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19 mars. Colère bleue !

Geneviève Confort-Sabathé

Vola­ti­li­sés, les  cols bleus ! Effa­cés, balayés, désin­té­grés, pen­dant vingt ans, par la nov­lan­gue* et les sta­tis­ti­ques des ins­ti­tuts de son­dage. Rin­gar­di­sés par des médias, eux-mêmes fas­ci­nés par les paillet­tes et le pou­voir, les  cols bleus  pas­sè­rent par la colonne « per­tes et pro­fits » de la géné­ra­tion Tapie. L’opé­ra­tion « coup de gomme sur les inu­ti­les » a bien failli réus­sir tout à fait. Il y eut bien quel­ques socio­lo­gues illu­mi­nés pour rap­pe­ler que la classe ouvrière repré­sen­tait, dans les années 90, encore cinq mil­lions de per­son­nes en France, mais per­sonne ne les écou­tait. Les  cols bleus avaient bel et bien dis­paru du pay­sage.

Et tout d’un coup, les revoilà, écu­mant de rage sur tous les écrans de la pla­nète. Ils se dres­sent vent debout face à des patrons décom­plexés, cos­mo­po­li­tes et arro­gants, face à des sang-bleu féo­daux, puant le mépris et la haine. La colère sera, d’abord, bleu Outre­mer comme si la grève géné­rale tes­tait sa force dans les anciens comp­toirs de la France colo­niale.

En Métro­pole, les cols bleus  vou­laient aussi en décou­dre avec le pré­si­dent du pou­voir d’achat, qui les avait pro­vo­qués en affir­mant qu’ « en France, quand il y a une grève, on ne la voit pas ». Mais c’était comp­ter sans les petits sol­dats d’une inter­syn­di­cale fri­leuse, sou­cieuse d’U-NI-TE ! A la CGT, attri­buons haut la main, le cor­don bleu de la tri­pa­touille. Sous son impul­sion, la colère bleue vira au cyan. Les syn­di­cats, majo­ri­tai­res et pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tifs, mais aussi de plus petits auto­pro­cla­més révo­lu­tion­nai­res, par­vin­rent à limi­ter la riposte à une jour­née. Deux mil­lions de per­son­nes se répan­di­rent comme une traî­née de pou­dre dans le pays tout entier, pas une com­mune qui ne con­nut son défilé.

C’était le 16 jan­vier. Il y a un siè­cle ! Les syn­di­cats de l’Hexa­gone s’étaient assi­gnés la mis­sion domes­ti­que de désa­mor­cer le recours à la grève recon­duc­ti­ble, cette grève géné­rale sus­cep­ti­ble de ren­ver­ser des gou­ver­ne­ments, comme en Islande récem­ment ou hier, en Amé­ri­que latine, dans les répu­bli­ques de l’Est, en Inde… Pour l’ins­tant, ils ont réussi.

Depuis le 16 jan­vier, donc rien. Les peu­ples des îles loin­tai­nes ont gagné 200 euros par mois pour les bas salai­res, au terme de deux mois de grève et au prix de la mort d’un homme. Les hobe­reaux du MEDEF local n’ont pas signé le pro­to­cole d’accord. Pas assez favo­ra­ble, sans doute: 150 euros payés par les con­tri­bua­bles fran­çais et 50 euros par les patrons. Peut mieux faire !

Non, nos cama­ra­des Gua­de­lou­péens n’ont pas gagné. Ils ont même perdu. Ils ont perdu leurs rêves de révo­lu­tion tran­quille dans le marais des négo­cia­tions. A l’heure bleue, celle du lai­tier, les Gua­de­lou­péens se sont réveillés avec la gueule de bois. Sur les bar­ri­ca­des de la colère, ils avaient brandi un véri­ta­ble pro­gramme de gou­ver­ne­ment et s’en retour­nent avec une aumône. L’accord con­clu n’est peut-être pas la fin de l’his­toire. Elle se pour­sui­vra, sans doute, devant les tri­bu­naux. La « race des sei­gneurs » ayant porté plainte con­tre Elie Domota, le lea­der des cols bleus, pour inci­ta­tion à la haine raciale. On est prié de ne pas rire.

