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Nos amis les vétérinaires

Mabesoone_LM_28-01-11.jpgAujourd’hui, je suis allé acheter comme presque tous les week-ends, des graviers de litière pour notre chat. Dans le magasin D2, sorte de Confo’ à la japonaise, j’ai eu l’idée de poser mon compteur Geiger sur la montagne de sachets de litière. Et voilà que mon compteur dépasse les 0,30 uSv/h (microsieverts/heure). Le bruit de fond habituel à Nagano-ville étant maintenant de 0,13 uSv/h dont 0,03 uSv/h de radioactivité naturelle - presque tout le reste venant de Fukushima !

Je sais qu’une partie de cet écart peut provenir des produits utilisés dans la litière et donc des radiations naturelles du potassium ou des phosphates, mais une telle différence, détectable avec un simple compteur Geiger, ce n’est pas rassurant. D’autant plus que toutes les autres litières ne faisaient presque pas monter le compteur. J’ai donc changé de marque de litière… Méfiez-vous des articles bon marché au Japon !

À propos, j’avais déjà fait une relevé similaire de 0,42 uSv/h sur de l’engrais, mesure relatée dans une chronique précédente [1].

Quoiqu’il en soit, amoureux du jardinage ou amoureux des chats, méfiez-vous, faites-vos courses avec un compteur ! Nous savons bien que les boues radioactives issues de l’épuration des eaux de l’Est de Japon sont utilisées dans de nombreux produits et que des minéraux contaminés ou des déchets ont été largement utilisés dans la fabrication de matériaux de construction (ciments, etc.).

Je me dis que, quand même, je respirais un peu des poussières de cette drôle de litière tous les soirs, pour changer les graviers de notre « petit Louis » le chat ! En plus, ce n’était certainement pas bon pour lui, non plus… Ce chat, nous l’avons sauvé in extremis il y a deux ans. Âgé d’un mois seulement, il s’était réfugié au pied de notre appartement, après avoir été abandonné par sa mère, une chatte de gouttière… mais aussi mère indigne.  Depuis, il s’entend de mieux en mieux avec notre vieille chienne teckel « Caramel ». D’ailleurs, nous avons aussi deux perroquets Inséparables… Avec toute cette adorable ménagerie, la situation deviendrait encore plus complexe, si nous devions prendre la fuite à cause d’une nouvelle convulsion de la centrale de Fukushima Daiichi.

Bref, ceci me rappelle une chose plus importante : il est reconnu que les petits animaux sont plus sensibles que les hommes aux effets d’une exposition chronique aux faibles radiations, leur métabolisme étant encore plus réduit que celui des enfants. Or, tant que le Pr Shun’ichi YAMASHITA - notoire négationniste des effets des radiations - contrôlera le CHU de Fukushima, très peu d’informations filtreront au sujet des premières naissances anormales ou des premières maladies observées.

Dans un tel contexte, des études indépendantes peuvent être menées par des vétérinaires de Fukushima. C’est ce que m’indiquait M. Michel Fernex, professeur émérite de l’Université de Bâle, dans un commentaire à une de mes précédentes chroniques (cf. ici le troisième commentaire) :

« Les médecins vétérinaires amis pourraient faire des statistiques concernant les malformations chez les veaux, les cabris voire les chiots à la naissance, et travailler en silence. Avec des collections de photographies systématiques, par exemple dans des fermes modèles. Il faut trouver des amis très discrets, muets. La mortalité périnatale préoccupe les éleveurs qui peuvent l’inscrire chaque jour dans un carnet. »

Les premiers veaux, cabris, chiens et chats conçus après la catastrophe vont justement naitre dans quelques mois, au printemps 2012. Dans la version japonaise de cet article, j’ai lancé un appel à tous les vétérinaires de l’Est du Japon, afin de trouver un groupe de praticiens disposés à réaliser une enquête sérieuse. Si les premières maladies apparaissent chez les animaux, alors, il me semble que ce serait une chance de pouvoir mettre en garde le public - mais aussi les autorités - un peu plus vite, de façon concrète. La presse relaierait certainement ce type de recherche, s’il y a des résultats probants. Et ceci aurait une grande influence sur la volonté des gens d’évacuer et de se protéger de la contamination alimentaire…

Je joins au passage la carte de tous les vétérinaires [2] pratiquant autour de la centrale nucléaire de Fukushima…


Post-scriptum

Retour sur Fukushima - invité Mycle Schneider - Terre à terre - France Culture - 28/01/12

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Laurent Mabesoone

Author: Laurent Mabesoone

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Comments (1)

VG VG ·  29 January 2012, 13h39

Je pense aussi qu’il faut se méfier de tout ce qui est “low cost” ou des prix clairement plus bas que chez les confrères ou concurrents, ou que par le passé (avec la concurrence à la délocalisation que certains de nos dirigeants feignent de découvrir) : c’est quasiment toujours au prix (caché) de conséquences sociales ou environnementales. Ici, on a déjà vu des tentatives d’intégrer des matériaux radioactifs dans les produits de consommation. La CRIIRAD avait mené bataille contre cela. Voir notamment ici : http://www.criirad.org/mobilisation…
A propos de la vulnérabilité des chats, je signale aussi le problème rencontré avec des aliments irradiés à haute dose (pbs neurologiques graves) mentionné ici : http://www.irradiation-aliments.org… et surtout là : http://www.irradiation-aliments.org… avec ce petit texte : Une hécatombe de chats en Australie, fait divers ou cas emblématique ? En novembre 2008, l’entreprise « Champion Petfoods Ltd » a rappelé des produits d’alimentation animale vendus sous la marque « ORIJEN » commercialisés en Australie. Ce retrait faisait suite à l’enquête du groupement de vétérinaires australiens chargé des inspections 21 . Ce dernier avait en effet constaté des troubles neurologiques sur des chats ayant été nourris avec des produits ORIJEN. La nourriture avait été préparée avec des produits frais transformés à une température relativement faible (90°C) et irradiés à des doses élevées (60 kGy). Ces faits ont conduit le gouvernement australien à annuler l’obligation d’irradiation qu’il avait édictée plus de dix ans auparavant pour ce type de produits 22. L’entreprise ORIJEN a entre-temps déploré la réaction rapide du gouvernement australien, le lien entre troubles neurologiques et aliments irradiés n’ayant pas été établi de façon irréfutable, en l’absence d’enquêtes plus approfondies.
Et enfin à propos des prix bas, quelques articles ici : http://www.actionconsommation.org/p…
Bravo pour l’appel lancé aux vétérinaires. Les Australiens avaient bien bossé (voir ref. dans l’article) mais c’est resté sans suite et étouffé par les institutions, là-bas, l’AIEA et ici en France, bien sur….

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