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Nucléaire : l'argent avant la sécurité

Fric_atomic.jpg« Après Tchernobyl, toute l’énergie de l’industrie nucléaire a été consacrée à dissimuler l’événement, pour éviter de nuire à sa réputation. L’expérience de Tchernobyl n’a pas été étudiée correctement : qui a l’argent pour les recherches ? L’industrie et personne d’autre. »

 

Des propos édifiants de Louli Andreev, ancien directeur de l’agence de décontamination soviétique Spetsatom, qu’il est utile de garder en mémoire : 

« Après Tchernobyl, toute l’énergie de l’industrie nucléaire a été consacrée à dissimuler l’événement, pour éviter de nuire à sa réputation. L’expérience de Tchernobyl n’a pas été étudiée correctement : qui a l’argent pour les recherches ? L’industrie et personne d’autre.

(…)

Pour Louli Andreev, le feu à l’origine de rejets radioactifs mardi à Fukushima et impliquant des barres de combustible usagées stockées près de réacteurs ressemble à un exemple de la façon dont le profit prime sur la sécurité.

(…)

Selon lui, l’AIEA devrait partager la responsabilité, pour les normes qu’elle édicte, car elle est trop proche des firmes qui construisent et assurent le fonctionnement des centrales. Et il accuse l’équipe d’urgence accident mise sur pied par l’agence basée à Vienne d’être un ‘think tank’ plutôt qu’une équipe de travail.

« Ce n’est qu’une fausse organisation parce que toute organisation qui dépend de l’industrie nucléaire – et l’AIEA dépend de l’industrie nucléaire – ne peut pas fonctionner correctement. »

« Elle cachera toujours la vérité. »

« L’AIEA … n’est pas intéressée ne peut voir un intérêt dans la concentration de l’attention sur un accident possible dans l’industrie nucléaire. Ils ne sont absolument pas intéressés par toutes les organisations d’intervention d’urgence. »

(…)

Andreev dit trop bien comprendre ce que traversent les autorités japonaises à Fukushima, et que des solutions créatives seraient nécessaires pour contenir les fuites.

« C’est une situation de panique tranquille. Je connais cette situation. La discipline est la chose principale dans l’industrie mais l’intervention d’urgence requiert de la créativité, de l’imagination et de l’improvisation. »

Source : http://www.reuters.com/article/2011/03/15/us-japan-nuclear-chernobyl-idUSTRE72E5MV20110315

(trad. vgallais)


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Véronique Gallais

Author: Véronique Gallais

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Comments (2)

vgallais vgallais ·  09 April 2013, 11h58

En complément, avec Michel Fernex sur le rôle de l’AIEA par rapport à l’OMS, cette vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=xUZY…

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  16 April 2013, 16h57

Le dernier homme de Fukushima


Le dernier homme de Fukushima par Alsace20

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