Dernière mise à jour 26/03/2019

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Pour une « gauche nouvelle » - par Raoul-Marc Jennar

1. SUR LES CEN­DRES DU 29 MAI

L’extra­or­di­naire audience ren­con­trée par les pro­mo­teurs d’un « non de gau­che au TCE » pen­dant la cam­pa­gne réfé­ren­daire, le triom­phe du « non » ont fait naî­tre une immense espé­rance : don­ner à cette vic­toire une tra­duc­tion poli­ti­que, être au ren­dez-vous que l’His­toire nous don­nait après une défaite majeure des libé­raux de droite ET de gau­che. Main­te­nant que de cette espé­rance il ne reste plus que des cen­dres, il faut en tirer les con­sé­quen­ces.

1. SUR LES CEN­DRES DU 29 MAI

L’extra­or­di­naire audience ren­con­trée par les pro­mo­teurs d’un « non de gau­che au TCE » pen­dant la cam­pa­gne réfé­ren­daire, le triom­phe du « non » ont fait naî­tre une immense espé­rance : don­ner à cette vic­toire une tra­duc­tion poli­ti­que, être au ren­dez-vous que l’His­toire nous don­nait après une défaite majeure des libé­raux de droite ET de gau­che. Main­te­nant que de cette espé­rance il ne reste plus que des cen­dres, il faut en tirer les con­sé­quen­ces.

Pre­mière ques­tion : cette espé­rance était-elle fon­dée ?

Sans doute, tout pro­jet qui entend chan­ger le sys­tème com­porte sa part d’uto­pie. Mais il ne fait aucun doute que le « non » de gau­che avait reçu l’appui d’au moins 12 mil­lions (sur les 15 mil­lions obte­nus par le « non ») de fem­mes et d’hom­mes aspi­rant à autre chose qu’un pro­jet de société néo­li­bé­ral.

Deuxième ques­tion : cette espé­rance était-elle par­ta­gée ?

La vérité, et elle est con­fir­mée par des sour­ces à l’inté­rieur de la direc­tion du PCF comme à l’inté­rieur de la direc­tion de la LCR, c’est qu’il n’a jamais été ques­tion que Buf­fet ne soit pas can­di­date et qu’il n’a jamais été ques­tion que Besan­ce­not ne soit pas can­di­dat. Ceux qui affir­maient que ce n’était « pas une ques­tion de cas­ting » nous men­taient. Un diri­geant com­mu­niste, qu’il appar­tienne au PCF ou à la LCR, ne par­tage pas ce qu’il détient. La règle est tou­jours la même : « ce qui est à nous est à nous ; ce qui est aux autres est négo­cia­ble ».

Troi­sième ques­tion : cette espé­rance était-elle réa­liste ?

S’appuyant sur une réa­lité élec­to­rale (l’échec cui­sant en 2002 de l’alliance PS-PCF-Verts et du gou­ver­ne­ment déré­gu­la­teur sou­tenu pen­dant cinq ans par ces trois par­tis), sur l’immense impo­pu­la­rité du gou­ver­ne­ment Raf­fa­rin, sur l’inten­sité des lut­tes socia­les (retrai­tes, inter­mit­tents, ensei­gnants, CPE,…), sur l’impor­tance des mobi­li­sa­tions en phase avec cer­tains de nos fon­da­men­taux (défense des ser­vi­ces publics, reven­di­ca­tions éco­lo­gi­ques, cam­pa­gnes alter­mon­dia­lis­tes,…), il n’était pas dérai­son­na­ble d’espé­rer cons­truire une démar­che com­mune à par­tir d’un pro­jet com­mun.

Mais c’était comp­ter sans la volonté des appa­reils de faire pas­ser leur sur­vie avant le pro­jet et les objec­tifs. Nous avons man­qué de réa­lisme en pen­sant que les socia­lis­tes du « non » allaient rom­pre avec un parti dont le pro­gramme allait dans un sens dia­mé­tra­le­ment opposé à nos atten­tes. Nous avons man­qué de réa­lisme en pen­sant que les appa­reils issus de la pen­sée léni­niste (PCF et LCR) avaient vrai­ment changé et qu’enfin l’objec­tif d’éman­ci­pa­tion sociale allait deve­nir leur prio­rité.

