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Une élection historique au Japon

Mabesonne_jaune_LM_28-11-11.jpgHier, un événement historique s’est produit, qui, à mon avis, marquera une rupture nette dans la géopolitique du Japon. Il s’agit de la très large victoire de M. Hashimoto (42 ans) à l’élection pour la Mairie d’Osaka.

M. Hashimoto, jeune avocat brillant, est aussi le gouverneur sortant de la « Préfecture de Osaka » (Osaka-fu), où il vient de faire élire tout aussi triomphalement son bras droit, M, Matsui.

Tous deux ont construit leur campagne sur un projet précis : unifier la « préfecture » et la « municipalité » de Osaka (deuxième ville du pays) pour créer une sorte de « Grand Osaka », la « Métropole de Osaka » (Osaka-to) à l’instar de la « Métropole de Tokyo » (Tokyo-to, seule ville à détenir ce statut administratif). Le gouvernement ne peut que se plier à ce double verdict des urnes, et accepter un projet qui va augmenter considérablement le pouvoir d’attraction de l’ouest du pays alors que l’attractivité de cette région avait déjà été amplifiée par l’effet du séisme et de la catastrophe de Fukushima.

Dans quelques années, dès que la multiplication des maladies infantiles dues aux radiations sera indéniable dans l’Est du Japon, les jeunes générations refuseront de travailler ou d’étudier dans l’Est du pays et l’exode s’accélérera.

D’ailleurs, comme le fait remarquer l’excellent « Fukushima blog » [1], des signes de baisse des défenses immunitaires dans la population commencent a être patents.

Si le gouverneur de Tokyo Ishihara, pro-nucléaire pur et dur, continue à accepter de stocker les déchets du Nord-Est dans sa métropole, le phénomène ne peut que s’accentuer [2].

Personnellement, j’ai toujours eu le sentiment, depuis mars, que la capitale du Japon quitterait plus ou moins vite Tokyo pour l’Ouest du pays (le Kansai). Ce n’est plus qu’une question de temps… dix ans au maximum ?

Après tout, cette région a toujours abrité la capitale impériale depuis le VI ième siècle jusqu’en 1868. D’ailleurs, un changement de capitale délibéré serait peut-être la dernière chance pour le Japon, afin de ne pas sombrer peu à peu dans un déclin durable [3].

Mais il y a une condition à cette renaissance de l’Ouest du Japon : que les citoyens d’Osaka forcent la Kansai Electrics à fermer toutes ses centrales nucléaires et que le nouveau Maire Hashimoto cesse de promettre de stocker à Osaka des déchets radioactifs du Nord-Est. Car il suffirait d’un seul nouvel accident nucléaire, à Fukui par exemple[4], pour que le Japon tout entier, ce pays à la culture millénaire, soit condamné au déclin définitif.

Amis d’Osaka, sauvez le Japon !

Notes :

[1] http://fukushima.over-blog.fr/article-les-effets-de-la-catastrophe-de-fukushima-sur-la-sante-89854801.html

[2Voir le graphique de l’augmentation subite des radiations ambiantes – jusqu’à 6 uSv/h ! - dans une partie du quartier de Shinagawa à Tokyo, près d’une décharge.

[3] On peut faire le parallèle avec le passage de pouvoir, de la ville de Brugges – ensablée - à Anvers, dans la Belgique du Moyen-Âge.

[4] Préfecture juste au Nord d’Osaka, « truffée » de centrales diverses.


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Laurent Mabesoone

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