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Nucléaire : une Bastille à prendre !

bastillenuke.jpgLe nucléaire est d’ores et déjà un problème majeur de santé publique que l’on refuse de voir.

C’est aussi un cancer antidémocratique qui oeuvre tous les jours dans une opacité sans pareil. Notre apathie devant un tel fléau est de plus en plus incompréhensible. Le nucléaire à lui seul motive pourtant bien des indignations dans le monde entier. Chez nous, il devrait plus qu’ailleurs soulever une insurrection.

Comment expliquer que le Peuple français s’apprête à nouveau à élire, en 2012, une nouvelle présidence pro-nucléaire ?

Three Miles Island le 28 mars 1979, Tchernobyl le 26 avril 1986, Fukushima le 11 mars 2011 et, plus proche de nous, en France, Marcoule le lundi 12 septembre 2011 à 11 h 45 sont autant d’avertissements qui devraient conduire à une décision politique d’arrêt immédiat du nucléaire.

Tout se joue aujourd’hui à un mois du premier tour comme si ces catastrophes ne suffisaient pas à se lancer unanimement et de manière déterminée dans la construction d’un nouvel avenir énergétique. Au lieu de cela, en effet, c’est la « gloriole française » confondant fierté révolutionnaire héritée des Lumières d’une part et arrogance scientiste aggravée par l’appât du gain d’autre part qui domine encore.

C’est par la bouche de M. Jean-François Copé que la morgue nucléaire s’exprime le plus largement et le plus impunément. Face à lui, M. Hollande s’excuse de vouloir fermer « une seule centrale » - celle de Fessenheim, son Plogoff ? - le suppliant presque de bien vouloir le laisser faire. Devant le même JFC, Jean-Luc Mélenchon se voit conduit à expliquer la stratégie du Front de gauche qui consiste en réalité à « sortir des énergies carbonées » et non pas du nucléaire comme si le nucléaire n’émettait pas de gaz à effet de serre [1]. Qui d’autre pourtant, en cette occasion, pour « résister, résister, résister ! »… mais surtout qui pour l’arrêter ?!

Le mouvement antinucléaire existe pourtant bel et bien en France depuis longtemps et même depuis toujours. Il a manqué jusqu’ici d’ambition, de réalisme et d’efficacité en se trompant de stratégie et en s’institutionnalisant. Mais il fait surtout l’objet d’un déni systématique très bien organisé dont la puissance doit beaucoup à l’histoire militaire du lobby nucléaire. Là comme ailleurs, dans ce cas surtout, le hiérarchique continue de faire la guerre au projet démocratique.

À la décision prise par l’État de lancer le programme électronucléaire devrait normalement correspondre maintenant à une décision politique pour l’arrêter. Or ce régime interdit toute possibilité de prendre cette décision. Peu importe les manifestations, peu importe les sondages, peu importe les pétitions, il s’emploie méthodiquement à embastiller la volonté populaire de s’émanciper de la menace, de la terreur.

Depuis 1958 et sous la 5ème République, avez-vous déjà vu un seul candidat à la Présidence qui ne soit pas pro-nucléaire avéré ou convié à se retirer des élections ? Voyez ce qui advient de la candidature de Mme Eva Joly. En vérité, la conscience antinucléaire très largement partagée par le peuple français n’a jamais eu de candidat en position d’être élu. Jamais.

Au fondement de la bombe nucléaire, il y a une volonté de puissance dont tout le monde sait aujourd’hui qu’elle est insensée puisqu’elle fait peser une menace définitive sur l’humanité. L’électronucléaire en a hérité des coutumes et des pouvoirs nuisibles au projet démocratique et par la démultiplication des accidents et des catastrophes, c’est un génocide global qui est en marche et qu’il nous faut faire cesser sans plus tarder.

Si nous voulons en finir avec la menace nucléaire, il nous faudra commencer par reprendre cette nouvelle Bastille.

Notes :

[1] Le référent du dioxyde de carbone a été adoubé par le lobby du nucléaire omniprésent dans la médias et souvent représenté par Jean-Marc Jancovici. Ce fameux CO2 lui est bien utile. Or, le GIEC nous dit qu’il n’y a pas que le CO2 qui pèse dans le dérèglement climatique. On trouve bien d’autres gaz à effet de serre comme le méthane (20 à 25 fois plus puissant en effet de serre que le CO2) et la vapeur d’eau qui représente 55% des rejets liés aux activités humaines et dont le nucléaire est fortement producteur.
Gros consommateur d’eau (ex. Civaux), selon Jeremy Rifkin,

« 40% de toute l’eau douce consommée dans toute la France est utilisée par l’industrie nucléaire pour refroidir les réacteurs ». Cette eau est réchauffée, polluée et rejetée dans la mer, dans un fleuve ou dans l’air sous forme de vapeur : qui n’a jamais remarqué ces énormes panaches de fumées au-dessus des tours aéroréfrigérantes aussi symboles du nucléaire ? Et d’ajouter : « Quand cette eau est rejetée, elle est chaude et déshydrate les écosystèmes nécessaires à un secteur agricole vivant et durable. ».

Selon Nextup, un réacteur à eau pressurisée de 900Mw consomme 7200 m3/h pour son refroidissement dont la moitié est expédiée dans l’atmosphère sous forme de vapeur pour le cas des réacteurs implantés le long d’un fleuve.

Citons ici, à nouveau, le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) que tout le monde désormais connaît :

Gaz à effet de serre :

  • vapeur d’eau 55%,
  • nuages 17%,

  • autres gaz 28% dont :
halocarbures 8%, protoxyde d’azote 5%,
 méthane 18%,
gaz carbonique 69%

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Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

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Commentaires (7)

corrector corrector ·  23 novembre 2012, 16h24

Les centrales qui émettent comme gaz à effet de serre : de la vapeur d’eau!