Nous nous som­mes lais­sés abu­ser par les pro­pos des Mélan­chon, des Besan­ce­not et des Buf­fet. Nous espé­rions tel­le­ment ! Nous atten­dions tel­le­ment un cou­rage poli­ti­que qu’ils n’ont pas eu. Leurs actes n’ont jamais été à la hau­teur de leurs pro­pos. Celle qui occu­pait une place cen­trale et qui avait signé un livre inti­tulé « Un peu de cou­rage » n’en a pas eu le moin­dre. Ils nous ont trom­pés. Le PRS, le PCF et la LCR ont déli­bé­ré­ment tué la démar­che uni­taire qui nous avait mobi­li­sés con­tre le TCE.  Ce fai­sant, ils se sont faits, une fois de plus, les com­pli­ces d’un sys­tème qu’ils affir­ment con­tes­ter sans jamais le met­tre à mal quand l’occa­sion leur en est don­née.

2. LA GAU­CHE N’EXISTE PLUS

La gau­che n’est plus qu’un immense champ de rui­nes. Rui­nes des socia­lis­tes, rui­nes des héri­tiers du léni­nisme. Echec total. Ni les uns, ni les autres n’ont été capa­bles d’offrir une résis­tance cré­di­ble à la mon­dia­li­sa­tion, un pro­jet poli­ti­que glo­bal qui néces­si­tait une riposte de gau­che glo­bale.

Les socia­lis­tes, con­ta­mi­nés par les idées chré­tien­nes-démo­cra­tes de la 2e gau­che, ont accom­pa­gné, voire accé­léré la mon­dia­li­sa­tion. Ils ont accepté que l’injus­tice et l’exploi­ta­tion s’appa­ren­tent à l’ordre natu­rel des cho­ses. Ils sont pres­que tou­jours à l’ori­gine, en France comme en Europe, des prin­ci­pa­les déci­sions qui ont fait avan­cer la mon­dia­li­sa­tion. Ce n’est pas un hasard si c’est un des leurs qui dirige l’Orga­ni­sa­tion Mon­diale du Com­merce, ins­tru­ment tout puis­sant de la déré­gu­la­tion mon­diale. Le PS fran­çais, une fois acquis le prin­cipe d’une éco­no­mie de mar­ché déré­gu­lée, s’est réduit à une machine à offrir des pos­si­bi­li­tés de car­rière.

Les pra­ti­ques déci­dées par l’appa­reil du PCF en 2006 (impo­ser sa volonté par­tout même quand on est mino­ri­taire, créer des « col­lec­tifs » de tou­tes piè­ces com­po­sés exclu­si­ve­ment de mili­tants PCF, dia­bo­li­ser ceux qui sont d’un avis dif­fé­rent, etc,) prou­vent que ce parti n’a pas changé. Les pré­tex­tes de moins en moins cré­di­bles avan­cés par la LCR n’ont pas suffi pour dis­si­mu­ler son désir ‚Äì bien médio­cre au regard des enjeux ‚Äì de com­pé­ti­tion avec les frè­res enne­mis du PCF. Ces deux par­tis ont mon­tré qu’ils n’ont rien com­pris aux leçons de l’His­toire. En par­ti­cu­lier qu’un vrai ras­sem­ble­ment ne peut se réduire à un ral­lie­ment. Pétris de sec­ta­risme, pétri­fiés dans des théo­ries obso­lè­tes et inap­tes à la moin­dre muta­tion, ils ont été inca­pa­bles de trou­ver la parade effi­cace à cette phase glo­bale, déré­gu­la­trice et finan­cia­ri­sée, du capi­ta­lisme qu’on appelle mon­dia­li­sa­tion.

Les uns se lais­sent pren­dre au piège du dis­cours sur la moder­nité, comme si l’injus­tice et l’exploi­ta­tion n’étaient pas des phé­no­mè­nes éter­nels. « Moder­ni­ser le socia­lisme » annon­cent-ils. Comme si c’était rin­gard  de ten­dre vers plus d’éga­lité, plus de jus­tice pour tous. Les autres sont inca­pa­bles de sor­tir de théo­ries et de pra­ti­ques qui appar­tien­nent à une cul­ture poli­ti­que morte. Il n’en reste qu’un lan­gage sté­réo­typé qui ne trompe plus per­sonne.

Le mot « gau­che » n’est plus qu’une éti­quette sur du vide. Il ne signi­fie plus rien dans les faits. « La gau­che est un rêve qui se rêve et qui ne se réa­lise jamais » cons­ta­tait Mal­raux. C’est bien plus vrai aujourd’hui que lorsqu’il le déplo­rait. A nous de le démen­tir. Ne nous rési­gnons pas à ce que le mot « gau­che » appar­tienne désor­mais à la nos­tal­gie.

3. SANC­TION­NER L’ECHEC D’UNE DEMAR­CHE

Je suis de ceux qui pen­sent qu’au pays de l’espé­rance, il n’y a jamais de cré­pus­cule. Avec Jau­rès, je suis con­vaincu que « l’His­toire ensei­gne aux hom­mes la dif­fi­culté des gran­des tâches et la len­teur des accom­plis­se­ments ; mais elle jus­ti­fie l’indi­ci­ble espoir. » Le champ de rui­nes qu’est aujourd’hui la gau­che offre une oppor­tu­nité : cons­truire une gau­che nou­velle.

