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Le premier sapin de noël après Fukushima

Mabesoone_LM_16-11-11_SapinCe matin, avec ma fille, j’ai décoré notre sapin de Noël. Bien sûr, « non-électrifié », et coiffe d’une grande fleur jaune, symbole de ce combat que nous avons commencé, en famille, il y a déjà huit mois.

C’est Noël, pour la première fois depuis Fukushima.

Peut-être l’occasion, justement, de retrouver le sens originel de cette fête ?

Ici dans l’est du Japon, les économies d’électricité font désormais partie du sens civique commun. Ce sens civique est, à n’en pas douter, une des grandes qualités du peuple japonais. Quel plaisir de ne plus être agressé par cette débauche de « Christmass illuminations » qui s’aggravait d’année en année.

Les fêtes 2011 s’annoncent très calmes. Le « Christmass à la japonaise », sorte de Saint-Valentin ultra-matérialiste, n’existe plus vraiment cette année, et c’est tant mieux !

À propos, je ne suis pas féru de théologie, mais je me souviens vaguement que Noël était à l’origine une fête plutôt simple, une « nuit de recueillement ». Il s’agirait de fêter la naissance d’un « Enfant Sauveur », apparu au sein d’une famille pauvre de Galilée, province exploitée par l’Empire Romain, alors au comble de la violence politique et de la richesse matérielle.

La naissance de l’Enfant Jésus aurait même été suivie par un massacre de tous les bébés de la région, commandité par les puissants de l’époque. Et la fête de Noël consisterait à se rappeler que, même au fond des ténèbres, il ne faut jamais désespérer…

Vous avez compris où « je veux en venir ».

Pour notre petite famille, cette année, l’Empire Romain, c’est le lobby pro-nucléaire. La Galilée, c’est Fukushima. Le massacre des enfants, c’est le sacrifice des dizaines de milliers d’enfants japonais qui commence déjà à petit feu. Et puis, dans notre cas, notre espoir, notre petit Jésus, c’est notre fille de trois ans.

Dans le même esprit, je vous conseille cette vidéo [1]

Il s’agit d’un « événement » tout simple : quelques dizaines d’habitants de Bruxelles se sont réunis sur la Grand Place, le 11 novembre dernier, pour commémorer le huitième mois après Fukushima.

Ils ont simplement rassemblé leur lanternes « à bougies » pour faire une boule de lumière jaune, destinée à encourager les habitants de Fukushima. Ceci a été transmis en direct via internet à Fukushima-shi, entre autres.

En regardant cette vidéo, je me suis dit que notre « mouvement jaune » porte aussi la couleur chaude des flammes de bougies, cette « lumière de l’âme » qui doit remplacer les flammes infernales du nucléaire.


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Laurent Mabesoone

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