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NDDL : Notre victoire ne sera pas militaire... elle ne peut être que politique ! [MàJ]

nddl2012-01.jpgTout est donc prêt du côté des forces de l’ordre : l’assaut des zones squattées de la ZAD (zone à aménagement différé du projet d’aéroport, rebaptisée Zone à Défendre), pour la karchériser de tous ses pouilleux, aura lieu avant le 1er Novembre 2012. Des centaines de gendarmes, CRS, sont prêts. Les mardi 16 et 25 novembre sont évoqués de manière insistante, peut-être le samedi 27, ça peut être un leurre pour épuiser les militants avant le véritable déclenchement… dans la semaine… Cinq à huit lieux de vie sont concernées par chacune des opérations, pour disperser les forces.

Nous, opposants à l’aéroport, nous préparons aussi : les habitants de chaque lieu de vie au premier chef, c’est à eux de définir leurs propres formes de réaction (comme c’était aux personnes -propriétaires et exploitants- concernées de définir leur propre attitude lors de la visite du juge des expropriations, maison par maison, parcelle par parcelle, au premier semestre 2012).

C’est à eux aussi de définir le soutien qu’ils demandent à ceux qui seront à côté d’eux face aux forces du désordre.

Une première contre-offensive a eu lieu dès ce week-end en avant première de ce qui nous attend cette semaine : l’ouverture et réoccupation, à l’initiative de militants anti-aéroport habitants légaux et illégaux, d’une maison vide au Limimbout : pour vider la zone, AGO/Vinci devenue propriétaire des terres et maisons du Conseil Général, mure et fait garder les maisons qui se vident par départ ordinaire de locataires (souvent en bail précaire). C’est l’une de ces maisons qui a été ré-ouverte samedi soir, en avant-première d’une soirée de soutien organisée par l’Acipa, avec projection du film «Notre Dame des Landes Au cœur de la lutte» réalisé par Christophe Kergosien et Pierrick Morin (à voir ou télécharger), et un superbe concert des musiciens sud américains Ismael Duran et Leon Chavez. La salle Cassiopée était presque trop petite pour cette soirée (plus de 200 personnes) dont l’annonce de la réoccupation a été l’un des temps forts. Elle nous a permis de nous ressourcer pour nous préparer aux prochains jours…

Plusieurs réunions ont eu lieu dimanche au Limimbout, réchauffées par un beau soleil d’automne. Échanges d’informations, étude de contre-offensives à venir, préparation de la phase dite d”expulsions’ dont nous savons qu’elle ne pourra pas être évitée, et à laquelle se préparent depuis des mois (parfois des années) les personnes venues volontairement sur la ZAD.**

Ces princes en godillots gadouilleux, fils improbables tout à la fois d’Arthur Rimbaud, de Gavroche, de Guy Môquet, de tant d’autres aussi, sont venus ici avec des projets de vie (maraîchage, chèvrerie, boulangerie…) dans la recherche d’une mise en cohérence radicale de leurs idées et de leurs modes de vie, recherche qui ne peut que susciter le respect : pas facile d’être des mois sous la tente, en caravane ou dans des maisons laissées à l’abandon (qu’ils retapent !) sans autre confort que ce qu’ils souhaitent et peuvent eux-mêmes s’installer et se procurer collectivement et librement. Ils veulent inventer d’autres mondes, d’autres responsabilités et solidarités, loin du consumérisme, loin des flics (et des services sociaux, qui n’ont pas non plus très bonne presse parmi eux).

Certes, pour les vieux militant-e-s (éventuellement soixante-huitard-e-s), la confrontation peut être rude. La longueur d’infinies palabres pour s’organiser ensemble est parfois compliquée à vivre. Un certain refus de l’organisation collective, la promotion des choix individuels dans l’action, et beaucoup d’insouciance sur la manière dont seront perçues par la population les différentes formes de résistance, tout cela peut poser de réels problèmes avec les habitants récents. Les différences sont culturelles, mais aussi politiques. Mais comment ne pas voir qu’ils dessinent les contours d’autres possibles ?

