Dernière mise à jour 20/09/2017

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Lettre ouverte à Yannick Rousselet

Ci-joint vous trouverez une lettre ouverte adressée à Yannick Rousselet, responsable des campagnes nucléaires à Greenpeace France. Cette lettre ouverte a été écrite dans le cadre d’une revue à paraître autour de la mort de Rémi Fraisse - manifestant tué par le souffle d’une grenade offensive cet automne lors d’un rassemblement contre le barrage du Testet -. Il était pour nous important d’évoquer dans ce cadre comment l’État trouve souvent au cœur des luttes des militants ou des militantes à même de relayer son discours. C’est ce rôle que notre salarié de la multinationale écologiste a accepté d’endosser en direct sur i-Télé, condamnant les “méchants casseurs” qui “sévissaient” en réaction à cet assassinat dans les rues de Nantes et Toulouse.

La lettre ouverte qui suit sert davantage à nous alerter, nous qui luttons la rage au ventre contre ce monde, qu’à convaincre notre professionnel de la dissociation des méfaits de ces interventions. Il est en effet à la mode dans les milieux radicaux d’appeler à composer avec ceux et celles qui depuis déjà des plombes n’ont de cesse de donner en pâture aux flics et aux journalistes des camarades de lutte. Les réactions qui ont suivi la mort de Rémi Fraisse ont vu de nombreuses personnes prendre de lourdes peines. L’arsenal répressif loin de s’émousser s’en est retrouvé renforcé. Quant  aux mesures proposées par la commission parlementaire mise en place à la suite à cette mort, elles ne font que renforcer les conditions d’un maintien de l’ordre qui ne visent qu’à protéger le monde dans lequel nous sommes plongés.. Des interdictions de manifs sur le modèle des interdictions de stade au brouillage des réseaux sociaux et des portables sur des zones de manifs, tout ne fait que confirmer cette volonté de donner un tour de verrou supplémentaire. Ce n’est donc pas par repli idéologique ou sectarisme que nous interpellons ainsi Yannick Rousselet, mais bel et bien pour rompre les illusions des unités de façade. Parce que comme le maintien de l’ordre cherche à maintenir un monde, Rousselet et d’autres jouent avec ce monde en complicité.

Si nous avons choisi des pseudonymes pour nous exprimer ce n’est ni par goût du secret, ni par volonté de nous soustraire à une critique plus directe de la part de Yannick Rousselet ou de ceux et celles qui pourraient choisir de le soutenir, mais bel et bien pour éviter la personnification à laquelle n’échappe pas nos propres “milieux”. Si des personnes comme Yannick Rousselet peuvent s’exprimer  au nom d’un mouvement, d’une organisation, c’est qu’ils et elles jouent de cette personnification. Finalement, user d’un pseudonyme c’est  paradoxalement pouvoir parler pour nous-mêmes,  se défaire de toute ambition politicienne.

Enfin Yannick cette lettre s’adresse également à toi. Nous ne cherchons pas avec elle à nourrir un quelconque dialogue. Nous ne nous illusionnons pas sur la possibilité que tu fasses évoluer tes positions. Nous t’affirmons juste au passage notre hostilité irréductible. Enfin, nous avons choisi de ne pas la faire suivre à ton employeur, Greenpeace, car tu demeures un salarié, et cela même si tes positions sont plutôt pour ce genre de structure un gage de professionnalisme.

Révolutionnairement,

Laura Blanchard et Émilie Sievert


Lettre ouverte à Yannick Rousselet, porte parole de Greenpeace


Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Évaluer ce billet

5/5

  • Note : 5
  • Votes : 3
  • Plus haute : 5
  • Plus basse : 5

Contributions

Auteur: Contributions

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (2)

Ania Ania ·  17 juillet 2015, 17h46

Merci pour cette lettre ouverte !

Un partageux Un partageux ·  09 juin 2017, 11h59

Si aucun noir ne passait pas dans nos rues, Adama Traoré ne serait pas mort.

Si on n’avait pas fait de manifs contre le nucléaire, Vital Michalon ne serait pas mort.

Si on n’avait pas eu de résistants, Jean Moulin ne serait pas mort…

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

amis-de-la-terre-france.jpg

Lettre ouverte aux Amis de la Terre-France

En octobre 2014, trente-trois réacteurs électronucléaires en France sur cinquante-huit auront 30 ans ou plus. Il y en avait vingt et un au début du mandat du président Hollande, et seulement deux au début du Grenelle de l’Environnement. Sans sursaut des écologistes antinucléaires, il risque d’y en avoir quarante-six dès novembre 2017. Pour tâcher de s’extraire de l’impasse atomique et cesser de banaliser le désastre en cours au Japon, il faut un coup d’arrêt à la production anthropique massive de radioactivité. Pour cela, il faut exiger enfin en France, de toute urgence et en attendant mieux, le remplacement transitoire des réacteurs nucléaires par des centrales thermiques à flamme. A gaz et même, si nécessaire, en partie au fioul et au charbon. Ce n’est pas antagonique, bien au contraire, avec l’adaptation au changement climatique et la lutte contre son aggravation. Et c’est essentiel pour la préservation de la vie sur terre, ainsi que pour celle d’une démocratie en France. Plus vite ça se fera, mieux ce sera. Y compris pour le climat. Il est de la responsabilité historique des Amis de la Terre de le dire, et de le faire comprendre autour d’eux.

Lire la suite

NDDL220214_2227.jpeg

Ma colère à Jean-Pierre Blazy président de Ville & aéroport

Lettre ouverte à Jean-Pierre Blazy, député-maire de Gonesse, président de l’association nationales d’élus, Ville & aéroport.

Lire la suite