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Des preuves scientifiques : les radiations de Fukushima ont atteint l’Amérique du nord

nuked_canada.jpgDans un article publié en avril 2014, le site Radiation Prevention répertorie, en s’appuyant sur des publications scientifiques, 8 arguments prouvant que les retombées radioactives de Fukushima ont atteint – et continuent d’atteindre - l’Amérique du nord, et au-delà.
Le but est d’apporter des éléments scientifiques par rapport aux multiples messages qui circulent au sujet de phénomènes biologiques et sanitaires spontanément imputés au désastre nucléaire de Fukushima, sans support scientifique.

Des sources sont citées dans l’article original (avec liens hypertexte).

Attention : la démarche de Radiation Prevention en général est de se préoccuper de radioprotection afin de s’en protéger puisque les gouvernements et firmes continuent d’utiliser les technologies nucléaires, donc de gérer le risque sanitaire et d’apprendre à vivre avec la contamination radioactive.

Le site semble se financer y compris par la publicité pour des produits de radiodétection et radioprotection.



1. La première information vient du réseau mondial de capteurs de la CTBTO (Organisation du traité d’interdiction d’essais nucléaires) : contrairement à ce que disent les gouvernements nord-américains, leurs 321 capteurs ont clairement détecté des retombées radioactives non seulement en Amérique du nord mais dans tout l’hémisphère nord. La côte ouest de l’Amérique du nord a reçu autour de 1000 becquerels/m².

(1 becquerel = 1 désintégration atomique par seconde ; ainsi, 1000 bq/m² = 1000 déintégrations par seconde, soit 60 000 par minute ou 86 400 000 par jour.)

2. La collecte et l’étude, par des scientifiques de l’Université Simon Fraser à Vancouver/Canada, d’échantillons de sol prélevés par des citoyens révèle notamment la présence de Cesium 134 (Cs134). Selon ces recherches, la courte demi-vie de cet élément (2 ans) est une indication très claire qu’il provient de Fukushima.

A propos des scientifiques qui font part de leur étonnement sur la façon dont le Cs134 aurait atteint la côte ouest, Radiation Prevention mentionne, outre les phénomènes d’évaporation et de précipitation de l’océan, le phénomène du « jetstream ». Or, les scientifiques spécialistes du jetstream ne s’expriment pas sur le sujet.
Bien qu’il n’y ait pas de données scientifiques pour prouver exactement combien de radiations sont encore relâchées dans l’atmosphère, Dr. Helen Caldicott, professeur honoraire de l’Université d’Harvard, l’estime à 8 millions de becquerels par heure.

3. Selon une équipe de scientifiques de l’université de Berkeley en Californie, qui observe le phénomène depuis le début du désastre à Fukushima, de l’iode 131 a été détecté dans des échantillons de pluie prélevés en mars et en avril 2011, jusqu’à 20 becquerels par litre.
Pour mémoire, il est rappelé que l’eau de pluie alimente de nombreuses sources d’eau potable sur toute la côte ouest et que, bien que nombre d’ « experts » ont rapidement déclaré que les niveaux étaient minimes et dans les limites de sécurité, des études scientifiques montrent déjà des dysfonctionnements thyroïdiens sur des bébés.
L’article déplore le silence assourdissant de la presse américaine à ce propos.

4. Berkeley a également retrouvé cet élément dans du lait mais les niveaux ont de nouveau été estimés comme “sûrs”.
Radiation Prevention signale un facteur clé : aucun de ces scientifiques ne mentionne qu’ils n’ont pas recherché d’autres isotopes parmi les centaines de radionucléides[1] relâchés par Fukushima, comme le plutonium 244, dont la demi-vie est de 80 millions d’années et qui a été détecté jusqu’en Lithuanie.

5. Selon Radiation Prevention, tandis que le site de Santé Canada (ministère de la santé) a publié des chiffres de radiations qui ne sont ni plausibles ni justes, Ian Hofman, un scientifique de Santé Canada, a publié un rapport faisant état de niveaux de radiation 300 fois supérieurs aux valeurs normales à Sidney (BC) et 1000 fois supérieurs à Resolute Bay (Nunavut).

Fukushima_is_here.jpg

6. Grâce à l’action autofinancée de scientifiques citoyens et un laboratoire d’analyse financé par des citoyens au Japon, des résultats de tests très récents ont fait apparaître 22 bq/kg de cesium radioactif de sol  prélevé à New Westminster (BC) au Canada.
Ceci ne signifie pas que cette mesure vaut pour toute la côte ouest mais cela met en évidence que des retombées radioactives sont arrivées jusque là et la nécessité d’effectuer d’autres tests.
En tout état de cause, c’est le second échantillon de sol testé positif qui a été répertorié, après ce qui est mentionné en point 2 ci-dessus.

