Dernière mise à jour 22/11/2017

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Le fascisme qui vient et l'insurrection qui se retient

Ça faisait bien longtemps que la France n’avait pas eu de prisonnier politique. On vient de le libérer des geôles de la Santé après 6 mois d’un enfermement sans fondement qui aura défrayé toutes les chroniques. La veille de sa sortie en “ catimini ” - comme l’ont repris en choeur tous les medias - le journal Le Monde publiait fort à propos une interview exclusive de Julien Coupat depuis reprise et commentée un peu partout.

Cet article, vous le verrez (*), élève son auteur au niveau des meilleurs analystes de la situation politique contemporaine. Une analyse féroce qui, par son brio et la notoriété dont elle bénéficie désormais, signe avec quelques autres la fin d’un hiver de trop d’années ternes et bien mal éclairées par une ribambelle de chroniqueurs, de philosophes et de politiques sur-médiatisés, de gauche comme de droite, tous épris ou en proie aux addictions néolibérales ou néo-conservatrices et, pour certains, suppôts de la dérive proto-fasciste en marche.

Le fascisme qui vient

Osons le dire, cette interview ne dénoterait pas dans les colonnes de Netoyens!. Elle évoque en effet et avec talent un ensemble de thèmes qu’on ne traite que trop peu par ailleurs. Évoquons notamment l’urgence de l’élaboration d’un nouveau paradigme tant l’actuel décline sous nos yeux de manière forcenée et délétère; les émeutes de décembre 2008 en Grèce mais sans pour autant laver notre honte d’avoir autant festoyé quand on nous appelait si fort au soutien; l’aspect si crucial de la souveraineté quand il s’agit de nommer, de désigner, de définir et, partant, d’établir les agendas politiques.

Sur ce dernier sujet, l’auteur ne prend pas quant à lui le risque de confondre souveraineté et nationalisme contrairement à un José Bové qu’on découvre en proie aux troubles de la mémoire, la tête dans le guidon des vieilles urgences électorales. Comme nous il est de longue date le défenseur de cette souveraineté alimentaire qui fait tant défaut à nombre de nationaux des pays d’Afrique et de bien d’autres peuples encore. On croyait pourtant avoir bien compris, depuis Hannah Arendt, que le péril ne vient pas tant des nations que des États qui les contrôlent de surcroît quand ils se constituent en un État dans l’État (ex. le nucléaire en France) ou en un État policier, comme ce fut le cas dans toute l’Europe de la fin des années 30.

Cette souveraineté ou plutôt sa mise sous tutelle par une oligarchie malfaisante, c’est bien ce qui semble avoir motivé le combat “ MAM vs Sarko “ sur lequel nous a éclairé le journal en ligne Rue89.com récemment [1]. La ministre de l’intérieur en titre a mené la bataille pour une police à la mode chiraquienne en concurrence avec celle mise en place par son rival depuis victorieux. Elle aussi a perdu. Tant et si bien que l’on peut déjà prédire à la ministre une fin de carrière politique proche. Julien Coupat en aura fait les frais. Il a bien été libéré mais tant qu’un non-lieu n’aura pas été prononcé par la justice, il y a fort à parier qu’il sera maintenu sous un contrôle judiciaire étroit.

Monsieur Sarkozy en profite donc pour reprendre en main l’Intérieur depuis l’Élysée au bénéfice d’une allocution aux tonalités sécuritaires classiques qui ne trompera personne à la veille d’une élection. Sans frein désormais, il se relance dans une bien curieuse guerre de police qui risque de sourdre encore pour se livrer sans vergogne sur le nouveau champ de bataille qu’est l’action de police préventive. Elle commence par faire ficher tous les citoyens y compris les plus jeunes, dès qu’ils sont scolarisés et même, peut-être bien, avant [2]. Elle s’accomplit dans l’arrestation manu militari d’innocents ou, quoiqu’il arrive, de présumés innocents.