Un jeune couple que je connais me lance sur mai 68 « où tout était possible mais dont il n’est rien advenu ». Je tempère : ces propos sont assurément ceux d’hommes, les mouvements féministes ont su poursuivre la conquête et assurer les droits des femmes après 68 ; et si maintenant on peut avoir l’impression que rien n’est plus possible, qu’il n’y a pas d’alternative, ils sont, eux, la vivante preuve du contraire. Et je crève de dépit quand je vois nos journaux télévisés nous montrer inlassablement des personnes en pleurs (on peut le comprendre), en train de craquer à l’annonce de plans sociaux, de jugements de liquidations…

Toujours des gens broyés dans les moments de l’échec, des luttes perdues. Jamais de gens debout, calmes, lucides, déterminés… Que les télés viennent donc faire un tour à Notre Dame !

Il n’y a pas de protection légale pour les squatters, qui par définition n’existent pas, et ne sont pas « protégés par l”accord » post grève de la faim de mai 2012’ (cf. Notre Dame des Landes : ce qui a vraiment été obtenu). Mais comme je l’ai dit dans l’article pré-cité : «s’ils sont expulsés, d’autres endroits de la ZAD permettront leur accueil.»

Quels que soient notre nombre et notre détermination non-violente, dans les lieux expulsables, demain (ou dans quelques jours), il y aura destruction de lieux de vie, de jardins, de cultures, de projets pas seulement rêvés. Et très probablement un déchaînement de violence policière au-delà de ce que nous avons pu déjà connaître.

Notre victoire ne peut pas être militaire. Elle adviendra et sera politique !

La solidarité très concrète (accueil des expulsés…), le regroupement des forces sont d’ores et déjà assurés. Nous croyons en notre capacité à tenir jusqu’au rendu des différents recours, parce que nous en prendrons les moyens. Mais, dans l’immédiat, face à un déploiement de forces par ailleurs totalement disproportionné, le saccage des projets et réalisations des zadistes est inéluctable. A moins que les protestations ne soient si vives qu’il y ait à nouveau un report des expulsions.

Nous riposterons par de nouvelles occupations, par des réoccupations… Nous avons noué des contacts avec le DAL (qui occupent actuellement le Lieu Unique à Nantes) et les poursuivrons face à ces maisons vides murées pour en empêcher l’habitation, le droit au logement est bafoué.

Nous ne seront pas les déguerpis de Vinci. J’ai entendu des dizaines de fois ce terme de la part de paysans lors d’un périple de 3500 kilomètres en transport en commun, en Afrique de l’ouest, en janvier/février 2011, dans la ‘caravane des mouvements sociaux’ en route vers le Forum Social Mondial de Dakar (à l’initiative des branches Afrique du Dal, du Cadtm et de Attac). Pour mener les expulsions (projets d’aéroports, d’échangeurs, d’ensembles commerciaux et/ou immobiliers) des sbires font irruption dans les cases, tapent au sol avec des fléaux en hurlant « déguerpis, déguerpis, déguerpis » ; si pas d’obéissance assez rapide, ils tapent -toujours au fléau bien sûr-, sur les quelques objets et sur les cases, puis enfin sur les gens… arrêtés sur place, ou sortant, mais qui reviennent, et ça recommence… Nous aussi allons recommencer. Je me sens ici en pleine cohérence avec mon engagement altermondialiste, notre lutte est en pleine résonance et solidarité avec tant d’autres luttes de par le monde, pour la défense des terres agricoles, la souveraineté alimentaire et le droit des peuples à défendre leurs territoires et modes de vie.

Quoi qu’il arrive cette semaine, nous ne serons pas écrabouillés, la lutte contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes continuera. Elle n’en deviendra pas pour autant plus facile, elle a besoin du soutien de tous.

Aujourd’hui, demain, après-demain… «le verbe résister se conjugue au présent» (Lucie Aubrac)


Geneviève Coiffard-Grosdoy le 15 octobre 2012 à midi
+33 2 40 70 04 88    
+33 6 80 84 19 89
g.coiffard@grosdoy.eu


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Commentaires (8)

