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Rien ne sert de courir, il faut partir maintenant !

Depuis des mois, tous les jours en France, des lut­tes sont menées, tous les sec­teurs sont tou­chés, indus­trie, com­merce, dis­tri­bu­tion… tout le sec­teur privé souf­fre d’ajus­te­ments que l’on fait peser sur les sala­riés, der­nière varia­ble ajus­ta­ble pour pré­ser­ver les pro­fits des spé­cu­la­teurs.
Le sec­teur public (Ensei­gne­ment de la mater­nelle à l’uni­ver­sité, pos­tes, santé, jus­tice, cul­ture…) subit, lui aussi l’ampli­fi­ca­tion et l’accé­lé­ra­tion des atta­ques. Petit à petit ses mis­sions se voient trans­fé­rées vers le sec­teur privé ou aux oubliet­tes ! Tôt ou tard, les mono­po­les publics devien­dront des mono­po­les pri­vés, con­trô­lés par une poi­gnée d’action­nai­res. Fruit de la soli­da­rité, l’éga­lité d’accès pour tous les citoyen-ne-s sur tout le ter­ri­toire en fera les frais. Un seul credo domi­nera : flexi­bi­lité, pro­duc­ti­vité, ren­ta­bi­lité !

Après que la grève géné­rale se soit pro­pa­gée dans les ter­ri­toi­res d’Outre-mer. Après les mobi­li­sa­tions des 29 jan­vier et 19 mars (source revol­tes.net) le gou­ver­ne­ment comme pris de séni­lité fait mon­tre d’une étrange sur­dité face aux reven­di­ca­tions et con­ti­nue sa poli­ti­que tant décriée. Il est urgent de sor­tir du cha­cun pour soi, de met­tre fin aux divi­sions arti­fi­ciel­les mon­tant habi­le­ment les uns con­tre les autres. Un tel malaise impose de dépas­ser les reven­di­ca­tions sec­to­riel­les, de por­ter le débat à la hau­teur de l’enjeu pres­senti : quelle société dési­rons-nous pour demain ?

Ce n’est qu’un début, com­men­çons le débat.

Le temps est venu de coor­don­ner les com­bats et de sor­tir du seul domaine accepté de bonne grâce mais con­finé à la résis­tance. Tou-te-s les citoyen-ne-s doi­vent deve­nir force de pro­po­si­tions. Par­tant, seule la con­ver­gence des réflexions et actions, la coor­di­na­tion de nos ini­tia­ti­ves, la cons­truc­tion com­mune d’alter­na­ti­ves seront en mesure d’impo­ser aspi­ra­tions et reven­di­ca­tions. Il est essen­tiel pour cela de s’appro­prier le débat démo­cra­ti­que. Nous cite­rons ici pour les inter­ro­ger quel­ques unes des reven­di­ca­tions les plus média­ti­sées.

« Nous vou­lons l’arrêt immé­diat des licen­cie­ments et des sup­pres­sions de pos­tes. »

Pour le moins, ici, on amène des ques­tions au sujet de la réor­ga­ni­sa­tion du tra­vail, de son par­tage, sur la méthode per­met­tant d’ins­ti­tuer un revenu décent pour tous, tout le temps ! Alors, tra­vail sala­rié ou pas ? Pour quelle pro­duc­tion ? Que pen­ser de la déma­té­ria­li­sa­tion de l’éco­no­mie ?

Pour ne citer que ce sec­teur, pour­quoi en effet s’entê­ter à fabri­quer des voi­tu­res à la con­cep­tion dépas­sée, jeta­bles, à renou­ve­ler tous les 3 ans et dont fina­le­ment plus per­sonne ne veut même bra­dées. Par exem­ple, com­bien de 4x4 gisant sur les par­kings aux Etats-Unis et même en Europe ? Même au nom de la seule pré­ser­va­tion des emplois dans l’indus­trie auto­mo­bile, point de salut pour un pro­jet qui vou­drait équi­per ne serait ce que la moi­tié des citoyens du monde : 3 mil­liards de voi­tu­res est ce bien rai­son­na­ble ? Est ce seu­le­ment pos­si­ble ? Quoiqu’il en soit c’est une impasse cli­ma­ti­que, éco­lo­gi­que qui appa­raît. Qui l’ignore encore ? Tôt ou tard ce sera un non-sens éco­no­mi­que et social si ce n’est pas exac­te­ment la crise qui éclate sous nos yeux.