Cette nouvelle doctrine policière emprunte à la logique de la guerre préventive initiée par les États-Unis sous la gouverne du déjà presque oublié DobeulYou et de sa clique néocons. On en voit les effets désastreux en Irak et en Afghanistan où s’englueront Obama et l’obamania. Ce n’est pas non plus sans nous faire penser à une sorte de Minority Report, à la française cette fois. Ici, différents clans constitués d’une poignée de gens illuminés et convaincus d’être en charge de notre petit monde, bien à l’abris au sein des arcanes d’un pouvoir désormais concentré et bientôt retranché au sommet de l’État, seraient en train de se livrer à une compétition affolée. En proie au délire scientiste, les nouvelles technologies - les bio, les nanotechnologies et celles de l’information - deviennent pour eux le seul espoir de se maintenir puissants quand tout commence à leur échapper. C’est bien plus là qu’à Tarnac ou ailleurs que le terrorisme se fomente pour se faire réellement dangereux pour tout un chacun.

Dans son édition du 23 avril, l’hebdomadaire Politis nous livrait une interview importante de Michella Marzano, chercheuse au CNRS à propos de son dernier ouvrage “Le Fascisme, un encombrant retour” [3], une analyse de la gouvernance italienne et française actuelle comparée à celle de l’italie de Mussolini. Outre le mensonge en toute occasion qui les caractérise au point d’enlever toute valeur à la parole politique, nous retiendrons les caractéristiques communes entre le fascisme du passé et celui qui est en marche pour travailler à la confusion de l’espace public et du domaine privé. D’un coté les hommes publics se répandent dans la fange de la presse people emmenant avec eux leur famille et leur vie privée dans l’objectif de créer une diversion tandis que, par ailleurs, l’idéologie néolibérale continue depuis 30 ans ses basses oeuvres de privatisation des biens et des services publics. Une fois la confusion établie, le contrôle est plus aisé et la démocratie bafouée par un régime devenu autoritaire.

Un ou deux exemples tout de même démontrant la dérive. Sur le répondeur de La-bas si j’y suis, émission de France Inter produite et présentée par Daniel Mermet, un type racontait qu’il ne s’était pas passé 5 minutes avant que les flics ne débarquent chez lui pour lui faire enlever une banderole de son balcon, une banderole sur laquelle on pouvait lire : “Sarkozy : casse toi pauvre con !”. Rien que de très banal de nos jours donc plutôt anodin. Sans justification aucune, d’autorité pure et simple, on lui a imposé de l’enlever et sous des menaces bêtes et méchantes, Il a du obtempérer. Par ailleurs, on sait ce qui est arrivé à ce prof de philo qui aurait dit trop haut ce que l’on pense tous : “Sarkozy, je te vois”. Car en effet, nous ne le voyons que trop, en tout temps et en tout lieu, même quand il n’apparaît pas et surtout, nous voyons où il veut en venir, nous le voyons venir.

Les glissements sont anciens, bien antérieurs à 2007, alors que le même était ministre de l’intérieur. Désormais nous sommes entrés dans la zone de montée en tension. Même dans l’amnésie, la situation ne peut que se durcir : chronique en cours d’une tragédie annoncée. La seule réponse au fond est : il nous faut plus de démocratie, plus de liens, plus d’échanges, pour éclairer le vampire, pour éviter les pièges. Nous avons déjà écrit là-dessus. De ce point de vue, le projet Netoyens! est un projet de son temps.

Dans ce paysage politique amorphe où les pouvoirs, débordés, découvrent l’oxydation de leurs rouages au point d’en oublier de faire campagne électorale, ils deviennent dangereux. C’est pour cela aussi, parce qu’elle en décrit bien la logique, l’analyse de Coupat dénote mais, pour autant, elle ne détone pas. C’est pour cette raison, qu’en réalité, il n’y a rien en cette interview publiée dans Le Monde qui ne soit véritablement dangereux, en retour, pour les pouvoirs en place à telle enseigne que c’est le fascisme qui vient… plutôt que l’insurrection.

