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La ruée de la fortune.

Il y aurait un arti­cle à écrire à côté de ce poème, sur le scan­dale absolu d’une direc­tion de la CGT, qui, ce mer­credi 24 juin 2009, a orga­nisé la chasse, à coup de gaz lacry­mo­gè­nes et de bar­res de fer, con­tre les « Sans-Papiers » réfu­giés dans les bureaux du syn­di­cat, les envoyant du même coup direc­te­ment dans les bras des gen­dar­mes. Honte à de tels « défen­seurs » des exploi­tés et des oppri­més !

Ils ont cerné le vil­lage. Ils nous ont chas­sés.
Ils ont pillé nos récol­tes, ont tout sac­cagé.
Ils ont tué le bétail. Ils ont mis le feu,
sou­met­tant à leur loi la terre de nos aïeux.

Ils ont pro­duit leurs titres de pro­priété
signés par notre Pré­si­dent. Ils ont creusé
des puits sales d’où sur­git l’or noir nau­séa­bond,
qui répand sur nos champs son veni­meux poi­son.

Ici, c’est le pétrole, et là, ce sont des mines
de cobalt ou d’ura­nium, que leurs usi­nes
raf­fi­ne­ront, pour ravi­tailler les patrons
d’indus­tries flo­ris­san­tes, dans le pur style colon.

Leur for­tune gar­gan­tues­que se mul­ti­plie,
en détrui­sant tout ce qui fai­sait notre vie.
On sort les vieux pon­cifs sur les eth­nies guer­riè­res,
tan­dis que nous cre­vons sous les coups mer­ce­nai­res.

Pour mieux nous muse­ler, à grands coups de dol­lars,
ils ins­tal­lent des dic­ta­teurs et leurs sou­dards.
Et nous serions en proie à nos lut­tes tri­ba­les,
nous aurions bien besoin de leur ordre moral !

Et nous voilà, après d’amè­res tri­bu­la­tions,
entas­sés dans des camps, vas­tes dor­toirs-pri­sons,
où nous devons men­dier l’aide des O.N.G.
pour ten­ter de sur­vi­vre, pour avoir à man­ger !

Quel­ques-uns parmi nous auront la chance insi­gne
de par­ve­nir à s’infil­trer entre les lignes,
pour for­cer le des­tin sur des che­mins d’exil,
cher­chant chez des pri­vi­lé­giés un droit d’asile…

Le par­cours sera dur, sans hos­pi­ta­lité.
Si leur esquif n’a pas cha­viré, trop chargé,
la fron­tière se dresse, et ses gar­des armés,
prêts à tirer. Et s’ils réus­sis­sent à pas­ser,

héroï­que odys­sée, ils n’ont pas les papiers !
Le sésame admi­nis­tra­tif pour exis­ter !
Ils seront soit des clan­des­tins surex­ploi­tés,
ou mis en réten­tion, mal­me­nés, expé­diés,

sans le moin­dre souci de ce qui, au retour,
les attend, la pri­son, la tor­ture ou la mort.
S’ils ont chez nous une femme, s’ils ont des enfants,
à la famille détruite, on dit : “mariage blanc” !

Tous les peu­ples du monde sont en coupe réglée
sous l’emprise de l’éco­no­mie mon­dia­li­sée,
héri­tière des capi­taux trans­mis à l’ombre
du secret de la Ban­que, muette comme la tombe.

En occi­dent, les ultras-riches délo­ca­li­sent.
Ils pres­sent le citron, puis se font la valise.
Ils sou­ti­rent aux grouillots un maxi­mum d’efforts,
avant de les jeter pour se ruer vers l’or.

Tous les “emplois” sont de plus en plus incer­tains.
Les salai­res sont réduits, la porte n’est pas loin.
Cha­cun, sans préa­vis, du jour au len­de­main,
peut se trou­ver licen­cié. À quand le pro­chain ?

Leurs trai­tes impayées les tenaient bien en laisse.
Le grand patron s’est envolé avec la caisse.
S’ils n’ont plus de salaire, demeu­rent les cré­dits.
Les agios s’accu­mu­lent. La ban­que les inter­dit.

Com­ment gar­der son loge­ment, et se nour­rir ?
Com­ment pren­dre soin des enfants ? Quel ave­nir
les nan­tis décom­plexés leur con­coc­tent-ils ?
Qu’ils soient ou non diplô­més, c’est vrai­ment débile,

nos enfants ne trou­vent pas de place dans nos vil­les.
Cor­véa­bles à merci, flexi­bles et mobi­les,
main d’œuvre appe­lée “charge” dans les livres de compte,
c’est sur leur dos que vont s’engrais­ser les grands pon­tes.