Décem­bre 2006 a sonné le glas d’un ter­ri­ble échec : celui de « l’Appel pour un ras­sem­ble­ment anti­li­bé­ral de gau­che et des can­di­da­tu­res com­mu­nes ». Ce qui a été tenté à la fois sur la stra­té­gie et sur le con­tenu est désor­mais obso­lète. Les CUAL du départ, vic­ti­mes d’infil­tra­tions et de mani­pu­la­tions, ont perdu leur prin­ci­pale rai­son d’être. Quant aux dizai­nes de faux CUAL, créés de tou­tes piè­ces par le PCF, ils demeu­rent ce qu’ils ont été le temps de nuire : des sec­tions rebap­ti­sées du PCF. Les con­ces­sions énor­mes con­sen­ties pour pré­ser­ver les chan­ces d’une unité tant dési­rée ne s’impo­sent plus. Il ne peut plus être ques­tion de pri­vi­lé­gier des « ambi­tions et des stra­té­gies » qui font de nous les ota­ges des appa­reils. Il ne peut plus être ques­tion d’accep­ter la con­trainte de « 125 pro­po­si­tions » qui nous ont obli­gés, pour prix de l’unité, à con­cé­der sur le pro­duc­ti­visme, sur les OGM, sur les nano­tech­no­lo­gies, sur la démo­cra­ti­sa­tion des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les, sur le nucléaire civil et mili­taire, sur l’OTAN, sur l’Europe.

Cons­truire une gau­che nou­velle impli­que que nous soyons libé­rés des con­train­tes accep­tées et des con­ces­sions con­sen­ties en échange d’une unité qui nous a été refu­sée. Nous ne som­mes plus liés par ce con­trat qui fut un mar­ché de dupes.

Pour­tant, ce n’est pas acquis. Parmi nous, cer­tains se pré­pa­rent à met­tre l’épi­sode dou­lou­reux des pré­si­den­tiel­les et des légis­la­ti­ves entre paren­thè­ses et veu­lent que nous fas­sions comme si rien ne s’était passé. Pri­vi­lé­giant des pro­jets per­son­nels de car­rière qui les aliè­nent aux appa­reils et/ou péné­trés d’une cul­ture poli­ti­que qui les rend inca­pa­bles de con­ce­voir l’action poli­ti­que autre­ment qu’au tra­vers de négo­cia­tions d’appa­reils, inca­pa­bles de con­ce­voir l’unité du peu­ple de gau­che en dehors de car­tels de struc­tu­res qui con­fis­quent la démo­cra­tie, ils vont ten­ter de nous enfer­mer de nou­veau dans un scé­na­rio qui a pour­tant échoué.

Dans un voca­bu­laire usé jusqu’à la corde, ils nous annon­cent leur volonté de pro­cé­der à une « refon­da­tion uni­taire de la gau­che anti­li­bé­rale ». Ce sont les fos­soyeurs de toute espé­rance. Ce sont les mêmes qui n’ont jamais réussi qu’à pri­vi­lé­gier leur car­rière et entre­te­nir leur cote­rie, leur sta­tut d’appa­rat­chik, leurs impuis­san­ces suc­ces­si­ves et cumu­lées à chan­ger la vie. Au nom de leurs échecs, ils enten­dent nous dic­ter leur façon de faire. Ils ont failli. Qu’ils s’écar­tent. Nos objec­tifs valent mieux que leurs intri­gues.

4. DEMAIN COM­MENCE AUJOURD’HUI

Nous som­mes des dizai­nes de mil­liers. Les fem­mes et les hom­mes qui mili­tent sans appar­te­nir à un parti et qui ont sou­tenu José Bové et les can­di­dat(e)s de la « Gau­che alter­na­tive 2007 » por­tent l’espoir d’une gau­che nou­velle. Nous ne som­mes pas seuls. Des fem­mes et des hom­mes de qua­lité ont cou­ra­geu­se­ment exprimé leur luci­dité sur l’aveu­gle­ment de leurs pro­pres appa­reils et se sont mis en dis­si­dence pour pri­vi­lé­gier la seule unité qui compte : celle qui se réa­lise à la base, par la base. Notre volonté de fon­der une gau­che nou­velle en dehors de la cul­ture d’appa­reil nous fait devoir de sou­li­gner le cou­rage de cel­les et ceux qui s’en sont libé­rés.

