Dernière mise à jour 27/03/2017

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

La démocratie comme stratégie

Qu’on la qualifie d’authentique ou de directe ou encore qu’on l’appelle démanarchie, parce qu’elle n’est pas déjà là, parce qu’elle est minorée, “péjorée” [1] et travestie, parce qu’elle nous fait chaque jour défaut, la démocratie doit non pas faire l’objet d’une stratégie mais doit être la stratégie.
La tactique quant à elle ne peut consister qu’en la mise en oeuvre partout des principes qui fondent son originalité, son authenticité et son intégrité, jusque dans les entreprises, en recourant à la diversité des alternatives et ce, par définition, dans les plus brefs délais.

La peur d’atteindre le point de non retour ?

Pour éviter la révolution à 360 degrés, celle qui revient au même sous de nouvelles apparences trompeuses, sous de nouveaux jours qui déchantent, il faut faire vivre les principes qui fondent la démocratie au jour le jour et veiller à les faire vivre durablement. Ces principes sont connus. On ne pourra pas les confondre avec ceux qui, en définitive, assujettissent la participation d’un grand nombre - et non de tous - aux velléités parfois dangereuses d’un parti même s’il s’autoproclame de gauche. Ces principes sont donnés de manière originale dans l’article “Démocratie, direct !” que l’on peut lire notamment ici.

Ce faisant, on doit pouvoir rompre avec la logique historique qui fait que toute tentative d’émancipation n’a pas su éviter de prêter le flanc à la répression violente. Car on ne dit jamais assez l’aveuglement des forces de la répression, parce qu’aux ordres, pétries d’ignorance et dopées par une frousse chevillée au corps; ainsi elles deviennent vite sanguinaires. Ces forces ne sont jamais aussi efficaces que lorsqu’elles parviennent à rabattre, à circonscrire et à isoler pour mieux mettre en joug.

Ce que nous vivons avec tous nos contemporains, c’est le constat d’une résistance bien insuffisante alors que les forces du contrôle se répandent et s’immiscent partout dans nos vies pour mieux assurer le moment venu l’efficace de la répression. La multiplication et la juxtaposition des luttes comme des grèves et des manifestations, même légitimes, même inventives, parce qu’elles observent toute la règle du “cadrage sans débordements possibles”, ne semblent pas être un phénomène à la hauteur de la situation : la somme des luttes n’est pas égale à une révolution ou plus exactement à une révolte citoyenne permanente, de celles qui peuvent garantir l’autonomie de tous et l’émancipation de chacun et ce, durablement, à travers les générations.

En conséquence, un devoir de création s’impose, celle de la 1ère Démocratie. Peut-être en commençant par l’organisation d’une constituante mais plus sûrement en la mettant en pratique ce qui implique que l’on se désaccoutume de règles, de rites, de rituels, d’usages, d’us et coutumes, de manières, de pratiques et de réflexes tous de longue date conditionnés.

La diversité ou l’humanité à nouveau possible

On voit bien à travers la diversité des points de vue qui s’expriment de plus en plus partout, que si la motivation faites de nécessité et d’urgences est au fond la même, rompre avec le régime politique en vigueur même devenu inadéquat comme renoncer à notre mode de vie éculé et obsolète n’est pas pour autant chose simple et facile. Il ne faut cependant pas douter, qu’au bénéfice du retour des limites, sous peine de tragédie et dans l’ardente obligation d’agir en poétique comme en politique, nous y viendrons tous, d’une manière ou d’une autre, pour finalement œuvrer de concert.

Nous allons déjà faisant face à un étrange cas de force majeure dont nous aurons été la cause sans le vouloir, un cas de force prévisible, nihiliste et global. Un moment qui nous imposera des contraintes dépassables qu’à la condition d’une libération de toutes les autres contraintes préexistantes faites de capitalisme (pour ne pas dire de libéralisme), de productivisme et d’étatisme et, particulièrement depuis “l’inversion des calendriers”, d’un électoralisme forcené qui aura fini par traiter le vote donc le citoyen comme une marchandise.

On est, par ailleurs, bien en droit de se demander si le système ne va pas finir par s’effondrer de lui même et à brève échéance. C’est l’objet d’un débat qu’il faut savoir mener comme bien d’autres cependant il ne faudra pas s’y perdre. Nous ne sommes en effet pas obligés de compter dessus car l’effondrement - dont la prospective est loin d’être précise - sera au mieux un facteur d’accélération, au pire d’altération voire de corruption, et non pas une garantie de la réalisation des alternatives, de toutes les alternatives, dont nous devrions voir très vite le caractère indispensable à condition que l’on soit informé de leur existence.




[1] Au sens “prise en mauvaise part”

Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Netoyens.info

Auteur: Netoyens.info

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (0)

Soyez le premier à réagir sur cet article

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

vote-abstention.jpg

Pour pouvoir s'abstenir, il faut s'inscrire !

On l’a dit maintes fois déjà ici et ailleurs, comme tout autre vote qu’il soit nul, blanc ou pas, l’abstention est un droit !  Certains conservateurs antilbéraux, ordolibéraux ou protofascistes, comme jadis l’Abbé Seyes le théorisait, voudraient en faire une obligation sous peine d’amende. Ce serait une régression majeure dans le cheminement vers cette démocratie toujours en projet et sans cesse menacée. Pour autant, faut-il ne pas apparaitre ou disparaître aussi des listes électorales ? Voir !

Lire la suite

2016-PPP-FAUTE.png

« Pour sortir du cercle de la peur »*

La France est à un tournant, si elle le manque c’est un ciel gris, un ciel de plomb qui va la recouvrir. Les manifestations ont été nombreuses depuis 1995 ( je ne veux pas remonter trop loin dans l’histoire car c’est le présent et l’avenir qu’il est urgent d’analyser et de construire), mais les pouvoirs sont restés sourds à nos revendications. 1782

Lire la suite