L’insurrection qui se retient

À la question “Êtes-vous l’auteur du livre L’insurrection qui vient ?”, Coupat finalement répond : “Malheureusement, je ne suis pas l’auteur de L’insurrection qui vient et toute cette affaire devrait plutôt achever de nous convaincre du caractère essentiellement policier de la fonction auteur”. Il n’empêche qu’en lisant cette interview on ne peut que se dire qu’il fait sans doute partie de ce Comité Invisible qui est l’auteur officiel du livre, un comité qu’il faut désormais imaginer bien plus large qu’on ne le pense, un comité qui pour le moment ne peut que constater la montée d’un néo-fascisme et une retenue certaine non pas dans le désir mais dans l’accomplissement de la révolte.

Comment faire autrement, en effet, au milieu de cette misère et de cette peur entretenue comme jadis aux romains à qui on se satisfaisait de n’avoir à leur donner que du pain et des jeux ? Cette fois on sature les psychés non plus seulement de Valium, d’Atarax ou de Lexomyl. On assène des formules lénifiantes tel que “C’est que du bonheur” à longueur de journée sur toutes les ondes. On sert la zapomania avec 500 chaînes de télévision et au moins autant de radio. On charge la seringue des programmes d’une bonne dose d’Eurovision de la chanson annuelle, de finales de foot à n’en plus finir, de Grands Prix de formule 1 qui étourdiraient plus d’un derviche tourneur, de tournois de tennis et de courses cyclistes dont les acteurs sont tous pris le nez dans la poudre après la ligne d’arrivée, de plus en plus avant… sans parler de toutes ces séries, toutes pareilles, toutes produites en série.

La France - et sans doute aussi, dans une moindre mesure, l’Europe  - se prépare donc à une abstention massive le 7 juin tandis qu’elle a commencé à apprendre l’abstinence. Abstinence, sans doute pour faire des économies et se préparer au choc économique et social qui vient, climatique et écologique aussi. Le million de chômeurs en plus à la fin de l’année 2009 est maintenant bien probable. Le déclin du système s’emballe et promet d’emporter les régimes pseudo démocratiques, la civilisation occidentale et le capitalisme qui domine encore le monde, avec, dans la même eau usée. En conséquence, deux choses s’imposent.

La première, c’est cette analyse sans concession, brillante et érudite qui devrait avec d’autres faire référence. Elle ne brûle pas les étapes mais s’avance suffisamment pour se constituer en une alerte fondée et consistante. Sauf à aller à Tarnac, comme notre collègue épicier nous y invite dans son interview, en revanche point de propositions (encore ?)  pour demain. Elle pêche donc par défaut de projection dans l’avenir. Le potentiel cependant est là et bien là et pour un peu il rendrait obsolète la totalité des professions de foi en lice pour les toutes prochaines élections européennes. Mais quelque chose manque. Et maintenant, on fait comment ?

La deuxième est qu’il va nous falloir du courage, beaucoup de courage. Là-dessus nous sommes nombreux à être d’accord. Du courage nous en trouverons, qui peut en douter ? Du courage d’abord pour ne pas laisser aller plus longtemps la dérive fasciste. Du courage aussi pour libérer nos forces créatives, modestes et géniales, et les mettre au service de la restauration du commun. Pour cela, la démocratie est la seule voie. La démocratie non pas restaurée cette fois mais réinventée. C’est la seule stratégie permettant l’élaboration d’un nouveau paradigme et le contrôle des agendas politiques retirés des mains des tyrans.

 


(*) nous la reproduisons in extenso dans un tiré à part du numéro 2 de l’édition imprimable de Netoyens.

 


[1] Coupat, l’ultragauche et la politisation du renseignement Par Antonin Grégoire, universitaire | 11/05/2009 | Rue89.com

[2] Récemment, en effet, j’ai vu dans une maternité un photographe venir dans les chambres offrir ses services. Équipé d’une blouse blanche et d’un badge de “professionnel” qui ne disait rien sur son employeur, il a commencé par remplir tout un formulaire prenant nom, prénom, taille, poids, adresse, numéro de téléphone et on ne sait quelles autres informations que l’on peut déduire dès lors que l’on est en contact avec les familles et que l’on est en mesure de faire prendre toutes les poses pour des photographies sous toutes les coutures. De quoi alimenter une belle parano.

