Dernière mise à jour 24/03/2017

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Nucléaire : l'arrêt immédiat c'est possible !

slider_couv_apresfukushima-arretimmediat.pngVoilà trois jours qu’une conférence de presse s’est tenue pour informer de la publication de deux ouvrages dont on ne mesure pas encore suffisamment la portée. Aucun journaliste détenteur d’une carte de presse n’a daigné se présenter. Ce n’est pas surprenant, c’est même assez honteux mais cela confirmerait plutôt que le lobby nucléaire a déjà tout bien prévu… loup y es-tu ?…

La patience a des limites et la confiance déjà bien émoussée s’étiole pour ne plus tenir qu’à un fil. La presse à l’évidence ne fait pas son travail. Elle a sans doute toutes les bonnes excuses du monde. Trop prise par les petites phrases électorales du jour et le grand événement que représente la dernière version de l’iPad… en date bien sûr, parlez pas de malheur !

Dans les deux cas le boulot est prémâché par les « spin doctors » entourant les candidats d’une part et par les services marketing des multinationales d’autre part. C’est fun, c’est cool voire même glamour ou sexy mais c’est aussi et surtout la ruine assurée du 4ème pouvoir sans lequel le projet démocratique ne peut exister.

Après Fukushima…

Couv_apresfukushima.jpgMais nous sommes rassurés et même, ne le cachons pas, très heureux de voir qu’Après Fukushima, le recueil de haïkus dont Laurent Mabesoone a eu l’idée l’an dernier a pu paraître ici en France. Déjà édité à titre d’auteur au Japon en 2011, il trouve en 2012, grâce au éditions Golias, une reconnaissance digne de ce que cet ouvrage représente.

Il est en effet un travail de l’esprit humain sur lui même, exigeant, salutaire, inouï, qui rend compte de la situation dans laquelle il se trouve c’est à dire dans cet entre deux mondes, entre l’avant et l’après catastrophe nucléaire véritable, c’est à dire cet instant où la perception du monde fait que toutes les références qui permettaient à l’imaginaire d’inventer et de créer jusque là sont à jamais complètement bouleversées.

C’est cet instant à partir duquel on prend conscience qu’il va falloir trouver - pour écrire, composer, créer quand on est poète, peintre, musicien ou cinéaste mais plus largement pour pouvoir vivre voire survivre - ce qui permettra de reprendre pied quelque part pour ne pas se laisser totalement engloutir sous cette eau hier encore limpide et aujourd’hui tout à fait troublée des concepts, des métaphores et autres figures de langage qui nous servent à dire le monde tel qu’il se présente.

… l’arrêt immédiat du nucléaire

Couv_arretimmediat.jpgL’autre livre apporte une réflexion qu’on n’attendait plus vraiment mais qui arrive à point nommé en cette fin de semaine de commémoration de la catastrophe de Fukushima.

À sa lecture, beaucoup trouveront l’idée première difficile à admettre et d’autres la trouveront des plus évidente. De là naîtra nécessairement le débat indispensable qu’il ne faudra pas se laisser confisquer… entends-tu ?

Il aura fallu des décennies et trois accidents nucléaires majeurs pour qu’en France, elle prenne forme dans un livre de seulement 70 pages (9 euros), accessible par toutes et tous, lui aussi publié par les éditions Golias. Eurêka !

Qu’en ressort-il d’essentiel ? Une remise en question que le mouvement antinucléaire dans son entier devra très vite assumer au bénéfice d’une idée simple et refondatrice dont il doit urgemment s’emparer et s’approprier :

Est antinucléaire véritable le scénario qui pose
l’arrêt immédiat du nucléaire
comme préalable à toute politique de transition énergétique.

Comment le réalisme peut changer de camp

Les esprits chagrins et autres « impossibilistes » adeptes conscients ou inconscients de la rengaine du There is no alternative [1] ne seront désormais crédibles qu’après avoir lu le livre de Pierre Lucot et Jean-Luc Pasquinet « Nucléaire, arrêt immédiat - Pourquoi, comment ? Le scénario qui refuse la catastrophe » et ne pourront désormais tenir des propos réalistes que s’ils s’y réfèrent.

Ils devront aussi nous expliquer pourquoi nous ne pourrions pas accomplir en moins de cinq ans ce que le japon a réussi à démontrer en moins d’un an, à savoir qu’il est possible :

  1. de réduire de 28% la consommation totale d’électricité (alors qu’une loi faisait obligation aux seules entreprises de réduire leur consommation de seulement 15%),
  2. d’arrêter ou de ne pas redémarrer 53 réacteurs sur 54,
  3. sans qu’aucune création de nouvelle entreprise soit signalée dans le secteur de la bougie, de la chandelle ou de la lampe à l’huile de baleine !

Je vous souhaite deux bonnes et saines lectures qui vous permettront d’éviter la prochaine catastrophe nucléaire.

Qu’on se le dise !

