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Nous devons prendre nos responsabilités !

Mabesoone_LM_15B-11-11.jpgAujourd’hui, j’ai reçu une lettre de remerciement de M. Odome [1] , à Minami Soma qui se situe à 20 km de la centrale. Il a écrit un mot et a joint des timbres ainsi que beaucoup de photos de distribution de vivres. Cette lettre est destinée à une amie du bout du monde, Cécile M.. Cécile a réussi à envoyer 30 kg de riz, via Amazon Japon, alors qu’elle se trouve en France [2] ! Demain, je fais suivre par courrier international la lettre de remerciement…

C’est émouvant, ce pont qui s’installe entre Fukushima, Nagano et la France.

Voyez sur la photo en bas, tous ces petits paquets de riz alignés pour chaque famille devant les logements provisoires de Minami Soma. Ça, c’est leur vie au quotidien. C’est ainsi !

Mabesoone_LM_15B-11-11.jpg

Le gouvernement les a laissé revenir dans leur village, où les maisons sont souvent détruites par le séisme, mais ils n’ont pas assez de revenu pour déménager ailleurs. Le gouvernement ne les aidera pas à déménager, ni cette année, ni l’année prochaine, ni jamais…

Seuls ceux qui ont de l’argent trouvent « le courage de quitter leur terre ». Ceci malgré des radiations dépassant le microsievert par heure dans l’air et le million de becquerel au m2 dans la terre : à Tchernobyl, il n’y aurait plus personne.

Ceci me rappelle le blog du réalisateur de documentaires Alain de Halleux, datant d’hier, conclusion d’un premier carnet de voyage, après trois semaines a Fukushima-shi et Minami-Soma [3]  :

J’arrive au bout de mon voyage. Je ne peux clamer : « Evacuons TOUS les enfants du district de Fukushima ! », comme je le pensais avant de partir. Dire cela, correspond à une position idéologique. Si je faisais ça, je ressemblerais à TEPCO ou à tout ceux qui clament qu’il n’y a aucun problème. Au bout de ce voyage, une chose est claire cependant. NOUS DEVONS PRENDRE NOS RESPONSABILITÉS. Au sens étymologique du terme, cela veut dire : répondre aux questions. Ici, il s’agit d’être capable de répondre aux enfants qui nous demanderons pourquoi nous avons agi sans tenir compte de leur futur !

Je me souviens de ce que me disait ma famille et mes amis de France au printemps dernier : « Rentre, rentre tout-de-suite ! » (je ne suis qu’à 230km de la centrale).

Il faut vivre ici pour comprendre que l’atome met les gens devant des choix de vie extrêmement complexes. Il y a « la vie réelle au quotidien » face à « la peur pour notre santé future ». Ce sont deux critères contradictoires, que chacun doit évaluer, à long terme, en fonction des incertitudes, dans son cas particulier.

Dans l’absence d’aucune aide de la part de l’État, chacun fait ses choix, mais personne ne peut s’octroyer le droit de les critiquer, à mon avis. Par exemple : 30 kg de riz envoyés par un citoyen français à une famille de Minami Soma peut permettre à cette même famille de payer des vacances d’hiver à un de ses enfants, dans une zone moins contaminée… ?

Je suis sûr que l’aide directe aux populations de la zone 20-30km est en fait le meilleur moyen indirect d’aider les familles à s’arranger financièrement et humainement pour quitter l’endroit plus ou moins tôt. Seulement, on ne peut pas imposer un choix aussi lourd.

À mon avis, il faut simplement aider un peu, si on le peut, afin de donner « un peu plus le choix ». Après cela, leur vie est suffisamment compliquée pour laisser un reste de liberté à ces familles de Minami Soma


Notes :

[1] M. Odome a besoin de notre aide pour soutenir son action courageuse et humaniste !

À la fin du mois de septembre, les autorités japonaises ont mis fin à l’évacuation de la zone des 20 à 30 km autour de la centrale de Fukushima. Les habitants qui avaient été évacués ont été priés de rentrer chez eux. Malheureusement, devant le danger que représentent les sols contaminés, seuls les plus pauvres d’entre eux sont effectivement rentrés. Ceux qui en avaient les moyens se sont réfugiés chez des membres de leurs familles, chez des amis, ou louent des chambres d’hôtels dans le sud du Japon.

Aujourd’hui, les personnes qui sont revenus dans la zone des 20 à 30 km se trouvent confrontés à des magasins fermés et à de lourdes difficultés pour s’approvisionner. Les autorités ne pourvoient pas à leurs besoins…
Devant cette situation inacceptable, M. Takao Odome, un hôtelier sexagénaire, organise une collecte de denrées alimentaires qu’il redistribue tous les matins devant son établissement.

Les amis de M. Odome ont pour vocation d’aider l’initiative solidaire de M. Odome. Pour cela, nous essayons de faire connaître son action, et d’inciter tous ceux qui le souhaitent à envoyer un colis. Les particuliers comme les entreprises peuvent en effet participer à cette démarche généreuse et soutenir ainsi ceux qui ont déjà tant perdu.

Les colis doivent être adressés à :

M. Takao ODOME
Business Hotel ROKKAKU
HARAMACHI KU OOMIKA JI HIRABAYASHI 51
MINAMI SOMA SHI
FUKUSHIMA KEN
975-0049 JAPON

tél : 0244 24 2639
fax : 0244 24 2702

[2http://www.facebook.com/pages/Les-amis-de-M-Odome/281474631883236

[3http://message.in.a.bottle.over-blog.com/article-carnet-de-voyage-fukushima-suite-88562472.html


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Laurent Mabesoone

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