Nos droits sociaux sont en berne. On nous pré­ca­rise
sur tous les fronts à la fois. Tout est mar­chan­dise
aux mains des diri­geants. Tout doit faire des pro­fits
pour les grands action­nai­res, aux dépens des petits.

La mode est au “tra­vailleur pau­vre”. Qui n’a d’abri
que sa voi­ture, où l’hiver, il gèle endormi.
Un cran plus loin, et sans bruit on devient clo­chard,
avec ses car­tons prié d’aller se faire voir

n’importe où, mais ailleurs. Sommé d’éva­cuer
en vertu d’arrê­tés “anti-men­di­cité”.
Sinon, cade­nas­sés der­rière les grilles de fer
des pri­sons. Con­densé d’absur­di­tés. Autre enfer.

Des fois qu’en les voyant enva­hir les cités,
ça don­ne­rait aux citoyens de drô­les d’idées,
et que peut-être même ils iraient con­tes­ter
les sta­tis­ti­ques pavoi­san­tes et bidon­nées.

On nous ment impu­né­ment. L’opi­nion publi­que
est res­sas­sée au moment de l’info… Magi­que !
On parle à notre place. On sonde et on com­mente,
et la voix de son maî­tre sur du vent orne­mente.

Et l’on embau­che dans la police et dans l’armée
pour mieux répri­mer la colère des oppri­més.
Pro­mes­ses de car­rière ! C’est le bel engre­nage
de la misère aux abois et du vieux fli­cage.

Car l’injus­tice igno­ble oblige à con­trô­ler
tout ce qui bouge, tout ce qui vit. Nous som­mes fichés
de tous côtés par les bons admi­nis­tra­tifs
qui col­la­bo­rent au règne du tout-répres­sif.

Et si nous déci­dions d’arrê­ter les dégâts ?
Si à l’ubris dément nous met­tions le holà ?
Si nous arrê­tions les abus de tou­tes sor­tes,
si nous lais­sions hai­nes et folies à la porte ?

D’un bout du monde à l’autre les pau­vres s’appau­vris­sent,
tan­dis que les mul­ti­mil­liar­dai­res s’enri­chis­sent
à un rythme effréné, nous cour­bant sous leur loi,
en s’atta­quant au pas de charge à tous nos droits.

Lar­vée ou écra­sante, c’est à leur dic­ta­ture,
à leur pen­sée uni­que et à leurs for­fai­tu­res
que nous som­mes affron­tés, nous la chair à sol­dat,
nous les res­sour­ces humai­nes, et le peu­ple d’en bas.

Ce sys­tème per­vers et pré­da­teur divise
ceux qui ont tout perdu, que l’on cri­mi­na­lise,
les révol­tes socia­les que les puis­sants mépri­sent,
que l’on caté­go­rise, que l’on cul­pa­bi­lise.

Ces­sons de nous en pren­dre à des boucs émis­sai­res
aussi lar­gués que nous. Les hauts milieux d’affai­res
accueillent en sei­gneurs des tyrans san­gui­nai­res,
leurs affi­dés d’hier, réfu­giés sur nos ter­res

avec l’argent volé aux peu­ples affa­més,
le prix de tra­fics d’armes, et de com­pli­ci­tés
dans les catas­tro­phes huma­ni­tai­res pro­gram­mées
pour la crois­sance folle de riches­ses éhon­tées.

Qu’avons-nous de bon à atten­dre de ces ban­des,
trop occu­pées à la gon­flette des divi­den­des
pour s’émou­voir des désas­tres col­la­té­raux.
Aban­don­nons à leurs déli­res ces méga­los

qui nous racon­tent que la lutte des clas­ses, c’est fini…
que l’Inter­na­tio­nale n’est que celle des pro­fits,
qui débla­tè­rent sur l’archaïsme de l’huma­nisme,
en dis­ser­tant sur la faillite du sta­li­nisme,

qui pour­sui­vent en Jus­tice ceux qui sont soli­dai­res,
qui pous­sent à la déla­tion, qui veu­lent faire taire
les insou­mis, en les bap­ti­sant “ter­ro­ris­tes”,
mais van­tant nos démo­cra­ties, ces hypo­cri­tes !

Nous n’avons pas besoin de ces sang­sues vam­pi­res.
À eux d’être virés, pour ne plus reve­nir !
Et si nous repre­nions tout depuis la racine,
si nous déci­dions de pas­ser un autre film,

et de repren­dre enfin nos pro­pres vies en mains,
ici et main­te­nant, sans atten­dre à demain.
Liberté, éga­lité, soli­da­rité.
La devise est jolie. Y’a plus qu’à l’appli­quer.


Gda­lia (Juin 2009)

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Gdalia Roulin

Author: Gdalia Roulin

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