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Un autre système est nécessaire

… ou comment allons-nous mieux répartir moins de richesses ?

fakir_convergence.pngConvergence des luttes – Intégration des luttes – Lutte alter-systémique

Je pourrais vous parler de la force centripète et de la force centrifuge inhérentes aux diverses ambitions de convergence qui traversent le mouvement historique des luttes comme je l’ai traité dans un écrit critique publié en 2011 après la Déclaration de Lézan qui émanait de la Convergence citoyenne pour la transition énergétique à l’initiative des collectifs contre le gaz de schiste qui s’est tenue à la toute fin du mois d’août 2011. J’apporte ces précisions car il est utile, après la COP21 qui s’est tenue en 2015, d’en considérer les véritables effets et d’essayer d’en tirer quelques conséquences théoriques et pratiques.

Je pourrais de la même manière vous parler de convergence mais en l’abordant cette fois du point de vue d’une dialectique des intérêts particuliers et de l’intérêt général en nous posant, par exemple, la question suivante : c’est quoi pour la commission « convergence des luttes » - mais comme pour toutes les autres commissions possibles et imaginables – qui fera advenir la lutte d’intérêt général pour le bien vivre global ? Sans nécessairement commencer par se préoccuper des prochaines élections qui ont le gros défaut d’être centrées sur ce nombril - certes gordien - mais tout de même un peu trop franco français.

Je pourrais d’une troisième manière poser ici LE PROBLÈME que nous avons encore à résoudre pour ne plus avoir à nous plaindre DU SYSTÈME sans jamais véritablement nous en prendre à lui en tant que tel, sans avoir élevé le niveau de conscience au niveau du problème qu’il pose en tant que SYSTÈME - et pas seulement en tant qu’oligarchie ou tant que capitalisme - dans la connaissance avancée de la science propre aux complexités, c’est-à-dire avec les moyens nécessaires enfin identifiés permettant d’opérer - en définitive - la seule véritable convergence qui vaille.

Je pourrais encore aborder le même sujet en disant que :

- Ce faisant nous pourrons légitimement dire que nous aurons fait de la politique autrement, sans mentir, sans se mentir, sans se fourvoyer, par delà la petite guerre vaine et en l’occurrence inefficace des différences d’ambitions politiques versus électorales (cf. SIRIZA, PODEMOS, etc !).

- Ce faisant il n’y aura plus de préoccupation de convergence mais il y aura une seule et même lutte intégrée à essaimer et c’est seulement à ce moment précis de l’avènement d’une lutte systémique concrétisée que nous pourrons nous poser valablement la question de savoir si LA VIOLENCE (cf. Judith Bernard) est nécessaire car c’est aussi à ce moment que l’on pourra valablement se poser la question de savoir si LA VICTOIRE véritable peut être emportée, celle qui pourrait bien solder définitivement plus de deux siècles de vieilles luttes multiples et variées qui auront couté tant et tant de découragements et de sacrifices.

Non, je vais vous faire une proposition d’intello mais une proposition concrète d’intello. Nous savons que nous devrons renoncer à quantité de choses à l’heure où la grande BIFURCATION subie se présente et s’avance INÉLUCTABLEMENT MAIS renoncer maintenant à opérer cette révolution de l’intelligence intégrante des luttes, à son empuissancement créatif puis à son essaimage serait la pire des résignations car elle serait aussi la résignation ultime.

L’occupation des places publiques ne peut pas être une finalité mais ce serait faire une erreur stratégique de grande ampleur de renoncer à son élargissement et à son approfondissement tant que nous n’aurons pas organisé ce travail consistant à faire en sorte que toutes et chacune des commissions soient capables de s’emparer - avec le plus grand intérêt - de toutes les questions jugées VALABLES, de tous les travaux et de toutes les propositions des autres commissions avec pour grande ambition de réunir les conditions de possibilité d’une percée capable d’enfoncer un coin révolutionnaire dans ce fameux système qui nous gouverne.
Doté.e.s ainsi d’une nouvelle doctrine il sera ensuite possible et peut-être même qu’il sera grand temps de quitter les places.
Et, de ce point de vue, il n’est pas certains que la grève générale soit la seule et suffisante réponse à ce problème.

http://www.lamarseillaise.fr/les-archives/9361-pari-gagne-pour-la-convergence-citoyenne

