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Fukushima : des rumeurs insistantes

Mabesoone_LM_14-01-12.jpgDepuis le 2 janvier dernier et juste après le séisme du 1er janvier, de nombreuses rumeurs inquiétantes circulent sur l’état de la centrale, en particulier à propos de la piscine du réacteur 4.

Deux blogs [1] de « rumeurs très bien documentées » (en japonais) sur les possibilités d’un nouveau « collapse » à la centrale.

Les journées des 2 et 9 janvier sont suspectées d’avoir été particulièrement critiques. Au fondement de ces suppositions, le rapport journalier de la préfecture de Fukushima sur les retombées radioactives au sol. Depuis plusieurs jours, ce rapport est devenu presque inaccessible (problème informatique ? censure ?) à partir du site de la préfecture. Le document existe bien, on le retrouve à coup sûr, si on connait l’URL exacte, de la façon suivante.

NB : les rapports sont rendus publiques entre 13h00 et 14h00, en général.

Après-demain, l’URL se terminera par 19, puis 20, etc… Vous avez alors accès au rapport des retombées radioactives moyennes sur la préfecture de Fukushima, malheureusement avec deux jours de retard.

Par exemple, aujourd’hui, nous avions 63 Méga becquerels au km carre de césium 134 & 137. Ceci correspond toujours a un taux élevé, équivalent au niveau de la fin du printemps dernier. Bien-sur, nous sommes loin des deux pics observés pour les deux journées « supposées critiques » : le 2 janvier (420 Méga Bq/km2) et le 9 janvier (137 Méga Bq/km2). Mais la situation n’est pas normale, puisque que tout l’automne et jusqu’à fin décembre, tous les jours on se trouvait en dessous des 10 Méga Bq…

Malheureusement, pratiquement aucune préfecture ne publie ce genre de chiffre, à l’exception de Fukushima et de Chiba (proche banlieue nord de Tokyo). Le Pr Kunihiko TAKEDA, dans son célèbre blog, indique que l’on a déjà dépassé les 50 Méga Bq journaliers à Chiba au cours du mois de janvier [2].

À titre indicatif, Il fait un calcul tout simple mais lourd de conséquences. Je traduis ce passage de son blog :

«  Nous avons observé un pic À plus de 400 Méga Bq par km carré, le 2 janvier. Si on convertit ce chiffre, cela fait en moyenne, 400 becquerels de césium retombés pour chaque mètre carré.

Dans un champ de choux, par exemple, un mètre carre, c’est environ la surface pour 4 choux plantes, grand maximum. Ceci nous donne 100 becquerels de césium supplémentaires déposés sur chaque choux (environ 1 kg), et ceci en une seule journée.

(…/…)

Alors, depuis un mois de retombées anormales, en ajoutant à ceci la contamination des sols antérieure, on dépasse obligatoirement toutes les limites légales soit 500 bq/kg en ce moment.

(…/…)

Pour les habitants des régions entre Fukushima et le Nord-Kanto, mais aussi à Miyagi, il est nécessaire de prendre les précautions suivantes :

  • porter un masque,
  • étendre son linge à l’intérieur,
  • brosser ou secouer ses vêtements avant de rentrer chez soi.

Et il faudra se méfier des légumes à feuilles ainsi que de l’eau du robinet qui peut être contaminée à nouveau via les rivières. »

On se croit revenus aux heures sombres de mars 2011… Mais cette fois, nous ne croirons plus le gouvernement ni les mass-medias. Heureusement que nous avons internet (?).

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Laurent Mabesoone

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