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Land rights for the Dalits - Nicholas Chinnapan - Vidéo

Intervention en anglais, lors de la 1e séance plénière de l’université d’été de la solidarité internationale du 7 juillet 2010 à Pessac, par Nicholas Chinnapan, directeur de IRDS (Integrated rural development society) et responsable de la Fédération pour le Droit à la terre des Dalits.

Résumé traduit en français et vidéo de son enregistrement.

Je travaille pour une société de développement rural (Integrating Rural Development Society - IRDS) dans l’état du Tamil Nadu et je fais aussi partie d’une association appelée Dalit Land Rights Federation (DLRL) qui lutte pour le droit à la terre des dalits.
Quand on m’a demandé de parler à cette tribune, j’avais peur que ce ne soit qu’un exercice intellectuel mais en arrivant ici, j’ai compris qu’il s’agissait d’une réflexion sur l’activisme concernant la situation présente de la société. Aussi, je me suis dit qu’il était préférable que je partage avec vous ma propre expérience.

Quand nous parlons de solidarité internationale et de crise, nous devons partir de la réalité dans laquelle nous vivons. Pour moi, cette crise doit nous permettre de renouer le lien entre  la nature et l’homme qui sont interdépendants. Ce lien a été détruit par le système socio-politique actuel. Nous devons essayer de défaire cette rupture, de recréer ce lien entre la nature et l’homme.

En tant que dalit, communauté opprimée, victime de discrimination dans la société indienne, nous ne nous étions jamais battus pour nos droits. Le besoin de regagner notre dignité dans la société indienne a donné naissance à notre mouvement.
Les dalits par tradition étaient des travailleurs agricoles employés par les propriétaires terriens car l’accès à la terre leur était interdit par leur caste. Le développement de l’agriculture moderne avec la mécanisation a eu comme conséquence de supprimer leurs emplois et de les expulser en dehors du secteur agricole. Ainsi l’exode rural des dalits est devenu un problème sérieux.

Nous avons pensé que la meilleure manière pour les dalits de regagner leur dignité  était de revenir à la terre. Ainsi est né notre mouvement.
Quand on revient à la terre et que l’on parle de droits à la terre, il doit y avoir une participation égale des hommes et des femmes. Sans la participation active des femmes, il ne sera pas possible de reconstruire la communauté dalit.

Nous avons aussi d’autres défis à relever, particulièrement depuis que l’Inde a rejoint l’OMC. L’agriculture qui était au cœur de l’économie indienne ne permet plus aux agriculteurs de se nourrir. Le contrôle du marketing des récoltes, et à travers lui, le contrôle de la production par les multinationales, a acculé les agriculteurs et poussé nombre d’entre eux au suicide.

Certains ont dit : “il ne sert à rien de se battre pour obtenir des terres qui ne nous nourriront pas. Il faut donc commencer la lutte contre la politique des états dictée par l’OMC et les multinationales.”
Dans ce contexte nous avons compris le besoin d’une lutte plus large pour accéder à la terre.
D’autre part, dans cette lutte pour retrouver notre identité, nos droits et nos terres perdus, nous critiquons les politiques des états, nous nous opposons à leurs stratégies agricoles, nous crions des slogans contre l’OMC et ce système. Mais en fait, plus que l’opposition, il nous faut proposer et créer des alternatives.

L’alternative que nous proposons est un retour à l’agriculture traditionnelle et non pas l’agriculture capitaliste dictée par l’OMC, la politique ou les multinationales. C’est cette alternative que nous avons commencée à développer en nous inspirant des expériences autour de nous en Inde mais aussi à l’étranger. Par exemple en Corée du Sud, les petits agriculteurs marginaux ont commencé une agriculture biologique et collective, s’organisant avec d’autres activistes pour une distribution locale de leurs produits. Grâce à ces échanges d’expériences internationaux et de solidarité, ce modèle commence à être reproduit au Bangladesh et un peu en Inde.

Quand on parle de la terre, il n’y a pas que la terre agricole, il y a aussi la terre où vivent les paysans et les communautés indigènes (adivasi). Alors qu’en tant que Dalit, nous luttons pour accéder à la terre, l’OMC et les multinationales font pression sur les petits agriculteurs, sur les indigènes et sur les habitants des forêts pour qu’ils quittent leurs terres. Même les catastrophes naturelles comme les cyclones, tsunami, tremblements de terre sont utilisés par les multinationales pour spolier les gens de leurs terres, augmenter leur capital et faire des profits. Le tremblement de terre du Gujarat et Katrina en Amérique ont été utilisés à ces fins.

Dans cette situation, quand nous nous opposons à l’OMC et à ces politiques, avec des recours légaux grâce à la communauté internationale, il est important de relier toutes les initiatives, de travailler avec les paysans, les peuples indigènes, les pêcheurs… C’est ce que nous faisons dans notre région.

Merci !”

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Auteur: Foumonde

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