http://www.convergenceenergetique.org/Declaration-de-Lezan-Gard-le-28


 Le 10 avril à 12:25, par Netoyens.info

“En clair, la convergence peut tout aussi bien être ouverte à l’altérité pour trouver sans a priori, sans idées préconçues et en tout cas sans idées arrêtées, un endroit de convergence jusque là inconnu comme elle peut être jalouse de son initiative et vouloir que tout converge vers elle pour ne pas dire à ses pieds. Et de se demander : de quel coté de la vergence faut-il aller pour que le « con » exulte ?
« Pour résoudre un problème, il faut élever le niveau de conscience de ce problème » Albert Einstein
Face à une telle situation, le système en vigueur joue sur du velours et au nom de la Résistance … on ne pouvait prétendre à rien d’autre que d’obtenir de chacun une meilleure conscience des enjeux de la lutte portée par son voisin venu… converger.
On était là, citoyens et militants aux pieds nus (…) irradiés de soleil du levant - Fukushima !… mon amour ! - au couchant - Plogoff !… reviens ! -, nous étions tous las à des années lumière d’une prise de conscience collective élevée au niveau du problème que pose la complexité d’un système sénile paradoxalement endurci par la démultiplication de vieilles luttes (…) qui ne sont que les symptômes décomposés d’un seul et même interminable déclin. No pasaran en 1936 est devenu No gazaran en 2011. Résistance ! Ne lâchons rien ! So watts ?! Tesla ?.…” http://www.netoyens.info/index.php/contrib/04/09/2011/lezan-2011-l-idee-de-convergence-a-fait-le-plein-d-energie

http://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/frederic-lordon-il-est-possible-qu-on-soit-en-train-de-faire-quelque-chose#forum56533


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Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

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Commentaires (1)

Netoyens Netoyens ·  22 avril 2016, 01h35

Intervention de Frédéric Lordon le mercredi 20 avril 2016 – Bourse du travail – République – Paris

Au sein du mouvement « Nuit debout » je suis le représentant du sous courant « l’université assise ». On ne se refait pas. C’est le seul groupe – je le précise - dont je revendique le porte-parolat.

Puisque nous sommes là pour réfléchir et nous poser quelques questions fondamentales : où allons-nous ? Que voulons-nous ? Que pouvons-nous ?

Autant saisir toutes les occasions même quand elles sont fortuites ou qu’elles semblent anecdotiques. Parfois des occasions anecdotiques ont un pouvoir de révélation sans pareil. C’est le cas de l’affaire Finkielkraut. Rien ne nous permet mieux d’expliciter qui nous sommes et ce que nous voulons que cette histoire de corne-cul.

Elle nous permet également a contrariod’apercevoir peut-être à quoi nous devons l’accueil relativement favorable qu’a reçu la « Nuit debout » dans les médias jusqu’ici et peut-être de ne pas nous faire trop d’illusion quant à sa longévité.

Je ne parle ici absolument pas des journalistes de terrain qui sont sur la place. Ils sont jeunes, ils sont précarisés. Pour bon nombre d’entre eux ils ont toutes les raisons de monde de se reconnaître dans le mouvement. Je parle de la chefferie éditocratique qui confisque la parole autorisée.

Et le constant effort de cette chefferie c’est de pousser le mouvement qui les déborde complètement dans un sens qu’ils croient contrôlable et en l’occurrence dans le sens de ce que j’appellerais le citoyennisme intransitif c’est-à-dire le citoyennisme pour le citoyennisme qui débat pour débattre mais ne tranche rien, ne décide rien et surtout ne clive rien. Une sorte de rêve démocratique cotonneux et inoffensif, précisément conçu pour que rien n’en sorte. Et même pour qu’on oublie aussi vite que possible la raison première qui nous a rassemblé : renverser la loi El Khomri et son monde.

Dans ce marais d’impuissance où les chefferies médiatiques voudraient nous embourber, le message central ressemble à ces forfaits que pratiquent les usines à touristes de la Costa del sol : « All inclusive ».

Nous voilà donc sommés d’être inclusifs sans limites, d’accueillir tout le monde sans la moindre discrimination, puisque c’est bien connu la démocratie ne souffre aucune discrimination.

Oui mais voilà, ce pays est ravagé par deux violences à grande échelle : la violence du capital et la violence identitaire raciste. Cette violence dont Finkielkraut est peut-être le propagateur le plus notoire.

Mais au nom du démocratisme « All inclusive », les médias – qui seraient les premiers à nous faire procès de devenir « rouge-brun » - si le service « accueil et sérénité » ne faisait pas méthodiquement la aux infiltrations. Ces mêmes médias nous demandent d’accueillir démocratiquement Finkielkraut. Eh bien non !

Alors je le dire ici d’une manière qui pourra en froisser certains. Je m’en excuse mais je le dis qu’en même. Nous ne sommes pas ici pour faire de l’animation citoyenne « All inclusive » comme le voudrait Laurent Joffrin et Najat Vallaud-Belkacem.

Nous sommes ici pour faire de la politique. Nous ne sommes pas amis avec tout le monde et nous n’apportons pas la paix.

Nous n’avons aucun projet d’unanimité démocratique. Nous avons même celui de contrarier sérieusement une ou deux personnes.

Alors oui ! Du moment où les chefs éditocrates s’apercevront que nous ne voulons pas aller dans l’impasse où ils nous dirigent, leur bienveillance apparente pourraient bien connaître quelques altérations. Ils nous diront sectaires comme ils disent sectaires tout ceux qui refusent d’entrer dans leur secte. Car s’il y a bien une secte malfaisante en France depuis trente ans c’est la leur. La secte de l’oligarchie néolibérale intégrée.

