Dernière mise à jour 20/10/2017

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Gaz de schiste – ni ici... ni dans nos anciennes colonies !

drapeau_amazigh.pngQuand l’exploitation des gaz de schiste s’entremêle avec notre politique étrangère, néocolonialiste

Les frontières héritées de la colonisation française ont inclues la Kabylie dans l’Algérie, mais les revendications autonomistes pour la préservation de l’identité amazigh à travers la reconnaissance de la culture et de la langue kabyle menacées par le gouvernement algérien se sont multipliés depuis plusieurs années (manifestations en 1980 réclamant l’officialisation de la langue berbère, 128 jeunes Kabyles perdent la vie en 2001 sous les balles des services de l’État tandis que deux milliers sont gravement blessés…).

Un gouvernement provisoire Kabyle a été formé en France en 2010

Mais le gouvernement socialiste français, qui soutient le régime algérien, refuse de reconnaître ce gouvernement provisoire au motif qu’il est autoproclamé, alors qu’il n’a pas hésité à reconnaître, voire réclamer d’autres gouvernements de ce type comme en Libye, Syrie, Ukraine…

Il faut souligner que ce gouvernement provisoire kabyle a été admis le 31 août 2013 en tant que membre à part entière de l’Organisation des États africains émergents (OEAS), une organisation membre observateur des Nations Unies (ONU).

Le rapport avec les gaz de schiste ?

Eh bien, Monsieur Ferhat Mehenni, Président du Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad), vient d’écrire une lettre ouverte à François Hollande pour lui demander « l’annulation du contrat d’exploitation de gaz de schiste dans les eaux territoriales de la Kabylie », un contrat qui vient d’être signé entre la société française CGG-Véritas et l’Etat algérien.

Au cours de notre lutte contre l’exploitation des gaz et huile de schiste et de couche, nous avons toujours précisé « ni ici, ni ailleurs » et demandé à ce que cette exploitation soit interdite en France mais aussi aux compagnies pétrolières françaises à l’étranger, car comme le souligne Monsieur Mehenni dans sa lettre ouverte à François Hollande, ce qui est dangereux ici l’est aussi ailleurs :

« Aussi, me voyez-vous si désappointé d’apprendre que la France, par principe de précaution et pour la protection de ses populations et de son environnement, s’interdit l’exploitation de ce type de combustible fossile sur son propre territoire pendant qu’elle autorise ses entreprises à le pratiquer en Kabylie ; Ne serait-ce pas là une autre attitude néocoloniale française ? Car, pour des considérations élémentaires d’éthique, il relève d’une telle évidence que ce qui est nocif, nuisible, voire létal pour le peuple français, l’est également pour le peuple kabyle. »

D’autant que cette exploitation dans une mer fermée comme la Méditerranée et dans une région sismique pourrait à l’évidence provoquer une catastrophe écologique et humaine de grande ampleur.

Mais on peut aussi s’interroger sur le rôle de la France dans la lutte que mène la Kabylie vis à vis du gouvernement algérien. N’est-elle  pas ainsi en train d’aider ce gouvernement à piller le peuple kabyle en lui faisant courir le risque de la destruction de son territoire ?

« Si le régime colonialiste algérien s’empresse de brader à tours de bras, les richesses naturelles de la Kabylie, c’est en raison de sa conviction que l’avènement d’une Kabylie libre est non seulement inéluctable mais aussi si proche. Il y pratique déjà la politique de la terre brûlée pour y miner l’avenir. Sinon, et ce malgré les conseils de prudence et l’avis négatif unanime de ses propres experts, comment expliquer qu’il s’entête tant à mettre à exécution l’irresponsable projet d’exploitation des gaz de schiste en offshore à Vgayet, par perforation hydraulique, autrement que par sa volonté de malveillance, voire par racisme, envers la Kabylie et le peuple kabyle ? »

