchon en rêvait, Hollande l’a fait ; en finir avec la Vème République et sa démocratie bancale. Évidemment, les intentions et la finalité ne sont pas les mêmes.

Quand le premier voulait donner le pouvoir au peuple, le second veut l’accaparer en nous concoctant un « Nouvel État Français » qui n’a rien à envier au précédent de triste mémoire. Quand j’ai dit : « Hollande va nous faire du Bush », on m’a répondu : « Hollande n’est pas Bush ». Non, c’est pire !

On a soudain découvert un croisement improbable de Bush et de Pétain. On nous prépare un “Patriot Act” à la française – qui était déjà bien avancé, il faut le dire – et, avec la bénédiction quasi unanime d’une assemblée médusée, la constitution et les droits de l’Homme sont, de fait, suspendus.

Un État policier se met en place au service d’une oligarchie qui, avant les attentats, n’avait aucune chance de perdurer et qui soudain par la grâce de ces miraculeux évènements voit son avenir se dégager – enfin croient-ils – car, qui donc se tient en embuscade ? Le FN. Hollande croyant assurer sa réélection dans un fauteuil risque – en fait – de tirer les marrons du feu pour Marine car, une fois les bases d’un pouvoir autoritaire posées, il n’y aura plus de raison pour une majorité des électeurs de droite de ne pas voter pour un parti dont c’est la base idéologique depuis toujours.

Quant aux électeurs de gauche, à choisir entre deux candidats de droite, il ne leur restera plus que le vote abstention pour se faire entendre. C’est ainsi que la France qui se dit « Pays des Droits de l’Homme » est en train de basculer dans l’autocratie pour s’être choisi comme Président un politicien faible et médiocre qui n’a pu accepter que ses échecs, ses renoncements, ses mensonges et sa veulerie mobilisent un nombre croissant de contestataires déterminés. Ne pouvant les circonvenir, il ne lui restait plus qu’à les museler. Les lois multiples et variées ne suffisaient plus, alors on passe à l’état d’urgence puis on le pérennise.

En 1940, il avait fallu la wehrmacht et une débâcle militaire organisée pour faire tomber la IIIème République. En 2015, quelques nihilistes ont suffit. Le 10 juillet 1940 est soumise à l’Assemblée nationale (alors formée par la réunion de la Chambre des députés et du Sénat) une proposition de révision des lois constitutionnelles régissant la Troisième République, ayant pour objet d’attribuer les pleins pouvoirs constituants au maréchal Philippe Pétain, président du Conseil. 80 parlementaires (57 députés et 23 sénateurs) votèrent contre. En 2015 seuls 6 députés ont eu le courage de s’opposer.

« Sauf pour les dictateurs et les imbéciles, l’ordre n’est pas une fin en soi. » (Jean Gabin : Le Président)

♰ RiP


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Edrobal

Auteur: Edrobal

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Commentaires (1)

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  08 décembre 2015, 01h21

Video : L’ÉTAT D’URGENCE POUR CACHER DES TAS D’URGENCES

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