En revan­che, si c’est pour con­ce­voir des véhi­cu­les mieux uti­li­sés pour le trans­port en com­mun, pour les urgen­ces, pour les moins mobi­les d’entre nous, des véhi­cu­les plus éco­no­mes de matiè­res pre­miè­res et d’éner­gie, plus soli­des et plus faci­les et moins cou­teux à répa­rer. Si c’est pour que les sala­riés aient voix au cha­pi­tre au con­seil d’admi­nis­tra­tion de leur entre­prise. Là, c’est un début !

« Nous vou­lons l’aban­don de tou­tes les réfor­mes qui ont remis en cause des droits fon­da­men­taux dans les domai­nes de la santé, de la jus­tice, de l’édu­ca­tion et de la pro­tec­tion sociale. » 

Avec quel recul ? Depuis 2007 ou avant ? Il ne fau­drait pas oublier les liber­ti­ci­des “lois Per­ben”, les lois sur les retrai­tes du privé (Bal­la­dur - 1993) et du publi­que (Raf­fa­rin - 2003), sur les ser­vi­ces publics, etc. Ouvrir des débats sur les ser­vi­ces dont nous avons besoin et com­ment les ren­dre, sur la répres­sion, sur l’emploi des nano­tech­no­lo­gies, sur l’usage de la bio­mé­trie, le tra­çage (puces RFID), les ficha­ges en tout gen­res de “Base-élè­ves” au fichage ADN géné­ra­lisé en pas­sant par “Sco­net”, “Edvige” et tous les autres.

« Comme en Gua­de­loupe, nous exi­geons une aug­men­ta­tion de 200 € pour tou­tes et tous, salari-é-s, retraité-e-s, chô­meu­ses, chô­meurs et minima sociaux. »  

Aug­men­ter le pou­voir d’achat, cer­tes, c’est une mesure d’urgence pour les plus démuni-e-s d’entre nous mais, c’est insuf­fi­sant ! Com­ment ces­ser cette course à la crois­sance ? Peut-on seu­le­ment la cri­ti­quer ? Et abo­lir, au moins, les pro­fits moné­tai­res, limi­ter les “gros ” salai­res ? Com­ment nous orga­ni­ser pour défi­nir ensem­ble ce que seraient nos besoins réels, sur la pro­duc­tion que nous devons con­ser­ver pour les satis­faire tout en sor­tant de ce pro­duc­ti­visme des­truc­teur de nos res­sour­ces com­mu­nes. Com­ment faire vivre la démo­cra­tie ? Quelle stra­té­gie ?

Et main­te­nant que fait-on ?

“Recon­si­dé­rer la con­di­tion humaine du point de vue de nos expé­rien­ces et de nos crain­tes les plus récen­tes. Il s’agit là évi­dem­ment de réflexion, et l’irré­flexion me paraît une des prin­ci­pa­les carac­té­ris­ti­ques de notre temps. Ce que je pro­pose est donc très sim­ple : rien de plus que de pen­ser ce que nous fai­sons.” - Han­nah Arendt.

Les espoirs por­tés par les antillais d’une autre société, mal­gré une grève géné­rale de plu­sieurs semai­nes se sont fina­le­ment enli­sés lors des négo­cia­tions, lais­sant uto­pies et rêves poé­ti­ques de côté. Des semai­nes d’action pour un résul­tat bien éloi­gné des espé­ran­ces.

