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Pour le blanc, le Non ! et la sobriété énergétique

Alter2012.jpgLa vie serait simple. Elle se réduirait aux apparences et aux parcours fléchés. Il n’y aurait plus qu’à suivre les fanions, le drapeau, la banderole sur les grands boulevards électoraux.

Ainsi, dans les bureaux de vote du 6 mai 2012, le vote lui aussi serait on ne peut plus simple. Il n’y aurait que le vote blanc un peu honteux qui ferait fi de l’engagement et du courage nécessaire en ces décisifs instants, puis il y aurait les deux bulletins nominatifs qu’on essaye de nous vendre comme la seule alternative. Vraiment ?

Ne cherchez pas le bulletin blanc, il n’existe pas. Ne cherchez pas plus le bulletin dit « nul ». C’est à vous de l’inventer car notre système électoral à l’imaginaire triste et rabougri, plutôt que d’essayer d’en fournir des plus ragoûtant, les déréalise bien plutôt en les faisant disparaître des résultats électoraux contrairement aux abstentions que l’on surveille encore comme le lait sur le feu.

De valable, il ne nous resterait donc les bulletins des deux finalistes de cette coupe de France électorale nauséabonde. Le premier devant être combattu pour ses trahisons, ses mensonges et ses dérives fascisantes, il n’y aurait plus que le bulletin de l’ultime second à mettre massivement dans l’enveloppe puis dans l’urne ce qui nous donnerait le pouvoir immense et fabuleux de confirmer tous les pronostiques sondagiers avant de tout abandonner à l’impétrant pour une durée légale de cinq ans.

Loin d’être véritablement démocratique, la Présidentielle 2012 © comme toutes les autres élections a fortiori au scrutin majoritaire est une authentique broyeuse de réel. Elle est faite pour tordre sans débats les aspirations de chacun, des plus singulières aux plus soucieuses de l’intérêt général pour les faire entrer dans le moule des dominations liberticides en tout genre.

Tordante à souhait, l’actualité du jeudi 26 avril nous livrait un exemple de l’abyssale gravité de la situation. Un ancien premier ministre solférinien, en effet, rapportait ce jour-là qu’un de ces collègues et ami député « de droite » était inquiet de savoir que le président sortant pourrait en réalité ne pas être sorti le 6 mai au soir. Outre notre étonnement, le sourire entendu de certains et la grande frayeur des autres, on finissait après une gymnastique méditative ad hoc par conclure que les ami-e-s de ces amis « de droite » et « de gauche » finiraient logiquement par voter pour le même. Surpriiise ?

Pour insuffler dans ce carcan électoral de tarés un vent de résistance propre à défendre ce qu’il nous reste de citoyenneté, il nous revient donc de produire l’effort de l’insoumission en commençant par libérer du temps de cerveau de ces griffes blablatiques. Pure Folie !!! Je sais.

Qu’importe. Partant du constat qu’il n’y a toujours pas d’obligation de voter [1] et que l’on a bien plus d’options que le choix binaire pointé du doigt, outre le vote prescrit à longueur d’émissions et dans bien des colonnes, il reste en réalité trois autres véritables possibilités qui pourraient nous aider à pratiquer l’audace antisystème mais pour un nouveau paradigme, pour une constituante, pour une Récommune et la 1ère Démocratie.

  • le vote blanc qui consiste à déposer une enveloppe vide mais néanmoins pleine du sens singulier que l’on voudra secrètement y mettre, isoloir oblige ! ;

  • le vote « Non ! » en mémoire du référendum du 29 mai 2005 bafoué par un pouvoir législatif qui, « à droite » comme « à gauche »,  a ratifié en février 2008 un Traité de Lisbonne cher au président sortant (qu’on aurait jamais du laisser entrer ne serait ce que pour nous éviter cette félonie), un traité dont on mesure actuellement en Grèce [2] mais aussi au Portugal, en Espagne, en Italie et en Irlande les menaces sadiques qu’il fait peser chaque jour un peu plus sur Nous, les peuples d’Europe;

  • la sobriété énergétique joyeusement paresseuse qui consiste à ne pas se déplacer au nom de la lutte contre le dérèglement climatique et pour l’arrêt immédiat du nucléaire tout comme il est indispensable de résister ! aux injonctions électorales qui réduisent et ramènent l’exercice libre et conscient de notre citoyenneté à « la victoire d’un tel contre un tel à raison de l’addition des isoloirs ».

Puisqu’on ne nous parle que de ça et qu’on nous en promet quoiqu’il arrive, quitte à souffrir, mes bien chers frères et bien chères sœurs, souffrons ensemble en toute liberté dans la désobéissance et la bonne humeur.




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Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

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Commentaires (5)

ardr ardr ·  29 avril 2012, 17h09

Personnellement, mon choix est fait depuis mercredi soir.

Voter par défaut ne sert a rien…..cela entretient le système institutionnel et médiatique pourri, dans lequel la majorité de nos population baignent, jusqu’à s’y noyer. Et noyer tous les espoirs de changement vers une radicalité concrête.

Désormais c’est soit l’adhésion soit l’abstention, seul vote de rejet visible, les blanc et nuls n’étant pas pris en compte.

edrobal edrobal ·  30 avril 2012, 09h37

Moi, mon choix était fait avant même le premier tour. J’ai voté Mélenchon par conviction. Alors, pourquoi irais-je me fondre dans un moule que je récuse ? Donc, j’économiserai quelques gouttes d’essence en ne me rendant pas à mon bureau de vote. Et que ceux qui ont voté Hollandréou sortent leur mouchoir.

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  14 septembre 2013, 02h17

Je ne participerai pas aux prochaines élections européennes, sauf si…

Par le Yéti, le 07/09/2013 (rue89.com) - Extrait

Je ne participerai pas à ce scrutin d’opérette, d’abord parce que je ne veux plus de cette UE, ni de sa constitution scélérate que mon pays a d’ailleurs majoritairement refusée par référendum en mai 2005.

Je ne participerai pas à cette pantomime électorale parce que l’UE n’a plus rien d’une véritable l’union (sans majuscule) européenne au sens noble, démocratique, du terme. Ne subsiste qu’une Troïka de malfaisants (je pèse mes mots) qui met les populations sous une pression insupportable dans le seul but de sauvegarder ses prérogatives et celles de ses acolytes privés.

Je ne voterai pas non plus pour ceux qui se contentent de vouloir réformer l’UE moribonde de l’intérieur. En faisant valoir la puissance de leur pays sur l’échelle mondiale, par exemple (et les « petits » pays pas puissants pour un sou, eux, ils se couchent ?). Ça ne suffit pas. Ça ne suffit plus. L’UE est en train de mourir. Aidons-la.

EJ EJ ·  10 novembre 2013, 14h24

Il y a deux ans, quand j’ai été arrêté devant la Maison Blanche lors d’une manifestation contre le pipeline Keystone XL de sables bitumineux, l’une des 166 personnes qui portaient des menottes ce jour-là était un glaciologue du nom de Jason Box, un expert de renommée mondiale sur la fonte des glaces au Groenland. « Je me devais de le faire par amour-propre » a dit Box à l’époque, en ajoutant :

« voter semble insuffisant dans ce cas. J’ai besoin d’être un citoyen aussi ».

Comment la science nous appelle tous à la révolte
Naomi Klein

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Suri4 Suri4 ·  02 février 2015, 13h30

Le « non » au référendum de 2005 avec J.L. Mélenchon


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