Netoyens.info Netoyens.info ·  16 octobre 2012, 00h11

Mise à jour le 15 Oct; à 21h35
Reçu d’un opposant à l’aéroport
Le liminbout, ferme occupé depuis samedi par des ocupant-e-s de la ZAD, des habitant-e-s de NDDL, de la région et des soutiens d’autres régions et pays, vient d’être expulsé par un important dispositif militaire !
La dizaine de lieux qui étaient menacées par des expulsions demain, est en ce moment étroitement surveillé par des bagnoles de gendarmes. Des rondes régulières sont effectuées.
De plus, les routes commencent à être coupées. Un effectif d’environ 400 gendarmes mobiles est actuellement basé à Héric (apparemment dans un hôtel).
Les expulsions programmées, selon plusieurs sources, pour demain matin de bonheur (dès 6h surement) apparaissent dorénavant certaines.
Il est urgent de se mobiliser pour défendre les lieux occupés qui ont permis de faire vivre la ZAD, d’entretenir la résistance et de développer son autonomie (notamment le sabot et les cent chênes, lieux collectifs de production de légumes et de pain, aujourd’hui menacées de destruction)
Nous devons montrer aux forces militaires, à Vinci et à son valet qu’est l’Etat que nous ne les laisserons pas occuper la ZAD et en faire une zone morte !
Défendons la ZAD et les habitant-e-s/occupant-e-s qui ont choisi de rester et de résister pour préserver ce territoire unique d’un projet mégalo et dangereux !
Venez rejoindre la résistance ! Venez-vous battre pour l’avenir de ce territoire et pour notre avenir commun !
Montrons-leur que nos désirs valent plus que leurs profits!
Un opposant à l’aéroport
P.S : garez-vous plutôt aux alentours de la ZAD pour éviter les contrôles et les barages. Vous pouvez traverser à travers champ, le bocage préservé vous y aidera.
Vous pouvez suivre l’évolution de la situation sur ces sites internet :
http://zad.nadir.org/
http://nddlagirdesobeir.noblogs.org…
http://lutteaeroportnddl.wordpress….

Netoyens.info Netoyens.info ·  16 octobre 2012, 01h37

!!! Confirmation d’expulsion demain !!!!
Source : http://nddlagirdesobeir.noblogs.org/?p=1517

Aujourd’hui lundi 15 octobre, un important dispositif policier/militaire s’est mis en place, confirmant très probablement les menaces d’expulsions pour demain mardi 16:

  • 600 CRS qui viennent de Nantes
  • 400 GM (gardes mobiles) actuellement sur un parking d’hôtel à Héric
  • tout le dispositif de GM de Châteaubriant
  • 26 cars et 4 paniers a salade arrivant d’Angers

Ces informations nous ont été communiquées par des personnes ayant vu ces différents déploiements militaires/policiers.

Dans cette situation, on vous appelle à venir à partir de 5h30 (pour essayer d’arriver avant le bouclage de la zone) sur la zone, possibilité de se retrouver à la Vache rit. L’Acipa y donne rdv à 9h pour faire un point.

Il se peut que les communications téléphoniques par portables ne soient pas possibles sur la zone pendant la période des expulsions.

Nous donnerons très régulièrement des informations sur ce site.

Appel à actions au moment des expulsions de la ZAD partout où vous êtes

Dindon de la farce Dindon de la farce ·  19 octobre 2012, 18h01

On donne l’argent de nos impôts à Vinci pour bétonner un site qui devrait être classé ! (désolé pour la pub)

Dindon de la farce Dindon de la farce ·  23 octobre 2012, 05h52

Le Monde - 21 octobre 2012 Une cause nationale, par Hervé Kempf

Le lourd silence de Cécile Duflot, de José Bové, de Daniel Cohn-Bendit, de Nicolas Hulot et de tant d’autres sommités, le désintérêt des médias, la passivité d’Europe Ecologie-Les Verts, le ” courage fuyons ” des élus PS informés des enjeux écologiques, l’apathie de la grande majorité des associations environnementales, le désir si manifeste de tout ce joli monde de tourner la page n’y font rien : ce qui s’est déroulé cette semaine et se poursuit ces jours-ci autour de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est vital, crucial, essentiel.
Si ceux pour qui les mots ” crise écologique ” veulent dire quelque chose perdaient cette bataille, si cet aéroport se faisait, le mouvement écologique en serait aussi affaibli qu’il l’avait été, en 1977, par les événements de Creys-Malville.
On s’étonne que ne soit pas comprise l’importance de ce bras de fer. Mais peut-être faut-il, de nouveau, en expliquer les enjeux. Il s’agit, donc, d’un projet d’aéroport qui occuperait près de 2 000 hectares de terres au nord de Nantes. Vieux d’une quarantaine d’années, il a ressurgi au début des années 2000. La résistance tenace, non violente, assise sur des expertises solides, de paysans, d’élus, d’écologistes, de citadins, d’habitants anciens et nouveaux, a retardé le projet. Elle a permis de voir que se cristallisent ici toutes les problématiques qui forment le complexe écologique de ce début du XXIe siècle. Ce n’est pas Trifouilly-les-Oies, c’est une cause nationale.
Alors que le Programme des Nations unies pour l’environnement vient d’annoncer que les zones humides, essentielles à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes, ont perdu dans le monde la moitié de leur superficie depuis un siècle, on s’apprête en France à détruire un site dont 98 % des terres sont des zones humides. Alors que, semaine après semaine, les climatologues publient des études montrant la gravité du changement climatique, on s’apprête en France à construire un aéroport qui stimulera le trafic aérien, important émetteur de gaz à effet de serre. Alors que l’artificialisation des sols et la disparition des paysans sont officiellement déplorées, on les planifie ici, ce qui les justifiera ailleurs. Alors que le pouvoir du capital et les partenariats public-privé sont partout dénoncés, on donne les clés du projet à la multinationale Vinci.
Il y a des moments où il faut savoir dire non. Il est temps que se fassent entendre ces ” non “.
par Hervé Kempf - kempf@lemonde.fr