7. Si l’on fait abstraction des niveaux de radiations effarants actuellement rejetés par  l’installation de stockage de déchets nucléaires WIPP[2] et de la contamination environnementale qui perdure au complexe nucléaire de Hanford[3] , dans l’Etat de Washington, il n’y a pas d’études actuellement prouvant que l’Amérique du nord reçoit encore des rejets radioactifs en provenance du Japon. A moins que vous ne viviez sur la côte ouest. La dernière crainte en date concerne le risque de contamination via les eaux de l’Océan Pacifique.
Personne ne sait quels en sont les volumes et combien de temps cela va durer. Deux modèles scientifiques (Rossi, d’une part, Behrens, d’autre part) sont proposés, mais leurs hypothèses sont fondamentalement opposées : l’un annonce un pic de 27 bq/m3, l’autre de 2 bq/m3 maximum. Aucune de ces études, que l’on peut trouver dans un rapport sur le transport de radionucléides de Fukushima au nord-est du Pacifique, ne s’intéresse aux retombées continues de radioactivité ni à la bioaccumulation dans la chaîne alimentaire, ni d’ailleurs aux phénomènes d’évaporation puis retombée des radionucléides avec les précipitations, en suivant le « jetstream ».

8. Des niveaux clairement détectables de radioactivité ont été constatés jusque dans des graines collectées dans la baie d’Oakland en Californie immédiatement après le début du désastre, selon une étude de Berkeley. Ces niveaux étant apparus dès avril 2011, il est clair qu’ils proviennent des retombées atmosphériques initiales.
Selon cette étude, des échantillons de graines marines ne révèlent plus actuellement en 2014 de niveaux détectables de radioactivité en provenance de Fukushima.
Les retombées océaniques ne font que commencer à toucher le Canada et on estime qu’elles devraient atteindre la côte ouest des Etats Unis sans délai.

Notes:

[1] A propos de la chaîne de désintégration ou filiation radioactive, voir par exemple sur wikipedia.

[2] Voir sur le site de l’IRSN la présentation des déboires de cette installation en février 2014, donc peu avant l’écriture de l’article.

[3] Voir une présentation du complexe de Hanford sur wikipedia.


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Véronique Gallais

Author: Véronique Gallais

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Comments (1)

EricJ EricJ ·  24 May 2015, 20h45

Alerte ! Une nouvelle directive EURATOM à l’insu de notre plein gré !

Pour mémoire, il est rappelé que l’eau de pluie alimente de nombreuses sources d’eau potable sur toute la côte ouest et que, bien que nombre d’ « experts » ont rapidement déclaré que les niveaux étaient minimes et dans les limites de sécurité, des études scientifiques montrent déjà des dysfonctionnements thyroïdiens sur des bébés.

D’aucuns diront que tout ça c’est fait pour faire peur. Quand on creuse un peu, la vérité se situe bien au delà même des supposées normes ou “limites de sécurité”.

La Criirad nous le rappelait ce 21 mai 2015 dans un communiqué alarmant nous alertant sur le contenu du nouveau projet de directive EURATOM (voir le dossier). Citons tout de même quelques extraits :

La Commission européenne a élaboré un projet de règlement fixant les Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive qui seront appliqués aux aliments en cas d’accident nucléaire…

Les vérifications conduites par la CRIIRAD font apparaître des doses de l’ordre de 10 fois supérieures (et jusqu’à 100 fois pour des scénarios pénalisants) et montrent que les enfants paieront le tribut le plus élevé…

L’analyse critique a permis à la CRIIRAD d’identifier toute une série d’erreurs, d’incohérences et d’irrégularités. Elles sont graves et vont TOUTES dans le même sens : minimiser les risques et aboutir à la fixation de limites de contamination excessivement élevées…

En effet, de l’aveu même des experts, les Niveaux Maximaux Admissibles du règlement européen ont été définis pour l’impact d’un accident lointain, survenant à plus de 1 000 km des frontières de l’Union européenne. Partant de ce postulat, les experts ont considéré que la contamination ne toucherait qu’une faible part de la ration alimentaire des consommateurs européens (10% des aliments solides, 1% de l’eau potable). Problème : le règlement s’applique à tous les accidents nucléaires majeurs et en premier lieu à ceux qui surviendraient en Europe !…

L’industrie du nucléaire veut une règlementation qui arrange le réel pour mieux dissimuler ses méfaits et ses crimes contre l’humanité. Il est indispensable de l’en empêcher pour mieux voir la réalité telle qu’elle est afin que nous en tirions véritablement les conséquences.

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