Dernière mise à jour 30/04/2017

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Les chroniques de la monnaie (1)

Voici venir une série de réflexions sur le rôle de la monnaie. Voici la première de cette série. Grand merci à André-Jacques Holbecq et Thierry Rouquet qui en sont à l’origine.

Cette première chronique ressemble à une fable. Mais comme toutes les fables, elle recèle un monde d’interrogations. De quoi mettre bas, en fait, tous les a priori que les politiciens et les économistes nous rabâchent à longueur de discours ou de publications à prétention scientifique.

Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé pour ses ortolans et sa discrétion… ! Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence convenable, bien qu’un peu trop fardée.

Elle réserve une chambre pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 euros, tout neuf. Puis elle s’en va visiter la vieille ville.
Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron : «Ca fait six semaines que vous me devez 100 euros pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la communion de votre fille.» Le patron lui donne le billet de bonne grâce.
Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduit cinq nouvelles fois, car le pâtissier devait aussi 100 euros au minotier… qui en devait autant au garagiste… lui-même débiteur de cette somme au boucher… qui avait à régler 100 euros au représentant de la maison Erlida… lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l’hôtel de la Gare pour 100 euros.
Il redonne donc le billet au patron de l’hôtel.
Notre Dame revient de promenade. Elle annonce, qu’ayant fait une rencontre, elle annule sa réservation. Ce qui arrange bien l’hôtelier qui, entre temps, a eu une demande d’un de ses vieux clients. L˚́hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt.
« Il était faux », dit-elle en souriant.

Moralité de cette histoire :

  • Pourquoi un faux billet a-t-il été capable de catalyser autant d’échanges ?
    Parce qu’un billet est de la monnaie fiduciaire (du latin fiducia : confiance). C’est exclusivement une « valeur de confiance » entre les membres d’une communauté. Dans un autre pays il n’aurait pas été accepté. Un billet faux perd « sa valeur » seulement au moment où il se révèle faux et n’est plus accepté par celui qui le reçoit. C’est celui qui le détient en dernier qui assume la perte. Dans cette histoire il n’y a pas eu de perte sauf pour la Dame de Condé qui savait de toute façon qu’il était faux.

  • Serait-ce qu’il y a carence de pouvoir d’achat dans notre société ?
    En effet la Dame de Condé, en réservant sa chambre, a accru de 100 euros la masse monétaire du village, ce qui a permis à six personne d’éteindre réciproquement leur dette pour un montant total de 600 euros. La « qualité » de la monnaie utilisée, bonne ou mauvaise, est indifférente.

A suivre…


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