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Du bon usage des terminaux à micro-ondes pulsées

Le dimanche 15 juin 2008, 20 scientifiques internationaux, cancérologues pour la plupart, ont lancé par voie de presse un nouvel appel attirant l’attention sur les dangers que représente la téléphonie mobile. Dans cet appel les scientifiques s’accordent sur deux choses : il n’y a pas encore de preuve formelle de la nocivité du portable mais un risque existe favorisant l’apparition de cancers en cas d’exposition à long terme, un terme qu’il convient de relativiser en fonction de l’âge, de la durée et de la typologie des expositions aux rayonnements.

Coordonné par David Servan-Schreiber, professeur de psychiatrie à l’université de Pittsburgh cet appel énumère dix recommandations principales (pour le détail, voir le post-scriptum).

En résumé, cet appel recommande de ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d’urgence. Il est rappelé que 18% des écoliers et 65% des collégiens sont équipés d’un téléphone.

Les scientifiques conseillent également aux utilisateurs de tous âges de maintenir le téléphone à plus d’un mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette.

Ils conseillent aussi d’éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en veille, de ne pas l’utiliser dans des lieux comme le métro, le bus ou le train (effet cage de Faraday) où vous exposez passivement, vous ainsi que les autres passagers au champ électromagnétique de votre appareil. L’appel recommande en outre de communiquer plutôt par SMS, ce qui a pour effet de limiter la durée d’exposition tout en éloignant l’appareil. Selon les scientifiques, ce sont autant de mesures de précaution qui doivent être prises dans l’attente de données définitives. « Nous sommes aujourd’hui dans la même situation qu’il y a cinquante ans pour l’amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu’il y a un faisceau d’arguments scientifiques inquiétants », explique Thierry Bouillet, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny et signataire de l’appel.

Parmi les principaux autres signataires figurent également le Dr Bernard Asselain, chef du service de biostatistiques du cancer à l’Institut Curie, le Pr Franco Berrino, directeur du département de médecine préventive et prédictive de l’Institut national du cancer de Milan, Jacques Marilleau, ingénieur, ancien physicien au Commissariat à l’énergie atomique et au CNRS à Orsay, ou encore Joël de Rosnay, docteur ès sciences.

Cet appel des 20 cancérologues de réputation internationale intervient après :

  • La Résolution de Salzbourg sur les Stations de Base de Télécommunication Mobile - Juin 2000.
  • La Résolution de Catania (Italie) en septembre 2002.
  • L’Appel de Fribourg (Allemagne) su 09/10/2002 (3000 médecins Allemands) réitéré 10 ans plus tard en juin 2012.
  • L’Appel de Paris du 7 mai 2004 des Professeurs Lucien Israël, Dominique Belpomme, Samuel Epstein cancérologues (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse) attirait déjà l’attention sur les causes environnementales des pathologies graves liées aux pollutions chimiques et électro-magnétiques chez les enfants.
  • L’Appel de Bamberg - 27/06/2004 - (200 médecins de Bavière - Allemagne) qui déclaraient explicitement que la cause d’un certain nombre de pathologies est la téléphonie mobile.
  • L’Appel de Helsinki - 01/01/2005.
  • L’Appel de Freienbach - 25/09/2005 de médecins, praticiens, thérapeutes et personnes travaillant pour la santé humaine, qui estiment le développement de la construction de réseaux pour la téléphonie mobile comme inquiétant.
  • La Résolution de Benevento - 22/02/2006, où la Commission Internationale pour la Sécurité Électromagnétique (ICEMS) a organisé dans la ville de Benevento, Italie, une conférence internationale intitulée « Le principe de précaution en matière de champs électromagnétiques, législation et mise en pratique ». Les scientifiques présents ont approuvé la résolution de Catania (2002), l’ont enrichie et ont décidé notamment qu’étant donné sue « de nouvelles preuves se sont accumulées indiquant des effets néfastes résultant de l’exposition tant professionnelle que privée aux champs électriques, magnétiques et électromagnétiques - ou CEM1, il [était] nécessaire, mais encore incompris, d’obtenir une expertise complète, indépendante et transparente des preuves pointant l’émergence de ce risque potentiel pour la santé publique.