GenevieveC-G GenevieveC-G ·  23 octobre 2012, 05h54

Parlons plutôt résistance… et solidarité !!!!
Geneviève Coiffard-Grosdoy Notre Dame des Landes, le 21 octobre 2012
Tous médias confondus, sauf ceux de la région, qui ne pouvaient pas faire totalement l’impasse, le silence sur les expulsions/destructions sur la Zad a été assourdissant. Tous ceux d’entre vous qui ont suivi ces dernières sur le net, ont pu partager notre écœurement et notre révolte. Mais ce n’est pas des dégâts que je veux parler, mais de colère, de résistance, et de solidarité !
Depuis mercredi, il y a tous les soirs des déambulations ‘sauvages’ dans Nantes, très déterminées, où les gens hurlent leur colère. Un slogan de la lutte a toujours posé problème, ici, entre les opposants ‘historiques’ et certains des nouveaux habitants : c’est ‘Vinci, dégage ! Résistance et sabotage !’ Tout le monde est d’accord sur le début, Vinci dégage ! Certains s’arrêtent là, d’autres à ‘résistance’. Vendredi soir, j’en ai vu beaucoup crier le slogan jusqu’à la fin, et hurler ‘sabotage’ , qui ne l’avaient jamais fait jusque là…
Le préfet a déclaré mardi à 10H30 que tout était terminé et s’était admirablement passé. Les faits l’ont fait mentir très rapidement, puisque différents lieux ont pu résister, utiliser les chemins creux pour y construire des barricades, et bloquer les gendarmes (qui ne veulent avancer que lorsque le terrain est totalement ‘sécurisé’, comme ils disent). Au lieu-dit Les Sabots (potager collectif, défriché collectivement au printemps 2011), mercredi soir, les militants ont essayé de sauver le maximum de légumes, un tsunami de lacrymos a répondu à quelques jets de carottes, tant et si bien que les légumes restants sont devenus inconsommables. Sous des trombes d’eau permanentes depuis le début de la semaine, les conditions sont assez difficiles : sentiers impraticables, champs trempés et glissants, fossés pleins… et il faut passer à travers champs pour rejoindre les différents lieux, les dizaines de véhicules bleus nous barrant routes et carrefours. Et il n’est pratiquement pas possible pour les militants sur place d’avoir une vue d’ensemble.
Dès le premier jour, mardi, le nombre de lieux attaqués simultanément a été plus élevé que prévu, ce qui a compliqué les opérations de repli. Pourtant, dès mardi soir, la Vache Rit, notre lieu de lutte, s’est transformée, grâce à l’accord des paysans qui l’ont mis à disposition, en lieu d’accueil où s’organisent réunions, cuisine, repas, dortoirs… Les quelques vêtements propres et secs sauvés de la destruction et de la noyade y sont proprement classés et mis en tas à la disposition de tous, dans ce qui est joliment appelé une ‘free-shop’. Des habitants viennent (re)cueillir les chaussettes sales, pour les rapporter propres et sèches (ma voisine de droite soupire : çà risque d’être la mutualisation des champignons… elle en souffre… et lavera donc elle-même ses chaussettes…). La cuisine est prise en charge, le ravitaillement assuré (y compris pour les veilleurs des barricades). Les vélos sont mis en commun. Pour les quelques voitures qui ont pu entrer dans la zone bouclée militairement, aucun déplacement ne se fait sans proposer le co-voiturage à la cantonade.
La solidarité s’organise davantage : les expulsés manquent de tout (ils n’ont pas tout sauvé de leurs maigres possessions), et d’abord de chaussettes, bottes et chaussures, cirés, vêtements (pulls, pantalons), lampes frontales, piles électriques, radios… mais aussi matelas et couvertures, qui commencent à arriver massivement à la Vache Rit. Légumes et fruits, féculents… fromages et pain de producteurs locaux, sont arrivés spontanément, avant même tout appel.
Vendredi après-midi, le préfet a cru pouvoir dire que les objectifs de la semaine en termes d’expulsions et destructions étaient atteints, tout en reconnaissant que ‘çà’ n’était pas fini, puisque de nouvelles maisons sont expulsables à partir du 27 octobre. La période de résistance non plus n’est pas terminée, elle est capitale, et nous permet entre autres de développer l’information et la solidarité.
Il parait que les gens de la ZAD puent des pieds : nous sommes fiers de le faire avec eux, dans la poursuite de notre lutte. Nos chaussettes continueront à avoir le parfum de la solidarité, qui n’a rien à voir avec la puanteur pestilentielle de Jean-Marc Ayrault et de tous ceux qui ont commandité et couvrent l’ignominie du saccage.
Geneviève Coiffard-Grosdoy Notre Dame des Landes, le 21 octobre 2012