Notes :

[1] « There is no alternative » a été le slogan préféré (ici dans le texte) de Mme Thatcher au fondement de ce que l’on a nommé ensuite la « pensée unique » et qu’en l’occurrence on pourrait traduire ici par : Il n’y a pas d’alternative… au nucléaire !… étant bien entendu qu’impossible n’est pourtant pas français.


Document(s) attaché(s) :


Évaluer ce billet

3.5/5

  • Note : 3.5
  • Votes : 6
  • Plus haute : 5
  • Plus basse : 1

Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (7)

corrector corrector ·  23 novembre 2012, 16h42

Le Japon a démarré ses réacteurs!

Vous êtes pitoyables!

EJ EJ ·  23 novembre 2012, 18h56

Décidément, corrector (?) vous faites très fort pour vos premières interventions sur Netoyens.info. Je n’irai pas jusqu’à dégainer comme vous aussi facilement le “pitoyable” car je vous accorde bien volontiers le bénéfice du doute en disant que vous êtes sans doute très mal informé : à ce jour seuls 2 réacteurs de la centrale d’Ohi ont été redémarrés.

Récemment, un géologue japonais s’en émouvait d’ailleurs, non sans raisons :
“On répète les erreurs de Fukushima”: un géologue japonais en colère - (AFP) – 13 nov. 2012 | sur France 24

Tous les autres ont été arrêtés (au total 52 réacteurs sur 54) pour des motifs divers, notamment pour maintenance, mais ils n’ont justement pas été redémarrés. De nombreux articles de presse vous le confirmerons. Un exemple des plus récents :

Toutes les centrales nucléaires du Japon ont été fermées après l’accident, la pire catastrophe nucléaire mondiale depuis Tchernobyl en 1986, et la population est encore très inquiète à propos de la sécurité nucléaire nationale. Dans ce contexte, il est difficile pour les autorités d’accepter le redémarrage des centrales nucléaires.

Source : Tepco ne redémarrera pas sa centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa - 14/11/2012 13:37 (Par Sandra BESSON)

Car, contrairement à notre cher et beau pays démocratique où le nucléaire est intégralement contrôlé par le lobby (ASN comprise), au Japon, l’autorisation de redémarrage d’un réacteur incombe encore aux gouverneurs régionaux. Depuis le 11 mars 2011 et les suites, ces responsables politiques sont soumis à une forte pression populaire : les japonais ne veulent plus d’électronucléaire… pas plus que de la bombe. Hiroshima et Nagasaki, ça doit vous rappeler quelque chose, non ?

Pour vous éclairer, écoutez le récent entretien avec Laurent Mabesoone (Demi-Heure Radio Active du 13 novembre), résident français au Japon.

La catastrophe de Fukushima - pardon, l’accident majeur de niveau 7 sur l’échelle INES - leur a sans doute rendu raison et clairvoyance. En France, c’est à peine si l’on en parle encore ! Pitoyable dîtes-vous ? Je pense que nous sombrons bien plutôt dans un ridicule qui doit beaucoup à un déni de réalité des plus flagrant.

corrector corrector ·  07 février 2013, 12h02

” Hiroshima et Nagasaki, ça doit vous rappeler quelque chose, non ? “

Je vois pas bien ce que ça fiche là surtout.

Vous avez le cerveau typique d’un anti-nucléaire : embrouillé.

EJ EJ ·  07 février 2013, 12h53

En quoi mon cerveau vous apparaît-il embrouillé ? Seriez-vous de ces pro-nucléaires qui soutiennent sans jamais le démontrer que le nucléaire militaire n’a aucun rapport avec le nucléaire civile alors qu’en réalité les deux ne font qu’un ?
Cette question sera l’occasion pour vous d’assumer le ridicule pseudo derrière lequel vous vous dissimulez. Allez, courage Corrector… jetez le masque et montrez nous combien votre réseau de neurones n’est pas typique de ceux qui peuplent le lobby nucléaire et qui, à défaut d’être clair et cohérent, est totalement prévisible.

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  16 juin 2014, 21h03

Fukushima : L’ex-Premier ministre du Japon, Naoto Kan, raconte… (extrait)

En quoi l’accident de Fukushima vous a-t-il personnellement fait changer ?

Avant, je pensais que si on respectait les normes de sécurité, l’énergie nucléaire était bénéfique. Mais avec l’accident, j’ai senti corps et âme le risque du nucléaire, et j’ai changé à 180° : je pense qu’il faut arrêter le nucléaire le plus tôt possible.

Comment le Japon pourrait-il vivre sans nucléaire, qui représentait 28 % de sa production électrique ?

Aucun réacteur ne marche aujourd’hui et pourtant la vie des citoyens continue normalement, tout comme l’activité économique. Cela prouve que le Japon peut se passer du nucléaire. Juste avant la fin de mon mandat, j’ai fait passer une loi sur les tarifs de l’énergie renouvelable, afin de la soutenir, et sa production a beaucoup augmenté. On aura sans doute besoin pendant quelque temps de l’énergie fossile, mais à la longue, l’humanité pourra vivre avec les énergies renouvelables

Est-ce que cela suffira ? Ne faudra-t-il pas changer de mode de vie ?

