Dernière mise à jour 27/03/2017

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Retourner vivre à Fukushima ? Non merci !

nuclear-power-plant-stop.jpg

La Maison de la culture du Japon à Paris organise du 21 juin au 8 juillet 2016 une exposition de photos de Jun Takai sur la vie du village de Suetsugi, situé à 27 km de la centrale nucléaire de Fukushima-Dai-Ichi. Elle est soutenue par l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, organisme public sous la tutelle de cinq ministères français) et la CIPR (Commission internationale de protection radiologique).

par le Collectif pour un monde sans nucléaire

Une exposition problématique, pourquoi ?

L’IRSN collabore étroitement avec l’équipe d’Ethos (voir plus bas), constituée autour de Jacques Lochard, directeur du CEPN (Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire), émanation du lobby nucléaire français (CEA, EDF, AREVA, IRSN) et aujourd’hui vice-président de la CIPR. Or, la CIPR diffuse de la propagande pour nous faire croire qu’on pourrait vivre sans problème dans une zone contaminée, notamment à travers son site Internet, attrayant et sophistiqué ( www.icrp.org ).

Suetsugi est ainsi devenu un village modèle de cette stratégie de la culture de la radioprotection préconisée par Jacques Lochard. Déjà en Biélorussie, après l’accident de Tchernobyl, il affirmait : « Nous devons occuper le terrain ». Quant à la propagande d’Ethos, c’était : « Vivre sous Tchernobyl, c’est réapprendre à vivre, à vivre autrement, à intégrer au quotidien la présence de la radioactivité comme une composante nouvelle de l’existence… » [1].

Jacques Lochard a conçu les programmes Ethos-CORE-SAGE appliqués en Biélorussie entre 1996 et 2005 afin que la population sinistrée accepte de vivre dans la zone contaminée sous sa propre responsabilité, en faisant preuve de <résilience>. La démarche consiste à conseiller aux habitants d’éviter un certain nombre d’endroits, où les doses de radioactivité sont supérieures à un seuil prédéfini, et les nourritures contaminées, en bref de s’habituer à vivre avec la radioactivité sans se poser de questions sur ce qui a conduit à cette catastrophe.

La même démarche a été engagée à Fukushima à travers des séminaires de <Dialogue>, présentés comme des initiatives de démocratie participative, orchestrées par la CIPR, l’IRSN et l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), avec la complicité de toutes les autorités japonaises concernées !

Nous exprimons notre total désaccord avec la poursuite du nucléaire, au risque d’accidents majeurs partout dans le monde où fonctionnent des centrales. Nous refusons de subir l’augmentation constante de la radioactivité ambiante tout autour de la planète. C’est pourtant ce que nous concoctent les partisans du nucléaire, avec une stratégie de gestion post-accidentelle. Ils nous préparent ainsi à un accident majeur en France ou ailleurs en Europe, une éventualité officiellement reconnue comme possible.

Après la création par l’IRSN en mars 2016 du site <KOTOBA> ( www.fukushima-dialogues.com ), attrayant et sophistiqué, dans l’esprit d’Ethos-CORE-SAGE, sous la direction de François Rollinger, Jacques Lochard et ANDO Ryoko,on a pu voir sur Arte, le jour du 30e anniversaire de Tchernobyl, le documentaire « Vivre avec », réalisé par Olivier Julien avec la participation de Jacques Lochard. Ce documentaire, par ailleurs sponsorisé par l’IRSN, déverse la même propagande. C’est une insulte aux populations sinistrées !

En réalité, on nous prépare à vivre avec la radioactivité après l’accident atomique inéluctable, sur une Terre de plus en plus contaminée !

Refusons de vivre avec la radioactivité ! A Suetsugi ou ailleurs !

Halte au crime nucléaire !

Contact :collectifpourunmondesansnucleaire@laposte.net

Notes:

[1] Cité par W. Tchertkoff dans le Crime de Tchernobyl, Actes Sud, avril 2006.

PS : Suetsugi, c’est aussi des amoncellements de sacs de déchets contaminés !…

sacs_dechets_contamines_Suetsugi_20130301_104108.jpeg


livraison_sacs_dechets_ETHOS_--_2013-03-04_00.10.23.jpeg

Voir le site ETHOS IN FUKUSHIMA


Document(s) attaché(s) :

  1. no attachment



Évaluer ce billet

5/5

  • Note : 5
  • Votes : 2
  • Plus haute : 5
  • Plus basse : 5

Contributions

Auteur: Contributions

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (1)

F. Boman F. Boman ·  23 juin 2016, 15h33

Merci aux auteurs.
100 % d’accord avec ce communiqué protestant contre la publicité faite à Paris en faveur des activités Ethos d’un individu payé par le lobby nucléaire (Jacques Lochard), d’institutions pro-nucléaires (CEPN, IRSN), et de leur complices.
Ces gens sont des criminels non seulement pour les Japonais directement victimes du désastre survenu à la centrale de Fukushima, et “invités” à rester ou retourner vivre en zone radio-contaminée, mais pour toute l’humanité et en particulier pour les Français (et leurs voisins allemands, suisses, etc.) empoisonnés et menacés d’un désastre notamment par 58 réacteurs en fonctionnement et 300 bombes atomiques pour la plupart en état d’alerte.
Les responsables d’ETHOS devraient être dénoncés et forcés à la démission.
Merci !
Françoise Boman, médecin.

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet


À voir également

contributions.jpg

Des groupes antinucléaires ont décidé de quitter le Réseau Sortir du Nucléaire

Le Réseau Sortir du nucléaire n’est plus l’outil dont a besoin le combat pour l’arrêt du nucléaire en France. Reconstruire une force antinucléaire au plus près des groupes et des luttes de terrain est désormais nécessaire. 256

Lire la suite

contributions.jpg

Il n' y aura pas de règlement de compte à OK Corral !

En juin de cette année, nous avions envoyé une lettre ouverte à Yannick Rousselet, responsable des campagnes sur le nucléaire à Greenpeace France. Plus qu’une adresse à Yannick Rousselet ou à Greenpeace, cette lettre était surtout un prétexte pour rappeler qu’il y a toujours des cogestionnaires, pompiers volontaires cherchant à circonscrire le moindre départ d’incendie, la moindre étincelle de révolte. (…) 795

Lire la suite