L’appel à l’insur­rec­tion élec­to­rale du 1 février 2007 est l’acte fon­da­teur d’une démar­che qui s’est pro­lon­gée pen­dant la cam­pa­gne des légis­la­ti­ves et qui doit, dès main­te­nant, se pour­sui­vre. Du 1er février au 10 juin, nous avons répété inlas­sa­ble­ment notre volonté de cons­truire une gau­che nou­velle. Dans un con­texte par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile dont nous ne som­mes pas res­pon­sa­bles, mais éga­le­ment avec de mul­ti­ples erreurs dont nous por­tons la res­pon­sa­bi­lité, nous avons cepen­dant ren­con­tré un sou­tien réel. Cer­tes, ce sou­tien est modeste, mais il cons­ti­tue une base de départ suf­fi­sante.

Il nous faut main­te­nant faire vivre l’espé­rance sus­ci­tée, don­ner corps à nos ambi­tions. Mais il faut le faire avec la cons­cience aiguë de la res­pon­sa­bi­lité qui est la nôtre et de l’immen­sité du défi que nous avons à rele­ver. Cela ne peut se faire dans le cadre de cer­cles étroits de pré­ten­dus spé­cia­lis­tes le plus sou­vent auto­pro­cla­més. Cela ne peut se faire dans la pré­ci­pi­ta­tion.

Pen­dant cet été, il faut que par­tout, dans tous les coins de France, parmi tou­tes les com­po­san­tes de ce peu­ple mul­ti­ple et divers qu’est le peu­ple de gau­che, se réu­nis­sent cel­les et ceux qui se sont impli­qués depuis le 1er février. Déjà, plu­sieurs ras­sem­ble­ments de ce genre sont annon­cés. Il faut les mul­ti­plier afin qu’ils se tien­nent au plus pro­che des gens et échap­pent ainsi aux mani­pu­la­tions et aux récu­pé­ra­tions des tenants de la cul­ture d’appa­reil.

Que par­tout, des petits grou­pes réflé­chis­sent à deux ques­tions essen­tiel­les : quel­les sont les valeurs fon­da­men­ta­les qui nous ras­sem­blent ? Quel outil poli­ti­que faut-il for­ger pour les por­ter, les pro­mou­voir et les faire triom­pher ?

Il nous incombe de véri­fier ce que nous avons en com­mun qui ne peut résul­ter de com­pro­mis et qui ne pourra faire l’objet de con­ces­sions. Ce sont les fon­da­tions. Elles doi­vent être soli­des, c’est-à-dire qu’elles ne peu­vent souf­frir d’ambi­guï­tés. Elles sont la garan­tie d’une con­fiance dura­ble entre nous.

Tra­vailler sur l’outil qui por­tera nos fon­da­men­taux repré­sente l’autre défi majeur. Nous devons évi­ter les erreurs des appa­reils. Com­ment agir ensem­ble dans l’espace public dans une forme d’orga­ni­sa­tion en prise avec les atten­tes de par­ti­ci­pa­tion et de codé­ci­sion d’aujourd’hui ? Cette ques­tion est car­di­nale. Elle ne peut être bâclée. Elle exige de la créa­ti­vité et de l’ima­gi­na­tion.

Si des dizai­nes de grou­pes locaux réflé­chis­sent à ces deux ques­tions, avan­cent des élé­ments de réponse, cet été nous aura apporté une belle mois­son. Nous serons équi­pés pour affron­ter ces assi­ses
d’automne qu’on nous annonce. Nous serons en capa­cité d’écar­ter ceux dont la pen­sée s’est arrê­tée en 1917 et qui pré­pa­rent notre retour sous le joug des vieux appa­reils avec leurs vieux dis­cours et leurs vieilles recet­tes qui con­dui­sent tou­jours aux mêmes échecs.

4. SE RAS­SEM­BLER AUTOUR DE NOS FON­DA­MEN­TAUX

Un pro­jet poli­ti­que fon­da­teur s’appuie sur des valeurs fon­da­men­ta­les qu’on par­tage ou qu’on rejette, mais qui ne peu­vent souf­frir de com­pro­mis.  Pour nous, ces valeurs s’ins­cri­vent  dans une vision du monde que résume par­fai­te­ment la tri­ple exi­gence de liberté, d’éga­lité et de fra­ter­nité. Ces valeurs impli­quent un refus de l’exploi­ta­tion des humains par d’autres humains. Ces valeurs intè­grent tota­le­ment le rap­port de l’être humain avec son envi­ron­ne­ment. Mais énon­cer des valeurs est sans effet si, en même temps, on ne for­mule pas les répon­ses aux ques­tions que pose aujourd’hui le res­pect de ces valeurs. Ces ques­tions sont autant de défis. Il nous faut donc les iden­ti­fier. Et, sans s’embar­ras­ser des mots et des expres­sions féti­ches qui génè­rent les cris­pa­tions, for­mu­ler les répon­ses per­ti­nen­tes pour ce début de XXIe siè­cle.

