Dernière mise à jour 21/06/2018

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Quand la gauche n'essaie même plus

Il y a un an jour pour jour, le Conseil municipal de la ville de Gonesse, majoritairement PS, votait comme un seul homme l’autorisation d’ouverture du magasin CELIO le dimanche : une grande avancée pour le commerce et la droite locale à n’en pas douter.
Un recul social supplémentaire accordé par une gauche locale désenchantée ? Depuis, le dernier Conseil municipal a autorisé tous les magasins de Paris Nord 2 à ouvrir le dimanche. Comment est ce possible ? C’est une zone touristique soit-disant !

Yann Fiévet, Président du comité Val d’Oise Sud-Est était présent au cours de ce Conseil municipal. Il nous livrait son analyse quelques jours plus tard.
(texte daté du lundi 18 octobre 2004)

Les habitants de Gonesse et des communes avoisinantes peuvent se réjouir à l’approche de la frénétique période d’achat des fêtes de fin d’année. Un commerce supplémentaire leur ouvrira chaleureusement ses portes le dimanche, et cela toute l’année. Il s’agit du magasin Célio situé sur le site de Parinor 2. A qui doit-on ce cadeau grâce auquel, désormais, nos dimanches seront beaucoup plus agréables ?
Au Conseil municipal de la ville de Gonesse auquel une dérogation d’ouverture dominicale était dûment demandée par le commerçant. Cette municipalité de gauche, soucieuse de la qualité de la vie du bon peuple, a donné, unanimement, l’autorisation salutaire. Cependant, il semble difficile de croire qu’aucun citoyen ne se pose de légitimes questions face à cette décision pour le moins surprenante, tout comme sont étonnantes les conditions de son adoption.
Unanimité ! Pas un élu de la majorité PS-PC pour voter non ou, au moins, s’abstenir. Face aux fatalités du temps, mieux vaut faire corps dans une résignation frileuse. Plus la peine d’essayer d’élever une voix discordante. Pas une voix, donc, pour sauver l’honneur d’une gauche qui a compris que désormais le pouvoir politique n’a plus qu’à dispenser de palliatifs secours pour compenser piètrement les reculs sociaux orchestrés par le pouvoir économique de plus en plus pressant.
Le fait que cette autorisation soit accordée sans la moindre réserve eu égard au type de contrat de travail des salariés de cette entreprise ou à leurs conditions de travail en dit long sur le fatalisme ambiant. La droite, en cette soirée du 23 septembre, devait boire du petit lait ! Même s’il n’est pas dans les prérogatives d’un Conseil municipal de s’immiscer dans la gestion du personnel d’une entreprise, quelques réserves auraient néanmoins fait la preuve de la persistance d’une certaine attention, à défaut d’une attention certaine. Pour que des consommateurs n’ayant rien de mieux à faire le dimanche que des emplettes trouvent boutique ouverte, encore faut-il que d’autres, ayant mieux à faire ailleurs, y travaillent. L’aurait-on oublié ? Il est une contradiction que le citoyen-consommateur moyen ne mesure peut-être pas.
En janvier 2004, le Conseil municipal de Gonesse a voté une motion déclarant la commune hors zone AGCS (1). Une motion, certes essentiellement symbolique, qui suppose, entre autres choses, une critique du nivellement par le bas des conditions de traitement de la main-d’≈ìuvre dans les activités de services. La flexibilité du temps de travail n’est que l’un des nombreux avatars de ce traitement, mais il n’est pas le moindre. Alors, comment les mêmes élus du peuple parviennent-ils à voter, à huit mois d’intervalle, contre les menaces de l’Accord général sur le commerce des services et pour l’ouverture des commerces le dimanche ? Certains oseront parler de duplicité ou d’inconséquence. Comment leur donner tort ?
Yann Fiévet Président d’Attac Val d’Oise Sud-Est (lundi 18 octobre 2004)
(1) AGCS - Courrier aux élus de Gonesse

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Auteur: Yann Fiévet

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