[3] LE FASCISME, Un encombrant retour - Marzano Michela - Éditions Larousse
Le fascisme nous menace-t-il encore ? Peut-on encore limiter l’emploi de ce terme à un mouvement politique caractérisé par une souveraineté illimitée du dirigeant, une passion pour la guerre et une société fondée sur l’exclusion violente ? Cet essai analyse, d’un point de vue philosophique, un certain nombre de traits de notre société contemporaine (du culte de la personnalité des leaders aux politiques sécuritaires, en passant par les discours xénophobes ou la question de la « privatisation de l’espace public » et la « publicisation de l’espace privé ») qui soulèvent bien des interrogations sur l’évolution de nos démocraties médiatiques.
 


 


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Éric Jousse

Auteur: Éric Jousse

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Commentaires (9)

Gdalia Gdalia ·  01 juin 2009, 17h07

Bon­jour Éric,

Ton arti­cle me sem­ble mal­heu­reu­se­ment fort juste. Mal­heu­reu­se­ment, parce que l’état des lieux n’est pas réjouis­sant, parce que se sen­tir gou­ver­nés par une cli­que cons­pi­rant en effet à nous pié­ger dans des scé­na­rios fas­ci­sants, c’est vrai­ment igno­ble.

Un détail : je ne com­prends pas ce que tu veux dire quand tu écris “La minis­tre de l’inté­rieur en titre a mené la bataille pour une police à la mode chi­ra­quienne en con­cur­rence avec celle mise en place par son rival depuis vic­to­rieux”. Je n’ai pas suivi ce genre de péri­pé­ties.

Fina­le­ment, et après avoir lu l’excel­lent arti­cle de Lau­rence Kala­fa­ti­des : “L’Europe, le mons­tre de la CIA”, ainsi que “L’Europe de pépé a la mémoire courte”, de Mathieu Col­lo­ghan dans FAKIR n°(4)0, je dirai mélan­co­li­que­ment que les ins­ti­tu­tions euro­péen­nes, tel­les qu’on nous les a con­coc­tées, elles aussi, por­tent atteinte à nos liber­tés, car, avec l’Europe, le pou­voir s’éloi­gne de plus en plus de la base pour éma­ner du haut de la pyra­mide euro­péenne, en légi­fé­rant par-des­sus les ins­ti­tu­tions natio­na­les élues cen­sées nous repré­sen­ter. Cer­tes, nos démo­cra­ties sont tou­tes rela­ti­ves, mais de les met­tre au pas ne fait qu’empi­rer les cho­ses. Et cette Europe du mar­ché déré­gulé s’atta­que à nos con­quê­tes socia­les et à nos liber­tés, en s’ali­gnant tou­jours sur “le mieux disant” du point de vue des pro­fits des grands action­nai­res.

Rai­son de plus pour refu­ser de cau­tion­ner ces ins­ti­tu­tions per­ver­ses, où nous som­mes appe­lés à élire des dépu­tés à la pro­por­tion­nelle (avec un seuil plan­cher quand même), et quoi de plus juste que la pro­por­tion­nelle, n’est-ce-pas ? Cela per­met aux par­tis mino­ri­tai­res d’espé­rer des siè­ges ! Et de tout faire par con­sé­quent pour avoir des élus, qui cepen­dant n’auront aucun pou­voir, et seront ame­nés de par le fonc­tion­ne­ment de cette noble ins­ti­tu­tion à se fon­dre dans la masse !…

Rai­son de plus pour voter “NON 2005-2009” le 7 juin qui vient !

