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Les risques intolérables du nucléaire

Risiko_Atomunfall.pngUne synthèse opportune par la Fondation suisse de l’énergie (SES – Sweizerische Energiestiftung) traduit de l’allemand (V.Gallais)

Les risques intolérables du nucléaire : cancers, pollutions potentielles et prolifération d’armes atomiques

  • Les rejets radioactifs sont inévitables, même lors du « fonctionnement normal » d’une centrale nucléaire
  • Un accident nucléaire détruit les bases de la vie pour des générations
  • La production électronucléaire promeut la prolifération d’armes atomiques.

Inévitable contamination radioactive au quotidien

L’uranium, en tant que matière première, est radioactif, comme tous ses éléments dérivés et ses déchets. Tout processus intermédiaire dans le cycle de l’uranium génère des émissions radioactives. Ainsi, même dans le fonctionnement normal d’une centrale nucléaire, des éléments radioactifs sont diffusés dans l’environnement par les cheminées, les réacteurs et bâtiments techniques ainsi que les eaux de refroidissement.

Lors de l’exploitation du minerai et pendant le transport de l’uranium, il existe constamment le risque qu’un accident ne provoque le dégagement de grands volumes de radioactivité. Il est aujourd’hui établi statistiquement que les travailleurs du nucléaire sont soumis à des risques accrus de cancer et que les enfants vivant à proximité de centrales nucléaires risquent davantage d’être atteints de leucémies. Les déchets issus du cycle de l’électroproduction sont également radioactifs, pour un million d’années au minimum, durée pendant laquelle ils peuvent contaminer les sols et les eaux souterraines.

Accidents de centrales nucléaires et contaminations potentielles

Un incident technique ou une erreur humaine peut à tout moment provoquer une perte de contrôle sur la fission de l’atome. Dans le pire des cas, il peut se produire un accident majeur. Toute la radioactivité dans le réacteur peut alors se répandre dans la région avoisinnante et la rendre invivable. On sait depuis les catastrophes de Chernobyl en Ukraine le 26 avril 1986 et de Fukushima au Japon le 11 mars 2011 quelles conséquences désastreuses ce genre d’accident peut avoir.

Centrales nucléaires et prolifération d’armes atomiques

Qu’il s’agisse de la fabrication d’armes atomiques ou de production électronucléaire, les processus de traitement de l’uranium, d’exploitation et de commerce de l’uranium sont les mêmes. Qui exploite des réacteurs “civils” pour la production d’électricité d’origine nucléaire participe à la prolifération d’armes atomiques. De plus, les centrales nucléaires sont des cibles potentielles faciles pour des attaques terroristes : la chute d’un avion sur une centrale nucléaire – qu’elle soit planifiée ou non – aurait des conséquences tragiques pour l’être humain et l’environnement. Comme l’établissent des études allemandes, une centrale nucléaire ne résiste pas à la chute d’un avion.

Image : © Greenpeace

PS 11/05/2015 :

Leucémie infantile et centrales nucléaires - W. Hoffmann 28.08.2010

Wolfgang Hoffmann est professeur d’épidémiologie en soins de santé et santé communautaire, ainsi que directeur de l’Institut pour la médecine communautaire à l’École de médecine de l’université Ernst-Moritz-Arndt à Greifswald en Allemagne. Ses thèmes de recherche portent sur l’épidémiologie des facteurs de risques environnementaux, l’épidémiologie des soins de santé, de nouveaux concepts de soins de santé et de prévention, l’épidémiologie des maladies chroniques et les méthodes épidémiologiques. Le Pr Hoffmann a également fait partie pendant 6 ans du comité d’experts qui ont mené l’étude KiKK, lancée en Allemagne en 2002.

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Véronique Gallais

Author: Véronique Gallais

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Comments (1)

VG VG ·  25 April 2015, 13h03

En complément, on trouvera quelques informations dans cette article (en anglais, Japan Times du 02/07/2014), dans le contexte japonais de redémarrages de centrales envisagés, sur les études scientifiques et autres sur les effets d’une exposition chronique à des faibles doses à proximité de centrales nucléaires :

Health studies explode the myth of the ‘safe’ nuclear power plant
EXTRAITS :

“As early as 2007, Germany’s Federal Office for Radiation Protection published a thoroughly researched study titled “Childhood Cancer Rates Near Nuclear Power Plants.” The study covered 24 years (1980-2003) and included 1,592 children with cancer and 4,735 controls living around 16 nuclear power sites throughout Germany.

At all 16 sites, the study found that children under 5 years of age had a higher risk of developing cancer the closer they lived to a plant. Risk was most increased within 5 km of the plants, i.e. by 60 percent. Seventy-seven children living within 5 km of a nuclear plant were found to have cancer, considerably higher than the 48 that would be expected statistically.(…)

Additional studies have been conducted in both Britain and the U.S. with similar, if not even more disturbing, results. In 2006, in conjunction with Welsh broadcaster S4C, an environmental consultancy produced a report based on interviews with villagers in the vicinity of the Trawsfynydd nuclear power station in north Wales.(…)

The preceding reports demonstrate yet again the scientifically established fact that there is no safe dose of radiation, no matter how small, bearing in mind that dangerous radioactive elements constantly accumulate in the body. Thus, with each nuclear reactor the Japanese government allows to restart, residents living as far away as 25 km will once again be placed at a higher risk of falling victim to life-threatening illnesses.

Finally, The Associated Press has just released an investigation showing that radioactive tritium has leaked from three-quarters of U.S. commercial nuclear power sites, often into groundwater, from buried piping that has corroded. What’s more, as America’s nuclear power reactors continue to age, the number and severity of the leaks has been escalating, even as U.S. regulators extend the licenses of more and more reactors. Considering Japan’s own fleet of aging reactors, can you guarantee such leaks won’t occur in Japan?”

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