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La consommation responsable au lycée

Face à l’impérieuse nécessité de réduire l’impact des activités humaines sur les écosystèmes dont l’intégrité est indispensable à la vie, l’École a un rôle incontestable à jouer dans la concrétisation en réflexions approfondies ‚Äì voire en actes tangibles - des déclarations officielles. En 2004, une circulaire du Ministère de l’Éducation Nationale encourageait les professeurs à sensibiliser leurs élèves au nouveau crédo que représente le concept de développement durable. Au-delà de cette recommandation venue d’en-haut et aux contours relativement flous, il semble utile de se demander comment les programmes et les manuels d’une part, les professeurs d’autre part, abordent ‚Äì au lycée par exemple - l’un des aspects les plus concrets dudit développement durable : la consommation responsable.

Les disciplines enseignées au lycée sont très inégalement concernées par ces questions. Les Sciences Économiques et Sociales (SES) sont a priori en première ligne, suivies par les Sciences et Vie de la Terre (SVT) ou la géographie. Les cours de langues peuvent être l’occasion de montrer aux élèves comment ailleurs ces domaines se traduisent en pratiques nouvelles. Une analyse non exhaustive des programmes et des manuels qu’ils suscitent montre que la nouvelle préoccupation vient, par ses divers aspects, se plaquer par petites touches sur le fonds sédimenté du savoir académique. Ainsi, un point est consacré à la question de la consommation responsable qui vient s’ajouter à la manière traditionnelle de traiter de la consommation au sein du cours de SES. Il ne saurait donc être question d’aborder la consommation responsable comme une alternative crédible à la société consumériste omnipotente. Elle reste alors anecdotique pour ce qui est de la perception qu’en auront les élèves dans leur grande majorité. Néanmoins, les professeurs conservent toujours une courte latitude leur permettant de traiter, en marge des copieux programmes officiels, diverses questions avec leur sensibilité propre. C’est ainsi que probablement certains d’entre eux n’ont pas attendu la circulaire de 2004 pour donner à la consommation responsable la place que les enjeux de l’avenir proche imposent. Depuis la rentrée 2005, ils ont à leur disposition un kit pédagogique réalisé par l’association Action Consommation. Il s’agit, à partir de fiches de travaux dirigés, de familiariser les élèves avec les multiples questions soulevées par la problématique de la consommation responsable.

Ainsi, une fiche permet aux élèves de calculer leur "empreinte écologique", une autre sous forme de jeu de rôle aborde les problèmes liés à la production et à la circulation de l’eau en bouteille, une autre encore permet de reconstituer l’étonnante histoire chimique d’une tarte aux cerises achetée dans un hypermarché, etc. Les élèves peuvent par ailleurs, à partir de la trame d’un Guide de la consommation responsable, réaliser leur guide local répertoriant les lieux de vente et les pratiques relevant de cette forme de consommation. Ils peuvent également s’initier à la construction d’une enquête par sondage afin d’interroger la population locale sur certains aspects de la problématique.

Si l’on définit la consommation responsable comme étant l’ensemble des pratiques et mentalités, inscrites dans le temps et l’espace, par lesquelles les individus et les institutions se servent de leur pouvoir d’achat et de leur capacité d’action quotidienne et durable pour atténuer ou inverser la tendance prédatrice de la consommation irraisonnée, alors on mesure la nature du défi auquel s’affrontent les professeurs.

Bien sûr, la réussite d’une telle entreprise est loin de ne dépendre que des professeurs. De plus, chacun d’eux est un consommateur capable de contradictions entre sa perception mentale des problèmes et ses multiples comportements journaliers. La marche vers la consommation responsable est donc une ≈ìuvre collective. Les professeurs ont à apprendre quant à l’inscription de leurs actes de consommation dans l’environnement en même temps qu’ils élèveront les plus jeunes générations vers la compréhension d’un défi majeur d’aujourd’hui. Encore faudra-t-il que les pouvoirs publics en général et l’institution scolaire en particulier donnent l’exemple en la matière. Combien d’écoles, de collèges ou de lycées en France organisent réellement le tri du papier recyclable que génère leur activité ? Combien d’établissements scolaires récemment construits ou rénovés respectent les normes "Haute Qualité Environnementale" (HQE) ?

L’École, par la qualité de sa réflexion potentielle et par la mission de transmettre qui est la sienne, est à la croisée de deux questions. Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? Il n’est plus temps d’attendre pour commencer à répondre !

Yann Fiévet

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