Si, pour la social-démo­cra­tie, être moderne signi­fie accep­ter le capi­ta­lisme comme l’ordre natu­rel des cho­ses, pour nous, être moderne, c’est répon­dre à des défis qui pas­sent par une remise en cause du capi­ta­lisme et de ses effets.

Il est un défi per­ma­nent qui remonte à la nuit des temps : celui de l’iné­ga­lité. Il y a eu et il y a plus que jamais des exploi­teurs et des exploi­tés. Aujourd’hui, comme jamais aupa­ra­vant, nous dis­po­sons des moyens et des res­sour­ces pour vain­cre l’iné­ga­lité. Mais les for­mes de la ser­vi­tude n’ont jamais été aussi sophis­ti­quées qu’aujourd’hui. Etre moderne, c’est-à-dire être en prise avec les pro­blè­mes de son temps, doit signi­fier pour nous que cette situa­tion into­lé­ra­ble ne peut plus être tolé­rée, que l’éga­lité, c’est plus que l’éga­lité des chan­ces, c’est l’éga­lité des con­di­tions d’exis­tence qui offre des chan­ces éga­les à tous, dès la plus petite enfance, compte tenu des poten­tia­li­tés de cha­cun.

Il y a un défi nou­veau, mais d’une ampleur con­si­dé­ra­ble : la rela­tion de l’humain avec son envi­ron­ne­ment. Pen­dant des siè­cles, domi­ner les élé­ments natu­rels fut un objec­tif majeur. Il exo­né­rait de toute res­pon­sa­bi­lité ceux dont la course au pro­fit s’accom­pa­gnait de dépré­da­tions en tous gen­res. Nous avons atteint cet objec­tif à un point tel qu’aujourd’hui les équi­li­bres sont rom­pus, les espè­ces dis­pa­rais­sent, la pla­nète, telle qu’elle s’orga­ni­sait depuis que l’humain est apparu jusqu’aux débuts de la révo­lu­tion indus­trielle, est en passe de dis­pa­raî­tre sans qu’on con­naisse exac­te­ment les con­di­tions de sur­vie de l’espèce humaine dans un envi­ron­ne­ment tota­le­ment modi­fié. Etre moderne, c’est res­tau­rer d’urgence l’ordre natu­rel que nous nous employons à détruire depuis un bon siè­cle.

Il y a un autre défi qui s’ajoute à celui de l’iné­ga­lité et à celui de l’envi­ron­ne­ment, c’est celui de notre mode de vie. Com­ment ceux qui ont assez vivent-ils ? En quoi ce mode de vie est-il rendu pos­si­ble grâce à la per­ma­nence du mode de vie de ceux qui, chez nous comme dans les pays du Sud, n’ont pas assez ? En quoi le mode de vie de ceux qui ont assez con­tri­bue-t-il à la des­truc­tion de la pla­nète ? Il nous faut ques­tion­ner les fina­li­tés de la pro­duc­tion ; il nous faut ques­tion­ner la fina­lité des échan­ges com­mer­ciaux ; il nous faut ques­tion­ner les fina­li­tés de la con­som­ma­tion. Etre moderne, c’est inven­ter des for­mes nou­vel­les de pro­duc­tion, d’échange et de con­som­ma­tion. Des alter­na­ti­ves sont expé­ri­men­tées déjà et en grand nom­bre. Il faut s’en ins­pi­rer.

Il y a un défi tou­jours renou­velé : celui de la démo­cra­tie. La France est un des pays les moins démo­cra­ti­ques des pays de l’Union euro­péenne. Nous devons met­tre en place des ins­ti­tuions qui dif­fu­sent le pou­voir à cha­que niveau per­ti­nent, qui met­tent à cha­cun de ces niveaux les con­tre-pou­voirs effi­ca­ces, qui orga­ni­sent la trans­pa­rence de tous les actes de cha­que niveau de pou­voir, qui limi­tent la délé­ga­tion et pri­vi­lé­gient la par­ti­ci­pa­tion et la démo­cra­tie directe. Mais nous avons aussi besoin d’une Répu­bli­que qui con­sa­cre les droits col­lec­tifs fon­da­men­taux et rende leur exer­cice acces­si­ble à tous, de la même manière. Des prin­ci­pes énon­cés en 1793 (le carac­tère ina­lié­na­ble de la pro­priété col­lec­tive comme com­plé­ment indis­pen­sa­ble à la pro­priété indi­vi­duelle, la révo­ca­bi­lité des élus, le droit au sou­lè­ve­ment con­tre des lois injus­tes) doi­vent être actua­li­sés. Les con­di­tions d’une presse plu­ra­liste tota­le­ment indé­pen­dante des pou­voirs poli­ti­ques et éco­no­mi­ques doi­vent être créées. Etre moderne, ce n’est pas chan­ger de Répu­bli­que, mais chan­ger la Répu­bli­que.

