Dernière mise à jour 22/10/2018

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Le nucléaire décrit de manière (plus) objective

Avril 2006 : 20 ans de TchernobylLa première installation nucléaire civile est apparue en 1951, aux Etats-Unis. Les premières centrales nucléaires françaises ont été installées par EDF. Aussitôt après les chocs pétroliers, les réponses ont été de s’engager dans le nucléaire, ce qui conduit à un développement massif et à une production d’électricité à 78,2 % d’origine nucléaire (en 2002).

Le pic pétrolier et la déplétion (décroissance de la production) qu’on nous annonce nous pousse à une fuite en avant de la relance du nucléaire en France et ailleurs dans le monde qui ne sera pas sans conséquences. Il est donc nécessaire que nous fassions un point sur ce mode de transformation de l’uranium en électricité pour savoir si les risques que nous encourons en valent vraiment la peine.

La France occupe le deuxième rang mondial en matière de production d’énergie à partir des centrales nucléaires, derrière les Etats-Unis. C’est la source d’énergie la plus concentrée et sa principale application civile est la production d’électricité.

Le principe de fonctionnement d’une centrale nucléaire est le suivant : les atomes lourds de l’uranium se transforment en donnant une très forte chaleur qui sert à chauffer de l’eau. Celle-ci se transforme en vapeur qui compte parmi les gaz à effet de serre (*) et donne de l’électricité avec un faible rendement (de 30 à 40 %). Ce qui signifie que plus de 60 % de l’énergie est dissipée sous forme de chaleur dans des rivières, dans la mer ou l’atmosphère. A cela, il faut ajouter les pertes dues au transport de l’électricité jusqu’au lieu d’utilisation. Transport qui nécessite l’installation de lignes à très haute tension (THT) qui marquent de manière disgracieuse les paysages. Les centrales nucléaires permettent de produire des grosses puissances (entre 900 et 1400 MW par centrale).

Il faut ajouter au passif du bilan énergétique de la filière nucléaire le fait que l’on utilise la puissance de plusieurs réacteurs pour enrichir l’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales en France et dans d’autres pays. L’uranium est depuis 2001 un minerai que la France est obligée d’importer (Niger, Saskatchevan (Canada) et bientôt d’Australie) ce qui est à porter au passif de son indépendance énergétique.

Le principal avantage de ces centrales est que dans l’ensemble elles rejettent assez peu de polluants atmosphériques tels que NOx, SOx, CO et CO2 (des nitrates et des nitrites sont employés massivement pour le traitement des légionnelles qui se développent dans les tours de refroidissement). En outre, les risques de fuites d’éléments radioactifs ne sont pas nuls, bien que normalement très limités.

Le principal inconvénient est qu’une centrale de 1 000 MW produit annuellement 7 tonnes de déchets de haute activité et 1 000 tonnes de déchets de moyenne et faible activité qui sont autant de défis à la recherche scientifique et aux capacités techniques de retraitement. Cependant, certains déchets sont recyclés : seul le recyclage pour la recherche est autorisé. La contrainte qu’oppose les déchets conduit à trouver des solutions de stockage de court, moyen et long terme. Au total 15 000 tonnes de déchets radioactifs (civils et militaires) sont produits chaque année dans le monde.

La France est suréquipée en centrales nucléaires, ce qui conduit d’une part à encourager la consommation d’électricité (en particulier avec la promotion du chauffage électrique), d’autre part à exporter l’électricité (10 à 15 %). Cette production massive d’électricité ne correspond pas à nos besoins qui sont en majorité de la chaleur (chauffage et eau chaude) qui peut être produit en transformant des énergies renouvelables (chauffe-eau solaire, biogaz, géothermie, etc) et des transports (100 km d’autonomie pour une voiture électrique). L’électricité ne correspond qu’à 20% du total des énergies consommée en France (toutes énergies confondues) et il semble qu’il soit ne soit pas souhaitable d’en produire plus par ce procédé ni viable de renouveler les centrales actuelles qui arrivent en fin de vie et que l’on démantèle progressivement à gros frais.



(*) La vapeur d’eau constitue au total 55% des gaz à effet de serre produits et rejetés par l’activité humaine. A ne pas confondre avec les nuages (17%). Pour comparaison, le gaz le plus médiatisé, le gaz carbonique (co2), représente seulement environ 20% du total des gaz à effet de serre rejetés. Le plus nuisible pour le climat étant le méthane (4%) - [données officielles produites par le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)]

Pour un complément, notre dossier : Nucléaire : contre la banalisation de l’insoutenable


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Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

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