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Sexisme : pouvoir androcentré d'un autre âge

Conscience éveillée à tout ce qui, au quotidien, renvoie les femmes à une humanité incomplète, à la soumission au sexisme : pouvoir insidieux, récurrent de la domination des hommes.

Le 8 janvier 2009, Jean-François Dhainaut, Président de L’AERES a déclaré : « Le pouvoir est une affaire masculine » d’une part et, d’autre part : « Les femmes, en plus de leur métier doivent s’occuper de la maison  des enfants. Elles n’ont donc pas de temps à consacrer à l’Aeres*. »

Cet homme n’est pas défini comme intégriste religieux, n’est pas issu d’une autre culture qui serait plus discriminatoire, ne fait pas partie d’un groupe défavorisé, il est reconnu comme intellectuel de notre société qui plus est président, responsable de l’évaluation de nos scientifiques, un homme influent, écouté et à n’en pas douter un réel « danger public ».

« Le pouvoir… » : en l’occurrence il s’agirait plutôt de compétences, de savoirs et de reconnaissance de travaux effectués « …est une affaire masculine  ». Nous y revoilà !

Le pouvoir appartient aux hommes, les femmes en sont exclues, même si celles-ci ont acquis les mêmes savoirs, les mêmes compétences elles ne sont pas dignes d’évaluer les travaux de leurs pairs, non pas parce qu’elles n’en seraient pas capables, juste qu’elles ne seraient pas à leur place au sein des instances décisionnelles, la leur étant à la maison !

Celles ne s’y conformant pas désignées implicitement comme mauvaises ménagères, mauvaises mères, mauvaises épouses, ces rôles leur étant d’office dévolus. À contrario les hommes absents du foyer sont décrits comme travailleurs, courageux, responsables.

M.Dhainaut s’est-il posé la question de leurs désirs et de ceux de leurs confrères ?

Tous sont-ils ravis de ne pouvoir passer plus de temps chez eux ? Sont-ils enchantés de ne pas voir leurs enfants grandir, de ne pas pouvoir paterner ?

Assez de ces poncifs qui enferment les unes et les autres dans des attitudes et fonctions figées. Aucune loi fut elle qualifiée de ¬´ naturelle ¬ª, aucun instinct ne prédestine les hommes et les femmes à ne vivre qu’une partie de leur vie.

Nombre de personnes aujourd’hui souhaitent, imaginent, d’autres possibles. Patiemment, opiniâtrement nous cherchons, réfléchissons, à des propositions répondant à nos besoins réels plus qu’à des stéréotypes et envies imposés, ce pouvoir machiste, paternaliste, ne peut en faire partie. Il n’a apporté au cours des siècles que violence, domination, guerres. Il a empêché, restreint, l’expression de plus de la moitié de l’humanité : les femmes, les homosexuel-le-s, les transgenres, leur déniant toute écoute, toute expression créatrice, artistique, scientifique quand ce n’est pas le droit à l’existence même, leur interdisant d’être des humain-e-s à part entière. Plus, il a voulu étendre ce pouvoir aux autres peuples s’imposant comme modèle unique.

Un autre monde est à inventer par tous et toutes quelque soit notre sexe, notre genre, notre couleur, notre origine, nos amours, nos désirs ; un monde sans pouvoir androcentré réservé à un seul groupe: ¬´ les mâles hétérosexuels blancs ¬ª. Un monde où ni les personnes ni la collectivité ne subiront plus ces déterminismes préconçus si éloignés de nos besoins.

(*) L’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement Supérieur créée par la loi de programme pour la recherche, et installée le 21 mars 2007) voir pétition


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Anne Flambard

Author: Anne Flambard

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Comments (3)

jeepy jeepy ·  18 February 2009, 09h23

Bonjour,

Pour vérifier ce qui est dit dans ce texte, je suis allé sur le site de AERES, et j'ai trouvé ça:

"Communiqué de presse

Jean-François Dhainaut, président de l'AERES, fait part de sa surprise devant les propos qui lui ont été attribués sur le site de SLU lors de la présentation qu'il a faite de l'AERES à l'occasion d'une conférence de l'Hôpital Cochin. Il dément avoir déclaré que ¬´ les femmes en plus de leur métier doivent s'occuper de la maison, des enfants. Elles n'ont donc pas de temps à consacrer à l'Aeres ¬ª.

Interrogé sur la parité homme/femme dans les comités d'expertise de l'AERES, il a indiqué qu'il n'avait pas en tête le chiffre précis de cette répartition, mais qu'il lui semblait encore trop faible en dépit des efforts de l'Agence. En effet, elle se voit opposer un nombre plus important de refus de la part de femmes que d'hommes. Certaines déclarent pour motiver leur réponse, avoir une charge de travail trop importante.

Alors que les femmes ne représentent que 18% des professeurs, la proportion de femmes intervenant à l'AERES est la suivante :

   * Le conseil de l'AERES : 14H / 11F (soit 44%)
   * Les délégués scientifiques : 54H / 21F (soit 28%)
   * Les experts : sur les 1439 experts déjà sollicités depuis septembre 2008 (vague D), il y a pour l'heure
         o 1103 hommes
         o 339 femmes (soit 23%)

Il convient de souligner que ces experts sont choisis au sein d'une liste constituée des propositions faites par la communauté scientifique (universités, organismes de recherche, etc‚Ķ). Sur ces 7717 propositions, seules 993 concernaient des femmes (soit 13%) Pour sa part, l'AERES a été attentive augmenter cette proportion au sein de ses comités d'expert pour atteindre aujourd'hui 23%

L'Agence poursuivra ses efforts pour impliquer un nombre plus important de femmes au sein de ses comités d'expertise."

Bonne journée

Jérôme

Anne Flambard Anne Flambard ·  18 February 2009, 13h53

Merci Jérôme pour toutes ces précisons, il me semble quand même que de tels propos ne s'inventent pas.

La réaction qu'ils suscitent ne peut être basée que sur du vent, que M.Dhainaut en soit surpris n'est pas étonnant.

Si, dans le meilleur des cas il s'agissait d'une maladresse de langage, reste qu'à ce niveau c'est inadmissible.

Gdalia Gdalia ·  13 March 2009, 19h35

Bon­jour,

En tous cas, je suis com­plè­te­ment d’accord avec ce que tu écris, Anne, et en par­ti­cu­lier avec l’idée de nous met­tre à cons­truire une autre société où les dif­fé­ren­tes mino­ri­tés ne seraient plus oppri­mées, mais pour­raient au con­traire s’expri­mer et vivre en paix, les fem­mes en tant qu’ensem­ble étant non pas une mino­rité du point de vue de leur nom­bre, mais étant mino­rées dans ce monde com­pé­ti­tif, sans doute parce que, en géné­ral, leur force brute phy­si­que est infé­rieure à celle du mâle, et aussi parce que l’ins­tinct sexuel par­ti­cipe puis­sam­ment à créer des rap­ports pas­sion­nés et des désirs de “pos­ses­sion”, vécus éven­tuel­le­ment sur un mode vio­lent. C’est donc vrai qu’il y a des aspects par­ti­cu­liers au pro­blème des fem­mes. Je crois néan­moins que dans une société où nous pour­rions être plus libres, plus épa­nouis, nous réa­li­ser beau­coup plus plei­ne­ment, et où les rap­ports sociaux seraient éga­li­tai­res et beau­coup plus jus­tes, nous aurions fait en sorte que les fem­mes, comme tous ceux que l’on exploite ou dont on abuse actuel­le­ment, puis­sent elles aussi vivre leur vie dans des con­di­tions opti­mum.

Ami­tiés

Gda­lia

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