Dernière mise à jour 23/07/2017

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Non, «le Japon» ne relance pas «le nucléaire»

Non, “le Japon” ne relance pas “le nucléaire”
Oui, le Japon a vécu deux ans sans nucléaire
Oui, le nucléaire mondial continue sa chute

À l’occasion de la remise en service d’un réacteur nucléaire au Japon, imposée par le pouvoir politique à une population qui s’y oppose majoritairement, de nombreux éditorialistes célèbrent une prétendue “relance du nucléaire”.

L’éditocratie française croit à cette occasion tenir sa revanche après s’être déconsidérée depuis 15 ans en annonçant continuellement un “grand retour du nucléaire” qui n’est jamais venu, en soutenant aveuglément Areva et Mme Lauvergeon (rebaptisée “Atomic Anne”) et en célébrant le catastrophique réacteur EPR, si souvent prétendu “fleuron” de l’industrie nucléaire.

L’atome français étant en bout de course (Areva en faillite, EDF lourdement endettée, parc nucléaire délabré, chantiers EPR en déroute, cuves des EPR mal réalisées, etc), l’éditocratie croit trouver en Asie de quoi se réconforter.

C’est ainsi qu’on peut lire à peu près partout que “le Japon” relancerait “le nucléaire”. En réalité, le premier ministre ultra-nationaliste Shinzo Abe impose la relance d’UN réacteur, sur les 54 en service avant Fukushima.

M. Abe espère certes la relance de quelques autres réacteurs, toujours de façon aussi “démocratique”, mais la vérité est que la majorité des réacteurs japonais ne refonctionnera jamais et que ceux qui vont (peut-être) redémarrer feront à nouveau courir des risques insensés à la population.

Les éditorialistes sont en majorité tant aveuglés par l’atome (dont les industriels achètent, il est vrai, beaucoup d’espaces publicitaires dans de nombreux médias) qu’il en oublient les enseignements principaux de cette affaire : le Japon, un des pays les plus industrialisés de la planète, a :

- arrêté ses 54 réacteurs nucléaires en quelques mois. Un excellent exemple pour la France et ses 58 réacteurs : qui peut encore prétendre qu’il faudrait 25 ou 30 ans pour en faire de même ?

- fonctionné pendant deux ans avec 0% de nucléaire.

Plus globalement, il faut noter que :

- la part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à 10% à ce jour, un véritable effondrement commencé bien avant Fukushima et qui va continuer inexorablement avec la fermeture de dizaines de réacteurs en fin de vie (plus de la moitié des 400 réacteurs en service sur Terre a dépassé 30 ans d’âge).

- les projets de nouveaux réacteurs sont majoritairement virtuels, les effets d’annonce avec tambours et trompettes étant la plupart du temps suivis de discrètes annulations. Les rares projets réels seront très loin de compenser les innombrables et inévitables fermetures.

- la Chine est certes le dernier pays à avoir encore des projets nucléaires non-négligeables mais, même si tous les réacteurs annoncés sont (hélas) construits, la part du nucléaire dans l’électricité chinoise restera en dessous de 5%, ce qui correspondra à moins de 1% de la consommation d’énergie du pays.

En résumé, l’éditocratie française ferait bien d’en finir avec ses ridicules salves pronucléaires, toujours démenties par les faits, et de se concentrer sur les scandales de l’industrie de l’atome, comme les affaires de corruption (affaire Uramin, affaire du “don d’Areva” au Niger, etc), les rejets volontaires de plutonium par EDF dans la Loire, les mensonges sur les malfaçons des cuves des réacteurs EPR, les dessous du projet d’enfouir les déchets radioactifs à Bure (Meuse), etc. Quitte à perdre au passage quelques lucratives pages de publicités…


Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Évaluer ce billet

4.2/5

  • Note : 4.2
  • Votes : 5
  • Plus haute : 5
  • Plus basse : 1

Observatoire du nucléaire

Auteur: Observatoire du nucléaire

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (1)

Suri4 Suri4 ·  22 août 2015, 07h09

Le redémarrage du réacteur japonais de Sendai suspendu
Publié le 21-08-2015 à 10h20

TOKYO (Reuters) - Le redémarrage du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Sendai, une première depuis le renforcement des normes de sécurité après Fukushima, a été interrompu en raison d’un problème de pompe au niveau du système secondaire de refroidissement, a annoncé vendredi la compagnie Kyushu Electric Power.
Le réacteur de Sendai est le premier à être remis en activité depuis l’introduction de nouvelles règles de sécurité édictées à la lumière de la catastrophe nucléaire de mars 2011. Tous les autres réacteurs sont à l’arrêt depuis septembre 2013.
Experts et régulateurs avaient prévenu que le redémarrage, lancé le 11 août après plus quatre ans d’arrêt, pourrait se heurter à des difficultés. Les ingénieurs de Kyushu Electric pensent que le problème a été provoqué par une infiltration d’eau de mer dans l’une des pompes du circuit de refroidissement secondaire, où la vapeur qui entraîne les turbines et produit de l’électricité est refroidie.
Selon les plans initiaux, le réacteur n°1 de Sendai devait atteindre sa pleine puissance mardi prochain avant d’entrer en production début septembre.
Ce redémarrage est un enjeu politique majeur pour le Premier ministre Shinzo Abe, fervent partisan d’une relance du nucléaire dans un Japon où l’opinion publique reste majoritairement hostile à ce mode de production électrique.
(Kentaro Hamada et Yuka Obayashi, Henri-Pierre André pour le service français)

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

communique_de_presse.gif

Nucléaire : Mme Royal déraisonne

En se déclarant «prête à prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaire», Mme Royal fait une annonce qui se veut rassurante pour une nucléocratie française qui s’entête à vouloir donner un avenir à une technologie obsolète et une industrie surannée.

Lire la suite

Defendons_la_liberte_d__expression.jpg.jpg

AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est!

Appel a soutien AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est ! Nous ne nous laisserons pas bâillonner !Le site internet de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est vient d’être informé ce mardi 6 janvier 2015 d’une plainte en diffamation d’Areva pour un reportage* mettant en cause la pénétration du lobby nucléaire auprès des élus alors que le crime nucléaire sanitaire se poursuit à Fukushima et en vallée du Rhône.

Lire la suite