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Débranchez les voitures électriques !

2014-SL-Debranche.jpgCe mois-ci, votre chroniqueur préféré se mue en leader charismatique et lance un mot d’ordre de salut public : “Débranchons les voitures électriques !”. Prenons de suite les devants : non, il ne s’agit pas d’un complot en faveur des constructeurs automobiles et des pétroliers. Oui, la voiture thermique - essence ou diesel - est elle aussi une véritable calamité qu’il faut combattre. C’est dit !

Pour autant, seuls les ignorants ou les naïfs peuvent croire que la voiture électrique est “propre”, “écologique”, ou “verte”. Ou même qu’elle est “moins polluante” que la voiture thermique.

Voyons cela :
- la construction d’une voiture nécessite des matières premières et de l’énergie dont l’extraction et la production ont inévitablement des impacts sur l’environnement.
- une voiture utilise des pièces et éléments extrêmement polluants, en particulier les pneus et les batteries.
- en fin de vie, une voiture représente une importante quantité de déchets.
- enfin, l’énergie utilisée pour faire fonctionner un moteur est toujours cause de pollution.

Ce dernier point est bien connu lorsqu’il s’agit d’un véhicule thermique utilisant un carburant issu du pétrole ou du gaz, mais c’est aussi le cas pour un véhicule fonctionnant à l’électricité, en particulier lorsque cette dernière est principalement produite par des centrales nucléaires comme en France.

Dans ce cas, la voiture électrique est “complice” de toutes les tares de l’atome : rejets radioactifs et chimiques dans l’environnement, production de déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des millénaires, graves pollutions autour des mines d’uranium, etc.

Il faut aussi se méfier des vicieux qui prétendent que la voiture électrique est “écologique” lorsque le courant provient d’énergies renouvelables. En effet cela n’efface pas les autres pollutions listées précédemment (batteries, pneus, déchets, etc) et, par ailleurs, si l’électricité renouvelable est de loin préférable à celle qui provient de centrales nucléaires ou thermiques, elle n’est pas pour autant “écologique” : il faut du béton pour les barrages hydroélectriques, de l’acier pour les éoliennes, du silicium pour les panneaux solaires, etc.

Attention à nouveau : nous ne disons pas qu’il faut se réfugier dans une grotte et ne plus rien faire, de peur de polluer. Simplement, il ne faut polluer que lorsqu’on ne peut faire autrement, et surtout de ne pas prétendre faire un geste “écologique” lorsqu’on pollue.

Or, justement, les promoteurs de la voiture électrique ne cessent d’abuser l’opinion en prétendant “protéger la planète” : c’est pour cela que l’Observatoire du nucléaire, animé par votre serviteur, a saisi le Jury de déontologie publicitaire (JDP), organisme à l’indépendance incertaine - il relève de l’industrie de la publicité - mais qui est bien obligé, lorsqu’il ne peut faire autrement, de tenir compte des règles et autres chartes en vigueur.

Et c’est ainsi que les principaux constructeurs de voitures électriques - Renault, Citroën, Opel, Nissan, Mitsubishi, et Bolloré - ont été contraints à retirer de leurs publicités les mentions “propre”, “écologique” ou “verte”. Une victoire symbolique, mais loin d’être négligeable !

Attardons nous sur le cas du dernier nommé, multinationale dirigée par Vincent Bolloré lui-même, grand ami de Sarkozy jusqu’en 2012 et désormais de Hollande qui, le 20 septembre 2013, a visité l’usine de batteries “propres” de M. Bolloré. Pour mémoire, le lithium utilisé par ces batteries est extrait dans des mines qui causent de terribles ravages environnementaux et sociaux, à en rendre jaloux les gens d’Areva et leurs mines d’uranium, pourtant champions de la pollution.

Pas de quoi gêner les élus “progressistes” de Paris, Lyon et Bordeaux (en attendant la suite) qui ont déroulé le tapis vert pour la multinationale Bolloré et ses voiture électriques si propres, proposées en “autopartage” : un système qui, pour une voiture installée, devait faire disparaître 7 à 10 voitures du centre-ville.

Or, les premières études, gardées bien entendu confidentielles, montrent que le nombre de voitures n’a pas diminué et que, au contraire, des gens qui auparavant prenaient exclusivement les transports en commun ont été “captés” par Bolloré !

Peu importe pour ce dernier dont les filiales Autolib, BlueLy et Bluecub ont respectivement fait main basse sur d’immenses espaces publics généreusement attribués par les édiles des trois villes. Nouvelle colère de votre chroniqueur qui a saisi à nouveau le JDP et fait sanctionner BlueCub, en attendant BlueLy et Autolib.

Mieux : n’écoutant que son courage, il a appelé à débrancher ces voitures lorsqu’elles sont en charge sur le domaine public : un geste pour la planète, d’une simplicité enfantine mais aussi parfaitement légal puisqu’il n’y a aucune dégradation.

Le seul danger est finalement de s’approcher de ces véhicules : en effet, leurs batteries doivent être constamment maintenues à la température de 80°, ce qui déjà entraîne une forte consommation d’électricité même lorsque les batteries sont pleines. Mais, surtout, ces batteries semblent avoir une fâcheuse tendance à exploser et causer de dangereux incendies, même si ces derniers sont pour le moment attribués à la bien pratique “insécurité”. Alors, comme le chantait France Gall : “Débranche !”


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Stéphane Lhomme

Auteur: Stéphane Lhomme

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Commentaires (1)

Jacques Lestang Jacques Lestang ·  11 mars 2015, 13h37

Bonjour,
Je me permet de vous remettre les idées dans l’ordre. Un moteur électrique a une efficacité de plus de 90% contre 25% pour un moteur thermique CHAUD (donc tant qu’il n’est pas chaud, son efficacité est moindre. Rappelons également que la plupart des trajets quotidiens des français sont courts et donc le moteur a à peine le temps d’être chaud…).
En partant de ces deux données : une centrale à pétrole ayant une efficacité de 60% aujourd’hui, on peut faire rouler l’équivalent de 3 voitures électriques pour les mêmes rejets qu’une voiture à essence dans les meilleurs conditions.

L’excuse de la pollution des voitures est ici à côté de la plaque. Comme si la construction des voitures traditionnelles était écologique….

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