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Monitoring aérien de radioactivité

Mabesoone-carte-contamination-cendres-incineration.jpgAprès avoir envoyé un courriel de protestation hier, j’ai directement téléphoné cet après-midi au Bureau de gestion de la catastrophe nucléaire, au sein du Ministère des sciences et de l’éducation :

Monbusho, MM. Horita et Oku, tél : 03 5253 4111

Dès que j’ai prononcé les mots « monitoring aérien de radioactivité », la standardiste m’a orienté vers un « responsable », qui m’a fait sentir, lui aussi, par la rapidité de sa réaction, « qu’il était habitué aux plaintes sur ce sujet »…

Je lui demande alors gentillement : « Pourquoi les cartes de contamination des sols réalisées par monitoring aérien, qui étaient délivrées préfecture après préfecture, ne sont plus fournies depuis le 12 octobre dernier ? Quand rendrez-vous publique la carte pour Nagano ? ».
Il me répond, d’une voix embarrassée
 : « Ah, oui, les mesures sont effectivement terminées depuis un mois, je crois, pour Nagano, Yamanashi et Shizuoka… mais il doit y avoir un retard quelque part… ».
J’insiste
 : « Vous aviez annoncé que les mesures pour Nagano étaient terminées depuis le 24 septembre et qu’il faudrait une dizaine de jours pour publier les cartes. Alors, quelles sont vos prévisions, maintenant ? Quelle est la raison du retard ? ».
Le Monsieur balbutie platement
 : « Euh… je ne sais pas exactement. La carte devrait arriver cette semaine, ou peut-être la semaine prochaine… ».
Alors, je me réjouis
 : « Très bien, alors…merci beaucoup ! ».
Et lui
: « Enfin… disons plutôt la semaine prochaine… ».

Bref, soyons réalistes, nous ne sommes pas prêts de les voir ces cartes de contamination des sols, à mon avis… À moins qu’elles arrivent truquées comme ce fut sans doute le cas, pour celles de Tokyo au moins.

Il faut que continuions de faire pression sur le gouvernement afin de les obtenir.

Et il faut mesurer nous-mêmes.

En fait, la réalité de la contamination des sols sur tout l’archipel peut être devinée assez facilement grâce à une carte donnée hier, sur son site, par le Pr Hayakawa de l’Université de Gunma.[1]

Il s’agit d’une carte qui se base sur les données du Ministère de l’environnement, lequel avait mesuré, en août, la concentration en césiums des cendres issues de l’incinération des ordures ménagères dans tous les départements touchés par la catastrophe. Bien sûr, ne figurent pas les cendres des déchets industriels, agricoles ou autres débris radioactifs éventuels.[2]

C’est à dire qu’il s’agit de la contamination des cendres de nos restes ménagers : pelures de légumes, de fruits, restes alimentaires, etc…

À noter : certaines zones au nord-ouest de Tokyo (une partie de Saitama, etc…) sont en orange, alors que les sols ne sont pas très contaminés : ceci vient du fait que  toutes les populations de la région de Tokyo mangent les mêmes aliments, principalement produits dans les préfectures de Chiba, Ibaraki, Tochigi, Gunma, juste en dessous de Fukushima. En revanche, la même couleur orange dans l’est des préfectures de Nagano et de Shizuoka (Izu) ne peut s’expliquer que par une contamination des produits locaux, qui sont largement consommés sur place. La forte contamination des sols à l’est de Nagano est donc prouvée :

  • incinérateur de Saku, en charge de Karuizawa, 1970 Bq/kg,
  • incinérateur de Nakano, en charge de Yamanouchi, 1320 Bq/kg.

L’est de Nagano fortement contaminé, c’est un drame pour le tourisme et pour l’agriculture de tout le pays…

Mais le problème est plus vaste encore. Tout ce qui est rouge sur cette carte correspond, on le sait déjà, selon les critères de Tchernobyl, à une évacuation obligatoire et/ou indemnisée (zones I a III). Tout ce qui est orange, est une « zone contaminée » (probablement au dessus des 37 000 bq/m2 de la zone IV de Tchernobyl), ou bien, une zone où l’alimentation est très fortement contaminée (vu le niveau très élevé de contamination des ordures ménagères). Dans toutes ces régions, on sait, depuis Tchernobyl, qu’il n’est pas raisonnable de laisser vivre des enfants, sous peine d’avoir 98% d’enfants « plus ou moins malades », comme en Biélorussie aujourd’hui…

Rouge + orange : cela représente environ la moitié de la population japonaise.


Afficher 焼却灰のセシウム sur une carte plus grande

Notes :

[1http://kipuka.blog70.fc2.com/blog-entry-439.html

[2http://www.env.go.jp/jishin/attach/waste-radioCs-16pref-result20110829.pdf

Les couleurs correspondent à (en Bq/kg de césiums 134 & 137 dans les cendres) :

  • rouge: 10,000-99,999
  • orange: 1,000-9,999
  • jaune: 100-999
  • vert: 30-99
  • bleu ciel: 0-29 

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Laurent Mabesoone

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