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Grèce : le catalogue des horreurs

EUROZONE-GREECE/Surprise dans les pages de Netoyens (sauf quelques liens sur un site externe) de ne rien voir sur LE sujet du moment : la mise à mort de l’un des berceaux de notre civilisation, la patrie d’Aristote, Socrate, Platon, la patrie de la démocratie. Le génocide de tout un peuple pourtant si généreux - je ne parle pas des armateurs et politicards clientélistes bien-sûr mais de Maria, Nicki, Costas, Helena, Germana, Zacharias, Stavros, Yannis, et d’autres encore. De ces personnes comme vous et moi, rencontrées au cours d’un voyage que j’aurais voulu plus long, plus intense, plus proche encore de chacun d’eux.

[Crédit photo spiegle.de]

Parce que oui, nous assistons à un génocide. Non pas par la fureur des armes qui tuent rapidement et douloureusement, mais par la fureur d’une arme bien plus douloureuse encore, insidieuse et machiavélique, l’étranglement à petit feu, par le pouvoir et l’hégémonie germanique, de son nouvel axe et de l’Euromark. Lorsque les allemands ont envahi la Grèce, il y a près de 75 ans, ils ont laissé dans leur sillage près de 500 000 morts, un pays exsangue, miné par des luttes de pouvoir intestines qui durant 4 ans de plus ont encore menées à près de 200 000 morts de plus, notamment chez ceux qui avaient osés tenir tête au nazisme.
Aujourd’hui, cette Allemagne, à qui pourtant tout a été pardonné, à qui les dettes issues des deux conflits majeurs qu’elle a généré au cours des 100 dernières années ont été partiellement voir totalement remises, étend ses tentacules sous couvert de rigidité budgétaire à l’ensemble de son nouveau “Reich”. Ce qu’elle n’a pas obtenu au cours des derniers conflits, elle l’obtient aujourd’hui à travers cet “outil” que sont l’Europe, son mille-feuille bureaucratique, son opacité, son manque de valeurs démocratiques et humanistes.
Oui nous sommes dans une nouvelle dictature. Et il est temps de s’en rendre compte. Le “Hareng de Bismark” est édifiant à tout point de vue. “Ils” recommencent ! De manière sournoise mais méthodique. Tentant de mettre aujourd’hui la Grèce au pas de l’oie et au-delà - Varoufakis l’a très bien décrit dans sa tribune dans le Guardian du 11 juillet [1] - l’ensemble de l’Europe et avant tout la France.

Dans ce billet, je ne tiens en rien à faire une analyse quelconque d’une situation catastrophique et dont les prémices sont inscrites dans les livres d’histoire mais juste à rapporter une anecdote révélatrice qui m’est arrivée précisément lors de ce dernier voyage en Grèce et qui en dit long sur l’arrogance, le mépris et la suffisance du peuple allemand. 
Un dimanche après-midi, sur une route caillouteuse de campagne menant à une magnifique plage et sur laquelle seules quelques biquettes cherchaient vainement un coin d’ombre, se tenait sous un auvent un vieux monsieur grec au regard pétillant de sagesse. Il s’appelle Dimitrios et vend aux touristes qui se rendent ou reviennent de la plage de Balos le miel de ses ruches et l’huile d’olive fabriquée par sa fille Georgia et son gendre Yannis. Devant nous, une voiture germanique noire et aux vitres fumées s’arrête. Un jeune couple en descend et verrouille les portières après avoir pris soin de camoufler dans le coffre le contenu des sièges. Probablement la crainte que les biquettes, connues pour manger tout ce qui passe à leur portée, ne s’en prennent à leurs passeports teutons… Ces braves touristes venus de Germanie (nous le subodorions en observant leur manège et l’avons su puisqu’ils s’entretenaient entre eux dans cette langue), après avoir goûté le miel et l’huile d’olive proposé avec un peu de pain par Dimitrios, lui achètent un petit pot de miel et une mini bouteille d’huile d’olive. Le tout pour à peine 7 Euros. Avant de partir, et avec cette arrogance qui doit être génétique, l’allemand dit à Dimitrios :

“Vu tout l’argent que je vous ai payé, je reprends encore un morceau de pain et du miel”.

J’avoue honnêtement m’être étouffée de rage et n’avoir pas eu la présence d’esprit de l’affronter. Mea Culpa. Ceci étant, même si je l’avais fait en cette fin d’après-midi, sur ce chemin de pierre surchauffé par le soleil, je ne suis pas certaine qu’il aurait compris tant l’arrogance et le manque d’empathie de cet allemand moyen étaient évidents.

Aujourd’hui l’un des journaux de référence d’Allemagne titrait “Vorschläge der Euro-Gruppe : Der Katalog der Grausamkeiten[2] . Traduit littéralement : “Les propositions de l’Eurogroupe: Le catalogue des horreurs”. Cette prise de conscience journalistique était ensuite démolie au fil des quelques 700 commentaires des lecteurs ! L’hégémonie germanique est à l’œuvre une fois de plus. Elle était larvée mais dorénavant, elle éclate au grand jour. Elle donne une impression de déjà vu, avec certains pays qui s’allient à elle afin de mieux humilier et assassiner un peuple qui porte en lui les vraies valeurs de la démocratie !

Depuis, c’est la gueule de bois. Avec ce sentiment amer qu’une fois de plus la démocratie est foulée au pied et que le OXI se doit d’être piétiné. Encore une impression de déjà vu.  Et aussi, une incompréhension totale devant ce NAI de Alexis Tsipras à Bruxelles. Car ne lui en déplaise, avec ces gens là, on ne badine pas. Et plus encore on ne négocie pas… On plie et on dit “JA” !
Un appel est lancé, à une grève générale - pas seulement en Grèce, mais partout ailleurs. Pour le 15 juillet, date à laquelle le parlement grec devrait en toute logique adopter sous forme de loi une grande partie du catalogue des horreurs. Même si, a priori, il ne sera tenu aucun compte de la manifestation populaire, il est bon de relayer le message et de soutenir Maria, Nicki, Costas, Helena, Germana, Zacharias, Stavros, Yannis, Georgia, Dimitrios et tous les autres.

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Sissi de Grandvaux

Auteur: Sissi de Grandvaux

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Commentaires (2)

Ania Ania ·  18 juillet 2015, 10h31

La politique de l’Allemagne vis à vis de l’Europe et en particulier de la Grèce mérite ces accusations. Pour autant attention à ne pas confondre les dirigeants et l’ensemble du peuple allemand qui aurait un “gène de l’arrogance”…aïe, ça me gène.
D’une part je ne pense pas que le comportement de tous les touristes français à l’étranger soient sans reproches, d’autre part, je ne souhaiterais pas que les grecques m’identifient à Hollande ou à Moscovici. Ils pourraient dire, non sans raison, que les français ont été complices de l’Allemagne ou qu’ils se sont écrasés comme des chiens peureux.
Continuons de dénoncer cette politique, pas les gènes…
voir l’intervention de la députée allemande (die linke) Sahra Wagenknecht devant le parlement allemand le 19 mars 2015
https://www.youtube.com/watch?v=3xb…

edrobal edrobal ·  23 juillet 2015, 14h53

Dis-moi pour qui tu votes, je te dirai qui tu es. Merkel, Hollande et autres, ne sont pas arrivés au pouvoir de droit divin. Ils ont été élus.On est comptable des actes des gens pour qui on vote. D’autant que Merkel a toujours une large majorité derrière elle. L’UMPS germain est totalement aligné sur sa politique.

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