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Un beau gâteau d'anniversaire sans césium ?

Mabesoone_LM_17-12-11.jpgDepuis la catastrophe nucléaire au Japon, la société se divise en deux : ceux qui pensent aux enfants et ceux qui s’en moquent.

Aujourd’hui, ma femme m’a dit qu’elle aimerait faire un tour à la « Cité des sciences pour la jeunesse », afin de voir de ses propres yeux ce dont je lui ai parlé l’été dernier : une exposition itinérante intitulée « Energy labo – énergie nucléaire : énergie du futur ! » (!!).

Notre fille de trois ans fut la première surprise et elle m’a demandé :

« Papa, la dernière fois qu’on est venu, cet été, tu m’as dit que c’était dégoûtant et que tu reviendrais plus ! Pourquoi on est venu ici !? »

Et de lui répondre :

« Line, c’est vrai. J’avais même appelé le Monsieur le plus important du centre et je lui avais dit que je viens normalement avec toi chaque semaine depuis deux ans mais que je ne viendrai plus jusqu’à ce qu’ils enlèvent cette exposition (prévue en février prochain). Mais cette fois, c’est ta maman qui veut venir juste une fois, pour écrire un mot sur ce papier et le mettre dans cette boite. Elle va écrire, tout simplement, qu’elle ne veut plus de centrales nucléaires. C’est important. »

Propagande

Pour les japonisants, il suffit de regarder ce site [1] pour tout comprendre. Il existe trois expositions itinérantes conçues à grands frais par la « Fondation commémorative de l’exposition universelle de Tsukuba », un organisme d’éducation scientifique faisant partie du Ministère de l’Éducation et de la science. Les trois expositions expliquent aux enfants la façon de créer de l’énergie et 80% du corpus concerne l’énergie nucléaire. Ces expositions tournent dans les principaux centres éducatifs de province depuis longtemps et continuent leur « travail de propagande » exactement de la même façon même après la catastrophe de Fukushima !

Quand on a vécu avec son enfant tout le printemps 2011 ici, à 230 km de la centrale, se retrouver en face d’un tel « lavage de cerveaux pour petits », c’est à vomir.

Quelques exemples. À commencer par ces superbes jeux vidéos parmi lesquels le « Uran controller ». Il s’agit d’un « jeu de fission nucléaire » où l’enfant doit actionner des barres de refroidissement afin d’éviter la surchauffe d’un réacteur c’est à dire éviter l’accident nucléaire.
Il y a aussi un jeu de rôle qui explique les bienfaits de la radioactivité naturelle ou de la radioactivité artificielle dans le traitement des cancers. Bien sûr, on n’explique nulle part que la radioactivité tue aussi les cellules saines.

Le dépliant que l’on voit dans la partie basse de l’illustration de cette chronique explique les détails d’une cuve de centrale, avec un quizz bien dirigé. Par exemple : « Combien de dizaines de milliers de familles peuvent être éclairées grâce à une palette d’uranium faisant à peine ton petit doigt ? »… mais ne pose évidemment pas la question : « Combien de plutonium en résulte, et combien de milligrammes de plutonium suffisent à tuer un être humain ? ».

Ma femme a écrit, entre autres: « Auriez-vous le courage de montrer cette exposition à Fukushima ? ».

Une petite douceur ?

Mabesoone_patisserie_LM_17-12-11-2.jpgEt puis nous sommes allés chez un ami de vingt ans, pâtissier de son état. Ca détend !…[2]

Nous voulions réserver la buche de Noël de cette année. Ce qui est bien avec lui, c’est que, dès le printemps, il a modifié tout son approvisionnement en crème, lait, beurre, farine exclusivement en provenance de Hokkaïdo, la grande ile du nord normalement « épargnée » par la contamination. Pour le reste, il importe des produits de France.

Quand je lui ai dit que nous avions commandé un moniteur-doseur de radioactivité, sa femme s’est exclamée :

« Je t’en prie ! Est-ce que tu pourras vérifier tous nos ingrédients de base. Parce que, même avec les produits de Hokkaïdo, il parait qu’il y a parfois du césium… Et nous, tu sais, on fait surtout des gâteaux pour les enfants. Il faut que ce soit vraiment sain pour eux. »

Bien sûr, je lui ai promis que nous passerons tout au peigne fin. Le but, pouvoir garantir un taux « non détecté » pour la crème, le lait, le beurre, la farine, le sucre, les oeufs, etc.

Leur « pâtisserie française » est déjà la plus cotée de Nagano. Je n’ose pas imaginer ce que ce sera quand ils pourront dire à leurs clients que tout est « contrôlé maison » !

Et surtout, quelques centaines de gamins auront droit à un beau gâteau d’anniversaire sans césium… c’est la moindre des choses, non !?


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Laurent Mabesoone

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