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Une bonne occasion de se taire - manquée par J.-L. Mélenchon

Monsieur Jean-Luc Mélenchon,

En «plaignant» le pauvre citoyen helvète après les votations fédérales de ce week-end sur son refus de six semaines de vacances, vous avez ce lundi manqué une excellente occasion de vous taire. Et ce pour plusieurs raisons.


La première raison étant que le peuple libre et souverain a démocratiquement voté. Le plaindre signifie vouloir le mettre sous tutelle, lui dénier son droit au choix et invalider ce dernier. Qu’auriez vous fait lors du référendum sur le TCE si le vote avait eu lieu dans l’autre sens, donnant ainsi raison au oui ? Auriez-vous fait comme ces tenants du « oui » qui durant la soirée, les jours et les semaines suivantes ont tenté de démontrer que le non était une idiotie et ont par ailleurs fini par contourner le problème avec le traité de Lisbonne ratifié un 4 février à Versailles ? Dès lors laissez les Helvètes assumer leur choix, en toute liberté et surtout ne les plaignez pas. Ils ont décidé !

La seconde raison réside dans le manque de hauteur, dans le manque de connaissance du tissu économique suisse et, osons le mot, dans le refus d’une réflexion systémique que par ailleurs nous ne développerons pas ici ce serait bien trop long. Nous y reviendrons dans un autre article… Revenons néanmoins au manque de hauteur et de connaissance du tissu économique helvète.

En effet, ne vous en déplaise et en dépit de tous les clichés accolés à la Suisse, celle-ci ne se résume pas à des milliers de coffres-forts emplis de lingots d’or, à des chalets de montagne avec de jolies vaches bien propres dans les prés, à du chocolat, du gruyère. Ou encore à des banquiers véreux ou non, à de riches patrons pharmaceutiques, à des multinationales ayant leur siège social dans ce pays mais dirigée par des PDG pour la plupart étrangers , en bref à un paradis fiscal à défaut d’être le paradis tout court.

Non. La Suisse est aussi et surtout un pays manufacturier, (horloges, machines outils, etc…), un pays d’agriculteurs et vignerons, un pays de recherche et de savoir, un pays de hautes technologies et surtout un pays de petites PME avec une écrasante majorité de patrons indépendants employant entre 0 et 15 salariés.

Or, ce ne sont pas ces patrons là qui ont fait pression pour ou contre les six semaines de vacances. Oh que non. Parce que voyez-vous, la plupart de ces patrons là tirent le diable par la queue, sont souvent moins bien payés, ont moins de vacances et travaillent plus que leurs propres employés. Ce sont bien les employés de ce type de petites structures qui ont, en conscience avec beaucoup de responsabilité voté contre ces six semaines de vacances qui ne sont pas supportables par les entreprises dans laquelle ils travaillent.

Alors bien sûr, la campagne contre les six semaines de vacances a une fois de plus été véreuse. Oui, elle défendait bien les intérêts des grands groupes et multinationales installés en Helvétie. Oui encore au fait que Economie Suisse a fait son taf en défendant ces intérêts là. Ceux d’un Vasella, d’un Brabeck ou autres grand patron bancaire ou non aux parachutes dorés et stock option indécents. Mais encore une fois, la grande majorité du «patronat» helvète ce n’est pas ça…

Sachez également que celle qui écrit ici a l’outrecuidance de faire partie de ce type de patronat ploutocratique qui vit à peine avec le smic (même si ici en Suisse nous ne connaissons pas vraiment ce mot là). Qu’elle paie 4 salaires et entretient de surcroît un chômeur longue durée puisque son époux, informaticien de son état, est considéré depuis de nombreuses années comme étant trop vieux et qu’il a été remplacé par un plus jeune informaticien, frontalier français !

Alors vos états d’âmes et raccourcis démagogiques à l’emporte pièce, qui ne servent qu’à faire du buzz, il serait souhaitable que vous les gardiez pour vous. Ou qu’avant de faire une remarque du type de celle que vous avez faite, vous vous documentiez un peu plus sur la réalité d’un Suisse normal qui démocratiquement a voté contre les six semaines de vacances.

Sans rancune…. Mon époux qui est Français votera quand même pour vous.



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Sissi de Grandvaux

Auteur: Sissi de Grandvaux

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Commentaires (2)

Galileo Galileo ·  03 avril 2012, 20h47

Bonjour
Faudrait déjà faire vos poubelle avant de publier un torchon de plancher pareil
aller voir un peut votre histoire ,les activités collabo et le frics dissimulé dans votre
pays avant de critiquer les hommes politique Français
cordialement

edrobal edrobal ·  03 avril 2012, 21h22

Tout ce qui est excessif est sans valeur. Gardez vos insultes et torchez vous avec. En espérant que cela vous provoquera une infection qui débarrassera le monde de votre infecte présence. Votre empreinte écologique est trop importante pour une inutilité comme vous.
Ce commentaire parle de fait et c’est votre réponse qui est un torchon.

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