Au Japon, on a encore le plus souvent des vitres à simple paroi, alors qu’avec des doubles vitrages, on pourrait économiser beaucoup d’énergie : c’est un exemple de ce qu’on peut faire. Et puis oui, dans le mode de vie, il faut qu’on apprenne à avoir moins besoin d’énergie. Vous savez, sur la planète, l’énergie la plus importante est l’énergie solaire. Elle fait circuler l’eau, elle fait pousser les plantes – on n’utilise qu’une toute petite partie de l’énergie solaire, si on arrive à mieux l’utiliser, je suis sûr que même sans abandonner notre confort, on pourra utiliser beaucoup plus les énergies renouvelables.

Qu’est-ce qui empêche l’évolution vers la transition énergétique que vous souhaitez ?

Il y a encore au Japon un gros lobby du nucléaire, qu’on appelle « le village du nucléaire », il a une grande influence, maintient une campagne massive pour continuer le nucléaire.

Le nucléaire et la démocratie sont-ils conciliables ?

Je dirais : le plutonium et les êtres humains peuvent-ils cohabiter ? Le plutonium n’existe pas dans la nature. Il a été créé il y a soixante-dix ans. Y a-t-il sur la planète des êtres vivants qui peuvent cohabiter avec le plutonium ? J’en doute. Cela s’oppose à la démocratie. Car pour utiliser le nucléaire, il faut un pouvoir puissant, il faut prendre des mesures de sécurité très développées, donc une très forte police, une puissance militaire, donc une solide structure de pouvoir. Alors qu’avec l’énergie renouvelable, le pouvoir ne se concentre pas.

Quelle leçon le monde doit-il tirer de la catastrophe de Fukushima ?

L’accident nucléaire, on ne sait quand ni où il va se produire, mais il va se produire – je voudrais que tous les êtres humains le sachent. L’exploitation commerciale du nucléaire n’a commencé que depuis trente ans, et on a déjà connu trois accidents graves, avec Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima : cela peut arriver n’importe où et n’importe quand. Quand un accident nucléaire survient, les dégâts en sont énormes, presque équivalents à ceux d’une grande guerre. On ne peut empêcher que les catastrophes naturelles, comme les séismes, se produisent, même si on peut atténuer les conséquences. Mais les accidents nucléaires, on peut empêcher qu’ils se produisent.

Quelle idée ou quel message voudriez-vous transmettre à des jeunes générations, à des enfants, à propos du nucléaire et de l’écologie ?

Si les êtres humains peuvent vivre, c’est grâce à la nature. Donc, les êtres humains doivent vivre en harmonie avec la nature. Et une autre idée : la technologie et le bonheur n’avancent pas forcément de manière proportionnelle, de manière harmonieuse. Comment contrôler la technologie ? C’est une grande question.

Source Reporterre : http://www.reporterre.net/spip.php?…

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  23 juillet 2014, 01h05

@corrector :

Eh ! corrector ! On va dire que ce que tu penses être la vérité ça commence à être un tout petit-petit-petit-peu vrai 18 mois après :
Le Japon redémarre une centrale nucléaire à Sendaï
http://www.franceinter.fr/emission-…

Eh ! corrector ! T’es comme tout le monde, on te manipule ! Réveil ! Allez courage et écoute cette chronique jusqu’au bout. Ca n’a pas l’air gagné pour les promoteurs du nucléaire :

Eh ! corrector !… j’ai un doute là maintenant : c’est peut-être toi qui manipule avec tes fausses certitudes et ton vrai mépris ?

V Gallais V Gallais ·  08 février 2015, 18h57

Mabeoone_Trente_Haijins_contre_le_nucleaire.jpgEn ce mois de février 2015 publication d’un nouveau recueil de “haikus contre le nucleaire” coordonné, prefacé et traduit par notre ami Laurent Mabesoone :

Trente Haïjins contre le nucléaire

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

Que vive le meilleur des mondes, nucléaire, enfin libéré du capitalisme!

Deux articles [1] en anglais, dont un très long et « scientifiquement » étayé, sont extrêmement intéressants pour comprendre comment pensent certains de nos “camarades” pronucléaires, y compris et tout particulièrement pour lutter contre le changement climatique.

Lire la suite

AIE - Pétrole 2010-2035

Pétrole : l'AIE compte sur la science et la chance

Le rapport annuel de l’AIE est, depuis 1993, un rapport toujours attendu. Celui de 2010, dix fois plus volumineux que le premier (76 pages contre 731 pages), est paru au début du mois de novembre. On dit partout qu’il n’est pas optimiste et par certains aspects, en effet, il ne l’est pas. Il reste que certains éléments de ce document peuvent être perçus comme ambiguës si on ne les examine pas attentivement. C’est l’un d’entre eux que nous allons regarder d’un peu plus près. 104

Lire la suite