Il n’y a qu’un anti-nucléaire pour nous sortir un gag pareil.

Continuez comme ça, vous êtes trop drôles.

EJ EJ ·  23 novembre 2012, 18h40

La source est citée cher … corrector (?). En l’occurrence, il s’agit du GIEC. Ce n’est pas une vue de l’esprit ni une invention, c’est une information sourcée donc vérifiable : la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre… que ça plaise ou non.

Ce qui est remarquable, en revanche, c’est la dénégation de la réalité et de l’information, un fait constant chez les supporters de l’industrie du nucléaire qui manipule aussi beaucoup l’opinion. On se souvient du nuage de Tchernobyl et on voit le tabou qu’est devenu Fukushima en France (!).

Pour en arriver là, il aura fallu produire beaucoup d’efforts et déployer beaucoup de moyens car cette banalisation et cette amnésie bien française dès qu’il s’agit de nucléaire, c’est un fait quasiment unique en Europe et dans le monde. Combien d’autres faits réels des plus banals aux plus inouïs sont ainsi passés sous silence ou tombés dans l’oubli ?

Vous trouvez peut-être ça drôle, mais votre commentaire pétri d’ignorance comme un pauvre vieux perclus d’arthrose ne me fait pas du tout rire. Réveillez-vous, sortez de votre torpeur et de vos croyances car le nucléaire, pour être une façon bien compliquée de faire bouillir de l’eau n’en est pas moins le plus sournois des ennemis de l’humanité.

edrobal edrobal ·  23 novembre 2012, 19h12

Il faut ajouter pour les inconditionnels du nucléaire que 30% de la chaleur produite par le réacteur sert à produire de l’électricité alors que les autres 70% doivent être évacués dans la nature (air, fleuve ou mer) donc participent aussi au réchauffement global.

ValDuv ValDuv ·  13 octobre 2013, 22h23

Voila ce qu’il faut entendre et réécouter pour avoir du courage.

La lucha sigue !

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Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  20 juin 2014, 14h23

Ségolène Royale est une menteuse et Bourdin un sacré con !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais le nucléaire lutte contre le réchauffement climatique.
SEGOLENE ROYAL
Oui, le nucléaire n’est pas une énergie fossile, c’est-à-dire une énergie extraite du sous-sol. Je dis cela parce qu’on parle avec tellement de mots techniques maintenant dans l’environnement, et moi je considère que si tous les citoyens comprennent ce qui se passe dans l’environnement, ils vont tous se mettre en mouvement et c’est ça qui nous fera réussir. Vous voyez, si chacun d’entre nous comprend les enjeux et fait évoluer ses comportements, c’est comme ça qu’on réussira à protéger la planète tout en gagnant sur le plan de la santé publique et sur le plan du bien-être.
Interview de Mme Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, à RMC - BFMTV le 15 avril 2014 : http://discours.vie-publique.fr/not…

Et puisque le nucléaire n’est pas une énergie fossile c’est qu’elle est bio et propre, la vapeur d’eau n’est pas un gaz à effet de serre. Logique ! N’est ce pas… cher Corrector ? Corrigez moi si je me trompe… s’il vous plaît !!!

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  14 septembre 2014, 22h44

Nucléaire : se préparer à une crise grave et longue

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  26 septembre 2014, 00h02

Nucléaire : En cas d'accident, l'approvisionnement en eau potable est menacé

Si une catastrophe nucléaire de l'ampleur de Fukushima se produisait à Gösgen (SO), l'eau contaminée de l'Aar mettrait une heure pour atteindre Aarau, qui puise son eau potable dans la rivière. C'est l'un des constats d'une étude mandatée par l'Association trinationale de protection nucléaire (ATPN).
De l'eau radioactive provenant de Leibstadt (AG) atteindrait Rheinfelden (AG) dans les mêmes délais et toucherait Bâle après 14 heures. L'étude conduite par l'Eco-Institut de Darmstadt (D) et présentée à Bâle porte sur les risques d'une catastrophe nucléaire pour l'approvisionnement en eau potable.
Les points d'eau en amont des centrales ne seraient pas épargnés. Les lacs de Zurich, de Constance et des Quatre-Cantons pourraient être contaminés par de la pluie radioactive. L'eau potable ne pourrait plus y être puisée pendant des semaines, voire des mois.
Selon l'ATPN, les plans d'urgence actuels ne prennent pas suffisamment en compte l'approvisionnement en eau potable. Le président de l'association Jürg Stöcklin appelle l'Inspectorat fédéral de la sécurité nucléaire (IFSN) à baser son nouveau scénario de référence sur une catastrophe de l'ampleur de Fukushima.
Nouvelles mesures "raisonnables"
Un groupe de travail a examiné des scénarios de référence similaires à Tchernobyl et Fukushima, a rappelé à l'ats David Suchet, porte-parole de l'IFSN. Il a conclu qu'il serait "raisonnable" de les prendre en compte pour planifier des mesures de protection. La balle est maintenant dans le camp de l'Etat-major fédéral.
La seule solution pour une sécurité durable est de débrancher les centrales atomiques suisses, conclut l'ATPN. Les membres de l'ATPN sont 105 communes, dont 30 suisses, proches des centrales de Beznau (AG), Leibstadt (AG) et Fessenheim (F).
(ats / 24.09.2014 17h25)
Source : http://www.romandie.com/news/En-cas...

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