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Syriza contre le IVème Reich

Relisant ces jours, un vieux roman de Pierre Nord datant des années 60, j’y trouvais la référence d’un supposé plan des États-Unis visant à donner après la mort de De Gaulle le leadership européen à une Allemagne sensée être plus perméable à la doctrine économique libérale. Ainsi donc, De Gaulle ayant toujours refusé l’entrée de la Grande-Bretagne dans la communauté Européenne, n’aurait pas vu que le loup était déjà dans la bergerie.

Aujourd’hui, après avoir assis sa domination dans la discrétion, l’Allemagne commence à montrer son vrai visage. C’est, bien sûr, l’arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce qui joue le rôle de révélateur et qui oblige à poser la question : l’Allemagne fait-elle partie de l’UE ou est-ce l’UE qui fait partie de l’Allemagne et d’un IVème Reich.

On ne pourra pas lutter contre la finance internationale en refusant d’affronter son bras dans l’UE qu’est l’Allemagne. Toutes les déclarations et autres appels au bon-sens sont inutiles. Les politiques mise en œuvre ne sont pas un fiasco – sauf pour ceux qui en subissent les conséquences. Ces politiques sont bel et bien voulues par une oligarchie et dans son intérêt avec un seul but : assoir définitivement sa domination sur l’économie mondiale et casser toute velléité de résistance pour qu’enfin soit vérifiée cette sentence « there is no alternative », la fin de l’histoire et de toute lutte des classes.

La violence et l’unanimité des réactions des responsables européens contre Syriza montre bien leur crainte d’une contagion dans des pays soumis à la même austérité et où l’esprit de résistance risque de se rallumer. Il est donc nécessaire de tuer dans l’œuf la tentation grecque d’une politique alternative et, pour cela, tous les moyens seront bons. Jusqu’où iront-ils si Syriza ne plie pas ? Les exemples ne manquent pas dans l’histoire du XXème siècle ; intervention contre la révolution bolchévique au début des années vingt, écrasement sanglant de la révolution spartakiste en Allemagne, guerre contre la république espagnole et, en Grèce même, la guerre civile puis une dictature. Jamais une vraie démocratie de gauche n’a été tolérée en Europe. La seule gauche acceptable doit faire comme notre président Hollande, une politique de droite.

Trois cents économistes et universitaires de tous les continents ont beau dire : « Nous sommes avec la Grèce et l’Europe »[1], ils ont tort, ce qui est en jeu, ce n’est pas le sort de la Grèce ni le futur de l’Europe mais le sort des peuples, leur asservissement ou leur libération.


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Edrobal

Author: Edrobal

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Comments (2)

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  17 February 2015, 09h57

Pierre Moscovici :

Il n’y a pas d’alternative à la prolongation du programme

Margareth Thatcher !… Sort du corps hanté de ce grand couillon ! TINA… There Is No Alternative ! La rengaine ! La petite ritournelle de la honte bue jusqu’à la lie !
Ce n’est pas une question d’argent, pas une question de programme de désendettement. Il suffit d’entendre ce que dit Wolfgang Schauble, chef du gang des loups de la finance qui se dit ministre allemand de la finance :

«Ce n’est pas une question de négociation mais une question de décision… de ce qu’ils veulent vraiment en Grèce ».

Derrière tout ça donc, la crainte d’une “contagion” d’un désir d’émancipation des peuples en Europe. Rendez-vous sur toutes les places Syntagma de Grèce et d’ailleurs !

ÉricJ ÉricJ ·  26 February 2015, 18h39

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