Last site update 18/11/2019

To content | To menu | To search

En famille au bord de la Mer du Japon

Line : No nuke !Aujourd’hui, mon épouse, ma fille et moi-même, nous nous sommes rendus à la Mer du Japon, 60 km au nord de Nagano-ville. J’ai laissé mon compteur Geiger allumé dans la voiture. C’est très clair, jusqu’au col d’Arai, qui sépare les préfectures de Nagano et de Niigata, la moyenne est de 0,15 microsievert/heure, puis, dès que l’on descend vers la mer, le compteur se stabilise vers les 0,08 mcs/h.

Même pose sur le sable de la plage, il ne dépasse plus les 0,1 mcsv/h. Quelle chance ils ont, les habitants du sud du Niigata ! Ceci confirme en tous les cas la carte des « routes de contamination » élaborée par le Pr Hayakawa de l’Université de Gunma. Par exemple, la « Route Gunma », à la suite de l’explosion de réacteur 3 (Iode 131, césiums, strontium 90, plutonium, etc), est passée au-dessus de Ibaraki le 15 au matin, puis a survolé Chiba, Tokyo, Saitama ouest, s’est « écrasée » sur les montagnes de Gunma nord, pour finir en « débordant » au centre de Niigata (19h00) et à Nagano-ville (20h30). En dehors de l’iode, tout s’est fixé dans les sols, pour des dizaines d’années, voire des siècles. Les différentes radiations dans l’air, depuis, reflètent plus ou moins la contamination des sols.

On peut trouver des cartes précises [1] des différents courants de contamination après les explosions de mars, et la chronologie des pics de radioactivité pour les principales villes. Ceux qui se souviennent de ce qu’ils ont fait avec leurs enfants à ces moments la, peuvent regarder ; cela permet d’être parfois rassuré à moitié, parfois encore plus inquiet !

Aujourd’hui, sur la plage, avec ma fille, nous avons trouvé un petit poisson type « fugu », qui agonisait sur le sable. Il avait certainement été surpris par la marée descendante, mais sa queue et ses ouïes bougeaient toujours. Je l’ai ramassé et je l’ai lancé loin dans la mer. Alors ma fille s’est écrié, de sa petite voix de fillette de trois ans : « Bon courage, petit poisson ! Tu vois, c’est bien, tu as bien fait de garder courage ! ». Je ne sais pourquoi, mais j’ai senti les larmes monter. Je me suis retenu et je lui ai dit : « Tu sais, ma petite Line, c’est pareil pour les êtres humains… Des fois, on se dit  « C’est fini ! ». Mais avec un peu de persévérance, de courage, il arrive qu’un miracle tombe du ciel, comme ça… ». 

Il lui manquait certainement quelques mots de vocabulaire, mais j’ai vu à ses yeux qu’elle avait tout compris.


Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Rate this entry

5/5

  • Note: 5
  • Votes: 2
  • Higher: 5
  • Lower: 5

Laurent Mabesoone

Author: Laurent Mabesoone

Stay in touch with the latest news and subscribe to the RSS Feed about this category

Comments (0)

Be the first to comment on this article

Add a comment This post's comments feed


You might also like

Fukushima-ruban_jaune-Seegan.jpg

Énergie : «Il faut que tout change pour que rien ne change»

Ces derniers mois, les noms d’Orano, Enedis et Engie ont respectivement remplacé les marques Areva, ErDF et GDF-Suez, ringardes ou déconsidérées. On ne peut que penser à la célèbre réplique “Il faut que tout change pour que rien ne change” de Tancrède dans le roman “Le Guépard”, popularisé par Luchino Visconti dans le film éponyme sorti en 1963.

Continue reading

Fukushima-ruban_jaune-Seegan.jpg

Le grand retour du nucléaire n'a pas eu lieu

Depuis des années, industriels, gouvernements et médias font croire que le nucléaire est sur le point de se relancer. Hélas pour ces mauvais perdants, nos fleurons EDF et Areva sont en pleine déconfiture et leurs campagnes de pub (financées avec notre argent) n’inversent pas la tendance.

Continue reading