Il y a un défi que nous impose la trans­for­ma­tion du monde en mai­son com­mune. Du local au mon­dial, com­ment pré­ser­ver les diver­si­tés ? Du vil­lage à l’ONU, com­ment res­pec­ter les sou­ve­rai­ne­tés ? Com­ment évi­ter que la super­po­si­tion d’ins­ti­tu­tions qui font écla­ter les fron­tiè­res issues d’une His­toire sou­vent meur­trière se trans­forme en une alié­na­tion mas­sive à des auto­ri­tés sans légi­ti­mité, sans con­tre-pou­voirs, sans con­trôle et tou­jours au ser­vice des plus puis­sants ? Etre moderne, c’est à la fois être citoyen-sou­ve­rain dans son vil­lage, dans sa région, dans son pays, dans l’Europe et dans le monde et com­bat­tre tou­tes les ins­ti­tu­tions qui altè­rent cette sou­ve­rai­neté.

Un autre défi est celui de la mon­dia­li­sa­tion, c’est-à-dire la forme pré­sente du capi­ta­lisme qui se carac­té­rise par une finan­cia­ri­sa­tion de l’éco­no­mie et une déré­gu­la­tion mas­sive. Au nom du libé­ra­lisme éco­no­mi­que, cette mon­dia­li­sa­tion remet en cause même les acquis du libé­ra­lisme poli­ti­que. Elle érige la com­pé­ti­tion, la con­cur­rence en ordre natu­rel des rap­ports humains et des rap­ports sociaux. Con­trai­re­ment à ce que les éli­tes poli­tico-média­ti­ques s’emploient à nous con­vain­cre, il ne s’agit pas d’une fata­lité. Il s’agit d’un choix déli­béré de nos gou­ver­nants de droite, mais éga­le­ment de gau­che dans la mesure où le mot gau­che dési­gne les sociaux-libé­raux. Etre moderne, c’est refu­ser d’éri­ger l’éco­no­mie de mar­ché déré­gu­lée et finan­cia­ri­sée en modèle incon­tour­na­ble, c’est refu­ser d’impo­ser au monde une loi du mar­ché qui ne pro­fite qu’à quel­ques-uns, c’est repren­dre le con­trôle de l’éco­no­mie pour la met­tre au ser­vice des peu­ples. Etre moderne face à la mon­dia­li­sa­tion, ce n’est pas déré­gu­ler, mais au con­traire impo­ser des règles éthi­ques, fis­ca­les et socia­les aux acteurs finan­ciers, éco­no­mi­ques et com­mer­ciaux et se doter des moyens de les faire res­pec­ter.

Enfin, étroi­te­ment lié à ce qui pré­cède au point qu’on peut se deman­der s’il s’agit d’un préa­la­ble ou d’une con­sé­quence, se pose la ques­tion de la fina­lité de nos vies et tout ce qui en découle. Com­ment et à quoi occu­per le temps qui nous est donné à vivre ? Com­ment, dans la liberté de cha­cun, favo­ri­ser l’éman­ci­pa­tion et l’épa­nouis­se­ment de tous? Quelle place le tra­vail doit-il occu­per dans nos vies ? Quelle valeur et quelle fonc­tion faut-il lui accor­der ? A quoi et com­ment con­sa­crer le temps hors tra­vail ? Ques­tions majeu­res quand on sait que les idéo­lo­gies qui pré­ten­daient au plus grand épa­nouis­se­ment indi­vi­duel ou à la plus grande éman­ci­pa­tion col­lec­tive furent, jusqu’à l’hor­reur abso­lue, les plus asser­vis­san­tes. Etre moderne, c’est libé­rer les humains de tout ce qui les con­di­tionne, à com­men­cer par le bour­rage de crâne média­ti­que et publi­ci­taire qui a rem­placé, en effi­ca­cité, la pro­pa­gande de la droite. 