Et nous, et nous ! Et nous ? on défile le 19 mars, sage­ment. Et le 20, on ren­tre à l’usine. Enfin, à la mai­son, parce que l’usine est fer­mée, pour cause de délo­ca­li­sa­tion. Et ben, tant mieux, ça nous laisse du temps pour orga­ni­ser le boy­cott des élec­tions euro­péen­nes. Évi­dem­ment, on va un peu man­quer de liqui­di­tés pour faire les cour­ses sur­tout si on se lance dans une grève géné­rale recon­duc­ti­ble jusqu’à ce que nous ayons obtenu la plus impor­tante de nos reven­di­ca­tions : la pos­si­bi­lité de révo­ca­tion immé­diate de tous les élus qui ne res­pec­tent pas la volonté du peu­ple. Faut-il rap­pe­ler, encore une fois, que l’Assem­blée natio­nale est com­po­sée d’une majo­rité de gens qui se sont affran­chis de la volonté de leurs élec­teurs pour adop­ter un traité euro­péen rejeté par 55% des votants. Cha­que député, s’étant rendu com­plice de ce déni de démo­cra­tie, doit ren­dre compte de cette indi­gnité et de cet abus de pou­voir. Cer­tains ont des man­dats mul­ti­ples, qu’ils les ren­dent.

La grève géné­rale recon­duc­ti­ble est notre arme fatale. Aucun pou­voir ne résiste à cette pres­sion. Cer­tains d’entre nous ont peur et c’est nor­mal, car, depuis le pitoya­ble sacre de Sar­kozy 1er (le fils est en orbite), une poli­ti­que de cri­mi­na­li­sa­tion du mou­ve­ment social tend à muse­ler les ini­tia­ti­ves popu­lai­res.

Mais nous ne som­mes pas les seuls à avoir peur. Le Canard enchaîné du 4 mars raconte que Sar­kozy s’affole devant les con­sé­quen­ces de la grève des ensei­gnants-cher­cheurs : « Je ne veux plus voir les ensei­gnants, les cher­cheurs et les étu­diants dans la rue ! Fini le pro­jet de décret. Vous me réglez ça. Vous vous cou­chez (…) S’il le faut, vous n’avez qu’à faire rédi­ger les tex­tes par les syn­di­cats, mais qu’on passe à autre chose ! On a bien assez de pro­blè­mes comme ça ».

Il n’y a qu’un che­min, comme disait Jan­ké­lé­vitch, le cou­rage !




* Le nov­lan­gue (in Wiki­pé­dia) est la lan­gue offi­cielle de l’Océa­nia inven­tée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949). Il est une sim­pli­fi­ca­tion lexi­cale et syn­taxi­que de la lan­gue des­ti­née à ren­dre impos­si­ble l’expres­sion des idées sub­ver­si­ves et à évi­ter toute for­mu­la­tion de cri­ti­que (et même la seule « idée » de cri­ti­que) de l’État. S’oppo­sant à l’anci­lan­gue, « lan­gue ancienne ».

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Geneviève Confort-Sabathé

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Comments (10)

C.Laborde C.Laborde ·  14 March 2009, 08h45

“La grève géné­­rale recon­­duc­­ti­­ble est notre arme fatale.”
Oui, mais pour qui ? Une grève géné­­rale, cela me rap­pelle Mai 68 que beau­coup on com­mé­moré avec nos­tal­gie. Pour moi, Mai 68 est un sou­ve­nir d’un moment très fes­tif suivi d’une immense décep­tion. Exac­te­ment ce que nous pré­pa­re­rait la grève géné­­rale recon­­duc­­ti­­ble que cer­tains nous pro­po­sent. C’est con­fon­dre uto­pie et roman­tisme. Sans un pro­jet d’alter­na­tive même seu­le­ment ébau­ché, qu’espé­rer d’une telle ini­tia­tive ?
Les sala­riés de Mai 68 pou­vaient sou­te­nir un tel mou­ve­ment. Aujourd’hui, avec la pau­pé­ri­sa­tion que l’on con­naît, il n’y a aucune chance de mener une telle action.

GPMarcel GPMarcel ·  14 March 2009, 08h57

Pré­ci­sion: tu par­les du 16 jan­vier…n’est-ce pas plu­tôt le 29 jan­vier que nous défi­lâ­mes!