Gda­lia

Geneviève Confort-Sabathé Geneviève Confort-Sabathé ·  02 juin 2009, 15h32

Encore une fois, l’ana­lyse d’Eric est juste et argu­men­tée et la réac­tion de Gda­lia se com­prend. Pour­tant, je reste con­vain­cue que seul le boy­cott total des élec­tions euro­péen­nes est sus­cep­ti­ble de mar­quer un coup d’arrêt à l’entente cor­diale des trois grou­pes pré­sents au par­le­ment euro­péen. Il faut en finir avec les maqui­gnons de cette ins­ti­tu­tion anti­dé­mo­cra­ti­que. Nous ne devons ni cau­tion­ner ni par­ti­ci­per, seu­le­ment cen­su­rer et refu­ser. Notre abs­ten­tion ren­dra toute poli­ti­que euro­péenne illé­gi­time. Les élec­tions euro­péen­nes sont peut-être la der­nière sor­tie avant la dic­ta­ture. Pour ceux qui ont le coeur bien accro­ché, lire les let­tres de poi­lus dans les oeu­vres de Pierre Miquel. La guerre, c’est ça! Et la guerre, c’est aussi une manière de relan­cer la machine éco­no­mi­que. Refu­sons d’être les com­pli­ces de ceux qui pré­pa­rent non la troi­sième guerre mon­diale mais des guer­res péri­phé­ri­ques… si con­for­ta­bles pour les bobos de droite et de gau­che.

oppong oppong ·  04 juillet 2009, 13h16

“Ça fai­­sait bien long­­temps que la France n’avait pas eu de pri­­son­­nier poli­­ti­­que”

C’est du 2nd degré???

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  23 janvier 2014, 12h14

l’homme public n’en finit pas de chuter dans la sphère privée in Deux ans après le discours du Bourget : le vide du pouvoir

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  02 février 2014, 23h19

E. Snowden : Je n’ai fait que ce qui devait être fait. Je ne suis pas un héros, juste un déserteur. Le « système », comme on dit, qu’il soit économique ou policier, tient pour une part sur des gens qui ne font que leur travail. Des gens qui ne font que mettre au point des alliages de métaux qui deviendront plus tard des engins atomiques ; qui ne font qu’un morceau d’algorithme qui analysera les conversations privées de la planète.
Personne ne se sent responsable de rien. Or l’histoire du XX° siècle a montré que cette division des tâches, ce morcellement du travail peut conduire à des horreurs sans que personne ou presque n’en réalise la portée. Moi, je ne pouvais plus participer à la barbarie. La suite

E. Snowden : Analyser les déplacements ou les achats permet de sonder à son insu l’opinion d’une masse et l’inciter à adopter les bons gestes. On peut prévoir des révoltes, des épidémies ou des délits comme on peut vous faire acheter ce dont vous n’avez pas besoin. C’est la puissance du « Big Data », cette masse d’informations numériques qui n’a pas fini d’augmenter.

Voir : Agoravox : méfiez-vous des contrefaçons

E. Snowden : quand [les entreprises d’Euratechnologies] installent des caisses biométriques à Auchan ou contrôlent la consommation d’électricité des ménages, ces entreprises se substituent à votre libre arbitre.

Voir : 

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  06 août 2014, 11h57

La guerre qui vient : l’écrasante responsabilité du camp occidental par le Yéti
Quand elles ne s’effondrent pas sur elles-mêmes, l’acte ultime du suicide des civilisations a toujours été la fuite meurtrière vers la guerre. La honte et la désolation en guise d’épitaphe. Ainsi en va-t-il aujourd’hui des “démocraties” occidentales, corrompues, gangrenées, devenues des monstruosités criminelles.

EJ EJ ·  13 avril 2016, 07h42

On ne tient pas éternellement une société avec BFM, de la flicaille et du Lexomil. Vient fatalement un moment où les têtes se redressent et redécouvrent pour leur propre compte l’immémoriale idée de l’insoumission et de l’affranchissement. F. Lordon, 09 avril 2016, Place de la République

Comité Invisible Comité Invisible ·  29 mai 2016, 23h41

LE POUVOIR EST LOGISTIQUE. BLOQUONS TOUT !