C’est pour tout cela que nous pouvons faire nôtre cet avertissement de Monsieur Ferhat Mehenni à François Hollande :

« Le contrat confié par le pouvoir algérien à la compagnie française CGG-Veritas est une catastrophe humaine et écologique annoncée. Vous en porteriez, si elle advenait, toutes les responsabilités. »

Et c’est plus globalement pour défendre cet « ailleurs » et unir nos luttes qu’a été créé le RÉSEAU EURO-MAGHRÉBIN POUR L’INTERDICTION DES GAZ ET PÉTROLE « NON-CONVENTIONNELS » ET CONTRE L’EXTRACTIVISME, “unis pour dénoncer en Europe et au Maghreb le développement des énergies fossiles extrêmes dangereuses pour le climat, l’environnement, la santé publique et anti-démocratiques” qui a réunis à Saint-Christol-lez-Alès (du 7 au 9 mars 2014) 21 pays d’Europe et du Maghreb

Extrait du communiqué de presse issu de cette rencontre :

« Localement engagés contre le développement des hydrocarbures non conventionnels et l’extractivisme, nous faisons tous partie d’un même combat et considérons comme essentiel le renforcement des liens entre nos luttes. La déclaration de Korbach[1] porte l’essentiel des revendications qui nous unissent. »

Ni ici, ni ailleurs, ni en Kabylie.


Notes:

[1] Résolution de Korbach

 Les 4 et 5 mai 2013, les initiatives citoyennes allemandes mentionnées ci-dessus qui s’opposent à l’utilisation de la technique de fracturation dite « fracking » se sont réunies à Korbach pour renforcer leur réseau et échanger leurs expériences.

Nous adressons les revendications suivantes à nos gouvernements ainsi qu’à l’Union européenne :

  • Une interdiction immédiate et sans exception de toutes les formes de fracturation pour la recherche, l’exploration et l’exploitation de sources d’énergie fossiles. Indépendamment du fait que la formation des fissures soit obtenue en utilisant des substances chimiques, de l’eau ou d’autres moyens, ou non.

  • Une interdiction générale de l’importation et du commerce de sources d’énergie fossiles obtenues par fracturation

  • Une interdiction générale de réinjection et du stockage géologique des fluides de retour et des eaux minières dans les forages

  • Une réforme du code minier qui vise l’application des normes environnementales les plus sévères et le droit de participation du public

  • Une mise en œuvre conséquente de la transition énergétique décidée sur le plan politique, c.-à-d. l’abandon des carburants d’origine fossile, le  développement des énergies renouvelables et l’augmentation de l’efficacité énergétique


Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Évaluer ce billet

5/5

  • Note : 5
  • Votes : 3
  • Plus haute : 5
  • Plus basse : 5

Ania

Auteur: Ania

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (0)

Soyez le premier à réagir sur cet article

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

antichevron-21mai14.png

Appel à signature de la déclaration internationale des peuples victimes des pratiques de Chevron

Des communautés de cinq pays dans quatre continents unissent leurs voix pour s’opposer aux pratiques de la société transnationale pétrolière Chevron-Texaco dans le monde et publient une déclaration commune à l’occasion de l’Assemblée générale de Chevron aux États-Unis, qui se tiendra le 28 mai dans une ville perdue au fin fond du désert du Texas, loin des ONG et activistes qui pourraient les déranger. Seul le directeur général, John Watson, pourra exercer un droit à la parole. Gaz de schiste : appel à signature de la déclaration internationale des peuples victimes des pratiques de Chevron

Lire la suite

gds_au_robinet.jpg

Les gaz de schiste, les nanotechnologies, la bactérie méthanotrophe, l'escargot, la palourde et les chimpanzés du futur.

Non, ce n’est pas un inventaire à la Prévert, mais les pistes de recherches scientifiques actuelles pour « améliorer » l’exploitation des gaz de schiste. Pistes qui nous conduisent dans le monde des savants fous et des chimpanzés du futur.

Lire la suite