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Les Nations Unies et le Japon dissimulent l’ampleur de la catastrophe de Fukushima

japan-meltdown.jpgLes autorités japonaises et celles des Nations Unies ont mis une chape de silence sur l’information médicale à laquelle le public japonais en danger devrait avoir droit à propos de l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima.

Article de Sherwood Ross, publié sur mwcnews.net le 01/08/2014, traduit de l’anglais (V. Gallais), original : UN, Japan, Concealing Extent of Fukushima Catastrophe

« Il est évident qu’il existe une entente entre l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et l’AIEA (Association internationale pour l’énergie atomique), d’une part, et le gouvernement japonais, d’autre part, pour dissimuler, mentir et retenir les informations d’ordre médical qui devraient être mises à disposition de la population japonaise »

Ainsi s’exprime le Dr Helen Caldicott, médecin qui a reçu tous les honneurs et récompenses pour son opposition de longue date aux dangers de l’électroproduction nucléaire et de la guerre nucléaire.

“De nombreux médecins ont reçu instruction de ne pas informer leurs patients que leurs symptômes pourraient être liés à l’irradiation, les laissant dans un état de désespoir », poursuit-elle. « Ils doivent connaître la vérité sur leur situation et celle de leurs enfants. »

Selon Dr Caldicott, qui a reçu 21 doctorats honorifiques pour ses travaux, ce qui complique encore les choses c’est que le Premier Ministre japonais, Shinzo Abe, « a passé une loi, obligeant au secret, qui intimidera certainement les médias et les empêchera de surveiller très attentivement les évolutions de la situation à la centrale (nucléaire) »

Elle affirme que le gouvernement et Tokyo Electric Power Co. (TEPCO) « ont beaucoup hésité à divulguer des données et autres informations sur les rejets radioactifs, l’état des réacteurs gravement endommagés, les rejets d’eaux radioactives dans l’océan et l’éventualité d’un autre sérieux accident et de rejets radioactifs en cas de nouveau tremblement de terre d’amplitude supérieure à 7 sur l’échelle de Richter, qui pourrait par exemple provoquer l’effondrement des bâtiments 3 et 4 déjà sérieusement endommagés »

Dr Caldicott souligne que le bâtiment 3 endommagé contient plus de 100 tonnes de combustibles radioactifs fondus qui « pourraient très certainement rejeter des quantités massives d’éléments radioactifs… mettant des millions de personnes en danger de contamination radioactive »

Elle ajoute que le bâtiment 4, actuellement dans un état très précaire, pourrait, en s’effondrant, laisser chuter au sol, 30 mètres plus bas, 400 tonnes de combustible extrêmement radioactif, et relâcher ses eaux de refroidissement, avec le risque de déclencher l’embrasement du combustible. Ceci aurait pour effet le rejet de dix fois plus de césium que ce qui a été rejeté par l’accident de Tchernobyl ou l’équivalent de 14 000 bombes comme celle d’Hiroshima.

Depuis que les cœurs de réacteurs ont fondu, il y a trois ans, 400 tonnes d’eau radioactive se déversent chaque jour de façon continue dans l’Océan Pacifique.

Dr Caldicott rappelle que, après l’accident à l’usine nucléaire de Tchernobyl en Russie soviétique le 26 avril 1986, qui avait impliqué la fonte du cœur d’un réacteur, les rapports publiés par l’AIEA indiquaient que « il n’y aurait pas de conséquences sanitaires liées à l’exposition aux radiations ». Cette désinformation était très surprenante puisque, selon un rapport très sérieux, entre 1986 et 2009, on estime qu’un million de personnes sont décédées à cause de l’accident. Rien qu’au Bélarus, le pourcentage d’enfants en bonne santé est passé de 80% avant la catastrophe à 20% après l’accident.

Qui plus est, sur les 800 000 jeunes en bonne santé, surnommés ”liquidateurs”, que le gouvernement russe a fait venir de toutes parts en Russie pour éteindre le réacteur en feu, plus de 120 000 sont morts en l’espace de 19 ans.

Dr Caldicott a imploré le public qu’il « exige que TEPCO et le gouvernement japonais informent de façon continue le public sur les évolutions actuelles et futures de la situation des réacteurs de Fukushima, sans opacité et sans négation des faits ».

« Si un nouveau rejet majeur de radiations devait se produire, dit-elle, il faudrait que le public soit informé immédiatement et que l’évacuation de la population commence aussi immédiatement. »


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