Geneviève Confort-Sabathé Geneviève Confort-Sabathé ·  14 March 2009, 09h38

Eh oui, c’était le 29 jan­vier. C’était bien il y a un siè­cle, j’ai déjà oublié la date exacte. Rai­son de plus pour ne plus s’arrê­ter, ça évi­tera les per­tes de mémoire.
J’en pro­fite pour répon­dre sur le roman­tisme. Nous ne som­mes pas du tout à l’aube d’un con­flit roman­ti­que par con­tre ce fut exac­te­ment la mar­que de Mai 68, le mou­ve­ment roman­ti­que par excel­lence.
Le roman­tisme est, en effet, la reven­di­ca­tion du « je » et du « moi » face aux exi­gen­ces du col­lec­tif. Les roman­ti­ques pri­vi­lé­gient les expé­rien­ces per­son­nel­les, les sen­sa­tions de l’indi­vidu, les élans du coeur ou les pul­sions du sexe, par oppo­si­tion à l’uto­pie et à la fic­tion qui con­cer­nent plu­tôt les visions col­lec­ti­ves. Le roman­ti­que valo­rise le sen­ti­ment con­tre la rai­son.
Aujourd’hui, rien de roman­ti­que dans la recher­che d’une autre orga­ni­sa­tion sociale mon­diale, dans la volonté d’ache­ver le capi­ta­lisme mori­bond. Exi­ger la grève géné­rale recon­duc­ti­ble pour virer plus vite ceux qui nous ont con­duits dans le mur, ce n’est pas roman­ti­que, c’est très ration­nel. En revan­che, les élec­tions euro­péen­nes sont très roman­ti­ques, puisqu’elles ne ser­vi­ront que des inté­rêts indi­vi­duels; ceux des dépu­tés élus qui iront à la soupe et des par­tis qui tou­che­ront des sub­ven­tions.

C.Laborde C.Laborde ·  14 March 2009, 12h43

On ne peut pas exi­ger une grève géné­rale, on peut seu­le­ment appe­ler à cette grève et la sou­hai­ter, ce qui n’est pas mon cas. Une grève géné­rale est un pro­ces­sus révo­lu­tion­naire et si on n’a pas de pro­jet alter­na­tif à pro­po­ser, où mènera ce pro­ces­sus.

Il ne faut pas con­fon­dre tac­ti­que et stra­té­gie. La tac­ti­que, c’est une pen­sée à court terme. C’est le mal de notre société. La stra­té­gie sous-tend une pen­sée à long terme et doit pré­cé­der la tac­ti­que.

Ceux qui appelle aujourd’hui à la grève géné­rale met­tent la char­rue devant les boeufs. C’est ce que j’appelle du roman­tisme pour être gen­til.

Geneviève Confort-Sabathé Geneviève Confort-Sabathé ·  14 March 2009, 15h48

Mais qu’est ce que c’est que ce ter­ro­risme intel­lec­tuel? La char­rue avant les boeufs, dis-tu et bien essayons! Je pré­fère une idée folle que pas d’idée du tout.
Non, il n’est pas néces­saire d’avoir déjà prévu un pro­gramme bien ficelé de réfor­mes pour “invi­ter” à la grève géné­rale recon­duc­ti­ble. Les moments révo­lu­tion­nai­res les plus signi­fi­ca­tifs n’avaient pas tout prévu, loin de là. La Com­mune, la Répu­bli­que de Cata­lo­gne de 34 à 36, Krons­tadt et j’en passe, ont su inven­ter des for­mes d’orga­ni­sa­tion ultra démo­cra­ti­ques. Le pro­blème est qu’aujourd’hui, plus per­sonne ne sem­ble capa­ble d’appré­hen­der un monde qui ne serait pas con­di­tionné comme une boîte de bis­cuits. Des pro­gram­mes, nous en avons trop. Du Front de gau­che au NPA, en pas­sant pas LO et les socio-démo­cra­tes. Je n’en veux plus de ces pro­gram­mes con­coc­tés dans le dos des peu­ples et fina­li­sés con­tre les peu­ples.
Je ne te con­nais pas et ne te ferai aucun pro­cès d’inten­tion mais je pense que tu fais par­tie de ceux qui ont aidé à la dis­pa­ri­tion des CUALS. Ces col­lec­tifs cons­trui­saient une voie inté­res­sante, des sor­tes de con­seils de réflexion et de déci­sion sans voix pré­pon­dé­rante.
Les pro­jets alter­na­tifs exis­tent dans nos têtes. Je suis cer­taine qu’il fau­drait moins d’une semaine pour pro­po­ser mieux, dans tous les domai­nes, que ce qui nous est imposé aujourd’hui par la droite et qui nous a été imposé, hier, par les socia­lis­tes.