« Bloquons tout, donc. Nous n’avons rien à craindre. Rien ne nous manquera. Nous trouverons les façons de faire ; et elles seront belles. Elles seront, en tout cas, moins insensées que le monde dans lequel on nous fait vivre. » La suite

Le dindon de la farce Le dindon de la farce ·  14 décembre 2016, 21h23

Tarnac : la Cour de cassation doit statuer sur la notion de terrorisme

Les inculpés écrivent au président.

Le 13 décembre 2016

Extrait 1:

Mais, avouons-le, nous ne nous attendions pas à ce que le rapporteur, supposément « neutre », « objectif », pour l’examen de ce pourvoi devant la cour de Cassation soit le juge Jean-François Ricard en personne. On a donc confié la synthèse « impartiale » du dossier de Tarnac à un homme qui fut le bras droit du cowboy Bruguière dont la postérité retiendra autant le soin à ensabler les procédures gênantes que le rôle dans le procès Chalabi. À un homme qui, aux dires de Marc Trévidic lui-même, dans son livre Au coeur de l’antiterrorisme, voit son rôle de juge d’instruction comme un « combat » contre un « adversaire » contre lequel il faut déployer des « stratégies », avec tout ce que cela suppose d’accommodements avec le droit - « Juger un terroriste, assume-t-il, c’est certes juger un acte terroriste, mais c’est aussi juger une conviction ». Un homme qui fut le conseiller informel à l’antiterrorisme de Michèle Alliot-Marie quand elle était ministre de la Défense avant que celle-ci ne tente de se propulser au poste de Premier Ministre grâce à nos arrestations. Le juge Ricard dont les câbles américains, révélés par WikiLeaks et jamais démentis par personne, ont exposé les singulières conceptions en matière de lutte antiterroriste. Pour rappel : « Le 9 mai 2005, l’ambassade [américaine] narre une rencontre avec le juge Jean-François Ricard. Celui-ci explique que les magistrats tel que lui, spécialisés dans l’antiterrorisme, bénéficient du “bénéfice du doute”. Il prend comme exemple le dossier Djamel Beghal, arrêté en 2001 et soupçonné d’un projet d’attentat contre l’ambassade américaine à Paris. “Ricard dit que les preuves [contre lui et ses complices] ne seraient pas suffisantes normalement pour les condamner, mais il estime que ses services ont réussi grâce à leur réputation.”  » (Le Monde, 29 novembre 2010)

 Extrait 2:

Sans surprise, le parti pris du rapport du juge Ricard crève les yeux. Ce qui importe dans ce rapport de part en part hostile, est l’argumentation portant sur l’AMT [1]. Il n’y a en effet, en droit français, besoin d’aucune infraction caractérisée pour être condamné pour terrorisme ; le fait de « participer à un groupement » ayant vocation à « troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur » est en soi déjà un « acte terroriste ». Et il suffit à cela d’un « élément matériel » qui peut-être un tract, un simple propos voire un silence. Et d’année en année, on voit ainsi s’étendre la liste des « actes terroristes » - consultation de site, fréquentation, train de vie « injustifié », « soutien », « apologie du terrorisme », etc. L’incrimination de terrorisme ne cesse de s’étendre, en amont, dans le potentiel, le « préventif », et en aval, dans l’infime, le quotidien. Il ne manque pas d’éléments de doctrine pour dénoncer comme une dérive voire comme un naufrage cette évolution du droit pénal, qui ne cesse de se rapprocher de ce que Günther Jakobs a théorisé comme « droit pénal de l’ennemi ». On se reportera ainsi avec profit au numéro 1 de la Revue de Science Criminelle et de droit comparé paru en 2009. On lira avec un égal intérêt le dernier numéro de la Revue de politique criminelle, et notamment l’article d’Olivier Cahn, « Cet ennemi intérieur, nous devons le combattre », ou celui de Virginie Sansico, qui rappelle que la première occurrence, dans le code pénal français, de la notion de « terrorisme » est bien évidemment le fait de Vichy.

[1] Association de Malfaiteurs en relation avec une entreprise Terroriste

Source : https://www.scribd.com/document/334065828/Lettre-a-La-Cour-de-Cassation-TARNAC

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