Dernière mise à jour 24/03/2017

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

À Fukushima Daiichi, Tepco perd complètement les pédales

TEPCO.pngTepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, encore une fois n’avait pas prévu l’imprévisible - en l’occurrence la remontée quotidienne de 400 tonnes d’eau souterraine dans les installations de la centrale.

Jusqu’à présent, Tepco s’évertuait à stocker les volumes d’eau - issus du refroidissement des réacteurs en fusion et des remontées d’eau souterraine - et à improviser des solutions de secours pour pouvoir stocker, ces propres capacités de stockage étant dépassées. L’opérateur avait aussi à gérer les fuites d’eau dans ses espaces de stockage (probablement pour cause de malfaçons et non respect des normes) et les pannes d’électricité (au gré des “attentats suicides” de quelques rongeurs, si l’humour est encore de mise).

Comme l’on pouvait s’y attendre, les capacités de stockage s’épuisant, Tepco demande maintenant l’autorisation de déverser des volumes phénoménaux dans l’océan. Date butoir décisionnelle, le 13 mai. Il faut notamment l’accord du président de la fédération des coopératives de pêcheurs, lequel veut se montrer coopératif pour résoudre le problème.

Les coopératives de pêcheurs avaient déjà dû renoncer à la pêche immédiatement après le début du désastre en mars 2011 et le rejet de volumes importants d’eau radioactive dans l’océan.

Date du début du déversement dans l’océan en cas d’autorisation : 14 mai.

Laisserons-nous faire ? Qui peut aider Tepco à éviter tout autre déversement de radioactivité dans notre environnement, pour les Japonais et toute la planète ?

À défaut de savoir “prévoir l’imprévisible” [NDLR : [1]] et “envisager l’inenvisageable” [NDLR : [2]], comme le souhaitent nos représentants français, il semble bien que les opérateurs du nucléaire ne sachent pas non plus “gérer l’ingérable”.

Sous la pression concurrentielle et financière qui incite à passer outre les normes et à faire pression pour qu’elles soient moins draconiennes, mais aussi parce que le nucléaire est tout simplement trop dangereux.


Source “TEPCO to dump groundwater to ease crisis at Fukushima nuclear plant”, The Asahi Shimbun, 8 mai 2013 
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201305080062

Notes :

[1] Débat : Risque sismique, ou comment anticiper l’imprévisible (IRSN)

[2] “la meilleure sûreté, c’est d’envisager l’inenvisageable” - Delphine Batho, ministre de l’Écologie… et de l’Énergie.


Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Évaluer ce billet

5/5

  • Note : 5
  • Votes : 1
  • Plus haute : 5
  • Plus basse : 5

Véronique Gallais

Auteur: Véronique Gallais

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (2)

VG VG ·  12 mai 2013, 18h43

Pour des informations plus précises et chiffrées, voir l’article de Janick Magne sur son blogue du Monde, “Nucléaire : la malédiction des eaux à FUKUSHIMA

vgallais vgallais ·  25 mai 2013, 23h33

Manifestement, les pêcheurs ne se sont pas laissés convaincre, échaudés par l’immédiat après-accident en mars 2011 et inquiets des probables impacts en termes d’image sur leurs produits malgré les informations rassurantes qui leur sont données sur le très faible niveau de contamination de l’eau qui serait rejetée dans l’océan. Tepco se donne un mois pour les convaincre.
Les pêcheurs sont réunis en 6 fédérations, totalisant 1 499 membres.
Voir l’article “Fukushima fishermen’s distrust leads to rejection of TEPCO groundwater plan” (14/05/2013)

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

kumamoto_prefecture.png

« La centrale nucléaire de Sendai réveille le traumatisme de mars 2011 »

À Kumamoto (préfecture située dans le sud du Japon), secouée par des séismes importants depuis quelques jours, le gouvernement japonais joue un bras de fer bien risqué avec les éléments naturels et ceux qui le sont moins. Le choix de maintenir en activité la centrale nucléaire de Sendai, à 140 km de là, suscite la colère des Japonais. La centrale nucléaire de Sendai se trouve en effet dans le département de Kagoshima, dans le sud-ouest du département de Kumamoto. [Publication Le Monde 19.04.2016 à 15h29] 430

Lire la suite

The Land Of Hope (Terre d'espoir)

The land of hope (Terre d'espoir)... le film

Après Fukushima, un nouveau séisme frappe le Japon entraînant l’explosion d’un réacteur dans une autre centrale électronucléaire. Non loin de cette centrale, dans un village touché par cette nouvelle catastrophe, les autorités tracent dans l’urgence un périmètre de sécurité avec un ruban de plastique jaune et quelques pieux qui coupent en deux le territoire, la localité, les familles : absurdité de l’arbitraire, sécurité toute théorique, le danger invisible partout. Au sein de la famille Ono, les parents, âgés, choisissent de rester. Leur fils et son épouse acceptent d’être évacués pour fuir la radioactivité… pour chercher ailleurs un avenir.

Lire la suite