Dernière mise à jour 25/06/2018

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Brouillard invisible mais nocif

Le 12 septembre dernier, nous apprenions que des associations citoyennes (1) avaient obtenu qu’un rapport de l’IGE (2) et de l’IGAS (3) soit rendu public. Ce rapport mettait en lumière comment des études engageant la santé publique avaient été biaisées par le travail d’experts ayant un lien direct ou indirect avéré avec les opérateurs de téléphonie mobile. Signalons aussi l’existence de L’AFOM (4), une association qui attire beaucoup l’attention avec des outils de communication s’affichant de plus en plus un peu partout dans les lieux publics (mairies, maisons de quartier, etc.). Cette association créée par les entreprises de téléphonie mobile n’est pas sans évoquer celles qui pendant longtemps nous a expliqué combien l’amiante était sans danger. Et puis la Fondation Radiofréquence et Santé, bien étrange structure, dont le Conseil d’Administration est habité par un Collège des fondateurs et un Conseil Scientifique qui méritent qu’on leur prête une attention toute particulière.

Notre environnement est réellement devenu depuis quelques années un véritable micro-onde à ciel ouvert. En plus des radars militaires ou civils, nous connaissons les GSM, GPRS, iMode, UMTS rebaptisé “3G” et leurs antennes relais multiples et disgracieuses. Ajoutons encore les réseaux BLR, WiMax, Wifi et Bluetooth dont tire profit l’industrie de l’informatique. UHF, VHF, FM et dernièrement TNT contribuent, quant à eux, à la diversification d’une offre médiatique déjà pléthorique et souvent médiocre.

La multiplication de ces réseaux électromagnétiques posent déjà des problèmes de santé publique parfois sévères que relèvent de nombreux scientifiques partout en Europe. L’élargissement, la complexification et l’intensification des trafics accentués par la publicité nous plonge tous, non sans risques, dans un brouillard invisible, une pollution radioactive non ionisante mais imperceptible.

Comme le rappelle la proposition de loi du 13 juillet 2005 dans son exposé des motifs (5), de nombreuses associations, particulièrement en France où la réglementation est des plus laxiste, cherchent à faire valoir le principe de précaution inscrite dans la Constitution et à obtenir une réglementation plus contraignante de manière à ce que le niveau global des champs électromagnétiques soit plus en rapport avec les exigences de protection de notre santé.

Son article premier est des plus clair :

“Le niveau maximal d’exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication, ou par les installations radioélectriques, est fixé à 0,6 volt par mètre.”

Actuellement, la réglementation en vigueur autorise une puissance d’émission de 41V/m soit près de 70 fois supérieure à ce que prévoit la proposition de loi alors que des médecins et experts, français et européens disent depuis plusieurs années déjà qu’il y a un risque au-dessus de 2V/m, particulièrement pour les enfants et adolescents. A suivre donc.


(1) En France : Priartem, Agir pour l’environnement
(2) Inspection générale de l’environnement
(3) Inspection générale des affaires sociales
(4) Association Française des Opérateurs Mobiles : Orange, SFR et Bouygues
(5) relative à la réduction des risques pour la santé publique des installations et des appareils de téléphonie mobile

Du même auteur : Du bon usage des terminaux à micro-ondes pulsées - Site de l’académie de Créteil

Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Évaluer ce billet

5/5

  • Note : 5
  • Votes : 1
  • Plus haute : 5
  • Plus basse : 5

Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (1)

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  24 septembre 2013, 18h52

Interdiction des antennes-relais par le PLU: justification obligatoire dans le rapport de présentation

Extrait : Impacts sur la santé Dans un arrêt du 7 juillet 2013, le Conseil d’Etat (CE) juge que le plan local d’urbanisme (PLU) peut interdire l’implantation d’installations d’émetteurs-récepteurs de télétransmission (antennes-relais)… Lire l’arrêt du Conseil D’Etat

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

edito.gif

Zone à défoncer

NDDL, quatre lettres qui résonnent depuis longtemps comme un emblème. L’emblème d’une résistance à la conception d’un monde cruellement dépassé mais auquel les acteurs dominants de l’économie marchande, de la finance omnipotente et de la classe politico-médiatique sans imagination s’accrochent désormais désespérément. L’un des slogans de cette remarquable Résistante était sans ambiguïté : « Non à l’aéroport et à son monde !».

Lire la suite

edito.gif

Le macronisme comme faute de goût

Notre monarque est cultivé, clame-t-on un peu partout. En comparaison de ses deux prédécesseurs, c’est indéniable. Les contrastes encouragent l’admiration. Il affiche indiscutablement une culture livresque, celle qu’acquièrent les individus doués d’une grande capacité d’ingurgitation cognitive et qui ont eu de surcroît la chance de croiser parfois sur leur route quelques brillants esprits. Pour la culture patiemment forgée à la rencontre profonde des choses et des êtres, rencontre qui ajoute au livresque l’intelligence du discernement vrai et la sensibilité nécessaire à la bonne compréhension du monde, il faudra repasser. Emmanuel 1er a cependant des excuses à faire valoir : une existence trop dorée ne favorise certes pas la stimulation du sensible. Trois faits observés au royaume de France en ces temps troublés de la médiacratie exacerbée vont nous permettre d’illustrer la trompeuse confusion.

Lire la suite