Dernière mise à jour 21/07/2017

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Terrorisme et nucléaire : on s'éclate !

Impossible de ne pas rester béat d’admiration devant cette stupéfiante machination des Belges : pendant que des terroristes venus de Molenbeek détournaient l’attention en attaquant le stade de France, des bars et tout le Bataclan, l’Autorité de sûreté nucléaire belge autorisait discrètement la remise en service de deux réacteurs aux cuves fissurées, Tihange2 et Doel3.

Opération réussie au-delà de toute espérance : pendant que les chaînes d’info couvraient les attentats puis la traque des tueurs, en direct et 24 heures sur 24, personne ne se préoccupait de cette décision préparant pourtant une attaque bien pire encore : un Fukushima belge dont le nuage radioactif, poussé par les vents du Nord, ne manquera pas de contaminer la France entière.

Et ce d’autant que le fameux Pr Pellerin, ce magicien qui avait réussi à stopper à la frontière française le nuage venu de Tchernobyl en 1986, ne pourra rééditer son exploit : il est mort à 90 ans en 2013, assassiné par personne, et pas même irradié : il savait se mettre à l’abri et ne pas tenir compte de ses propres messages lénifiants adressés à la population, du genre « il n’y a aucun risque, mangez de tout et respirez à fond ce bon air frais venu d’Ukraine ! ».

Le lobby nucléaire belge a donc pris de vitesse celui de l’atome hexagonal qui, pourtant, a lui aussi pour objectif de nous terroriser avant de nous tuer. Mais voilà, l’arme fatale d’EDF, le fameux EPR, est un gros réacteur tellement mal conçu qu’il est impossible à construire : il devait entrer en service en 2013 mais le chantier de Flamanville (Manche) a accumulé des années de retard. Pourtant, tout est prévu pour l’explosion fatale : comme chez les Belges, c’est la cuve du réacteur qui doit permettre d’obtenir un joli feu d’artifice radioactif. Fabriquée par Areva, elle a évidement été usinée avec des zones de faiblesse dont la résistance culmine à 36 Joules au lieu des 60 exigés. Complice du projet de détruire la France, l’Autorité de sûreté nucléaire a réuni un comité d’« experts » qui devra rendre son verdict dans quelques mois et, n’en doutez pas, autorisera malgré tout le chargement en combustible nucléaire de cette cuve miteuse.

Tout est donc prévu pour faire un grand boom mais, pour cela, encore faudrait-il que EDF parvienne à terminer la construction du réacteur. Désormais, il est question d’une fin de chantier en 2018, voire 2020. Ou jamais. Heureusement, façon de parler, les Belges sont là. Ou, notez bien, les Suisses : eux-mêmes possèdent une cuve défaillante, celle de la centrale nucléaire de Beznau. Elle détient même le record du monde avec, tenez vous bien, plus de mille fissures !

Attentat atomique

Mais voilà : avec ces cuves fissurées, impossible de savoir quand se produira l’explosion finale. Il se peut même que, par miracle, ça tienne le coup. Il y a par contre moins d’incertitude avec les actes terroristes : comme on a pu le constater à plusieurs reprises ces derniers mois, la date des « réjouissances » est soigneusement choisie par les fous furieux.

À ce jour, aucun de ces artificiers n’a tenté d’attaque contre une centrale nucléaire. Pourtant, les activistes de Greenpeace s’échinent depuis des années à pénétrer dans des centrales pour démontrer… que c’est possible, et même facile. Aucune attaque non plus contre un des multiples transports de matières radioactives, alors qu’il s’agit de cibles encore plus vulnérables puisque se déplaçant sur des centaines de kilomètres dans la campagne française.

L’étau se resserre sur nous : il est de plus en plus probable que, tôt ou tard, des illuminés parviendront à leurs fins, qu’il s’agisse d’adorateurs de l’atome ou d’un quelconque autre dieu. Pourtant, une lueur d’espoir existe : nous, les humains, et particulièrement ceux des pays riches, pourrions enfin devenir raisonnables. Nous consommerions moins de matériaux, moins d’électricité, moins de pétrole, moins (ou peu) de viande… moins de tout ! Il n’y aurait plus de centrales nucléaires et nous ne serions ainsi plus à la merci des terroristes nucléaires d’EDF ou de Daesh. Au passage, les pays riches cesseraient de piller le reste du monde et de susciter la colère et la frustration.

Mais voilà que le « mot qui tue » est lâché par ceux qui ne goûtent guère une telle perspective: ce serait la décroissance. Horreur ! Enfer et damnation ! Pour les gens « importants » qui nous gouvernent, et hélas aussi pour nombre de ceux qui sont gouvernés, il faut consommer encore et toujours, quitte à avoir des centrales nucléaires et des fous furieux préparant l’apocalypse de l’intérieur ou de l’extérieur de ces cathédrales radioactives.

Le terrorisme n’est pas une malédiction comparable à la chute d’une météorite : c’est au contraire un aboutissement logique, une cerise empoisonnée sur un gâteau mal cuit et mal partagé. Ou, si vous préférez, une dose de plutonium dans une cuve d’EPR forgée par les apprentis sorciers d’Areva. Essayez tout de même de passer de bonnes (et sobres) fêtes de fin d’année, le pire n’est jamais complètement sûr…


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Stéphane Lhomme

Auteur: Stéphane Lhomme

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