Il nous appar­tient de véri­fier si nous par­ta­geons les mêmes ana­ly­ses sur ces valeurs fon­da­men­ta­les de telle sorte que notre socle com­mun génère la con­fiance qui doit nous ras­sem­bler. Il s’agit de ques­tions qui ne peu­vent faire l’objet de com­pro­mis entre nous comme elles ne pour­ront faire, par la suite, l’objet de con­ces­sions de notre part. Ne peu­vent se ras­sem­bler autour de ces valeurs que cel­les et ceux qui les par­ta­gent tota­le­ment. Indé­pen­dam­ment du fait qu’ils soient ou non mem­bres d’un parti ou d’un mou­ve­ment dit de gau­che.

5. FOR­GER L’OUTIL DE NOS AMBI­TIONS

Un de mes maî­tres à l’Uni­ver­sité m’a ensei­gné que « les par­tis sont des ins­tru­ments d’action en rai­son du but qu’on pour­suit et non des tri­bus aux­quel­les il faut être fidèle jusqu’à la mort et de géné­ra­tion en géné­ra­tion. » Cette obser­va­tion, vieille de près d’un demi siè­cle, n’a pas pris une ride. Elle est même plus per­ti­nente que jamais. Un parti ne peut être qu’un outil. Pas une fin en soi.

Les par­tis tels qu’ils sont orga­ni­sés et tels qu’ils fonc­tion­nent aujourd’hui sont nés pen­dant la deuxième moi­tié du 19e siè­cle, à l’épo­que du vote cen­si­taire, alors que n’exis­tait pas l’ins­truc­tion obli­ga­toire.  Sont-ils encore l’outil le plus démo­cra­ti­que qui soit ? Ne con­tri­buent-ils pas à la crise de la démo­cra­tie ? Com­ment faire mieux ?

Ce sont des ques­tions que nous devons exa­mi­ner avec minu­tie. Avec pré­cau­tion aussi, tant il est vrai que très sou­vent les par­ti­sans de l’ordre et des régi­mes auto­ri­tai­res ont pris pour cible la démo­cra­tie par délé­ga­tion qui est le mode de fonc­tion­ne­ment des par­tis comme celui du par­le­men­ta­risme.  Avec luci­dité enfin, car ce sont très sou­vent ceux qui se nour­ris­sent d’un sys­tème qui con­tes­tent sa remise en ques­tion.

Soyons de bon compte et recon­nais­sons que notre démo­cra­tie est enrayée parce que le prin­cipe de la délé­ga­tion a débou­ché sur une con­fis­ca­tion de la démo­cra­tie elle-même. Les défen­seurs de la démo­cra­tie par­ti­daire invo­quent la légi­ti­mité démo­cra­ti­que des par­tis. Mais où se trouve la démo­cra­tie lors­que, sur 44 mil­lions d’élec­tri­ces et d’élec­teurs, le choix des can­di­dat(e)s  sou­mis(e)s au suf­frage uni­ver­sel est le fait exclu­sif des mem­bres des par­tis soit, tous con­fon­dus, envi­ron 1,5 % de l’élec­to­rat ?

Le modèle ‚Äì d’ori­gine mili­taire ‚Äì d’orga­ni­sa­tion pyra­mi­dale hié­rar­chi­sée qui carac­té­rise les par­tis poli­ti­ques d’aujourd’hui con­fère à des grou­pes de plus en plus res­treints de per­son­nes des pou­voirs con­si­dé­ra­bles. Le prin­cipe de la délé­ga­tion qui per­met le fonc­tion­ne­ment de ce modèle a été à ce point étendu qu’on éprouve de plus en plus sou­vent des dif­fi­cul­tés à con­fé­rer un carac­tère démo­cra­ti­que à cer­tai­nes ins­tan­ces. Il en va ainsi, par exem­ple, du bureau exé­cu­tif des par­tis. Il en va de même de la Com­mis­sion euro­péenne. Car, et c’est bien là un des dan­gers d’un sys­tème qui repro­duit ses pro­pres pra­ti­ques, les par­tis génè­rent des ins­ti­tu­tions à leur image.

En un mot comme en cent, au nom de la démo­cra­tie, on peut et on doit ques­tion­ner aujourd’hui l’orga­ni­sa­tion, le fonc­tion­ne­ment et le rôle des par­tis poli­ti­ques. D’autres que nous, comme par exem­ple les Verts, l’ont fait. Avec beau­coup de bonne foi et d’idéal. Ils vou­laient « faire de la poli­ti­que autre­ment ». Il nous faut soi­gneu­se­ment étu­dier les rai­sons de leur échec. Pour ne pas le con­naî­tre à notre tour.