Alors il faut s’y préparer et ne pas redouter ce moment. Ce sera peut-être même un assez bon signe. Le signe que nous commençons vraiment à les embêter.

Car je pose la question. A t-on jamais vu mouvement sérieux de contestation de l’ordre social célébré d’un bout à l’autre par des médias organiques de l’ordre social ?

Et pour terminer là-dessus. Je voudrais dire à ceux qui peuvent être fascinés par le mirage de l’unanimité démocratique, que d’après leur propre projet même, refaire le monde c’est prendre le risque de déplaire à ceux qui ne veulent pas du tout que le monde soit refait et qui ont même de très puissants intérêts à ce qu’ils demeurent identiques.

Alors justement, à ce propos je voudrais revenir pour les clarifier, sur une ou deux choses qui méritent précisions.

« Nous ne revendiquons rien ». Il ne m’a pas échappé que cet énoncé était voué à être regardé de travers par les organisations syndicales et c’est assez légitime. Leur grammaire d’action est par essence d’emblée revendicative. Or je considère que l’action de concert avec le grand nombre des salariés donc avec leurs organisations est d’une telle importance pour la « Nuit debout » que je veux absolument défaire ce malentendu.

On ne pouvait pas se méprendre davantage à propos de cette formule donc je concède qu’elle avait tout pour qu’on se méprenne à son sujet. Qu’en la lisant comme une sorte d’appel au désinvestissement, au renoncement à l’action revendicative. Dans de très nombreuses situations de lutte locale et défensive, revendiquer n’est pas une option. C’est une nécessité mais parfois même vitale.

Mais par cette formule à visée manifeste de provocation, je voulais dire, je voulais signaler les limites du registre purement revendicatif. Et ces limites n’apparaissent jamais si bien que lorsque que les revendications tentent de se faire globales. Or voici – là encore je vais exagérer pour tordre le bâton – nous pourrons défiler autant que nous voulons pour réclamer des hausses de SMIC, les trente deux heures ou l’extension des droits sociaux, ceci n’aura pas de sens tant que nous ne mettront pas systématiquement en question les structures du néolibéralisme qui ont précisément pour effet et peut-être même pour projet de frapper d’impossibilité toutes ces revendications.

Coincé entre la financiarisation, le pouvoir actionnarial, le libre échange sans freins, les délocalisations idem, l’euro austéritaire, les revendications globales n’ont aucune chance.

Quand les libéraux disent TINA (There Is No Alternative), eh bien ils disent objectivement vrai. Mais d’une vérité conditionnelle : oui il est objectivement vrai que lorsque l’on a installé le cadre de toutes ces structures néolibérales que je viens de nommer, il n’y a plus d’alternative. Et le cadre était fait précisément pour ça, pour toutes les annuler.

Cependant, s’il n’y a plus d’alternative dans le cadre, il y a toujours l’alternative de refaire le cadre. Mais ça, c’est de la politique, ça n’est plus exactement du revendicatif. On comprend très bien qu’on ne va pas porter les revendications de refaire le cadre auprès des gardiens du cadres. On les chasse et puis on le refait politiquement. C’est-à-dire qu’on le refait pour recréer les conditions de possibilité de l’action revendicative.

Alors ce n’était peut-être pas très clair mais voilà ce que j’entendais il y a quelques jours en parlant de la « Nuit debout » comme un mouvement télescopique. À un bout l’Assemblée Générale et son énergie, toute la force spontanée de la place, partir pour un comico où des camarades ont été arrêtés – avant-hier en commission il y a quelqu’un qui s’appelle Benjamin. Sur la place il a dit ceci : « il faut mettre des grains de sable partout ». C’est très intéressant ça. C’est quoi mettre des grains de sable ? C’est débouler dans le débat d’Anne Hidalgo, c’est débouler dans la conférence qu’une association d’étudiants à l’ESCP a organisé pour faire venir Florian Philippot. Bref c’est dans une multitude de lieux faire dérailler le cours normal des choses et donc les harceler, leur ôter toute tranquillité.

Et puis à l’autre bout, il y a des idées force à marteler qui sont des objectifs politiques échelonnés selon leurs degrés d’ambition et d’éloignement. Et la première c’est l’idée de la jonction. La jonction du militantisme de centre ville, des classes ouvrières et la jeunesse ségréguée des quartiers. Oui quand cette force sera constituée elle sera irrésistible.

Et puis il y a les idées du cadre à refaire : interdire les banques d’activités spéculatives, neutraliser le pouvoir actionnarial, dégommer les traités assassins, les traités européens et le TAFTA. Voilà un objectif.

Dans le spectre très large de ces actions, la « Nuit debout » est là pour lancer des choses nouvelles. Certaines idées sont lointaines, c’est vrai : la grève générale, la république sociale, c’est loin, c’est vrai. Mais pour qu’elles fassent leur chemin, le minimum c’est de mettre en route ces idées et de les mettre en route tout de suite. Merci.


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