C.Laborde C.Laborde ·  14 March 2009, 16h00

Curieux, mais, si ma mémoire ne me trompe pas, tous les exem­ples cités sont des échecs reten­tis­sant qui se sont ter­mi­nés par un mas­sa­cre des révo­lu­tion­nai­res. Merci pour le pro­gramme.
Alors, entre pas d’idée et le sui­cide, je choi­sis l’action réflé­chie, mais je ne me sens pas assez génial pour trou­ver un nou­veau para­digme en moins d’une semaine.
Quant aux CUALS, je crois qu’ils n’ont eu besoin de per­sonne pour dis­pa­raî­tre par man­que d’idée.

Geneviève Confort-Sabathé Geneviève Confort-Sabathé ·  14 March 2009, 20h45

Les épi­so­des révo­lu­tion­nai­res se sont ache­vés dans le sang, c’est vrai mais était-ce la faute des révo­lu­tion­nai­res ou celle de ceux qui les ont aban­don­nés voire ven­dus à leurs enne­mis?
Qui parle de trou­ver un nou­veau para­digme en moins d’une semaine, en voilà une idée. Tu vois, tu peux en avoir au moins une! C’est pour rire! Les solu­tions exis­tent, per­son­nel­le­ment, je tra­vaille sur l’abo­li­tion des pro­fits moné­tai­res.
Je crois qu’il faut com­men­cer par l’argent mais là encore, je sais que l’intel­li­gence col­lec­tive, celle que nous met­trons en action par la grève recon­duc­ti­ble, pro­duira des mil­liers d’idées génia­les parce que sim­ple­ment adap­tées à l’humain.
La manière dont tu par­les des CUALS prouve lar­ge­ment que tu n’as pas com­pris la valeur de ces échan­ges réci­pro­ques de savoir.
Je sais que je te con­vain­crai pas mais je vais te racon­ter une petite expé­rience. J’ai été for­ma­trice pour adul­tes dans un ate­lier de péda­go­gie per­son­na­lisé, des fem­mes par­fois illet­trées venaient y sui­vre des cours de remise à niveau. L’une d’entre elles était SDF, elle fai­sait la man­che devant la Poste, avec son com­pa­gnon qui, par­fois, la bat­tait. Elle ne trou­vait pas à se laver tous les jours, elle ne man­geait pas tous les jours à sa faim mais elle se pas­sion­nait pour le tra­vail qu’elle par­ta­geait avec ses copi­nes de l’ate­lier. Ces fem­mes étaient issues de dif­fé­rents milieux, cer­tai­nes étran­gè­res. A la fin de la for­ma­tion qui durait six mois, elles ont tou­tes pré­senté le con­cours d’aide-soi­gnante. Elles l’ont tou­tes réussi. L’intel­li­gence col­lec­tive, l’entraide, le plai­sir de vivre ensem­ble une aven­ture cul­tu­relle et affec­tive avaient eu rai­son du dar­wi­nisme social.
Je ne crois qu’en cela, les hom­mes et les fem­mes por­tent en eux les con­di­tions de leur éman­ci­pa­tion.
Les diri­geants, d’où qu’ils vien­nent, auraient-ils les meilleu­res inten­tions du monde, ne seront jamais que des inter­fé­ren­ces entre l’être humain et son bon­heur.

Gdalia Gdalia ·  15 March 2009, 18h42

Bon­jour,

Salut Gene­viève. Il faut que je te dise que j’aime beau­coup ton style et ces varia­tions en bleus plu­riels, et l’humour déca­pant qui émaille tes écrits, et qui affleure en traits per­cu­tants, tout en colo­rant tou­jours de façon sous-jacente la toile de fond.

Con­cer­nant 68, le roman­tisme éche­velé et l’uto­pie ration­nelle, je ne les vois pas en oppo­si­tion, mais en com­plé­men­ta­rité.

Je ne con­çois les bien­faits du col­lec­tif que dans la mesure où il aide à s’épa­nouir cha­que indi­vidu aussi plei­ne­ment et heu­reu­se­ment que pos­si­ble, et je crois que notre liberté à cha­cun com­mence à se déve­lop­per là où com­mence celle d’autrui, con­trai­re­ment à ce que pré­tend la phi­lo­so­phie de la rareté misé­ra­bi­liste, celle qui pense que pour don­ner à l’un, il faut reti­rer à l’autre.

L’équa­tion démo­cra­ti­que, c’est : une per­sonne = une voix.

Ce qui sup­pose que cha­que per­sonne a sa pro­pre voix par­ti­cu­lière, qui sera enten­due dans les échan­ges col­lec­tifs.