Plus récemment, en août 2007, une étude internationale conduite par des scientifiques indépendants validée et soutenue par une haute autorité européenne (Agence Européenne de l’Environnement) a donné des résultats qui justifient la prise de précaution particulièrement pour les jeunes (risque aggravés de leucémie). Quatorze scientifiques internationaux y recensent plus de 1 500 travaux couvrant la génotoxicité, l’immunité, les tumeurs et cancers, les troubles du comportement, le stress cellulaire… Ils en concluent que « le principe de précaution a été édicté pour justifier l’action politique publique en matière de protection de la santé lorsqu’il existe des dangers plausibles, sérieux et irréversibles liés à des expositions actuelles et futures, et lorsqu’il existe des incertitudes, un manque de connaissance scientifique. Toutes ces circonstances s’appliquent aux champs électromagnétiques ». « Continuer la recherche, recommande BioInitiative, ne doit pas être un prétexte pour éviter ou retarder des modifications substantielles, qui permettront à terme de nous épargner des coûts supplémentaires en argent, en vie et en malaise social. » »(BioInitiative)

Un mois après, les conclusions du groupe français d’Interphone (une enquête de l’OMS) récusent, en des termes prudents, l’innocuité du portable que défendait jusqu’à présent la même OMS : « Nos résultats, suggérant la possibilité d’un risque accru au sein des plus gros utilisateurs, doivent encore être vérifiés dans les analyses de l’étude internationale Interphone. » Les plus septiques et les moins sensibles au principe de précaution pourtant inscrit dans la Constitution Française depuis février 2005 ([Charte de l’environnement->article 5517]) devront encore attendre les résultats de l’étude INTERPHONE de l’OMS (mise à jour : voir le Post-Scriptum)

Les symptômes fréquemment observés

  • maux de tête et migraines pouvant entrainer des états nauséeux ;
  • trouble de l’équilibre ;
  • fatigue chronique, troubles de l’apprentissage, de la concentration et du comportement chez les enfants ;
  • inquiétude intérieure ;
  • insomnies et asthénie ;
  • acouphènes (bruits dans les oreilles), nouvelles formes de surdité (long terme) ;
  • prédisposition aux infections ;
  • douleurs nerveuses et douleurs dans les parties molles, que l’on ne peut expliquer par des raisons normales ;
  • troubles cardiaques, troubles de la tension artérielle, Accident Vasculaire Cérébral (AVC).

3 types d’effets sont observés (Cf. Pr Dominique Belpomme - Cancérologue - Président de l’ARTAC)

  • Effet thermique (l’oreille chaude et rouge) : le corps étant constitués majoritairement d’eau, il est sensible aux rayonnements micro-ondes qui agitent les molécules d’eau ;
  • Effet « dose » : lié à l’accumulation des expositions qui provoquent des réactions de type allergiques ou des intolérances conduisant à des hyper-sensibilités (dénommé par l’OMS comme EHS) aux divers champs électromagnétiques (GSM, 3G, WiFI, WiMAX, DECT, BlueTooth, etc) ;
  • Effet entropique : l’information portée (voix, images, sons, données) par les micro-ondes viendrait perturber le travail de l’ADN lors de la reproduction des cellules (risque de carcinogénèse à long terme ou en fonction de la nature des expositions aux rayonnements).