Aujourd’hui, per­sonne n’ose plus ! Aucun pou­voir ins­ti­tué (gou­ver­ne­ment, par­le­ment, par­tis, syn­di­cats,…)  n’ose élar­gir le débat, n’ose pro­po­ser autre chose qu’une répar­ti­tion dif­fé­rente des riches­ses, n’ose pren­dre le ris­que de sor­tir réel­le­ment du modèle capi­ta­liste/pro­duc­ti­viste ni n’ima­gine vrai­ment com­ment sor­tir d’un sala­riat alié­nant, escla­va­giste. La mora­li­sa­tion de ce sys­tème en échec revient à col­ler un emplâ­tre sur une jambe de bois. Cha­cune ayant son “modèle”, aucune n’envi­sage une révolte créa­trice, paci­fiée et per­ma­nente redon­nant tout son sens à une Démo­cra­tie qui per­met­trait à tous de savoir avant de déci­der.

Sans plus atten­dre, ren­con­trons-nous, dans nos cam­pa­gnes, dans nos vil­les, dans nos quar­tiers. Pré­pa­rons et menons ces débats et dès que pos­si­ble pre­nons les déci­sions qui s’impo­sent. Pre­nons en mains et ne lâchons rien de ce qui fonde les règles et les métho­des démo­cra­ti­ques afin de cons­truire une large base d’aspi­ra­tions com­mu­nes.

Ne nous lais­sons plus dis­traire par les simu­la­cres élec­to­raux pour con­sa­crer tout notre temps encore libre à l’éla­bo­ra­tion d’un pro­jet de vie com­mune, sou­hai­ta­ble, envia­ble pour nous et nos enfants. Se libé­rer de la dic­ta­ture de l’emploi accrue par la crise et celle des médias domi­nants pour tra­vailler, œuvrer à nou­veau à l’éla­bo­ra­tion d’un pro­jet com­mun, pour le bien com­mun, est devenu un impé­ra­tif.

Qu’une action de grande ampleur porte et défende des objec­tifs par­ta­gés par le plus grand nom­bre pos­si­ble. Que des réflexions mises en com­mun pour mieux anti­ci­per les mau­vais coups soient nos ambi­tions pre­miè­res. Ce sont en effet les seu­les clefs dont nous dis­po­sons pour espé­rer réus­sir les chan­ge­ments sou­hai­tés. Con­ver­gence et coor­di­na­tion sont les seu­les métho­des pour limi­ter voire arrê­ter les dégâts sup­por­tés par de plus en plus d’entre les plus hum­bles.

La colère doit céder la place à l’indi­gna­tion. De celle qui désire et veut d’abord évi­ter le pire que serait une forte répres­sion déjà visi­ble mal­gré la pro­pa­gande et la dés­in­for­ma­tion; de celle qui désire et veut par des­sus tout repren­dre notre sou­ve­rai­neté à cette pano­plie d’acteurs poli­ti­ques de série B - au pre­mier chef, le pion de fer de ser­vice. Tous diri­gés par la main invi­si­ble qu’est cette caste mon­diale de plou­to­cra­tes illu­mi­nés et aveu­gles. Cette main invi­si­ble là est bien plus vraie que celle que l’on prête impu­né­ment au mar­ché. Le mar­ché c’est eux et nous som­mes les din­dons de la farce.

Dis­crè­te­ment, peu à peu, depuis main­te­nant plus de trente ans, par des pseu­dos réfor­mes recou­rant à la méthode des petits pas, ils ont tru­qué, détourné, sub­ti­lisé les ins­ti­tu­tions et les tex­tes qui les régis­sent jusqu’à déna­tu­rer ce que l’on ose encore appe­ler la démo­cra­tie.

Repre­nons en main le cours de l’his­toire. Lais­sons libre cours à nos ini­tia­ti­ves sans jamais per­dre de vue l’ardente obli­ga­tion de pré­ser­ver et de ché­rir la liberté, l’éga­lité et la fra­ter­nité.

Rap­por­tez nous vos ini­tia­ti­ves, par­ta­gez vos expé­rien­ces et nous les publie­rons. Mieux vous les publie­rez vous même sur Netoyens.info !

Pour le bien com­mun, pour un autre ave­nir… Réa­ni­mons la démo­cra­tie !


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