Je crois donc que mai 68 a posé quel­ques jalons en ouvrant plus d’espa­ces de liberté. Mais que ce mou­ve­ment est retombé trop vite sans remet­tre en ques­tion ni les ins­ti­tu­tions ni le règne des pro­fits moné­tai­res, nos chers diri­geants nous pres­sant de ren­trer à la niche en nous réjouis­sant des mina­bles accords de Gre­nelle, ce dont M. Sar­kozy n’a pas encore fini de rigo­ler.

La grève géné­rale est cer­tes un pro­ces­sus révo­lu­tion­naire, que crai­gnent tous ceux qui veu­lent abso­lu­ment gar­der le con­trôle sur autrui, et qui empê­chent ainsi le nou­veau d’adve­nir.

Faut-il regar­der la Com­mune de Paris, la révo­lu­tion espa­gnole, etc, comme des échecs parce qu’elles ont été écra­sées par la force brute et san­gui­naire ? Ne pou­vons-nous plu­tôt admi­rer leurs réa­li­sa­tions magni­fi­ques, et com­bien plus humai­nes et plus jus­tes que ce que nous con­nais­sons ordi­nai­re­ment sous la domi­na­tion capi­ta­liste, alors même que les con­di­tions fai­tes aux insur­gés étaient des plus dif­fi­ci­les, des plus périlleu­ses ? Alors que les gou­ver­ne­ments leur fai­saient la guerre.

C’est une vraie ques­tion, de se deman­der : oui, mais quel but nous don­nons-nous ? À quoi bon bagar­rer, si on ne sait pas où l’on va ?

Il est vrai que nous ne som­mes pas tous du même avis. Nous ne le serons jamais. C’est impos­si­ble.

Mais n’avons-nous pas de plus en plus la cul­ture des Col­lec­tifs de base dans les lut­tes, ne savons-nous pas qu’il faut sor­tir du dogme et de l’ordre capi­ta­liste qui nous est imposé, qu’il faut redon­ner du sens à nos vies et repren­dre en mains nous-mêmes nos choix de vie.

Comme Gene­viève, je ne veux sur­tout pas que qui­con­que nous inflige un pro­jet tout ficelé.

J’aime beau­coup cette expres­sion pour défi­nir les Col­lec­tifs : “Con­seils de réflexion et de déci­sions sans voix pré­pon­dé­ran­tes”. Cela laisse la porte grande ouverte à l’ave­nir et à la créa­ti­vité, à l’expé­ri­men­ta­tion libre et soli­daire.

C’est néces­saire, et suf­fi­sant pour bas­cu­ler d’une société à l’autre. À con­di­tion de repren­dre con­fiance en nos pro­pres for­ces, et dans la capa­cité que nous avons en effet de bâtir une société plus juste et plus géné­reuse.

Cor­dia­le­ment

Gda­lia

Didier Didier ·  16 March 2009, 16h40

S@lut les p”tits loups,

Que de pseu­dos con­nus dans ce post, Gene­viève, C.Laborde, Gda­lia (sans oublier le veilleur Suri­cate), ça me ren­drait pres­que nos­tal­gi­que :)
Je me per­mets d’inter­ve­nir pour vous infor­maer que j’ai odieu­se­ment pompé ce billet de Gene­viève sur Alter­di­gue (http://www.alter­di­gue.com/2009/03/1… ) et que si jamais cela posait souci je l’en ôte­rai, mais étant donné quil fait pres­que sa demi-dou­zaine de cen­tai­nes de visi­tes/jour cela serait dom­mage de s’en pri­ver, non? :-p
Sinon plus géné­ra­le­ment, je rejoins Gene­viève et Gda­lia sur l’idée con­sis­tant à affir­mer que l’intel­li­gence col­lec­tive est tou­jours plus cons­truc­tive que pas d’idée du tout et que comme j’était déjà en grêve (et oui il y a des patrons qui font grêve…) le 29 jan­vier, je le serais encore le 19 mars. Et puis c’est tout! :D

Ré@­gis­sons, p@r­ti­ci­pons…

Geneviève Confort-Sabathé Geneviève Confort-Sabathé ·  17 March 2009, 17h32

Vas-y, Didier, pompe! Mes arti­cles sont libres de droit. J’apporte ma petite pierre au che­min vers la liberté des peu­ples.
Je vais écrire des arti­cles pour le boy­cott des élec­tions euro­péen­nes. Que tout le monde se serve!

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