Quelques recommandations pour un bon usage du téléphone mobile à l’école

Les précautions décrites ici restent utiles pour les usages hors de l’enceinte de l’école et du collège depuis la LOI n° ; 2010-788 du 12 juillet 2010 qui interdit l’usage des téléphones mobiles dans les écoles et les collèges (voir le post-scriptum)- EJ, nov. 2010

  1. Ne pas équiper les enfants de moins de 12 ans (« Matières molles »), veiller à une sérieuse éducation aux bons usages pour les plus de 12 ans (Conseils par Catherine Gouhier, physicienne , co-fondatrice du Centre de Recherche et d’Information indépendantes sur les Rayonnements ÉlectroMagnétiques - Criirem)
  2. Optez pour les terminaux au DAS le plus faible (- de 0,2 w/kg ) (Liste des DAS des principaux terminaux). Bien qu’obligatoire, le DAS n’est généralement pas affiché sur les lieux de vente parmi les caractéristiques des terminaux. Demandez les au vendeur afin d’opérer une comparaison éclairées aux moments de l’acquisition du terminal.
  3. Pour des communications précautionneuses, ne téléphoner qu’à l’extérieur des bâtiments et aux endroits où la réception est optimale (un maximum de « barettes »), pour des durées de quelques minutes avant d’éteindre complètement le téléphone.
    NB : il est possible de consulter sa messagerie depuis un poste fixe. Demandez à l’opérateur la voie à suivre.
  4. Utiliser systématiquement le kit main libre (oreillette) et éloigner le terminal le plus possible du corps, lors de sa mise en route et de sa mise en arrêt, lors de la composition du numéro et jusqu’à établissement de la communication.
  5. Dans tous les cas, préférer les communications par SMS, plus courtes et mettant le terminal à distance lors de la composition du message.

Quelques recommandations pour un bon usage des réseaux sans-fil à l’école Paris se voit recommander un usage limité du WiFI

  1. Les effets à long terme (effet « dose » et « entropique ») risquent de se faire sentir sur des termes bien plus courts que ceux d’ores et déjà observés chez les adultes étant donné le faible âge du public des écoles et au regard de l’accumulation des différents types de sources de rayonnement, préférer en général le filaire au sans-fil (“Le procédé filaire : une alternative novatrice au WiFI” (FSU).
  2. Utile dans un amphithéâtre, en salle de réunion, en complément d’un réseau filaire, la solution du WiFI ne devrait pas être retenue comme une solution de réseau de base permanent. Cette solution technique se justifie en appoint pour des périodes limitées entre lesquelles il est préférable qu’il soit totalement à l’arrêt.

Quoiqu’il en soit, avant de prendre la décision de l’installation d’équipements sans-fil exposant les élèves à leurs rayonnements, il est recommandé de demander l’avis :

Cf. Le site de l’Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et d’enseignement supérieur


Post-Scriptum

Aspects juridiques

Depuis la LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, les téléphones mobiles sont interdits dans les écoles et les collèges. Version consolidée au 14 juillet 2010 Télécharger le Fac-similé(pdf). Extraits retenus : - Créé par la LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 - Article 183 (V) modifiant le Code de la santé publique,
Article L5231-3 : Toute publicité, quel qu’en soit le moyen ou le support, ayant pour but direct de promouvoir la vente, la mise à disposition, l’utilisation ou l’usage d’un téléphone mobile par des enfants de moins de quatorze ans est interdite. - Créé par la LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 - Article 183 (V) modifiant le Code de l’éducation,
Article L. 511-5 : Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d’un téléphone mobile est interdite. - LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 - Article 184 :
Pour tout appareil de téléphonie mobile proposé à la vente sur le territoire national, le débit d’absorption spécifique est indiqué de façon lisible et en français. Mention doit également être faite de la recommandation d’usage de l’accessoire permettant de limiter l’exposition de la tête aux émissions radioélectriques lors des communications, prévu au cinquième alinéa du I de l’article 183 de la présente loi.

Expertises de L’Organisation Mondiale de la Santé

Publication de l’étude Interphone sur l’utilisation des téléphones portables - Communiqué de presse du 27 mai 2010 (.pdf)

