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Voitures électriques : suite et frein ?

Le gouvernement « socialiste », totalement perdu, ne sait plus quoi faire pour relancer la croissance. Parmi ses dernières lubies, une coquette subvention de 50 à 100 milliards d’euros à l’industrie automobile et nucléaire. Nous ne le répéterons jamais assez : non, les transports électriques n’ont rien de « propre ». Même les publicitaires l’ont reconnu. Les bagnoles, à pétrole ou au lithium, à la casse !

Il y a quelques semaine seulement (La Décroissance n° 109), votre chroniqueur appelait à débrancher les voitures électriques qui commencent lentement il est vrai – à coloniser le territoire national. Non pas pour faire la promotion de la voiture thermique (essence ou diesel), qui est elle-même une calamité environnementale, mais parce qu’il est absurde de remplacer la peste par le choléra.

Nous ne rappellerons pas ici les nombreuses raisons qui font que toute voiture est très polluante, mais il convient de signaler que, rechargée à l’électricité nucléaire comme c’est le cas en France, la voiture électrique est en fait une voiture nucléaire et est co-responsable des graves tares et dangers de cette énergie.

Certes, la voiture électrique ne pollue pas lorsqu’elle roule : elle le fait avant, après, et surtout ailleurs. Il s’agit d’une ignoble délocalisation de la pollution qui permet principalement à des urbains occidentaux aisés de rouler prétendument « propre »… tout en contaminant des pauvres gens situés bien loin. Beurk !

Mais le plus surprenant dans cette affaire est assurément qu’une étude de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) vient de montrer que la voiture électrique n’est même pas efficace contre les émissions de CO2 : il faut avoir roulé 50 000 à 100 000 kilomètres avant de commencer à émettre moins de CO2 qu’avec une voiture thermique (La Tribune.fr, 4-12-2013). Sachant que le trajet moyen en voiture électrique est très court, il est probable que la plupart des propriétaires de ces véhicules n’atteignent même pas le nombre de kilomètres requis : il faudrait rouler de 15 km à 30 km par jour, 365 jours par an, et ce pendant 10 ans !

Par ailleurs, que dire du rechargement de centaines de milliers de voitures électriques qui seraient branchées au même moment, le soir vers 18 heures lorsque leurs propriétaires rentreront du travail ? D’ores et déjà, la surconsommation française d’électricité, en particulier l’hiver avec l’option absurde du chauffage électrique, fait que notre pays est massivement alimenté… par les centrales électriques allemandes fonctionnant au charbon (Le Monde, 22-01-2013). Il est de bon ton de critiquer ces centrales et leurs émissions de CO2 mais, sans elles, la France serait frappée de pénurie tous les soirs d’hiver. Le projet absurde de développement des voitures électriques ne ferait qu’aggraver encore cette situation.

Le coût des bornes dépasse les bornes

Et pourtant, jamais avare d’une stupidité, le gouvernement annonce l’installation en France de 7 millions de bornes de rechargement pour voitures électriques. Le coût d’une telle borne est à ce jour d’environ 20 000 euros, pose comprise. En prenant 15 000 euros pour tenir compte de l’effet de masse, cela signifie une dépense d’environ 100 milliards d’euros. Si par miracle les prix baissaient de moitié, cela ferait encore 50 milliards d’euros.

Et d’ailleurs, avant même que le fumeux projet de loi dit de « transition énergétique » ne soit voté, la majorité des syndicats départementaux de l’énergie démarchent d’ores et déjà les communes de France pour que toutes, ou presque, financent une ou plusieurs bornes de rechargement. Hélas, beaucoup de maires se laissent berner : on leur laisse croire qu’il risquent passer pour des rétrogrades et, au besoin, on les menace de les ridiculiser en s’adressant aux communes voisines !

Mais attention : regardons ce qui se passe chez Renault, fer de lance de la voiture électrique sous la houlette de son emblématique PDG Carlos Ghosn. Dans la plus grande discrétion, ce zozo semble avoir changé son fusil d’épaule : « Renault : volte-face dans la stratégie 100% électrique ? », titrait Boursier.com le 17 septembre 2014. On y apprend que Renault copie son concurrent Peugeot et travaille d’arrache-pied à la mise au point de véhicules mi-thermiques, mi-électriques, ne consommant que 2 litres de carburant aux 100 km.

Et encore, il ne s’agit là que d’un exemple : on peut faire confiance à nos « admirables » constructeurs automobiles pour innover continuellement. De fait, il y a fort à parier que, sous peu, personne ne perdra du temps en cours de trajet pour recharger ses batteries. Que vont donc devenir les millions de bornes de rechargement prévues dans toute la France ? À peine installées, elles seront déjà totalement inutiles et dépassées !

Bravo François et Ségolène : 50 à 100 milliards d’euros gaspillés ! Gaspillés mais pas perdus pour tout le monde : les constructeurs de bornes vont s’en mettre plein les poches. Cependant, l’objectif principal de nos « élites », à savoir sauver l’industrie nucléaire et dopant la consommation d’électricité (et l’industrie automobile au passage), pourrait bien être manqué. Voilà bien un échec dont les « mauvais citoyens » que nous sommes – ceux qui ne croient pas au retour de la croissance – pourront se réjouir ! Avec notre légendaire mauvais esprit, guettons donc la sortie de route de la voiture nucléaire.


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Stéphane Lhomme

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