Netoyens.info Netoyens.info ·  23 octobre 2012, 13h42

Message de deux jeunes paysans de la confédération paysanne (Morbihan et Var)

Si on réfléchit à ce qui se passe à Notre Dame des Landes depuis une semaine, il y a un fait vraiment inquiétant : le silence du « mouvement social français».

Depuis mardi matin, plus de 500 gardes mobiles ont envahi la campagne tranquille du Nord de Nantes, ils ont chassé les gens de leur habitat, détruit des maisons et enlevées les pierres une par une pour s’assurer qu’elles ne seraient pas rebâties. Depuis six jours, environ 200 personnes dorment chaque nuit sur des barricades, respirent des gazs lacrymo, organisent le ravitaillement des copains en première ligne, tout cela dans une non-violence exemplaire (sinon, il n’y aurait pas cet assourdissant silence médiatique!). Depuis quelques jours, des gros ballots de vêtements, de bottes, de chaussettes, de piles, de pommes, de pâtes, de légumes, de café, de jus de fruits, de barres de céréales, affluent dans le hangar qui sert de QG à la résistance, témoignant que si peu de gens osent s’aventurer dans le « territoire en guerre » qu’est devenu ce beau bocage, il existe une véritable indignation dans la population.

Et enfin bon, des raisons de s’indigner il y en a tout de même : il n’a rien d’autres à faire ce gouvernement que de mobiliser des centaines de flics pendant des semaines pour chasser des gens de leur maison alors qu’il semble qu’il y ait une crise du logement dans ce pays, rien de plus urgent comme dépense que de construire un aéroport pour en remplacer un autre loin d’être saturé alors qu’on nous dit que la priorité c’est de réduire les déficits, rien de plus important que de développer le trafic aérien alors qu’il paraît qu’il y a un truc qui s’appelle le changement climatique ???

Alors pourquoi ce silence ?

  • Soit, ce qui est une possibilité réelle, le mouvement social est bien mal en point, tué par la « crise », asphixié par l’arrivée de la gauche au gouvernement,
  • Soit ce combat n’est pas celui du mouvement social, car ceux qui luttent pied à pied à Notre Dame des Landes ne sont pas très présentables, un peu trop boueux, avec en
  • prime des têtes un peu trop jeunes et que donc certainement ils sont violents, donc peu fréquentables,
  • Soit encore vous ne savez pas quoi faire.

Si c’est cette dernière option qui prime, quelques idées :
La résistance à Notre Dame des Landes est incroyable. Il est incroyable que quelques centaines de personnes sans moyen financier, sans soutien logistique aucun à part celui de quelques habitants et paysans des alentours, logeant dans des abris de fortune, sans eau, sans électricité, aux vêtements détrempés, aient résisté une semaine derrière des barricades de bric et de broc face à une véritable armée. Ils sont encore là et ne vont pas lâcher, même si il leur faudra probablement se replier à un moment ou à un autre.