Médias & actualités

- France Inter, Nous autres (Zoé Varier) : EHS: électro-hyper sensibilité ou hypersensibilité électromagnétique…
- 05/11/2010 > Les Hypersensibles 1
- 12/11/2010 > Les Hypersensibles 2
- France Inter, Service Public (mardi 16 décembre 2008) : Téléphones portables : danger ?
- France Inter, journal de 9H00 d’Hélène Fily (vendredi 8 février 2013) Retour en France avec l’appel de syndicats contre l’exposition aux ondes électromagnétiques sur le lieu de travail. La CFDT, CFTC, CGT, SUD et FSU s’unissent, représentants des entreprises aussi variées que la RATP, Orange ou encore la Banque de France. Ils militent pour l’adoption d’un principe de précaution pour prévenir les effets toxiques des ondes électromagnétiques et demandent à la médecine du travail de reconnaître comme maladie professionnelle ces nouvelles pathologies.
Eric Beynel est le porte-parole de l’union syndicale Solidaires chargé des questions de santé et des conditions de travail.
«On a dans un nombre important de secteurs - je pense à la RATP, je pense à la Douane, je pense à nombre important de salariés dans la recherche aussi - des salariés qui se retrouvent soumis à une électrosensibilité, qui ne peuvent plus après être atteints par les ondes et qui se trouvent du coup excluent du monde du travail sans que, en plus, cette exposition soit formellement reconnue. Ce n’est pas pour l’instant une maladie professionnelle et donc ils ne peuvent pas la faire reconnaître en tant que telle.
Beaucoup de contrôleurs des trains sont exposés énormément aux ondes électromagnétiques à la fois par tous les téléphones portables qui sont en activité dans le train et dans les poches des voyageurs mais aussi par l’appareillage qu’ils ont sur eux qui leur permet de prendre les paiements. Ils se sont rendus compte que beaucoup de ces salariés souffraient de maux de tête, de difficultés etc… Dès qu’ils reprenaient le travail, ils avaient des atteintes à leur santé.»

Explications d’Eric Beynel au téléphone de Manuel Ruffez
Source (à partir de 4mn 30s) : http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=559151

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Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

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Commentaires (4)

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  17 octobre 2013, 23h11

“Les champs magnétiques sont néfastes pour la santé”

Selon le Pr. Belpomme, le rapport de l’Anses ne vaut rien.

“Les études ne se contredisent pas : certaines sont scientifiquement valables et d’autres ne le sont pas”,

explique-t-il dans une attaque non voilée envers l’Anses.

“Le drame aujourd’hui c’est que nous sommes avec ces différents rapports des agences franco-françaises, et nous sommes dans un schéma qui n’est pas validé sur le plan scientifique international”.

Ces rapports serviront de toute façon à enrichir les poubelles de l’Histoire. Ils n’ont aucun intérêt puisque le premier rapport de l’Anses disait tout simplement qu’il n’y avait aucun risque” (Dominique Belpomme)

Lors d’un rapport en 2009, l’Anses affirmait en effet avoir fait une synthèse de 226 études. À l’intérieur, 45 % affirmaient que les ondes avaient des effets biologiques, 55 % disaient que non. À lire et écouter : http://www.franceinfo.fr/sciences-sante/les-champs-magnetiques-sont-nefastes-pour-la-sante-1177447-2013-10-15


Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  18 octobre 2013, 14h25

Comment analysez-vous le rapport de l’Anses ?

« Les responsables de l’Anses ont été mis en place par les politiques. Ils leur obéissent. Or les politiques sont les interfaces des opérateurs de téléphonie. Ils n’envisagent pas la facture sanitaire, qu’il va nous falloir payer. Et elle sera lourde. C’est valable pour d’autres domaines comme les pesticides par exemple. J’ai lutté contre l’utilisation du chlordécone en Martinique, qui aujourd’hui a le record du monde du nombre de cancers de la prostate. On a juste changé de pesticide là-bas, mais pas nos façons de faire. Nous ne sommes plus dans un pays démocratique. La pensée unique, celle qui fait passer avant tout l’emploi, la croissance, les industriels, règne. »

Pr Dominique BELPOMME au Républicain Lorrain
Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  10 juillet 2014, 21h43

On a retrouvé la mémoire de l’eau

EJ EJ ·  08 juillet 2016, 14h42

“Nous avons des interrogations sur les tablettes, notamment celles qui fonctionnent non pas en wifi mais en 3G ou 4G”, confie l’expert de l’Anses.

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