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«Base-Élèves» : big brother ?

Base-Élè­ves, un outil du coup d’État per­ma­nent par Gda­lia Rou­lin
|N!|- 27/02/09


Com­ment gran­dir sans l’amour de ses parents. Com­ment appren­dre sans le regard con­fiant des pas­seurs de savoirs. Com­ment vivre dans un uni­vers qui vous sus­pec­te­rait, vous met­trait en chif­fre, en fiche dans des grilles d’éva­lua­tion alors que vous n’êtes qu’une fri­che semée de pos­si­ble. Com­ment s’épa­nouir lors­que l’enfance est mise en sta­tis­ti­que. La vie sous sur­veillance. France Cul­ture, Jusqu’à la lune et retour | Le site | Ver­son audio (.ra)

Actu :

Ci-des­sous la trans­crip­tion de l’édi­to­rial d’Aline Pailler du 8 novem­bre 2006…
Le poète Serge Pey écrit : «quand la pen­sée est mise en son­dage seule la bêtise est libre». Mais avec la mise en place par l’admi­nis­tra­tion de l’Édu­ca­tion Natio­nale d’un sys­tème de ges­tion cen­tra­li­sée des élè­ves appe­lée «Base élè­ves» qui sera libre dans ce pays. Cer­tai­ne­ment pas les ensei­gnants si le pro­jet de loi de pré­ven­tion de la délin­quance est adopté sous sa forme actuelle - qui je le rap­pelle a été très dur­cit par le Sénat en sep­tem­bre - seraient tenus de ren­sei­gner ces fichiers. Tous les élè­ves de France seraient ins­crits dans un fichier infor­ma­ti­que uni­que et cen­tra­lisé au niveau natio­nal. L’éta­blis­se­ment des fichiers dès le plus jeune âge et leur croi­se­ment est une menace réelle pour les liber­tés indi­vi­duel­les mais aussi pour la démo­cra­tie. Quelle degré de liberté et de résis­tance aurions-nous si tous ces tex­tes étaient adop­tés ?

Nous som­mes tenus de nous sou­ve­nir des nom­breux tex­tes de lois liber­ti­ci­des pris depuis 2001 tant sur le plan natio­nal qu’inter­na­tio­nal pour com­pren­dre la dérive de nos démo­cra­ties vers des socié­tés de sur­veillance et de con­trôle social.

«Base élè­ves» c’est le nom choi­sit par le minis­tère de l’Édu­ca­tion Natio­nale pour bap­ti­ser son sys­tème de fichage infor­ma­tisé de la mater­nelle au CM2. Il est déjà expé­ri­menté dans 21 dépar­te­ments et serait géné­ra­lisé dès la ren­trée à l’ensem­ble du ter­ri­toire. Tou­tes les don­nées fami­lia­les, socia­les, sco­lai­res et iden­ti­tai­res des élè­ves seraient ainsi trans­mi­ses par les direc­teurs d’éco­les et arri­ve­raient via inter­net dans un fichier natio­nal par­tiel­le­ment acces­si­ble au mai­res des vil­les.

On est bien au delà d’un souci légi­time de bonne ges­tion quand on lit cer­tains champs à ren­sei­gner comme natio­na­lité, résul­tats sco­lai­res, suivi RASED qui est le réseau d’aide spé­cia­lisé aux élè­ves en dif­fi­culté, lan­gue et cul­ture d’ori­gine, absence, inter­ve­nant éven­tuel, situa­tion fami­liale, santé, date d’entrée en France, lan­gue mater­nelle, etc. Autant d’items qui mon­trent que le besoin édu­ca­tif des jeu­nes n’est pas la seule rai­son d’être de ce «Base élè­ves». Là encore nous ne pou­vons pas oublier l’obses­sion de con­trôle des popu­la­tions étran­gè­res.

C’est d’ailleurs ce qu’avoue l’ins­pec­tion de l’aca­dé­mie des Pyré­nées orien­ta­les qui dit en par­lant de «Base élè­ves» qui est expé­ri­men­tée chez eux depuis 2004. Ils recon­nais­sent que c’est la plus grande source d’infor­ma­tion sur l’immi­gra­tion qui ait jamais été mise en place. Dans un con­texte où l’amal­game famil­les issues de l’immi­gra­tion et délin­quance par exem­ple ou alors curio­sité, jeux de décou­ver­tes sexuel­les ou autres signes de vie des enfants de la mater­nelle con­si­dé­rés aujourd’hui comme déviance ou trou­bles men­taux, la «Base élè­ves» est d’autant plus dan­ge­reuse qu’elle cen­tra­lise et croise des infor­ma­tions per­son­nel­les. La «Base élè­ves» se situe dans la droite ligne du rap­port BENISTI qui - petit rap­pel pour mémoire - pour pré­ve­nir les com­por­te­ments déviants je cite «pré­co­ni­sait la détec­tion pré­coce des trou­bles com­por­te­men­taux infan­ti­les dès la crè­che». Pour ce faire le rap­port asso­ciait délin­quance et lan­gue mater­nelle et pro­po­sait une cul­ture du secret par­tagé entre ser­vi­ces publics afin de signa­ler à la police via le maire toute per­sonne pré­sen­tant des dif­fi­cul­tés socia­les, édu­ca­ti­ves ou maté­riel­les. La chasse aux pau­vres.

Or ce rap­port par­le­men­taire a lar­ge­ment ins­piré la loi con­tre la délin­quance de Mon­sieur Sar­kozy qui, entre autre, con­di­tion­nera le ver­se­ment des allo­ca­tions fami­lia­les à un con­trôle ren­forcé de l’assi­duité sco­laire et impo­sera le par­tage du secret pro­fes­sion­nel entre poli­ciers, magis­trats, ensei­gnants et tra­vailleurs sociaux. Toute rela­tion avec «Base élè­ves» serait-elle pure­ment for­tuite ? Des syn­di­cats, des ensei­gnants, des asso­cia­tions de parents d’élè­ves pren­nent des posi­tions dans les con­seils d’admi­nis­tra­tion d’éta­blis­se­ment, aler­tent les parents bref orga­ni­sent des actions con­tre ces pro­jets qui ne doi­vent pas res­ter mécon­nus des citoyens qu’ils soient ou non parents.

Pour con­clure je vous livre une ques­tion que posait Pierre Bour­dieu : «Com­ment des con­dui­tes peu­vent-elles être réglées sans être le pro­duit de l’obéis­sance à des règles ?».


Si vous vou­lez des ren­sei­gne­ments sur ce «Base élè­ves» :

Cita­tion d’Aldoux Hux­ley, Retour au meilleur des mon­des (1957) :

« (…) par le moyen de métho­des tou­jours plus effi­ca­ces de mani­pu­la­tion men­tale, les démo­cra­ties chan­ge­ront de nature. Les vieilles for­mes pit­to­res­ques - élec­tions, par­le­ments, hau­tes cours de jus­tice – demeu­re­ront mais la sub­stance sous-jacente sera une nou­velle forme de tota­li­ta­risme non vio­lent. Tou­tes les appel­la­tions tra­di­tion­nel­les, tous les slo­gans con­sa­crés res­te­ront exac­te­ment ce qu’ils étaient aux bon vieux temps, la démo­cra­tie et la liberté seront les thè­mes de tou­tes les émis­sions radio­dif­fu­sées et de tous les édi­to­riaux mais (…) l’oli­gar­chie au pou­voir et son élite hau­te­ment qua­li­fiée de sol­dats, de poli­ciers, de fabri­cants de pen­sée, de mani­pu­la­teurs men­taux mènera tout et tout le monde comme bon lui sem­blera. »

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