Il ne manque pas de courage ni de détermination à Notre Dame des Landes.
Il manque de la légitimité.

Et cela, vous, vous qui savez écrire, qui avez les arguments en tête, qui êtes reconnus socialement comme des gens « sérieux », qui avez de l’audience auprès des militants de vos organisations, qui connaissez des journalistes, qui êtes en contact avec des politiques, vous qui êtes respectés, vous pouvez le donner à la lutte de Notre Dame des Landes : de la légitimité.

Ce sont des choses que vous savez faire : écrire aux pages débat des journaux, organiser des conférences de presse, passer des coups de fil à droite à gauche, signer des tribunes collectives, intervenir lors de conférences, convaincre des gens connus d’aller à Notre Dame des Landes, ne serait-ce qu’une demi-heure, pour qu’ils puissent dire leur indignation devant les médias, puisque ces médias n’ont rien à faire de l’indignation des gens ordinaires.

Vous savez faire cela et c’est vraiment le moment de le faire maintenant.

Cette lutte est exemplaire et c’est aujourd’hui à chacun-e d’entre vous de permettre au mouvement social dans son ensemble de faire preuve d’une solidarité exemplaire.

GenevieveC-G GenevieveC-G ·  23 octobre 2012, 13h47

Hollande et Ayrault ouvriront-ils leur quinquennat au bazooka contre les opposants au projet ?

Au moment de la grève de la faim de paysan-e-s et opposant-e-s au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes (du 11 mars au 8 mai 2012, soit pendant la campagne présidentielle et juste autour de l’élection), j’avais posé publiquement la question :
Hollande et Ayrault ouvriront-ils leur quinquennat au bazooka contre les opposants au projet ?

Nous en sommes aux engins de démolition des maisons, cabanes, potagers…, protégés par plus de mille gendarmes, dans une zone totalement militarisée. Les destructions/expulsions, c’est maintenant !

Le bazooka, c’est la prochaine étape, qui ne saurait tarder…

Beaucoup de contre-vérités circulent, beaucoup de confusions savamment entretenues… En particulier, il faut enfin arrêter de confondre illégalité et violence.

Peut-être que ce qui gène aujourd’hui tous ceux qui ont cru devoir faire le choix du légalisme (parfois en prétendant faire celui de la non-violence), ou faire (au nom de l’efficacité !) celui de la ‘solidarité gouvernementale’, ou …, c’est l’ILLEGALITE de l’occupation de tous ces pouilleux, ces ‘habitants de la ZAD’ que Grosvallet, président du CG44, ose nommer ‘accapareurs’, alors qu’ils ont habité des maisons vides et cultivé des terres abandonnées.

Pour ceux qui sont aux côtés des ZADistes, certes illégaux, mais légitimes, le choix de la solidarité ne se pose même pas : il est évident, incontournable, et c’est ce choix que je vous demande de faire, clairement, sans tortiller du cul ou de la gueule…

Bougez-vous, selon vos compétences, aptitudes, réseaux… il ne vous reste plus beaucoup de temps pour le faire, avant l’écrasement ‘militaire’ des Zadistes et de leurs soutiens.

Geneviève Coiffard-Grosdoy

Notre Dame des Landes 23 octobre 2012

ValDuv ValDuv ·  06 octobre 2013, 10h53

La course au gigantisme et la soif du profit ont conduit un investisseur du BTP à envisager de construire une ferme-usine de 1000 vaches à Drucat dans la Somme.

Cette ferme-usine est à l’élevage ce que le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes est à la mobilité durable… un non sens !

Associé à un méthaniseur, cet élevage laitier géant repose sur :

  • Un univers concentrationnaire où la souffrance animale est banalisée ;
  • Un système agricole où l’éleveur n’est plus qu’un exécutant à la merci d’investisseurs cyniques
  • Une pollution de l’environnement et de l’eau engendrée par le rejet de lisiers
  • Un déni de démocratie où les riverains sont fermement invités à accepter ce projet ou déménager.

Parce qu’un autre modèle agricole est possible, le projet de ferme-usine de Drucat dit des 1000 vaches doit être abandonné : Nous exigeons l’arrêt immédiat des travaux.


signer : http://www.1000vaches-nonmerci.fr/

1000_vaches

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