Après plus de cent ans d’ins­truc­tion obli­ga­toire, avec le suf­frage uni­ver­sel, les citoyen­nes et les citoyens aspi­rent à autre chose que de signer un chè­que en blanc à des délé­gués dans un parti ou à des élus dans la com­mune, le dépar­te­ment, la région, le pays ou l’Europe. La poli­ti­que n’est plus accep­tée comme l’art d’empê­cher les gens de se mêler de ce qui les regarde, même si de très nom­breux acteurs poli­ti­ques agis­sent encore comme s’il en allait ainsi. Il y a un intense besoin d’une infor­ma­tion com­plète et donc de trans­pa­rence sur les choix et la manière dont ils sont pris. Il y a un intense besoin d’être asso­cié à l’éla­bo­ra­tion de ces choix et donc de par­ti­ci­pa­tion. Il y a un intense besoin d’être déci­deur et donc de démo­cra­tie directe. Ce sont ces atten­tes aux­quel­les il nous faut répon­dre en for­geant le nou­vel outil poli­ti­que qui por­tera les ambi­tions de la gau­che nou­velle.

Il n’y a pas de modèle. Tout est à inven­ter. Même si le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste nous a fourni beau­coup d’exem­ples con­crets du carac­tère démo­cra­ti­que et de l’effi­ca­cité du tra­vail en réseaux, cette source d’ins­pi­ra­tion n’apporte pas tou­tes les répon­ses. Nous som­mes devant une page pres­que blan­che. Nous devons inven­ter. N’est-il pas de plus belle cause ?

6. UN NOU­VEAU REN­DEZ-VOUS A NE PAS MAN­QUER

Un ren­dez-vous majeur avec l’His­toire a été man­qué en décem­bre 2006. Nous ne por­tons aucune res­pon­sa­bi­lité dans l’échec de la démar­che uni­taire.

Dans un mode plus modeste, celui des com­men­ce­ments, des aubes qui se lèvent, nous som­mes par con­tre tota­le­ment res­pon­sa­bles de l’ave­nir que nous allons don­ner à la dyna­mi­que por­tée à par­tir du 1er février par des mil­liers de fem­mes et d’hom­mes hors des appa­reils ou qui en ont refusé la logi­que.

Cer­tains, qui avaient joué un rôle dans la con­fi­gu­ra­tion uni­taire de l’Appel du 11 mai 2006, veu­lent tuer dans l’≈ìuf notre démar­che parce que, pour eux, rien ne peut se con­ce­voir en dehors d’un car­tel d’appa­reils. D’emblée, ils dési­gnent notre pro­jet comme la créa­tion d’une « nou­velle petite  orga­ni­sa­tion poli­ti­que ». Inca­pa­bles, intel­lec­tuel­le­ment, de con­ce­voir de nou­vel­les for­mes d’action poli­ti­que col­lec­tive, inca­pa­bles, poli­ti­que­ment, d’accep­ter que des fem­mes et des hom­mes sans appar­te­nance à un parti ‚Äì les plus nom­breux dans notre société ‚Äì  puis­sent cons­ti­tuer un cou­rant poli­ti­que qui soit autre chose qu’un grou­pus­cule, ils uti­li­sent le vieux chan­tage à l’unité en nous dési­gnant comme divi­seurs d’une unité qu’ils ont été inca­pa­bles de faire abou­tir.

L’unité est notre ambi­tion. Mais c’est une ambi­tion trop néces­saire pour qu’elle soit con­fiée à ceux qui l’ont tuée en 2006. C’est une ambi­tion trop belle pour qu’elle soit lais­sée à ceux dont le goût du pou­voir ‚Äì fut-il celui de lea­der d’une cote­rie ‚Äì ou les appé­tits de car­rière (les muni­ci­pa­les sont pro­ches) cons­ti­tuent la seule véri­ta­ble moti­va­tion.

Nous sai­sis­sons l’occa­sion qui nous est don­née par le champ de rui­nes que repré­sente aujourd’hui ce qu’on a appelé la gau­che pour cons­truire une gau­che nou­velle. Sur des bases dif­fé­ren­tes. A par­tir des gens. Les ren­con­tres de cet été comme le ren­dez-vous de l’automne nous con­vo­quent. Sachons, avec déter­mi­na­tion et cons­tance, faire pré­va­loir les exi­gen­ces de cette gau­che nou­velle.

Raoul Marc JEN­NAR
15 juin 2007


PS. Invité depuis jan­vier en Alle­ma­gne pour inter­ve­nir dans un col­lo­que sur l’Europe, je ne pour­rai être pré­sent les 23-24 juin à Paris/St Denis à la réu­nion des « délé­gués » de col­lec­tifs/comi­tés locaux à la com­po­si­tion incer­taine. Les idées qui pré­cè­dent sont cel­les que j’aurais défen­dues dans cette enceinte dont la légi­ti­mité devient très rela­tive, même si ceux qui s’effor­cent d’en assu­rer la con­ti­nuité méri­tent toute notre estime.

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